LETR
Arias Navarro
PROGRAMME
I PROLETARIOS DE TODOS LOS PAISES, UNIOS !
ORGANO CENTRAL DE LCR-ETA(VI)
Año IV - Nº 24 - SEPTIEMBRE 1.974 - Precio 25 płas.
ET LE NOTRE
EXTRAIT
DE "COMBATE"
1. FEV. 76
Le discours-programme du gouvernement Arias a été une image fidèle du projet politique qui le définit - la "réforme" franquiste -, des méthodes par lesquels il prétend le réaliser et de la profondeur à laquelle il a été atteint par l'expérience d'un mois de luttes de masses, dont l'extension géographique et sociale n'a pas de précédent. Il s'agit donc d'un discours cohérent: seul celui qui se serait fait des illusions absurdes sur la volonté et la possibilité de "changement" du gouvernement peut aujourd' hui se sentir "déçu". Et pour se faire de telles illusions il fallait avoir accepter auparavant la voie de l'évolution du franquisme, avec l'espoir, dans le meilleur des cas, de faire pression pour l'élargir et l'accélérer progressivement. C'est pourquoi il était prévisible et il est exemplaire qu'à la tête des pleureuses qui larmoient sur leur déception dans les journaux, se trouve l'état-major de la bourgeoisie "démocratique" Mais pendant que ceux-là pleurent, le peuple lutte. Dans les rangs innombrables et solides de la classe ouvrière, de tous les travailleurs, il n'y a pas de désillusion, parce qu'il n'y avait pas eu d'illusions. Il a suffi de quelques semaines pour connattre les "réformateurs" du frandans les faits, et non dans les conférences de presse, dans les usines et les quartiers, dans les rues, les centres d'enseignement, les hôpitaux et les services publics militarisés ou en voie de l'être... et non pas dans les Conseils d'administration des Sociétés anonymes. La classe ouvrière et le peuple connaissent déjà très bien la "démocratie à l'espagnole". Le programme du 28 janvier ne sert qu'à la mieux connaitre. C'est-à-dire pour mieux la détruire:
• Comme nous l'avons dit en d'autres occasions, la "réforme" franquiste est le projet politique actuel du grand capital espagnol et de l'impérialisme, pour prévenir l'éclatement d'une situation pré-révolutionnaire dans le pays, provoquée par l'assaut final du mouvement de masse contre la dictature. La méthode de cette "réforme" est une "évolution contrôlée" du régime jusqu'à une caricature de "démocratie bourgeoise". L'objectif essentiel du projet est de renverser le rapport de forces entre les classes, favorable aujourd'hui, et depuis des années, à la classe ouvrière. Pour atteindre cet objectif, la dictature franquiste, sous sa forme classique, ne disposait que d'une arme : la répression. Celle-ci avait démontré abondamment non seulement son inefficacité, mais aussi sa fonction de stimulant pour la force et la combativité des masses. Convaincue de cela, la bourgeoisie entreprend aujourd'hui d'essayer une tactique, en transformant le cadre politique. Dans le cadre politique traditionnel de la dictature franquiste, les combats de classe s'exprimait directement et frontalement : chaque lutte, aussi minime que fusse son point de départ, se heurtait immédiatement à l'Etat. Il faut maintenant établir des canaux qui protègent le "'nouvel" Etat bourgeois de ces affrontements directs et permette ainsi sa stabilisation: ces canaux sont les partis politiques bourgeois, la social-démocratie historique, un pseudo-parlement et une ombre_de légalité pour le mouvement de masse. Précisément ces canaux et aucun autre, parce que la bourgeoisie sait très bien que la "représentation parlementaire d'une classe opprimée diminue considérablement sa force réelle. Inversement, la réprésentation de la bourgeoisie, y compris à la veille de son effondrement est toujours la pantomime de sa force imaginaire".Mais elle sait aussi que, dans les conditions actuelles, la classe ouvrière n'utilisera sa liberté ni uniquement ni principalement Il lui faut donc repousser l'amnistie, maintenir dans l'illégalité les organisations communistes et nationalistes révolutionnaires..., toutes les promesses d'une "démocratie fantoche" que contient le programme du gouvernement ne sont pas dues au hasard, ce ne sont pas des "erreurs" qui seront corrigées avec le temps : elles sont la raison même d'être de la "réforme" franquiste, une question de vie ou de mort pour elle. Pour que vivent les libertés et les droits démocratiques, la "réforme" franquiste doit mourir. Le renversement de la dictature n'est pas un mot d'ordre du passé, c'est le mot d'ordre central de la période actuelle.
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Il n'existe qu'une seule alternative au programme de l'évolution : le programme de la révolu -tion, celui qui vit déjà dans les luttes des masses, celui qui ne sert que les intérêts des exploités et des opprimés, immense majorité du pays, protagonistes du combat pour la liberté.
Ce n'est en rien une solution que de continuer à donner quelque type de confiance que ce soit aux "réformateurs" franquistes, ni petite, ni grande, ni inconditionnelle, ni conditionnelle, ni implicite, ni explicite. La bourgeoisie "démocratique" continue à parler de "rupture démocratique" "collaboration ouverte' avec le gouvernement. C'est là son rôle, elle emploie les mots nécessaires à son alliance avec les artis ouvriers réformistes, ceux-là même qui doivent demain lui permettre de participier au "gouvernement provisoire de large coalition", les signataires du "Pacte social", les reconstructeurs de l'Etat bourgeois menacé, quand la classe ouvrière et le peuple auront détruit la "réforme franquiste" Mais en même temps, la bourgeoisie "démocratique" explique par la bouche de l'un de ses porte-parole les plus qualifiés: Jordi Pujol, que "nous ne sommes pas intéressés par l'échec des projets de l'actuel gouvernement"'. Bien sûr qu'ils ne le sont pas, car lorsque des milliers de travailleurs exigent la satisfaction de leurs revendications, c'est ce gouvernement qui est chargé de protéger les bénéfices de ces banquiers et entrepreneurs "démocrates", parce qu'ils savent bien que ce gouvernement peut compter sur l'appui de l'impérialisme, du grand capital espagnol et de l'armée, et parce que ce gouvernement représente "l'évolution", la possibilité pour la bourgeoisie de s'organiser librement alors que le mouvement ouvrier ne peut pas le faire, la possibilité de "récupérer le temps perdu". Dans son fauteuil, tout en critiquant "avec bon sens", en faisant "discrètement "pression, sans engagements clairs, mais sans affrontements avec le gouvernement, la bourgeoisie "démocratique" attend l'heure où il lui échoiera de "sauver la patrie" au nom de la "démocratie une et indivisible", des "excès" du mouvement de masses en marche vers la révolution sociale.
•Mais qu'est-ce qui permet à la bourgeoisie "démocratique" d'aspirer à jouer ce rôle politique grâce à ses alliances avec des organisations ouvrières ? C'est que la ligne de collaboration de classes offre ainsi les rênes de la mobilisation des travailleurs à ceux qui n'aspirent qu'à les exploiter plus efficacement, d'une autre manière. Ce sont là ses résultats. Le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) doit aller plus loin dans ses critiques verbales au gouvernement que la bourgeoisie "démocratique", il doit être plus actif et occuper une certaine place dans les luttes : la social-démocratie ne peut assumer son rôle politique, ne peut apparattre comme un gestionnaire efficace de l'ordre bourgeois, que si elle peut compter sur une base sociale fondamentalement ouvrière. La bureaucratie du PSOE sait cela et elle sait aussi qu'elle ne l'a pas encore. y parvenir elle doit à la fois écarter tout soupçon de compromis avec le gouvernement et se disposer à "utiliser" la légalité qu'on lui offre, la possibilité d'être la seule organisation ouvrière pratiquement légalisée : elle du "temps perdu" à rattraper. Dans les conditions de la lutte de classes dans notre pays, cette "utilisation" nécessite certains alibis idéologiques qui se révèlent être des échantillons des projets de la direction du PSOE: son Secrétaire général a affirmé que la farce des élections municipales, prévues pour la fin de l'année pour -
"le même rôle que les élections d'avril 1931". Ceci n'est pas du crétinisme parlementaire, c'est quelque chose de pire: du crétinisme préparlementaire. Il est évident que, dans la situation politique actuelle, la mobilisation de masses qui détruira le franquisme peut trouver son étincelle dans les faits les plus divers. On ne peut écarter l'éventualité que cela puisse être la convocation du gouvernement à une farce électorale. Mais considérer au milieu des plus grandes luttes de masses de l'après-guerre, que la mocratie" sera obtenue par une majorité dans des élections municipales fantoches qui auront lieu - auront-elles lieu ? - dans dix mois, c'est porter l'électoralisme à ses ultimes et plus néfastes conséquences. La bureaucratie du PSOE rêve d'en finir avec quarante ans de dictature au moyen de la victoire électorale dans des élections organisées par les héritiers de cette même dictature. La direction du PSOE a de la chance
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est-il disposé à payer pour pactiser avec Fraga?
que, tandis qu'elle rêve, la classe ouvrière et le peuple livrent leur dernier combat contre le franquisme et vontle gagner, parce que s'il en était autrement, elle se réveillerait de ses songes en prison.
•Et le PCE ? Que propose la plus grande organisation ouvrière du pays, elle qui est expressément exclue de tous les projets de "réforme" franquiste ? Voici le commentaire de Jordi Solé-Tura, en tant que membre du PSUC, au programme du gouvernement: "Le problème de fond, c'est que (...) on veut opérer ce changement en faisant un pacte avec la camarilla, au lieu de le faire avec une opposition démocratique qui représente la véritable volonté de changement de la population. " Ainsi donc, l' "alternative démocratique" au programme du gouvernement consiste à pactiser avec le gouvernement. Ce serait ridicule, si ce n'était tragique, si ces paroles n'étaient prononcées au nom du parti ou -vrier qui est hégémonique dans le pays, si elles n'étaient cohérentes avec l'ensemble de la ligne politique du PCE, si elles n'étaient pas la conséquence logique de la "transition pacifique". Pour chaque centimètre dont s'approfondit la crise de pouvoir de la bourgeoisie espagnole, le PCE répond en descendant un nouveau degré dans l'échelle de la capitulation. Du "pacte jusqu'au jour de la chute du franquisme", nous sommes passés au "pacte pour toute la période constituante"; du "pacte politique" au "pacte social"'; et maintenant, du "pacte contre la dictature au "pacte contre la camarilla". Que nous réserve le PCE pour demain ? Si chaque "avance' antérieure dans la voie de l' "unité de l'opposition démocratique" a exigé son prix, quel prix le PCE est-il disposé à payer pour pactiser avec Fraga? L'alternative du PCE se réduit à atteindre deux objectifs: le premier, convaincre le grand capital de ce qu'il n'est pas possible de stabilier un Etat bourgeois en Espagne en excluant le PCE de la légalité; le second, qu'il est possible d'arriver à cette stabilisation avec la collaboration d'un PCE légal. Sur cette voie, tout est bon. Y compris, comme nous venons de le voir, ré-
Quel prix le PCE
duire son propre programme à cette "volonté de changement", assez modeste pour être partagée par le réformisme feanquiste et conclure un pacte avec lui. Le jour où le mouvement de masse aura abattu la dictature, le PCE aura, apparemment, atteint les deux objectifs que nous avons mentionnés plus haut: le grand capital l'appellera d'urgence pour collaborer à la reconstruction de son Etat. Mais le "triomphe" du PCE ne sera qu'une apparence: ce qui aura convaincu le grand capital, ce ne sera pas les "mobilisations pacifiques de citoyens", ni cette fantomatique "action démocratique nationale", mais l'action indépendante des masses brisant dans la pratique les murailles de la collaboration de classes.
•Les organisations maolstes, PTE, ORT, MCE, malgré les divergences importantes qui existent entre elles, partagent une vision semblable de "l'alternative démocratique" , très voisine ou identique, par ailleurs, à celle du PCE et du PSOE. Sur ce terrain, il n' existe entre les uns et les autres qu'une seule différence: PTE, ORT et MCE ont une foi de convertis dans la démo -cratie et croient mordicus unitaires "démocratiques". Ainsi, ils croient que va se réaliser une grande alliance "anti-fas -ciste" entre le "courant démocrate bourgeois" et le "courant démocrate populaire" (c'est-àdire eux); que cette alliance va convoquer une "action démocratique nationale", "de citoyens pacifiques", laquelle va réaliser la "rupture démocratique" et ouvrir un processus constituant, garanti par un gouvernement provisoire "sans exclusions, ni obligations" (c'est-à-dire auquel ils ne se sentent pas obligés de participer). Cette vision de roman-photo de ce que sera le renversement de la dictature, en fait des comparses de gauche des pactes interclassistes, dont nul ne croit aux appels, proclamations et programmes, eux exceptés. Qui en réalité défend de façon conséquente la "rupture démocratique"? C'est le secrétaire général du PSOE quand il affirme: "Je vois la rupture démocratique comme une conquête lente des libertés". Et qui définit le mieux le "gouvernement provisoire" ? C'est Gil Roblès quand il dit: "Notre parti se portera à la tête des forces qui ont
reconstruit le nouvel Etat espagnol". Et qui définit avec conséquence l' "alliance anti-fasciste" ? C'est Solé-Tura dans le paragraphe que nous avons reproduit auparavant. Et celui qui définit de façon conséquente quelle doit être l'attitude de l' "opposition démocratique" devant les luttes des masses, c'est Ruiz Jimenèz quand il déclara lors de la grève de masse de 250.000 ouvriers madrilènes: "Nous ferons tout ce qui est possible pour que la mobilisation populaire soit pacifique et sectorielle et qu'elle n'entrave pas les activités normales du peuple espagnol. " Ces phrases contiennent la véritable logique de l' "alternative démocratique". Dans la pratique, PTE, ORT et MCE sont habituellement assez éloignés de cette logique. Dans la pratique, dans l'activité de masse, ces organisations peuvent trouver des milliers d'arguments pour réaliser leur rupture avec la "rupture démocratique". • Regardons notre pays bien en face Pendant que Arias servait son programme à la charogne franquiste, combien de milliers d'ouvriers, de travailleurs, d'étudiants, d'hommes et de femmes de notre peuple étaient en train de lutter ou de se préparer à la lutte; de réfléchir sur les expériences de la dernière grève ou manifestation ou de penser aux camarades qui combattent dans d'autres secteurs, d'autres villes, d'autres nations de l'Etat, dans les prisons franquistes et en exil, et de se solidariser avec eux ? C'est chez eux que se trouve la réponse au programme de Arias. Le programme qui encourage leurs luttes, qui rassemble toutes leurs revendications, tous leurs droits, y compris, et en particulier, ceux que la plus "démocratique" des fractions politiques bourgeoises n'accordera jamais, sous aucune forme, ce programme, c'est le nôtre. Il faut choisir son terrain ou bien il s'agit de faire "pression"' sur le gouvernement et la monarchie franquiste, ou bien il s'agit de les détruire. VOICI LE TERRAIN QUE NOUS AVONS CHOISI. ° - Contre l' "'indulto"-farce de novembre et tout autre qui incluerait la moindre restriction : amnistie, liberté, pour tous les prisonniers politiques et retour de tous les exilés. °-Contre la caricature de "démocratie" du programme Arias: liberté de réunion, d'association, de presse et de manifestation; droit de grève, sans aucune restriction d'aucune sorte. • - Contre le mensonge de la "réforme constitutionnelle", "déguisement démocratique" du franquisme: élection avec droit de vote à 16 ans, au suffrage universel d'une Assemblée Constituante. °- Contre toutes les limitations de la liberté de création artistique: abolition de toutes formes de censure. • _ Contre la "'morale" sexuelle dominante, répressive et hypocrite : pleine liberté sexuelle, droit à l'information sexuelle, distribution libre et gratuite de contraceptifs, avortement libre et gratuit. °- Contre l'oppression de la femme au travail et sur le plan social : abolition de toute discrimination contre les femmes. ° - Contre l' "indépendance et le respect mutuel" entre l'Eglise et la dictature: séparation complète entre l'Eglise et l'Etat. °- Contre l' "organisation institutionnelle des régions" que promet le programme de Arias pour perpétuer l'oppression nationale: élection immédiate au suffrage universel par tous les habitants des territoires de chacune des nationalités opprimées, d'une assemblée nationale souveraine, qui organise le libre exercice du . droit à l'auto-détermination. °- Pour mener à bien le renversement de la dictature, pour éviter qu'un seul virus franquiste ne revienne infecter le pays :dissolution de tous les corps répressifs spéciaux et des tribunaux franquistes. Abolition de toute la législation répressive de la dictature. Recherche des responsabilités pour les crimes du franquisme. Epuration de l'armée des chefs et officiers réactionnaires, dissolution des corps mercenaires et coloniaux. Droits démocratiques pour la troupe. • - Contre le blocage des salaires, le chômage, la politique des revenus, toute forme de "pacte social", contre la dégradation constante des conditions de vie et de travail des masses : pour les revendications des travailleurs. Contre la militarisation des services publics. Pour l'échelle mobile des salaires et des heures de travail. •- Contre les faillites frauduleuses, les fermetures d'entreprises, manifestations quotidiennes de cette "formidable poussée de l'initiative privée" à laquelle rend hommage le programme du gouvernement: contrôle ouvrier sur la production. Nationalisation sans indemnisation de toutes les entreprises fermées et remise en marche de celles-ci sous contrôle ouvrier. Nationalisation sans indemnisation des industries-clés, sous contrôle ouvrier. •- Contre la commercialisation capitaliste de l'enseignement: pour un enseignement gratuit, lalc, bilingue, polyvalent, obligatoire jusqu'à 18 ans. Pour les revendications des travailleurs de l'enseignement.
• - Contre la médecine de classe : pour une sé curité sociale financée par l'Etat et les entreprises qui comprenne l'ensemble de la population et couvre toutes les maladies. Pour toutes les revendications des travailleurs de la santé.
° - Contre le désastre absolu de la politique agricole de la dictature : réforme agraire radicale. Expropriation sans indemnisation des propriétaires terriens et gros capitalistes de la campagne. Abolition de toutes formes de séparation entre propriété et travail de la terre : la terre à celui qui la travaille. Nationalisation des réseaux de commercialisation des produits agricoles et administration par des délégués.
élus des travailleurs agricoles, des coopératives agricoles et des petits paysans.
° - Contre cette "réforme fiscale" qui se présente comme une véritable institutionalisation de la fraude fiscale des capitalistes et du pillage fiscal des travailleurs : aucun impôt sur les salaires. Tous les revenus fiscaux payés par les capitalistes.
• - Contre la CNS, syndicat fasciste et n'importe laquelle de ses "réformes"', qui en aucun cas ne pourront ni ne voudront changer son contenu d'essence réactionnaire: pour un syndicat unique de classe, avec reconnaissance du droit de tendance, qui impulse la démocratie ouvrière (avec ses deux instruments fondamentaux: l'assemblée et le comité élu et révocable)
et dontl'organisation sera définie par un congrès syndical constitué de délégués élus démocratiquement dans les entreprises.
• - Contre les projets d'intégration dans les alliances politiques et militaires de l'impérialisme protecteur de la "réforme" franquiste. Contre le nouvel accord avec l'impérialisme yankee. Contre la traditionnelle démagogie franquiste à propos de Gibraltar: rupture de tous les pactes et alliances impérialistes, y compris les pactes secrets de collaboration policière, du type "'Fraga-Poniatowsky". Dehors les bases yankees. Restitution immédiate de Gibraltar à l'Etat espagnol. •- Contre la politique coloniale franquiste, occupation de territoires marocains en Afrique du Nord, responsabilité directe dans le massacre actuel du peuple sahraoui: indépendance pour le Sahara. Reconnaissance du Front Polisario comme unique représentant légitime du peuple Sahraoui. Restitution immédiate au Maroc des territoires occupés en Afrique du Nord. A la différence des "programmes minimaux"', qui ne servent que de monnaie d'échange avec le grand capital, cet ensemble de mots d'ordre a pour fonction de servir d'orientation globale pour l'action indépendante des masses. C'est pourquoi il doit être traduit, transformé ou élargi selon les besoins concrets de cette action. C'est pourquoi également, et fondamentalement, il a une colonne vertébrale qui, bien entendu, est absente de toutes les "alternatives démocratiques" Cette colonne vertébrale c'est l'auto-organisation de la classe ouvrière et de tout le mouvement de masses, l'organisation des luttes par ceux qui combattent eux-mêmes est sur le terrain de l'organisation la conséquence fondamentale de la ligne d'indépendance de classe. C'est qu'il ne s'agit pas seulement de mobiliser les masses, mais qu'elles se dotent elles-mêmes de leurs propres organismes, discutant en assemblée de la direction à donner à la lutte, élisant et contrôlant leurs représentants, constituant des comités de grève, des piquets d'extension, d'auto-défense, des comités de vigilance et d'épuration contre toutes les formes de la contre-révolution, des tribunaux populaires qui exercent la justice à l'encontre des responsables des crimes franquistes des comités de soldats, etc. Et il faut que tous ces organismes se coordonnent et se centralisent avançant ainsi sur le chemin qui mène aux organes de pouvoir ouvrier. Les formes, les noms que peuvent adopter ces organismes importent fort peu : ce qui compte, c'est que le mouvement de masse reconnaisse en eux des instruments de lutte. Dans les mobilisations actuelles, se vérifient les mille formes que peut adopter l'auto-organisation, les mille chemins qui mènent à ce que se coordonne la lutte, à ce qu'elle s'étende, à ce que la solidarité s'organise, que s'intègre au combat un nouveau secteur... Il faut donc s'appuyer sur toutes, absolument toutes ces formes pour développer le contenu de l'auto-organisation de masses qui existent en chacune d'elles, aussi embryonnaire que soit sa réalité actuelle.Il s'agit de progresser ainsi jusqu'à des organes directement représentatifs des masses en lutte, et donc immédiatement au service de cette lutte, organisme de Front unique ouvrier, de la base au sommet. Et pour construire ce Front unique, il faut lancer dans les mots d'ordre et surtout dans l'action, aux organisations ouvrières et nationalistes révolutionnaires, le cri qui résume la bataille contre la collaboration de classe : rompez avec la bourgeoisie! Au bout des "alternatives démocratiques" on trouve toujours le mot d'ordre qui couronne la politique de collaboration de classes : le gouvernement provisoire de "large coalition"', chargé de reconstruire l'Etat bourgeois espagnol, sous une forme "démocratique". Le mot d'ordre central de notre programme est, précisément, celui d'un gouvernement capable de réaliser ce programme et qui a pour tâche de satisfaire, inconditionnellement les revendications de la classe ouvrière et du peuple, et dont la base serait les organes de lutte des masses, ceux qu'elles auront mis sur pieds pour abattre le franquisme, incarnent sa bataille contre l'exploitation, la répression, l'oppression nationale et sociale. Ce gouvernement, nous l'appelons gouvernement des travailleurs.
Entre leur gouvernement provisoire et notre gouvernement des travailleurs, il existe beaucoup plus qu'une différence dans le type de "coalition", bien qu'évidemment, dans le gouvernement des travailleurs il ne peut y avoir même l'ombre de la bourgeoisie. Il existe surtout une différence de fonction: la fonction du "gouvernement provisoire" est de reconstruire l'ordre bourgeois; la fonction du gouvernement des travailleurs est de le détruire à jamais. Quelques camarades, militants d'autres organisations ou combattants d'avant-garde nous disent souvent: "Mais vous n'êtes pas réalistes Vous ne vous rendez pas compte qu'il va y avoir un gouvernement provisoire de coalition et que les masses le désirent. Il faut en faire partie, ou en être proche pour éviter les maneouvres de la "droite"'. Votre gouvernement des travailleurs, c'est un mot d'ordre qu'on ne comprend pas, qui n'a rien à voir avec les préoccupations actuelles des masses." Nous sommes donc des idéalistes, ou des gauchistes ? Evidemment, non. Nous sommes communistes, ce qui est la seule forme révolutionnaire d'être réalistes. Nous savons qu'il y aura un "gouvernement provisoire". Et nous savons que la majorité du mouvement de masses croit, on lui fait croire, que ce "gouvernement provisoire" est l' "alternative" au franquisme. Mais de ces deux constatations, il ne ressort pas une ligne politique. Pour cela il faut se demander : Pourquoi les masses croient-elles dans ce gouvernement provisoire ? La réponse est très claire. Parce qu'elles croient qu'elles vont obtenir d'un tel gouvernement la satisfaction de leurs revendications politiques, économiques et sociales. Les masses n'adaptent pas leurs revendications à un type de gouvernement, - cela c'est la tâche des réformistes - mais au contraire, elles "adaptent'' le gouvernement à leurs revendications, qui sont ce qui compte réellement pour elles. Alors, il faut se poser une autre question: un gouvernement interclassiste veut-il, peut-il, satisfaire les revendications des masses, est-ce la fonction du "gouvernement provisoire de large coalition" ? Et il faut bien répondre, catégoriquement, non, il ne veut, ni ne peut, et ce n'est pas sa fonction. Et nous en arrivons à la question décisive. S'il en est ainsi, quelle doit être l'attitude des révolutionnaires ? Encourager les illusions des masses dans le "gouvernement provisoire" pour "ne pas rester marginaux", collaborant par là à la fonction réelle de ce gouvernement ? Ce serait une attitude typiquement opportuniste. L'attitude des révolutionnaires consisté à lutter pour que les masses à travers leur propre expérience, affirment leurs revendications, sent leur confiance dans leurs propres forces, aquièrent une détermination absolue pour satisfaire leurs aspirations et pour y parvenir par leur action propre, en construisant les organes les mieux adaptés pour ces objectifs. Dans ce combat et en liaison avec lui, il faut propager les mots d'ordre d'indépendance de classe et en particulier, le gouvernement des travailleurs. Si la majorité du mouvement de masses place ses luttes sous la bannière d'un gouvernement provisoire interclassiste, nous continuerons à nous y opposer, avec toutes les conséquences impliquées et sans concessions. Personne ne pourra nous accuser de "diviser" le mouvement : d'abord, parce que le fondement de l'unité des travailleurs est l'accord pour défendre les revendications contre l'exploitation capitaliste et contre la dictature. Les désaccords, même de principe, sur la formule de gouvernement qui doit être mis en place après le renversement de la dictature, n'a pas à affecter le combat unitaire des masses; ensuite, parce que celui qui divise le mouvement, c'est celui qui veut subordonner les luttes aux pactes signés avec la bourgeoisie; enfin, parce que nous défendrons toujours l'unité dans l'action des travailleurs, quelle que soit l'orientation qu'ils adoptent majoritairement. Finalement, il s'agit de soumettre à l'épreuve de la pratique, à la chaleur de la lutte unie de la classe ouvrière et du peuple, les orientations et les mots d'ordre des différentes organisations ouvrières. Nous sommes sûrs que cette chaleur fera fondre comme de la cire la ligne de collaboration de classes, et qu'elle forgera comme de l'acier la ligne d'indépendance de classe. Quand la forge aura fait son oeuvre, les masses donneront son véritable nom à la liberté. Elles l'appelleront socialisme et à la tête de l'offensive pour parvenir à la société sans classes, se tiendra le gouvernement des travailleurs. Pour que ce jour arrive, il faut combattre pour lui dès aujourd'hui 8) Voilà notre position générale dans un débat d'importance fondamentale mais qui ne doit soustraire ni une seconde, ni un effort, à la tâche essentielle du moment, organiser la grève générale contre la monarchie franquiste, contre la dictature. La nécessité de concentrer, de centraliser toute l'ardeur à la lutte pour la liberté qui vit dans le pays, en un effort unique n'a jamais eu de possibilité aussi tangible, jamais elle n'a été aussi nécessaire que maintenant et jamais elle n'a été autant comprise et désirée par la classe ouvrière et le peuple. A partir des mobilisations pour l'amnistie, des journées de lutte, de la solidarité avec les grèves ouvrières, celles des enseignants et des travailleurs de la santé, avec les camarades des secteurs militarisés... en avant vers la grève générale contre la dictature! 30.1.1976