Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

URUGUAY

Liberté pour les prisonniers politiques !

Inprecor (première série) n° 33, 11 septembre 1975 · p. 32, 31 · 852 mots

Editeur responsable : René Groslambert, 34 rue Nothomb. 1040 Bruxelles

Le 23 mars, sept militants du PST-U ont été arrêtés par les "Forces Unifiées" (1) au cours d'une perquisition. La semaine suivante, sept autres militants furent arrêtés. De nouvelles perquisitions et des arrestations eurent encore Les 14 personnes arrêtés furent détenues dans des casernes : au 4° Régiment de Cavalerie pendant les deux premiers mois et au 5° de Cavalerie par la suite. Par la torture physique et psychologique, la torture "scientifique" sous contrôle médical, les "Forces Unifiées" prétendaient leur arracher des déclarations permettant d'obtenir l'organigramme de certaines organisations et d'arrêter d'autres militants. Par les mêmes méthodes, ils voulaient les obliger à signer des aveux dans lesquels ils se déclaraient partisans de principes et d'actions typiques des organisations guérilléristes.

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Les trois premières semaines, la torture fut intensive ; ils la subirent non seulement de façon quotidienne, mais plusieurs fois par jour. Pendant tout ce temps, même pour dormir, ils avaient la tête encapuchonnée et les mains liées. Pour manger et aller aux toilettes (deux fois par jour) on leur détachait les mains et on remontait le capuchon de façon à libérer la bouche.

Les chocs électriques, la "baignoire" (2), les coups sur tout le corps avec des matraques de caoutchouc spéciales, les menaces de mort, les menaces de viol des camarades femmes, mirent en danger pendant 20 jours la vie de

14 révolutionnaires dans les cachots de la dictature uruguayenne.

La répression en Uruguay mène contre les militants ouvriers et révolutionnaires une offensive très dure qui les met dans une situation extrêmement difficile.

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(suite de là page 32) Le 9 juin, la Justice Militaire émit sa sentence : 12 condamnations allant de 2 à 6 ans de prison. Dix des condamnés étaient accusés d'''atteinte à la Constitution et de Conspiration", les deux autres d' "atteintes à la Constitution et conspiration suivie d'actes préparatoires", l'un étant accusé d'être le fondateur d'un noyau de la Jeunesse socialiste d'avant-garde, l'autre d'être un membre dirigeant du PST-U. Trois jours après, un autre des accusés, étant mineur, fut remis en liberté. fut mis en liberté. Il reste un militant emprisonné sans procès ni jugement. Après trois mois d'isolement total pendant lesquels ils n'avaient ni le droit d'écrire, ni de recevoir la visite de leur famille, les condamnés furent autorisés à recevoir une correspondance limitée et censurée de leur plus proche famille. Actuellement, ils accomplissent leur peine dans un vieux wagon de chemin de fer, séparés par sexe, et attendant leur transfert définitif dans une des casernes ou un des établissements pénitenciaires dans lesquels sont répartis les 7000 prisonniers politiques du pays. Entre-temps, 16 autres militants ont été requis par la Justice militaire (c'est-à-dire qu'un mandat d'amener a été délivré contre Dans cette situation, la plus difficile qu'aient da affronter les militants ouvriers sous le régime dictatorial établi dans ce pays depuis juin 73, nous appelons les démocrates et les révolutionnaires du monde entier à mettre

Voici d'après "'El Pais" du 29 mai 75, une liste de ces prisonniers :

Carlos Raùl Astellano Del Rio : célibataire,

29 ans, instituteur.

Fernando Alfredo Souto Souto: célibataire,

25 ans, employé.

Maria Liliana Caviglia de Soto : célibataire,

19 ans, étudiante.

Fredy Sixto Cabrera Dos Santos : célibataire,

19 ans, employé à "Plastela S.A, ".

Ricardo Francisco Garcia Damonte : célibataire, 19 ans, étudiant.

Ramon Suarès Trelles : célibataire, 19 ans, employé de "Cambio Bafa".

Luis Alberto Villarubia Mesones : célibataire,

31 ans, étudiant.

en oeuvre de puissantes actions de solidarité.

Ils doivent dénoncer à travers toute leur presse la persécution des militants et le danger que courent, aux mains des militaires, les 13 emprisonnés.

Ils doivent porter cette dénonciation par des lettres ou des télégrammes à l'Ambassade d' Uruguay de tous les pays, en exigeant le respect des droits des prisonniers, la fin des supplices, des conditions plus humaines de détention, un régime de visite et de correspondance libre, les soins médicaux, des promenades quotidiennes, l'autorisation de recevoir et de lire toute la presse circulant légalement dans le pays, le droit d'accomplir toutes les activités manuelles ou intellectuelles qu'ils désirent.

Les organisations démocratiques mondiales et le mouvement de masse, tous les comités constitués spécialement pour défendre les droits de l'homme et les libertés, les syndicats ouvriers, les intellectuels, les organisations étudiantes doivent s'efforcer de faire pression sur le gouvernement uruguayen pour la défense des prisonniers politiques (1) Forces Unifiées (FF. CC). C'est le nom de l'organe de coordination des trois armes militaires et de la police. (2) "Baignoire", forme de torture qui consiste à plonger le prisonnier dans l'eau ou les excréments, jusqu'à suffocation. Aldo Bruno Gill Baptista : célibataire, 19 ans, employé. Hugo Javier Martinez Baez : célibataire, 19 ans, employé de l' "Institut anglo-uruguayen". Walter Roberto Longo Porcile: célibataire, 19 ans, étudiant. Ruben Schubert Coronel Clavijo : célibataire, 19 ans, employé de "Fabrica de Ladrillos Morris". Julio Cesar Vuolo Castro: célibataire, 19 ans, employé. Maria Cristina Araùjo Lopez : célibataire, 20 ans, employée dans une fabrique de chemises. Maria de los Angeles Barboza Pena : célibataire, 21 ans, institutrice.

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