A la direction de tous les partis ouvriers, Camarades, La conjoncture politique, l'attaque que prépare le capital contre le niveau de vie et le droit au travail de la classe ouvrière, le durcissement brutal de la répression franquiste ("'Décret-loi contre le terrorisme", peines de mprt requises en série) et, en particulier les évènements qui, depuis une semaine se déroulent en Euskadi, exigent une action urgente et concertée de tous les partis ouvriers à l'échelle de l'Etat. Depuis sept jours, toute la classe ouvrière et le peuple d'Euskadi - - surtout en Guipuzcoa et en Biscaye -- se sont lancés dans une lutte ouverte pour arracher la vie de Garmendia et Otaegui des griffes franquistes. Les conséquences que cette nouvelle grève générale -ations ouvrières la plus large et la plus radicale dans l'histoire du mouvement ouvrier sous le franquisme -peut avoir sur le déroulement de la lutte des classes dans tout l'Etat espagnol sont très claires :
- En premier lieu - - et comme l'ont exprimé presque tous les partis ouvriers au Comité de grève d'Euskadi --le combat n'est pas seulement une lutte pour sauver la vie de ces deux militants nationalistes révolutionnaires. Non seulement au sein de l'avant-garde mais aussi à un niveau de masse, il
Best devenu évident que l'affrontement doit être dirigé centralement contre la dictature qui veut les assassiner. Cette conscience de la nécessité d'en finir, une fois pour toutes avec le franquisme se trouve ainsi au centre des aspirations de la classe ouvrière et de tout le peuple opprimé.
- En second lieu, la combativité qui s'est exprimée matériellement en Euskadi et la solidarité qu'elle peut éveiller dans tout le reste de l'Etat, confrontées à l'épreuve de force que le nouveau tournant de l'imbécilité répressive du franquisme impose au mouvement de masse, mettent à l'ordre du jour, de façon urgente et immédiate, la nécessité d'une grève générale à l'échelle de l'Etat, qui soit capable d'arrêter les attaques de la répression et, de plus, capable de lancer une offensive de masse pour le renversement de la dictature. L'appel du Comité de grève d'Euskadi à une nouvelle grève générale pour les 1l et 12, la nécessité de la solidarité dans tout l'Etat à ce moment là, solidarité qui peut se transformer - - et nous devons tenter de le faire -- en lutte unitaire la plus large possible, en grève générale là où ce sera possible, n'est que la manifestation la plus immédiate de cette possibilité, de cette nécessité, d'une grève générale coordonnée à l'échelle de tout l'Etat.
- En troisième lieu, il faut remarquer les relations étroites et l'influence directe des divers organismes unitaires qui sont apparus et des mobilisations en cours. Par delà les divergences politiques, les partis et organisations ouvrières, les Commissions ouvrières, les Comités d'entreprise, les organismes de quartier et ceux des enseignants, les comités contre la répression, se sont organisés unitairement en Comités de grève, dont la structuration s'étend depuis le Comité de Grève d'Euskadi jusqu'à ceux de chaque province, zone et village, et il existe une coordination et des relations approfondies entre eux tous. Nous pensons que maintenant il est important d'intégrer à ces comités des délégués élus directement par les assemblées comme cela à commencer à se faire dans quelques zones du Guipuzcoa. Mais avant tout il nous parait important de remarquer que la classe ouvrière et le peuple d'Euskadi se sont retrouvés pour la première fois avec une unité organique totale des partis ouvriers pour impulser l'action unitaire et que ce fait a été déterminant pour l'ampleur de la mobilisation. Il est urgent de faire connaitre cet exemple dans tous les coins du pays. Et, en particulier, il est urgent d'arriver à forger un cadre unitaire de ce type à l'échelle de l'Etat tout entier pour promouvoir la mobilisation en solidarité avec Euskadi, pour préparer et coordonner la grève générale, pour diriger le combat des masses contre la dictature. La lutte contre la répression ne s'arrête pas à la bataille pour sauver la vie de Garmendia et Otaegui. Dans l'immédiat, la dictature a l'intention d'assassiner plusieurs militants du FRAP et Pérez Beotegui, Eva Forest, Antonio Duran... La Loi anti-terroriste est une menace grave pour toutes les organisations ouvrières -- y compris celles qui ne sont pas explicitement mentionnées dans le décret -comme pour toute la classe ouvrière, pour tout le peuple opprimé, pour tous ceux qui combattent pour mettre fin à la dictature franquiste. Le durcissement actuel des lois répressives suppose la renonciation totale du régime et de son gouvernement à diriger le pays par un quelconque moyen qui ne soit pas la répression ouverte. C'est pourquoi dans les circonstances actuelles, la lutte contre la répression franquiste revêt un caractère permanent et devient l'un des axes principaux du combat contre la dictature assassine. Nous savons que de profondes divergences existent entre les organisations ouvrières sur les moyens d'en finir avec le franquisme et, plus concrètement, sur le rôle que jouent en ce sens les alliances avec des secteurs de la bourgeoisie. La division atteint également les organisations ouvrières mêmes qui ont mis en pratique de telles alliances. Nous pensons que là n'est pas la bonne voie. Nous croyons que la dictature ne tombera que sous les coups de l'action directe du mouvement de masse, des coups comme ceux que lui portent aujourd'hui la classe ouvrière et le peuple d'Euskadi. Nous sommes absolument convaincus que ces alliances ne peuvent qu'entraver cette action directe des masses et mettre le prolétariat à la remorque de la bourgeoisie. C'est pourquoi nous nous battons pour la rupture de tout accord avec la bour -geoisie, pour la sortie des organisations ouvrières de la "Junte' et de la "'Convergence" et de tout autre organisme interclassiste, et pour une ligne d'indépendance de classe. Nous continuerons à lutter pour tous ces objectifs. Mais dans les circonstances actuelles, nous ne pensons pas que la rupture de ces alliances soit une condition préalable pour parvenir à une action unitaire entre tous les partis ouvriers. Malgré toutes les divergences politiques nous croyons qu'une action unitaire entre nous est absolument indispensable. Nous pensons qu'aujourd'hui le Front Unique de tous les partis ouvriers contre la répression ainsi que son action unitaire à travers les Commissions Ouvrières et les organisations de solidarité et anti-répressives, peut et doit devenir une réalité. Nous sommes favorables et disposés à appuyer toute forme de résistance à la Loi anti-terroriste et aux peines de mort. Mais arrêter l'offensive répressive actuelle du franquisme et en faire sa propre tombe exige - - surtout -la mobilisation unitaire et coordonnée dans tout l'Etat qui doit suivre le chemin que nous trace aujourd'hui l'Euskadi, avec toute la classe ouvrière et le peuple opprimé. Sans négliger d'autres formes de lutte, c'est la mobilisation unitaire de masse qui est la tâche essentielle pour arrêter la répression franquiste. La réussite de ce type de mobilisation exige l'action unie de tous les partis ouvriers, quelles que soient leurs divergences politiques actuelles.
Ainsi donc la lutte contre la répression doit être au premier plan dans l'activité unitaire des partis ouvriers. Mais celle-ci ne s'arrete pas là. L'anarchie de l'économie capitaliste a engendré une crise profonde. Maintenant, les capitalistes prétendent faire payer à la classe ouvrière les conséquences de cette crise. Pour cela, ils ont préparé une attaque de fond contre les travailleurs : la généralisation du chômage et des licenciements et les attaques contre le niveau de vie sont les deux manifestations fondamentales de cette offensive, Elle a un caractère global, elle est généralisée à tout l'Etat et affecte tous les travailleurs. Tout au long de la prochaine saison automne-hiver, les travailleurs opposeront une forte résistance à cette agression capitaliste, Mais il sera impossible de la vaincre si cette résistance apparait désordonnée, isolée dans chaque usine, dans chaque zone. Plus que jamais par le passé, la nécessité d'une mobilisation unitaire contre le chômage et la détérioration du niveau de vie des travailleurs est la condition d'une lutte efficace. Sur ce terrain là aussi, l'action unie des partis ouvriers se fait urgente et indispensable. Seule cette action est capable d'assurer une coordination suffisante du mouvement de masse. Elle seule est capable de forger un cadre unitaire pour les luttes. Par leur nature et leur composition même, ni la "Junte" ni la "Convergence" ne sont capables de forger ce cadre unitaire des luttes. Les programmes mêmes de ces organisations ne contiennent aucun objectif sur ce plan. Nous sommes conscients de ce qu'il n'est pas possible de réaliser et de stabiliser un Front Unique Anticapitaliste avant que les partis ouvriers aient rompu leurs accords et leurs pactes avec la bourgeoisie. Mais nous pensons que ceci n'empêche pas qu'il soit possible et
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nécessaire d'arriver à un accord unitaire entre eux pour la lutte contre le chômage et pour l'amélioration du niveau de vie des travailleurs. Nous croyons que cet accord est possible et que de plus il est indispensable pour assurer la mobilisation unitaire de la classe ouvrière. Armature de cet ensemble d'objectifs, la préparation et l'impulsion d'une grève générale à l'échelle étatique apparait aujourd'hui comme la tâche centrale de tous les partis ouvriers Sa réalisation même dépend de ce que, pardelà les divergences politiques existantes, l'accord et l'action unitaire entre tous les partis ouvriers deviennent une réalité, Dans la situation politique actuelle de notre pays, cette grève générale impulsée unitairement, peut, de fait, se convertir en une offensive définitive du mouvement de masse pour en finir avec la dictature franquiste. C'est pourquoi en même temps que l'absolue priorité qu'il faut donner à l'organisation et à la stabilisation d'un comité unitaire de tous les partis ouvriers à l'échelle de l'Etat, il est indispensable de donner une forme concrète à cet accord dans chaque province, zone ou centre ouvrier, suivant en cela l'exemple que nous donnent aujourd'hui les comités de grève en Euskadi. Nous proposons donc l'annonce immédiate d'une réunion de tous les partis ouvriers, à l'échelle étatique, pour décider des formes concrètes de notre activité unitaire. Ci-joint une première proposition de date et de lieu. Salutations communistes Bureau Politique Unifié de la LCR-ETA(6) 5 septembre 1975