Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER

Où va la Grande-Bretagne ?

Inprecor n° 100, 27 avril 1981 · p. 3 · 639 mots

Grande-Bretagne

Deux événements récents sont venus attester ces derniers jours de la crise que traverse l'impérialisme britannique et montrer comment la politique de Margaret Thatcher commençait à être mise à mal. L'un se déroulait Brixton et l'autre dans les six comtés de l'Irlande du Nord.

Au cours des émeutes des 11 et 12 avril, plus de 26 immeubles, une trenmagasins ont été Plusieurs dizaines de policiers ont blessés au cours des affrontements qui ont ravagé Brixton, ce quartier-ghetto du sud de Londres. A Brixton, il s'agissait en fait moins « d'émeutes raciales », comme s'est complue à les présenter une certaine presse, que d'une explosion de colère contre la politique de chômage et de menée par le gouvernement Thatcher. Une politique dont le principal instrument est policière, anti-ouvrière, anti-jeunes, immigrés. Tous les témoins reconnaissent que ce sont les parades insolentes des forces de police, leur presence massive dans les rues de Brixton, la multiplication des vexations qui ont servi de détonateur à l'explosion. Mais la matière explosive qui s'était accumulée racisme, de chômage et de misère. Sous l'égide de Thatcher, le Parlement britannique va adopter prochainement une loi dont le très conservateur Times reconnaît lui-même qu'elle est d'« inspiration raciste ». Les exactions racistes des groupes fascistes comme le National Front, y compris celles ayant entraîné mort d'hommes, restent toujours impunies. Enfin, les immigrés sont les premières victimes de la politique d'austérité des conservateurs. En un an, de février 1980 à février 1981, le nombre des chômeurs a augmenté de 82 % au sein des « minorités ethniques ».

A Brixton, la moitié des jeunes chômeurs entre 16 et 19 ans sont des Noirs...

Le 10 avril, Margaret Thatcher a reçu un nouveau camouflet cuisant, lorsque Bobby Sands, détenu républicain actuellement en grève de la faim, a été élu comme député à Westminster pour le comté de Fermanagh et du South Tyrone.

C'est le 27 mars dernier que le

Comité national contre les Blocks-H et

Armagh avait décidé de présenter Bobby Sands, membre de l'IRA et détenu depuis neuf ans. Bernadette Devlin s'était immédiatement retirée en faveur et lui avait apporté un soutien total pour du Parti unioniste officiel. Le fait que l'écrasante majorité de la population nationaliste ait voté pour Bobby Sands réduit en pièces les prétentions de Londres de ne présenter l'IRA que comme une association de délinquants minoritaires et isolés. C'est surtout un formidable encouragement à la mobilisation large et unitaire contre les Bloks-H et pour la reconnaissance du statut de prisonniers politiques aux détenus républicains.

La direction de la campagne électocomités contre les Blocks-H, et notamment Bernadette Devlin qui se remet des suites de l'attentat perpétré contre elle, avait axé la campagne sur les mots d'ordre : « Voter Sands, c'est voter pour le statut politique, c'est voter contre torture britannique et pour les revendications des prisonniers, c'est voter contre l'unionisme ».

Dans ce dossier d'Inprecor consacré à la Grande-Bretagne, Brian Grogan analyse longuement les effets et les premiers

DOSSIER GRANDE-BRETAGNE économique d'austérité mise en œuvre par Margaret

Thatcher. Une politique qui est devenue un peu le phare vers lequel lorgnent les bourgeoisies européennes. Il suffit pour s'en convaincre de voir les programmes économiques développés par les candidats présidentielles françaises. Mais cette politique d'austérité a commencé à se heurter de plus en plus fortement à la résistance ouvrière, ainsi que l'a montré la dernière grève des mineurs en février 1981. Elle accentue en retour les phénomènes de produisent au sein du mouvement ouvrier britannique et dont les principaux développements se sont produits au sein du

Parti travailliste. Steve Potter analyse le glissement à gauche qui s'est produit dans premier résultat spectaculaire a été la scission menée par des dirigeants de l'aile droite pour former le conseil pour la social-démocratie.

17 avril 1981. Sidérurgistes en grève à Sheffield en janvier 1980. (Dr)

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