Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ESPAGNE

Après le référendum

· Inprecor (première série) n° 65, 13 janvier 1977 · p. 3-6 · 2 955 mots

État espagnol Syndicalisme

ESPAGNE Un référendum est une forme d'expression de vote dans laquelle seul le gouvernement peut formuler des propositions. C'est pourquoi le pouvoir gagne presque toujours le référendum, saufquand il commet des erreurs d'appréciation grossières. On ne peut donc pas considérer un référendum comme une forme de "consultation démocratique", à moins qu'il ne soit d'initiative populaire. Cette règle générale s'applique particulièrement à l'Espagne d'aujourd'hui. Dans ce pays, les libertés démocratiques les plus élémentaires continuent à être violées. La propagande en faveur de l'abstention au référendum a été interdite et persécutée. Le droit de vote a été nié à ceux et à celles qui ont moins de 21 ans, afin d'éviter que ne se manifeste une abstention massive de la jeunesse. Des pressions nombreuses ont été exercées sur les électeurs. Les fonctionnaires, les retraités, les chômeurs et les travailleurs absents de leur travail le jour du référendum, ont été obligés d'apporter leur certificat de vote pour pouvoir toucher ce qui leur revient légalement. Il y eut également de nombreuses pressions plus directes, notamment de la part de petits chefs locaux dans les zones rurales, ainsi que de nombreuses fraudes : personnes âgées de moins de 21 ans qu'on a laissées voter dès qu'on savait qu'elles étaient favorables au "oui"; personnes qui votèrent au nom d'autrui, sans devoir passer par une vérification d'identité. Le gouvernement ne s'est pas limité à convoquer le référendum. Il a dépensé plus de 2 milliards de pesetas (plus de 150 millions de FF) pour obtenir une victoire des "oui". Malgré tous ces atouts et contrairement aux apparences, le gouvernement n'a pas obtenu tout ce qu'il visait. Globalement, la participation électorale a été de 77,7% des électeurs inscrits, dont 72, 9% ont voté "oui". Plus d'un quart des électeurs se sont donc abstenus (22, 6%) ou ont voté non (1,9% : essentiellement les fascistes) ou blanc et nul (2,5%). Mais les abstentions ont été beaucoup plus nombreuses dans les nationalités opprimées et en milieu ouvrier :

APRES LE

Juan FERNANDEZ - province de Guipuzcoa : 55,1% d'abstentions; - province de Viscaya : 47,2% d'abstentions; - province de Tenerife (iles Canaries) : 32, 4% d'abstentions; - quatre provinces de Galice : entre 30, 1% et

36,1% d'abstentions ; - Cuenca del Nalon (centre industriel) : 48% d'abstentions; - Barcelone-ville : 36,3% d'abstensions; - quartiers des mineurs d'Oviedo : 49,6% d'abstensions, etc... En général, dans les capitales de province, le pourcentage des abstensions est supérieur de 10 à 15% à celui des moyennes de province. Au fur et à mesure que des résultats détaillés sont connus - le gouvernement ne les a pas publiés, il s'est limité à faire connaître nationalement les chiffres globaux province par province - l'image d'une abstension massive de la classe ouvrière consciente et d'un large courant abstentionniste dans les nationalités opprimées, se précisera de plus en plus. Vu les conditions dans lesquelles le référendum a été organisé et dans lesquelles il s'est déroulé ; vu l'absence d'une campagne active pour l'abstention, avec manifestations et grèves, sauf au Pays basque (où cette campagne a donné un rejet du projet gouvernemental par la majorité de la population); vu l'effort politique massif que suppose l'abstention, dans l'absence d'une véritable liberté du mouvement ouvrier, on peut dire que le résultat implique un double échec partiel du gouvernement. En premier lieu, il lui est impossible d'interpréter le résultat du vote comme un vote en faveur de la loi électorale (qui prévoit notamment des élections sans participation de tous les partis ouvriers), comme un vote en faveur de la concentration des pouvoirs dans les mains d'une monarchie héritière de la dictature. En second lieu, du point de vue de la conquête de la liberté, l'apparition au grand jour des partis et organisations ouvrières, l'activité des organisations syndicales, féminines et jeunes, les centaines de meetings, d'assemblées, de grèves de protestation et de manifestations, ont été une précieuse école d'activité politique de mas-

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ESPAGNE se que le prolétariat de l'Etat espagnol et ses alliés n'avaient plus connu depuis près de quatre décennies. Cette expérience sera rentabilisée dans des luttes immédiates. C'est alors qu'on verra qui s'est réellement renforcé dans cette épreuve. Les enseignements politiques du referendum Le déroulement et les résultats du référendum permettent aussi de tirer des enseignements politiques importants sur les forces en présence, et leur orientation fondamentale. Le référendum a démontré que l'extrême-droite fasciste manque totalement de base sociale; le résultat obtenu par la campagne pour le "non" fut dérisoire. Le référendum a indiqué jusqu'à quel point va la "tolérance" de la monarchie franquiste à l'égard de l'opposition. Ce fut en quelque sorte une "répétition générale" des élections annoncées, sans légalisation du PC, de l'extrême-gauche et du nationalisme radical des nationalités opprimées. Tout ce qui mettait en danger cette "répétition générale" a été systématiquement et durement réprimé. Non seulement des milliers d'arrestations, mais des menaces, des coups et des tortures dans des locaux de la police ou dans les prisons ont été systématiquement appliqués. Le référendum a indiqué où va l'orientation politique de "l'opposition démocratique". . Les "sept conditions pour accepter le référendum", que la commission permanente de "l'opposition" a présentées le 18 novembre au gouvernement impliquent une grave capitulation devant ce gouvernement, même par rapport aux positions modérées préalablement adoptées lors de la réunion aux îles Canaries. Toute référence à une Assemblée constituante ou au problème de l'auto-détermination des nationalités a été abandonnée dans ces "sept conditions". Cela équivaut à une volonté de ne pas remettre en question les bases fondamentales de la "loi de réforme politique" et de désarmer politiquement les masses, de freiner ou de briser leur mobilisation. Le fait de mettre en place, en pleine campagne pour l'abstension, une "commission de négociation avec le gouvernement" ne pouvait que désorienter l'électorat, au moment où il se serait agi de l'ameuter contre les projets politiques soumis au référendum. Le parti social-démocrate PSOE et le Parti communiste n'ont rien fait pour qu'il y ait une campagne d'abstention active. Carrillo est même allé aussi loin que d'affirmer que "l'opposition aurait pu voter 'oui' au référendum, si ie gouvernement avait accepté les sept condition... ditions qui, nous devons le souligner, ne remettent nullement en question les bases mêmes de la réforme juancarliste. Les organisations maoïstes PTE, ORT et MCE ont développé une forte agitation en faveur de l'abstention, comme l'ont fait nos camarades de la LCR-ETA VI et de la LC. Mais depuis le premier moment, le contenu politique de la campagne des groupements maolstes a reflété une contradiction totale entre une adaptation à l'orientation politique des organismes de collaboration de classe, et le désir de donner à l'action de masse les mots-d'ordre capables de les mobiliser pour un boycott réel et actif du référendum. Le PTE affirme son appel du 12 décembre 1976 que l'abstention ne suffit pas pour obtenir la démocratie, qu'il faut la grève générale pour... réaliser le programme de la "plate-forme d'opposition démocratique", programme qui n'inclut ni l'Assemblée constituante ni le droit des nationalités opprimées à disposer d'elles-mêmes. Mais le même appel ajoute qu'il faut lutter pour des Cortès constituantes, l'amnistie, les libertés, etc... L'ORT, de même, appelle à lutter pour le programme de la POD, tout en parlant d'un "combat résolu pour le renversement de la monar -chie imposée", position programmatique exclue de la plate-forme de l'opposition "démocratique". Quant au MC, il se maintient prudemment à mi-chemin, substituant "le droit à l'autonomie" au droit des nationalités opprimées à disposer d'elles-mêmes, et la "formation d'un gouvernement démocratique qui convoquera des élecauthentiquement libres" à la revendication d'une Assemblée constituante. Ainsi, l'épreuve du référendum confirme le caractère juste de notre orientation. Il confirme que nous avions raison de souligner la nécessité pour le mouvement de masse et les organisations ouvrières de ne pas s'en tenir au programme de l' "opposition démocratique", mais d'offrir au contraire au mouvement de masse des mots-d'ordre capables d'en finir avec le régime monarchiste héritier de la dictature : légalisation immédiate de toutes les organisations ouvrières, auto-détermination des nationalités opprimées, élections libres à une Assemblée constituante, République, Il confirme au ni-

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veau de l'organisation du boycott la nécessité d'abandonner tous les pactes et groupements de collaboration de classe qui ne peuvent que freiner les mobilisations de masse, et de leur substituer des organismes de front unique ouvrier tendus à impulsés et organiser l'action de masse. Et maintenant? S'il est vrai que le gouvernement n'est pas sorti grand vainqueur du référendum, il serait infantile de vouloir nier qu'il a obtenu un succès partiel pour son "projet" politique : arriver à une "démocratie" bourgeoise limitée, dans laquelle les libertés des masses et de leurs organisations seraient considérablement restreintes, et dans laquelle pourraient se maintenir autant que possible des institutions héritées du franquisme, avant tout l'appareil de répression franquiste. Le "plan Suarez"', c'est le moyen de réaliser ce projet du Grand Capital de l'Etat espa- par le jeu d'une Loi électorale qui permettrait de créer une majorité bourgeoise "centriste" sur l'axe Parti populaire - Démocratie chrétienne, et qui exclurait des avantages de la légalité le PC, l'extrême-gauche et les organisations nationalistes radicales. La législation de ces organisations pourrait à la rigueur intervenir plus tard, lorsque le contrôle de la bourgeoisie sur le nouveau parlement et d'autres institutions aurait été confirmé et consolidé. - par l'utilisation du "mécanisme stabilisateur" de la "Loi de Réforme politique", c'est-à-dire le "'labyrinthe légal et législatif" qui fait que toute réforme supplémentaire devra être approuvée par une majorité des 2/3 des "deux Chambres"', Ceci tend à obliger l'Opposition à maintenir un comportement de "négociation permanente" avec le pouvoir, comportement qui entrave et désoriente l'activité des masses. - par l'entraînement de l'opposition à se contenter de "réformes" au compte-goutte, ce qui lui fait abandonner toute campagne systématique pour la conquête intégrale des libertés démocratiques, de l'amnistie, de l'auto-détermination, - par des manœuvres qui favorisent la division entre les partis ouvriers, cherchant à entrainer le PSOE à la participation aux élections alors que le PC reste interdit. - par l'application de la même méthode que la "réforme politique" à la question syndicale, afin d'éviter un renforcement massif des centrales ouvrières et de continuer à utiliser la CNS (syndicat vertical de l'époque franquiste) comme instrument pour accentuer la division entre ces centrales, ce qui doit favoriser la négociation d'un "pacte social" imposé par la politique économique du gouvernement. De ce fait, la Coordination démocratique de l'opposition entre de plus en plus en crise. La polarisation croissante entre les luttes de masse d'une part, qui mettent à l'ordre du jour la conquête des libertés démocratiques et le rejet du "pacte social" du gouvernement, et l'imposition de fait de la "loi de réforme politique" d'autre part, laisse peu de marge de manœuvre pour les négociations de la Coordination démocratique avec le gouvernement. La capacité d'utiliser l'autorité de cette "Coordination" pour freiner la lutte de masse s'en ressent forcément Dans ces conditions, le "compromis constitutionnel' proposé par la direction du PSOE à son dernier congrès à Madrid implique une option en faveur d'une politique "réaliste" de collaboration avec le gouvernement et avec son projet politique, acceptant de fait un Parlement qui aurait été vidé de toute capacité constituante et qui ne serait même pas issu d'élections libres, Il implique de même un engagement à fond en faveur de la réintroduction du "crétinisme parlementaire" dans le mouvement ouvrier, Crétinisme doublement lamentable quand il s'agit en outre d'un "Parlement" ni réellement souverain, ni démocratiquement élu, Un des principaux dirigeants du PCE, Ramon Tamames, chevauche le même crétinisme parlementaire dans un article paru dans le journal "El Pais" du 10 décembre dernier, Il y écrit que même en obtenant 51% des voix aux élections législatives, l'opposition ne pourrait pas renverser la Constitution anti-démocratique en vigueur puisque cette même Constitution prévoit qu'il faut une majorité des 2/3 pour la modifier et ce dans les deux Chambres. démontre que le seul moyen de modifier ces dispositions antidémocratiques, c'est de passer par les fourches caudines du régime, dans le "labyrinthe légal" créé par la loi Suarez, Cela réclame évidemment un très "large front démocratique" seul apte à arracher la très "ample majorité" capable de terminer victorieusement ce marathon. Mais Tamames ne semble pas s'apercevoir du fait que cet "ample front" est en pleine contradiction avec les besoins des par -tis bourgeois que la loi électorale favorise, et avec ceux du PC, qui doit combattre pour sa Est-ce à dire que les élections auront lieu comme les prévoit le plan Suarez ? Pas nécessairement. Tout dépend du rythme et de l'ampleur de la lutte des masses. Les masses combattent dans des conditions fort difficiles, avec un chômage qui s'approche d'un million de personnes,

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ESPAGNE en face d'une répression qui s'accentue. Mais elles réussissent néanmoins arracher satisfaction dans de nombreuses occasions. De nombreu - ses fois, le cadre imposé par le gouvernement est rompu, les travailleurs constituent des organes d'auto-organisation démocratiques à la base. L'organisation des quartiers, les groupements de jeunes, le mouvement de libération des femmes, Les masses continuent à se battre pour la liberté pleine et entière de toutes leurs organisations, pour l'amnistie totale et inconditionnelle de tous les prisonIl est certain que le chemin pour obtenir la victoire dans ces domaines est plus long et moins rectiligne que ce qu'on aurait pu supposer. Il est certain aussi que cette possibilité de manœuvre du régime a été largement déterminée par la politique des organisations majoritaires au sein de la classe ouvrière, qui ont tout subordonné à leurs pactes avec la bourgeoisie. Au-delà des intentions et des manœuvres des p partis réformistes, ce sont cependant les luttes des masses et leur succès relatif qui détermineront jusqu'à quel point et à quel rythme les projets de démocratie fantoche de la monarchie franquiste finiront par être bousculés, ou seront réalisés en partie. Où va le PC ? L'épisode de l'arrestation, puis de la mise en liberté provisoire de Santiago Carrillo et de ses camarades de la direction centrale du PCE, a constitué à ce propos un nouveau test supplémentaire. La mobilisation de masse pour la libération de Carrillo n'a pas été réellement impulsée et centralisée au niveau de l'Etat par l'appareil du PC. C'est à tel point vrai que nos camarades de la LCR-ETA VI ont été les premiers à réagir publiquement et largement, fait qui a été reconnu implicitement par le PC qui a tenu à féliciter la LCR pour l'initiative dont elle a fait preuve à cette occasion. Le PC, quant à lui, a fait preuve une fois de plus, de son souci de tout subordonner au pacte avec l'opposition démocratique bourgesoise, qu'il a laissé négocier la libération de son secrétaire général avec le gouvernement, plutôt que de l'arracher dans la rue. Il a célébré comme une grande victoire le fait d'obtenir cette libération par la voie de la négociation. Il s'est montré prêt à payer un prix politique immédiat : il s'est retiré de la "commission de négociation'' de l'opposition avec le gouvernement, qui dis -cute de la participation de celle-ci aux prochaines élections. L'importance de cette concession peut être mesurée par le fait que c'est le gouvernement qui a exigé que le PC se retire de cette commission. La "solidarité" que l'opposition "démocratique" manifeste à l'égard du PC s'exprime par la transmission de l'ultimatum gouvernemental et la capitulation devant lui.

En fait, le PC est prêt à abandonner l'exigence de sa légalisation officielle et formelle avant les élections. Il a déjà abandonné la revendication que le reste de l'opposition (avant tout le PSOE) boycottent les élections, aussi longtemps que toutes les organisations ouvrières et les organisations nationalistes radicales ne soient légalisées. Il se sontente d'une participation électorale par voie indirecte, quitte à obtenir sa légalisation après la mise en place du Parlement Inutile de souligner combien cette politique facilité la tâche du gouvernement et désoriente politiquement les masses. Celles-ci montrent pour -tant une volonté réelle de maintenir leur mobilisation politique, notamment par la voie de luttes en cascade pour arracher l'amnistie totale. Ce sera une des principales épreuves de force des jours et des semaines à venir. Sur toute l'orientation du PC plane en outre le problème fondamental du "'pacte social". Dans un article fort remarqué qu'il a publié dans l'hebdomadaire "Triunfo" (du ler janvier 1977), Nicolas Sartorius, un des principaux dirigeants des Commissions ouvrières, écrit : "... Sans doute, il s'avérera possiblement que la droite espagnole a commis une erreur en pensant qu'un gouvernement issu d'une majorité parlementaire, de Cortès au sein desquelles les forces ouvrières auraient été marginalisées par des procédés malodorants, pourrait avoir l'autorité nécessaire pour sortir de la crise clairement. On a répété à de nombreuses occasions que la crise actuelle a des caractéristiques telles qu'on ne peut en sortir si ce n'est sur la base d'un accord entre toutes les forces sociales réelles, et entre elles, sans doute, les syndicats, qui ne manqueront pas de faire valoir les revendications fondamentales des travailleurs." (souligné par En d'autres termes :"légalisez le PC et les CO, sinon pas de pacte social. En échange de la légalisation, nous sommes prêts à imposer le pacte social aux travailleurs". Mais comment faire aboutir ce chantage, si pour maintenir l'alliance avec les partis bourgeois, on freine et fragmente, même avant la conclusion du pacte, les mobilisations et les luttes des travailleurs ? Et comment convaincre la bourgeoisie qu'une fois légalisés, le PC et les CO réussiront à imposer le pacte social aux travailleurs ? Voilà tout le dilemme, pour la direction du PC autant que pour la bourgeoisie. Et l'ampleur de ce dilemme se révèle quand on prend connaissance des chiffres publiés par la CNS d'origine franquiste : en 1976, le nombre de journées perdues pour fait de grève s'éleva à 101 millions, soit dix fois plus qu'en 1974 et 1975, et le nombre de grévistes s'éleva à 3,5

30 décembre 1976

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