Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ARGENTINE

Fracción Roja : organisons l'auto-défense ouvrière

Inprecor (première série) n° 3, 4 juillet 1974 · p. 32 · 851 mots

Argentine et Chili

Tract commun distribué par la Fraccion Roja du PRT ( organisation sympathisante de la IVème Internationale) et le Grupo Obrero Revolucionnario (G. O. R.) lors de la manifestation de riposte à l'assassinat de trois ouvriers militants du PST argentin. (Voir N° 2 de INPRECOR) Les bandes armées para-policières et de la bureaucratie ont commi un nouveau crime: trois militants ouvriers, Antonio Moses, Oscar Dalmacio et Mario Sida, militants du Partido Socialista de los Trabajadores ( Parti Socialiste des Travailleurs, organisation sympathisante de la IVème Internationale) ont été séquestrés dans un local et sommairement Ces trois camarades qui sont tombés, nouveaux martyrs de la lutte de notre peuple pour le pouvoir ouvrier et le socialisme, s'ajoutent à la liste déjà longue des victimes de la répression policière et des assassinats d'extrême-droite qui se sont succédés depuis le retour du péronisme au pouvoir le 25 mai 1973. Le jour même de la venue de Campora au pouvoir, deux camarades furent tués lors de la manifestation pour la libération des prisonniers politiques à Villa Devoto. Depuis lors, on a compté de nombreux morts dans les rangs de toutes les tendances politiques ouvrières et populaires : péronistes révolutionnaires ou combatifs comme Delleroni, Liliana Ivanoff, Grinberg, Razzetti, etc.; guerilleros de l'ERP ( Ejercito Revolucionnario del Pueblo - Armée Révolutionnaire du Peuple) comme Gimenez, Roldan et Antelo; marxistes-révolutionnaires, comme la camarade Nancy Magliano de la Fraccion Roja du PRT; des militants du PST comme Inosensio FerAinsi les exploiteurs et leurs alliés, les bureaucrates, utilisent le terrorisme de droite comme arme pour décapiter le mouvement ouvrier, le mouvement étudiant et d'autres secteurs populaires, et leur arracher leurs meilleu s militants. Cette répression ne vise pas seulement une tendance ou une organisa'tion particulière, mais tous ceux qui luttent de façon déterminée pour défendre les intérêts de notre peuple. A qui profite ce terrorisme de droite ? Aux exploiteurs et aux profiteurs de toujours et à la politique qui défend leurs intérêts : le pacte social des bureaucrates et des patrons, la "Ley de Prescindibilidad" (loi sur la sécurité de l'empioi) des fonctionnaires, la loi sur les investissements étrangers, la loi sur les associations professionnelles, la réforme du code pénal, la loi universitaire, etc. La répression et l'intimidation sont nécessaires pour réussir à imposer cette politique contraire aux intérêts des travailleurs et du peuple. Ce terrorisme de droite qui se développe impunément est dirigé à partir des sphères les plus élevées du gouvernement. Les bandes d'assassins de groupes fascistes comme le CNU et le C de O et de la bureaucratie sont armées et fournies en munitions par la police et l'armée. Les responsables sont ceux qui s'entourent d'assassins comme Villar et Margaride (anciens chefs de police de la dictature militaire , rappelés par Campora et Peron), Lopez Rega et Osinde, Brito Lima et Lastiri. Le responsable c'est ce gouvernement, qui n'a rien de populaire, et qui est au contraire un gouvernement des patrons, des bureaucrates et des profiteurs. Le responsable c'est ce gouvernement qui n'a jamais levé un doigt pour enquêter sur le massacre de Ezeiza et qui protège les tortionnaires de la dictature militaire. Le responsable c'est ce gouvernement qui continue à utiliser la répression contre les travailleurs en grève, comme ce fut encore le cas hier à Propulsora, ou contre tous ceux aui manifestent leurs droits comme les habitants des bidonvilles sur laPlazade Mayo. Le responsable c'est ce gouvernement qui a couvert le " coup " de Cordoba et qui foule aux pieds quotidiennement la liberté de la presse (El Mundo, Descamisado, Militancia, presse révolutionnaire), la liberté de réunion, de manifestation, etc. Il n'y a rien à attendre de ce gouvernement d'exploiteurs et de bureaucrates pour freiner et mettre fin au terrorisme de droite. Il ne faut pas faire confiance à la légalité bourgeoise. Nous ne devons faire confiance qu'à nos propres forces. La seule enquête qui donnera un résultat est celle que les organisations et partis ouvriers et populaires pourront mener, unis sans sectarisme dans la lutte contre la répression et les assassinats. Contre les groupes fascistes et les bandes para-policières il n'y a pas de discussion ou de tergiversations possibles. Nous ne pourrons arrêter leurs crimes que si nous sommes capables de les affronter de façon unie et par la force. Aucun militant ne doit tomber sans riposte, aucun crime ne doit rester sans réponse. Contre la répression et les assassinats, organisons l'auto-défense ouvrière. Il ne faut pas attendre les bras croisés qu'ils nous frappent. Les militants révolutionnaires et les militants les plus conscients ont une responsabilité bien concrète : se préparer et préparer tous ceux qui les entourent. Dans toute lutte de masse, dans toute mobilisation, organisons des piquets et des groupes d'auto-défense, capables de faire front de façon organisée aux attaques de la droite. Créons des comités de vigilance sur les lieux de travail et dans les écoles, en réalisant l'unité d'action sans sectarisme contre la répression et pour défendre les militants. Les fascistes et les assassins ne reculeront que s'ils nous trouvent sur leur chemin, unis et organisés, pour les écraser. Editeur Responsable : René Groslambert, 34 rue Nothor 1040 - Bruxelles

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