Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GRANDE-BRETAGNE

Le désastre de l'économie britannique

· Inprecor n° 100, 27 avril 1981 · p. 9-14 · 6 086 mots

Grande-Bretagne Syndicalisme Économie mondiale Stalinisme

En 1980, le produit national brut triels clés, la situation est encore pire. La

Brian GROGAN

L'économie britannique est entrée dans la récession avant toutes les autres économies des pays capitalistes développés et elle sera aussi la dernière à en sortir. Cette récession a commencé au début de l'année 1980 (1). Le déclin de la production industrielle s'est encore accéléré en janvier 1981, et il n'y a pas le moindre signe que la récession ait touché son fond. Au contraire, le dernier budget adopté par le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher aboutit à retirer de l'économie 3,5 milliards de livres, ce qui menace de provoquer un nouvel approfondissement de la récession. (PNB) a chuté de 3 %.Et ce chiffre donne une vue encore trop flatteuse de la situation. En réalité, le déclin s'est accéléré dans la dernière partie de l'année 1980. Ainsi, au cours du dernier trimestre 1980, le PNB a baissé de 5,5 % (moyenne an-

Par rapport au point d'apogée du cycle économique, cela représente un recul de 6,8 %. Ainsi, l'actuelle récession est certainement bien plus grave que celle de 1974-1975 (2), lorsque le recul n'avait été que de 4,8% entre le point le plus élevé et le point le plus bas du cycle, c'est-à-dire entre le 3e trimestre 1973 et le 3e trimestre 1975 (3). Et les choses ne s'arrangent pas, puisque la production industrielle continue de baisser. En janvier 1981, la production industrielle a décliné de 1,3 %. C'est le septième mois de suite qu'un recul de la production est enregistré. Comparée à la même période de l'année précéjanvier 1981 —, la production industrielle a baissé de 11.5 %.

C'est la plus importante chute depuis le krach de 1930. Si l'on ne prend pas en compte la production de pétrole et de gaz naturel, la chute de la production industrielle atteint alors 13.5 %. Les chiffres concernant l'industrie manufacturière indiquent un recul très important depuis janvier 1980, de 14,4 %. Or la statistique pour janvier 1980 était déjà fortement influencée par la grève de la sidérurgie qui s'est déroulée à cette époque (4). Comparée au trimestre précédent, la chute de la production industrielle pour les mois de novembre 1980-janvier 1981 a atteint

En ce qui concerne les secteurs indus-

La Grande-Bretagne a connu une ré. cession plus importante que ce qu'avaient prévu les conservateurs et estimé le patronat. Mais le dernier budget indique clairement que si Mme Thatcher continue sur sa lancée, le désastre va continuer jusqu'à ce que la classe ouvrière soit battue ou que la résistance à cette politique aboutisse au renversement du gouvernement. Si l'on en juge d'après les bélements poussés par les patrons, lors du vote du budget au Parlement, il semble que ces derniers craignent par dessus tout cette seconde hypothèse, c'est-à-dire le renversement du gouvernement conservateur, suite logique de la politique de Mme Thateher. UNE RECESSION QUI DURE métallurgie connaît un recul de la production avoisinant les 20 %, tandis que le secteur des machines-outils chute de 17 %. Dans la chimie et le raffinage pétrolier le

Pour tenter d'avoir une vue plus exacte de ce déclin, on peut signaler que l'industrie automobile n'a produit en 1980 que 924 000 unités contre 1 640 000 en 1970. La production d'acier est tomtée de 28 millions de tonnes en 1970 à 11,2 millions en 1980 (6).

Il en va de même dans le secteur de la construction, qui est un indicateur particuliérement sensible de l'activité économique en Grande-Bretagne. L'organisation patronale de ce secteur indique que - si la tendance se confirme en 1981 la construction connaîtra une baisse de 25 % par rapport au niveau de 1970.

La réponse du patronat devant cette situation a consisté à jouer à fond une politique de déstockage. Dès lors, l'investisement dans l'industrie manufacturière a reculé de 6 % en 1980. Les statistiques du Département pour 1981 un recul de 15 à 20% du volume de capital investi.

Contrastant avec cette sombre image, on constate l'apparent maintien du niveau

1. Voir Inprecor, numéro 67-68, spécial 17 janvier 1980, Wolf, « La nouvelle récession internationale en

2. Voir Inprecor, numéro 16-17, première série, spécial économique, du 16 janvier 1975. Bob Suteliffe, « Grande-Bretagne : la chute libre » ; et numéro 40-41, spécial économique, du 18 décembre 1975, Alan Jones, « GrandeBretagne : au bord du gouffre ».

3. Chiffres du Report of the Central Statistical Office (CSO), février 1981.

GRANDE-BRETAGNE des exportations, malgré la ferme tenue de la livre. L'année dernière, l'excédent de la balance des paiements s'est élevé à 2 milliards et demi de livres. Pour les deux premiers mois de 1981, ce surplus atteint 1,65 milliards, c'est-à-dire la moitié de ce qui avait été prévu pour l'ensemble de l'année. Mais, depuis plusieurs mois, la Confédération de l'industrie britannique (CBI — le CNPF britannique) a indiqué que la forte position de la livre allait miner les exportations. Au cours des deux premiers mois de 1981, le volume des biens manufacturés exportés a reculé d'environ 9 %.

En fait, les exportations de pétrole et les revenus des « iavisibles » (banques, assurances et autres services, y compris le repaiement des contributions budgétaires au Marché commun européen) représente les 5/6e de cet excédent de la balance des paiements courants.

En réalité, la Grande-Bretagne a connu une perte catastrophique de compétitivité estimée par la Banque d'Angleterre, en décembre 1980, comme se situant à 40% en baisse par rapport à 1975 ; ce recul des capacités concurrentielles s'exprimera inévitablement au niveau de la balance des paiements. D'autant plus que les exportations durant cette période n'ont pu se développer que parce qu'un grand nombre de pays capitalistes avancés n'étaient pas encore entrés dans la récession, ce qui n'est plus le cas maintenant.

autre point de satisfaction du gouvernement est le recul de la poussée inflationniste en 1980. En février 1981, l'indice des prix de détail est de 13 % plus élevé qu'en février 1980. A cette époque, il était de 20% plus élevé qu'en février 1979. Mais cette « tendance positive » est menacée dans l'avenir.

Dans sa lutte contre l'inflation, le gouvernement a choisi de restreindre au maximum le développement de la masse monétaire. L'évolution de la masse monétaire est dès lors pour lui l'indice-clé de l'évolution inflationniste. Or elle a connu une croissance deux fois plus rapide que

4. Voir Inprecor, numéro 69, du 7 février 1980, Celia Pugh, « La grève de la sidérurgie relance la mobilisation contre les conservateurs » : et numéro 75, du 17 avril 1980, Brian Grogan, « La grève des sidérurgistes britanniques ».

5. Cf. CSO, février 1981. op. cit. 6. Voir Inprecor, numéro 94-95, spécial économique, Michel Capron. « La crise de la sieuropéenne». et particuliérement le paragraphe concernant la Grande-Bretagne, p.

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Les industries en Grande-Bretagne marson Siderurgie, Metallurgie T Construction atronatique Construction meranique ce qui avait été projeté par le gouvernement. En avril 1981, elle aura crû de plus grandes entreprises ont évidemment une responsabilité majeure dans le développement de la masse monétaire. En octobre, les prêts bancaires à l'industrie représentaient au total 3,6 milliards de livres. Le développement du crédit, sur une base moyenne mensuelle, s'élève à environ 400-500 millions de livres par mois depuis lors (7). Des taux d'intérêts élevés qui - selon le credo de l'école « monétariste » - auraient dû maintenir la masse monétaire à un niveau assez bas, ont eu en fait un effet opposé : les entreprises faire des emprunts plus élevés pour payer les intérêts des prêts passés.

La gravité de cette récession est telle que - malgré le nombre extraordinaire de faillites (8) —, les banques sont contraintes de se montrer plus flexibles dans l'application des règles sur le crédit, afin de ne pas entraîner de nouvelles vagues de faillites. Selon le Sunday Times (9), « il en coûtera aux banques 400 mil-

Middlesborough O Stres arturelles et lions de livres pour maintenir à flot l'insomme correspondant aux « provisions › que doivent faire les banques pour les créances douteuses...

Cette situation a été exacerbée par la chute très dure du taux de profit des entreprises industrielles et commerciales. Si l'on ne prend pas en compte les entreprises liées à l'industrie pétrolière (mer du Nord), le recul pour 1980 est d'au moins 4,5 %. De nouvelles enquêtes sur la rentabilité des entreprises qui ne sont pas engagées dans les opérations en mer du Nord indiquent un recul de 6,25 % (10).

Ce phénomène a affecté les entreprises de pointe à haute productivité orientées vers l'exportation comme le géant multinational de la chimie Imperial Chemical Industries (ICI) ou Metal Box Co et Courtaulds. ICI n'a annoncé aucun profit pour les neuf premiers mois de 1980 ; Metal Box a connu en 1980 un déficit pour toutes ses opérations Grande-Bretagne et cela pour la première fois de son histoire ; Courtaulds a vu ses profits s'effondrer de 30 à 3 millions de

Si l'on examine une entreprise comme Lucas Industries (qui produit des équipements et des accessoires pour l'inautomobile et l'aéronautique), c'est-à-dire une entreprise qui dépend fortement du secteur automobile touché par la récession, on constate que, pour le second semestre 1980, elle a connu un déficit de 27 millions de livres, alors que précédemment ses profits atteignaient 12 millions de livres. GKN, entreprise de machines-outils de pointe, qui a également des intérêts importants dans la sidérurgie, a subi une perte de 1,2 millions de livres alors que ses profits atteignaient auparavant 126 millions de livres. Le gouvernement a dû sauver de la faillite — par un prêt de 200 millions de livres - Internatinal Computers Limited (ICL), la seule grande entreprise britannique d'ordinateurs de haut de gamme. Les pertes de cette entreprise s'étaient élevées à 20 millions de livres pour le dernier trimes-

Devant cette situation, le patronat a commencé à critiquer le gouvernement afin qu'il réduise massivement le budgétaire en opérant des coupes sombres. Ceci devrait permettre une taux d'intérêts, selon les règles de la politique monétariste. En avril 1981, le volume des emprunts de l'Etat atteindra à peu près 14 milliards de livres, ce qui dépassera très largement l'objectif gouvernemental fixé à 8,5 milliards de livres. Cette somme équivaut à 6 % du PNB, c'est-à-dire qu'elle représente la même proportion que pendant la récession 1974-1975. Or, les projets gouvernementaux étaient de les diminuer de moitié pour éviter l'accélération très rapide de l'inflation, comme cela s'était produit après la

Ce n'est pas parce que l'équipe gouvernementale de Margaret Thatcher hésite dans ses projets de démantèlement du système de Sécurité sociale, que le volume des emprunts a grossi démesurément. En novembre dernier (1980), un train de réductions budgétaires très im-

- équivalant à un milliard de livres - a été décidé. Et cela alors que les dépenses militaires augmentaient d'environ 3% et que les dépenses des municipalités dans le domaine social étaient ampu-

Le sens de ces mesures a été clairement indiqué par le ministre conservateur de l'Environnement, quand il a affirmé qu'il interdirait aux municipalités d'engager des dépenses pour la construction de logements, et quand il a annoncé des mesures de rétorsion sévères contre tous les dépassements budgétaires de la part des collectivités locales et des municipalités.

7. Financial Times, 19 décembre 1980 entreprises ont cessé leurs activités, ce qui représente 38 % de plus que l'année précé-

9. Sunday Times, 23 janvier 1981. 10. Financial Times, 18 décembre 1980 : Blue Book, décembre 1980.

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Les coupes budgétaires proposées par les conservateurs visent essentiellement les salaires des employés des services publics et cherchent à démanteler ces mêmes services en diminuant drastiquement le personnel, alors qu'auparavant les merestriction budgétaires avaient été proposées par les travaillistes avaient essentiellement pour but de limiter le volume général des dépenses, et frappaient essentiellement les nouveaux conservateur a marqué des points dans ce domaine. En 1980, les collectivités locales ont réduit leur personnel comme jamais

La suppression de 45 000 postes de travail dans les services publics, soit 2,2% (si l'on ne tient pas compte du développement des forces de sécurité et de police) n'est évidemment pas comparable à la diminution des postes de travail dans le secteur privé. Pour le patronat, un point noir subsiste : la masse salariale dans le secteur publie a crû de 25 % en 1980-1981 et représente 30 milliards de livres. Cela veut dire que la hausse des salaires dans le secteur public a été le double de celle du

Il en ressort que les plans gouvernementaux se sont à nouveau heurtés à la résistance de la classe ouvrière. Cela s'exprime par exemple dans le fait que les municipalités contrôlées par le Parti travailliste ont connu une forte pression de la part des travailleurs afin de s'opposer aux mesures du ministre Heseltine. Cette résistance s'est également exprimée par le refus des travailleurs du secteur public d'accepter le plafond de 6% à la hausse des salaires. Au moment où nous écrivons, la quasi-totalité des travailleurs des services publics a engagé des luttes afin de rajouter 7 % à cette limite de 6 %....

Néanmoins, il ne faut pas sous-estimer le fait que, même si cela s'est fait de façon différente de ce qu'escomptait le dans la Sécurité sociale et les services pu-

Sont bien été effectuées. De nouveaux projets sont à l'étude pour juillet 1981. Les travailleurs manuels du secteur public ont un contrat qu'une augmentation de 7% des salaires, bien qu'ils aient mené une lutte très dure contre les licenciements. Si l'on prend en compte tous ces faits, qu'est-ce qui explique alors la croissance du volume des emprunts de l'Etat ? L'Economist, l'hebdomadaire de la City de Londres, résume dans son style sardonique les raisons de cette situation : grâce à ces prêts à la sidérurgie, aux charbonnages, au chemin de fer, à l'automobile, à l'industrie d'armements, le gouvernement a fait des dépenses « anti-cycliques » avec plus de générosité que n'importe quel autre gouverne. ment depuis la Deuxième Guerre mondiale, y compris les gouvernements travail-

Ce ne sont pas ces raisons « anti-cycliques » qui expliquent les 33 milliards de dépenses. Une des raisons-clés de cette situation réside dans la force de la classe ouvrière. C'est manifestement ce qui s'est passé dans les charbonnages, lorsque le gouvernement a dû faire face à une extraordinaire résistance avant de renoncer à ses projets de fermeture de puits et de licenciements massifs, à la suite de la grève massive des mineurs en février 1981. Cette action menaçait de devenir le pôle d'attraction pour toute la classe ouvrière et de déboucher sur un mouvement d'ensemble qui aurait pu renverser le gouvernement. Même si la situation était moins nette, et le succès gouvernemental contre les travailleurs plus important, une situation analogue se retrouve dans la décision gouvernementale d'attribuer une aide à la British Steel Corporation (BSC) et à Bri-

D'autres raisons expliquent l'accroissement des emprunts publies et donc de la dette. Ce sont d'une part les dépenses pour améliorer la situation des chômeurs et le coût même du chômage en terme de statistiques cent qu'au mois de mars 1981 le chômage se situera à 2484 000 sans emplois, soit de la population active. Le taux d'accroissement du chômage ne recule pas, et aucun signe n'indique qu'il va re« En avril, à moins d'un miracle, c'est le chiffre de 2,5 millions de chômeurs qui sera dépassé, et le pire sera à venir durant l'été, quand le marché du travail recevra tous les écoliers et étudiants qui sortent de l'institution scolaire. » (12)

En janvier 1981, l'OCDE affirme, après des consultations étroites avec les ministères des Finances, qu'en 1981 un million de nouveaux chômeurs vont venir s'ajouter aux précédents. A la mi-1982, les 3 millions de chômeurs seront certainement atteints, soit officiellement 12 % de active. Cette projection a été confirmée par un communiqué du ministère des Finances britannique qui prévoit 3,7 millions de chômeurs pour la fin

Ces statistiques officielles sous-estient le niveau réel du chômage. L'hebdo

Blew Statesman (14) a indiqu qu'il fallait ajouter au chiffre officiel environ un million de chômeurs afin d'avoir plus exacte de la situation de Il s'agit essentiellement des femmes chômeuses qui échappent à la statistique. Si l'on opère un calcul tenant compte de la sous-estimation du chômage féminin, on remarque que celui-ci équivaut au chômage masculin.

Les jeunes sont très durement frappés par le chômage. En 1980, jusqu'en janvier 1981, il y a eu une augmentation

73 % du nombre de jeunes chômeurs de moins de 25 ans. Le secrétaire d'Etat à l'Emploi (sic), James Prior, a essayé de mettre à profit cette situation effrayante à laquelle sont confrontés les jeunes, pour proposer la mise en œuvre d'un projet d'entraînement volontaire dans l'armée pour une période de six mois !

Le chômage de longue durée (les chômeurs qui n'ont retrouvé aucun travail plus d'un an) a augmenté de des rentrées fiscales (1 milliard de livres environ). n'y a aucune chance de pouvoir appliquer une politique « monétariste » drastique tant qu'il existera en Grande-Bretagne les rapports de forces sociaux actuels. La Grande-Bretagne n'est pas le Chili. La politique de Mme Margaret Thatcher avait pour but essentiel de créer un chômage massif, comme arme-clé pour s'assurer la soumission de la elasse ouvrière. conservateurs ont jeté dans la tout ce qu'ils avaient pour mettre au pas la classe ouvrière, et pourtant ils ne sont pas parvenus à marquer des points décisifs, à franchir un seuil qualitatif. Au contraire, la poursuite des pressions contre la classe ouvrière les menace aujourd'hui d'un retour de flamme... L'ARMEE DE RESERVE INDUSTRIELLE 100 000 en 1980. Il représente maintenant 450 000 personnes, ce qui implique que les chômeurs de longue ment 20 % du total des chômeurs (15).

En 1980, un travailleur sur dix a perdu son emploi dans l'industrie manufacturière. Dans la métallurgie, c'est un sur cinq ; dans le textile, un sur sept. A la fin 1980, il fallait ajouter au nombre des chômeurs 501 000 travailleurs qui, dans l'industrie manufacturière, étaient victimes de réductions d'horaires. Cela n'empêche pas que les heures supplémentaires continuent de s'élever à 8,2 millions d'heures par semaine (contre 15 millions l'année précédente).

Dans cette situation, évidemment, les travailleurs se sont trouvés sur la défensive. La progression des salaires a baissé de façon régulière. Au cours du trimestre novembre 1980-janvier 1981, la moyenne de la hausse des salaires de base à été de 9 % contre 20% pour la même période de précédente. Néanmoins ceux qui ont du travail —, le niveau de vie a continué à croître, même si c'est très

En 1980, le nombre de conflits s'est élevé à 1 262. C'est le chiffre le plus bas depuis 1941. Cependant les conservateurs ont crié victoire trop vite. Le nombre de journées perdues pour fait de grève s'est élevé à 11 920 000. Ce chiffre est évidemment considérablement inférieur au chiffre astronomique de 29 474 000 l'année précédente. Il est cependant plus élevé que le chiffre de 1970 ou 1973, lors du précédent gouvernement conservateur, et il dépasse le chiffre atteint lors des trois premières années du dernier gouverne-

La moyenne, pour les dix dernières années, est de 12 870 000. Mais cette

11. The Economist, 14 mars 1981. 12. The Guardian, 25 mars 1981. 13. Sunday Times, 22 mars 1981. 14. New Statesman, 27 mars 1981. Toutes ces statistiques sont extraites du Department of Employment Gazette, février

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* Nouvelle base statistique, applicable à partir de 1975. Elle ne modifie pas l'appréciation moyenne inclut trois années exceptionnelles du point de vue des luttes : 1972 avec la première grève des mineurs et un début de grève générale pour la libération des cinq dockers emprisonnés sous le coup de la législation anti-syndicaie adoptée par le gouvernement conservateur; 1974, avec la seconde grève des mineurs qui a abouti au renversement du cabinet Edward Heath ; et 1979 avec cet « hiver de mécontentement » contre la politique d'attaques salariales du dernier gouvernement travailliste de Jim Callaghan qui a également abouti à la chute de ce gouver-

Cependant, pour prendre une mesure réaliste du développement des conflits de classe, il faut ajouter les journées de gréves « pour motifs politiques », qui ne sont pas inclues dans la statistique officielle. Cela abcutirait à inclure les arrêts de travail observés dans l'aéronautique le 3 et le 24 mars en signe de protestation contre la dénationalisation de cette industrie ; les grèves de solidarité avec les sidérurgistes au Pays de Galles ; les arrêts de travail liés à la journée d'action du 14 mai le TUC (Trade Union Si l'on ajoute simplement les 2 millions de journées perdues à la suite de ces diverses initiatives, on voit que le chiffre annuel dépasse la moyenne des dix dernières années.

Evidemment, il serait stupide de ne pas tenir compte de l'hésitation plus grande qui peut exister chez les travailleurs avant qu'ils ne s'engagent dans une lutte. Cela se reflète dans la baisse assez sensible du nombre des grèves et dans la baisse du nombre total de travailleurs qui participent aux luttes (à l'exception de la journée d'action du TUC). En fait, principales grèves ont représenté 9,5 millions de journées perdues. Parmi celles-ci, les 13 semaines de la grève des sidérurpour 8,8 millions, soit 74 % du total...

Dans la situation actuelle, les rapports de forces entre les classes ont été mis en évidence lors de la dernière grève des mineurs. Le gouvernement n'a pas mis

Année Nombre de syndicats masculin 1969 565 7 972 1970 543 8 444 1971 525 382 1972 507 452 1973 519 450 1974 507 8 586 1975 501 729 1975 * 470 8 600 1976 473 8 825 1977 481 9 071 1978 462 8 791 1979 454 8 963 sur la progression du nombre d'adhérents.

longtemps à conclure que toute l'industrie britannique pouvait être paralysée sous le choc de la détermination des mineurs. La solidarité avec la lutte des mineurs avait été annoncée par les dockers, les cheminots et les sidérurgistes. Il était également évident que les piquets de grève organisés par les mineurs ne pourraient être défaits, alors qu'ils étaient en rupture totale avec la nouvelle Loi anti-grève du gouvernement conservateur. Les mineurs ont clairement manifesté leur intention d'envoyer des piquets mobiles pour empêcher les transports de charbon stocké et pour bloquer l'accès des centrales thermiques ou des autres utilisateurs importants.

La peur du gouvernement face aux mineurs était déjà manifeste lorsqu'il leur accordé une augmentation de 13% et lorsque des mesures identiques ont été prises par le gouvernement face à des secteurs ouvriers fortement structurés et organisés, comme les dockers qui ont obligé les patrons à reculer dans leurs projets de licenciements massifs.

Le rôle des appareils bureaucratiques syndicaux a été alors mis clairement en relief. En effet, il est apparu que ce gouvernement pouvait être battu et que les travailleurs avaient la volonté de l'affronter. Il est apparu que seul le sabotage ouvert et patent de la bureaucratie permettait aux patrons d'imposer leur volonté. On l'avait déjà constaté lors de la grève de la sidérurgie l'année dernière. En effet, alors qu'après 13 semaines de lutte, la satisfaction totale des revendications apparaissait à l'horizon, un accord était conclu qui prévoyait des hausses de salaires de 16 %, ce qui était quand même au-dessus de « l'offre finale » des patrons qui était au départ de 2,2%...

La bureaucratie se montra particulierement active pour fragmenter la lutte et instaurer une barrière entre la lutte pour l'amélioration des salaires et la lutte pour la défense de l'emploi. Au bout de 13 semaines, et avec le sentiment d'avoir été trahis, les travailleurs de la sidérurgie se sont pourtant révélés incapables d'empêcher la bureaucratie d'accepter la liquidation de 50 000 postés de travail. MODIFICATIONS DU NOMBRE D'ADHERENTS DU TUC — 1969-1979 Nombre d'adhérents: Variation féminin non total identifiés (en milliers) 2 507 10 479 + 2,7 2 743 11 187 +6,8 2 753 11 135 - 0,5 2 907 11 359 + 2,0 3 006 11 456 +0.9 3 178 11 764 + 2,7 3 464 12 193 + 3,6 3 427 12 026 3 561 12 386 + 3,0 3 775 12 846 + 3,7 3 692 628 13 112 + 2,1 3 888 645 13 498 + 2,9

La situation de British Leyland (BL) est encore plus éloquente à ce propos. A trois reprises, face à trois attaques patronales, les travailleurs se sont prononcés pour des actions de grève ou ont engagé des actions non officielles. Mais, à chaque fois, ce furent les bureaucrates qui sabotèrent la lutte. La dernière fois fut peutêtre la plus typique. Les travailleurs avaient voté le rejet de la proposition de 8,2 % de hausse des salaires. Alors, les bureaucrates ont tout simplement refusé d'agir et ils ont continué à reproposer le même projet d'accord aux travailleurs jusqu'à ce qu'ils obtiennent - à la longue —

C'est une situation à peu près identique qui s'est développée à la Ford et dans d'autres entreprises. Ainsi, la situation est claire ; les patrons utilisent la bureaucratie syndicale autant qu'ils peuvent. Si cela échoue, ils cherchent à parvenir à un compromis avec les travailleurs afin d'éviter un réel affrontement. C'est ce qui explique que les mineurs ou les travailleurs de l'eau, du gaz et de l'électricité ont finalement obtenu des augmentations

Mais le problème — pour les conservateurs - tient au fait qu'ils avaient décidé de rejeter une politique qui reposait directement sur l'action de la bureaucratie syndicale pour faire leur sale travail. Le chômage et un affaiblissement décisif de la classe ouvrière au niveau de l'entreprise elle-même devaient permettre d'obtenir - selon eux - les mêmes résultats. Pourtant, même avec 2,5 millions de chômeurs, le niveau d'organisation des travailleurs dans les entreprises reste largement intact (voir Tableau), même si quelques syndicats ont perdu des membres.

Mais le dernier Congrès du TUC a augmentation globale du nombre d'adhérents. Il faut souligner que, dans la dernière période, lorsqu'il y avait un fort accroissement du chômage — comme en 1971-1972 —, cela s'était reflété immédiatement par n'est plus le cas aujourd'hui, bien que le chômage soit beaucoup plus important. Evidemment, il y a eu tout de même des changements au niveau des entreprises. Une défaite notable a été enregistrée à British Leyland avec la répression contre un des principaux dirigeants, Derek Robinson, et d'autres shop stewards (17). Mais cet exemple n'a pas été suivi dans d'autres entreprises.

Dans les entreprises on enregistre une accélération du turn over pour les responsabilités de shop steward et l'on constate l'apparition d'une nouvelle couche de dirigeants ouvriers, mais qui n'ont pas encore fait leurs preuves. Même dans les entreprises où il y a eu peu de changements de personnel, on constate que les comités de shops stewards connaissent une insta-

16. Voir Inprecor, numéro 40, du 14 décembre 1978, Rich Palmer, « La dernière année du gouvernement Callaghan » ; et numéro 45. du 15 février 1979, Brian Grogan, « Le gouvernement travailliste passera-t-il l'hiver ? ».

17. Shops stewards : délégués d'atelier.

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bilité et des modifications dans leur composition politique. Avec parfois des déplacements assez rapides vers la gauche.

Mais le signe le plus probant du caractère de la situation prévalant au sein de la classe ouvrière est le déplacement à gauche au sein du Labour Party. En 1980, 80 000 personnes ont rejoint les rangs du Parti travailliste. Les adhésions aux sections locales du parti travailliste de syndicats locaux se sont accrues. Ce sont les mineurs du Yorkshire qui ont montré la voie, sous la direction d'Arthur Scargill est l'un des dirigeants de la gauche travailliste. Les pressions croissantes sur la bureaucratie syndicale se sont manifestées lors de la dernière Conférence du Parti travailliste à Wembley, lorsque les oscillations de la bureaucratie syndicale ont permis à la gauche de remporter une victoire qui permet aux syndicats d'avoir désormais un poids décisif dans l'élection des dirigeants du Parti travailliste, c'est-à-dire dans la désignation de tout futur Premier ministre travailliste.

Les développements de la situation dans le Parti travailliste représentent une tentative, menée par une nouvelle couche de dirigeants ouvriers, de résoudre les questions brûlantes auxquelles est confrontée la classe ouvrière dans son ensemble, et qui ne peuvent plus trouver de réponses au niveau sectoriel ou local. Les progrès de la gauche militante et l'adoption par le Parti travailliste d'un programme alternatif de gauche à la politique des conservateurs est un élément qui pèse lourdement dans le type de réponse que les Tories (conservateurs) apportent à la résistance ouvrière. Cela a été un des facteurs qui expliquent la capitulation face aux mineurs. C'est aussi un élément important qui pèse sur le jugement que porte la bourgeoisie à la politique de Margaret Thatcher.

LE MECONTENTEMENT

DU PATRONAT En ce qui concerne la productivité, la situation n'est pas claire. A la fin de 1980, la Banque d'Angleterre affirmait qu'il « n'apparaît pas que les résultats en ce qui concerne la productivité aient été au cours de l'année passée forts différents de ceux connus pour la premiere moitié des années 1970 ». (18)

Vu l'importance du travail à temps partiel (500 000 personnes dans l'industrie manufacturière), il serait faux de tirer des conclusions prématurées de ces chiffres. Des gains de productivité importants ont sans doute été enregistrés. C'est certainement vrai en ce qui concerne British Steel, British Leyland, Ford et d'autres grandes entreprises. Les patrons, sur ce plan, se montrent satisfaits, bien que le caractère durable de ces gains ne puisse être démontré qu'après la reprise économique. British Leyland ne peut se montrer trop optimiste à ce propos.

Le problème qui se pose réellement pour les patrons - spécialement pour les secteurs dynamiques orientés vers l'exportation - réside dans le cadre fixé par la stratégie économique gouvernementale.

Tout le monde était bien conscient des problèmes qui découleraient de la position forte de la livre, qui a désormais le statut de devise pétrolière. Mais cette position a encore été renforcée par le haut niveau des taux d'intérêts. Dès lors, des mouvements importants de type spéculatif se sont produits en direction de Londres. Cela a abouti à une hausse de 40 % des coûts salariaux relatifs.

Le groupe d'économistes ITEM (19) pose le problème ainsi : « La perte de compétitivité en 1980 a été d'une telle ampleur qu'elle a dépassé la capacité de l'industrie d'y faire face par des gains de productivité et par un abaissement des salaires. (20) »

En d'autres termes, les intérêts à court et moyen terme du patronat entrent en contradiction avec les conséquences inattendues des plans à long terme de Mme Margaret Thatcher. Son projet de mettre fin à soixante années de déclin du capitalisme britannique, en infligeant une défaite décisive à la classe ouvrière, était partagé par le grand patronat. Mais même un chômage de 2,5 millions de personnes n'a pas permis d'aboutir dans une série d'épreuves de forces-tests. Mme Margaret Thatcher a montré qu'elle-même était faible et la série de concessions partielles qu'elle a dû faire ont eu des conséquences fâcheuses pour le grand patronat. Parce qu'ils partageaient les mêmes objectifs, les patrons ont très bien accueilli la récession et le chômage massif. Ils étaient y compris prêts à faire des sacrifices à court terme. Maintenant, alors que Mme Margaret Thatcher semble échouer, ils commencent à perdre leur sang-froid.

Arthur Scargill, secrétaire du NUM, syndicat des mineurs. (DR)

Si 2,5 millions de chômeurs ne permettent pas d'aboutir, qui sait combien il en faudra ? Qui sait quelles réactions cela va créer dans la classe ouvrière ? Qui peut dire quelles seront les conséquences d'une telle crise pour les fondements industriels de la Grande-Bretagne ? Tel est le contexte dans lequel le chancelier de l'Echiquier, Geoffrey Howe, a préparé le budget présenté au mois de mars. Pendant quelques mois, toute une série de critiques se sont élevées, en provenance des patrons et de leurs représentants. Terence Beckett, le dirigeant de la CBI (Confederation of British Industry) a souligné la nécessité d'un affrontement ouvert avec le gouverne. ment pour obliger Mme Margaret Thatcher à changer d'orientation...

Un comité de parlementaires interparti, où se trouvent une majorité de députés conservateurs, a élaboré deux rapports mettant en cause le bien fondé de la stratégie à moyen terme du gouvernement. Les industriels veulent un budget qui marque un réel changement d'orientation ; la CBI demande une politique de relance fondée sur une aide à l'industrie privée pour l'aider à sortir de la récession, une politique d'abaissement des taux d'intérêts et du cours de la livre. Il veulent des allègements fiscaux, qui permettraient aux entreprises de se mettre 1,9 milliards

18. Quarterly Bulletin, Bank of England. décembre 1980.

19. ITEM, Independent Treasury Economie Model Club, club d'économistes qui utilise le modéle économique du Trésor pour faire ses projections.

20. Guardian, 5 janvier 1981.

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de livres dans les poches. Tous les commentateurs réclament une « nouvelle stratégie industrielle w. La CBI a produit son propre plan pour relancer l'économie britannique. Enfin, les patrons veulent une modification de la répartition des dépenses publiques, au bénéfice du financement de nouveaux projets d'investissements, alors que ceux-ci ont baissé de 40% depuis 1970. UN BUDGET « COUP DE POING »

Le budget présenté par le gouvernement a fait l'effet d'une bombe. Il soustrait 4,5 milliards de livres des circuits économiques (si l'on y inclut le milliard gelé depuis novembre dernier), au travers d'une série de mesures fiscales directes ou indirectes, mais qui visent toutes en priorité, la classe ouvrière. Ce budget aboutira à une hausse de 2% du taux d'inflation. Le TUC estime qu'il faudra réhausser de 4 les revendications salariales pour compenser ces mesures budgétaires.

impératifs budgétaires sont tels qu'ils rendent impossible la satisfaction revendications patronales. Seules quelques concessions mineures ont été faites, qui représentent moins de 860 millions de livres pour l'année. Sir Raymond Pennock, président de la CBI, a qualifié ce budget de « coup de poing dans la

Le budget a été bien reçu par la City, le monde bancaire. La Bourse a fort bien réagi après l'annonce de ce budget. Il serait faux pourtant de croire que des divergences fondamentales sont en train de naître entre deux secteurs de la bourgeoisie, tout comme il serait erroné de penser que Mme Margaret Thatcher favorise la City contre l'industrie. Un changement d'orientation selon les desiderata de la CBI - qui est par ailleurs évidemment favorable à la poursuite des attaques contre les travailleurs - aurait, vu ses conséquences inflationnistes, été interprété comme un affaiblissement de la position même de Mme Thatcher et aurait pu être considéré comme un changement d'orientation, de la priorité donnée à la lutte contre l'inflation vers la lutte pour la sauvegarde de

Cela aurait également pu donner l'idée que des concessions pourraient être accordées à la classe ouvrière. C'est juste avant la présentation du bugdet que Mme Thatcher a dû opérer un recul humiliant devant la contestation des mineurs. Son souci principal est donc que le budget ne soit pas interprété comme un prolongede cette capitulation, contraire qu'il laisse apparaître clairement intransigeance. L'impopularité budget dans la classe ouvrière menace les conservateurs d'un désastre politique. La désillusion croissante de la classe dominante à l'endroit de Mme Margaret Thatcher la laisse isolée. Les principales personnalités de son cabinet, excepté un petit cercle d'intimes, ont fait savoir qu'elles n'étaient pas d'accord avec ce budget et n'avaient pas été consultées.

Une pression croissante se fait sentir pour que Mme Thatcher change le cours de sa politique, ou qu'elle soit remplacée. Le Sunday Times résume ainsi ce consensus au sein de la bourgeoisie: « Si Thatcher continue (sa politique), l'électorat prendra sa revanche et il aura raison » (21). L'Observer parle encore plus crûment : « Il faut convaincre Mme Thatcher de changer de politique, ou la remplacer » (22). Peter Walker, un vieux cheval des cabinets ministériels et qui est un ancien partisan de Heath, a entamé une « nouvelle stratégie industrielle pour empêcher l'assassinat de l'industrie ». Il a plaidé en faveur d'une politique de réduction du chômage.

Le dilemme auquel est confrontée la bourgeoisie britannique ne sera pas simple à résoudre. Continuer la politique de Thatcher ou opérer un tournant à 180o sont des options également dangereuses. 1981 a ouvert une nouvelle période pour les luttes ouvrières, avec, au cours des derniers mois, un grand nombre d'occupations contre des mesures de licenciements (et quelques victoires ont été arrachées). Combinées avec les événements qui se déroulent au sein du parti travailliste, ces luttes annoncent que la bourgeoisie ne pourra pas facilement obtenir la victoire qu'elle escomptait tirer de la crise.

Brian GROGAN 27 mars 1981. 21. Sunday Times, 15 mars 1981. 22. Observer, 15 mars 1981.

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