Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

COLOMBIE

Militarisation et répression

· Inprecor n° 104, 22 juin 1981 · p. 21-23 · 3 252 mots

Cuba

Le cas des militants du Mouvement du 19 Avril (M-19)

E président colombien, Julio Cesar Turbay Ayala, et son

Rouvernement sont engagés dans une polti que de repren sion chaque fois plus systématique, violente et massive, une politique conduisant à la militarisation croissante de la société colombienne.

Les rapports d'Amnesty International - fondés sur une enquête réalisée au début de l'année 1980 et au cours de laquelle plus de 400 prisonniers politiques systématiquement torturés dans des installations militaires avaient été contactés - sont aujourd'hui très largement dépassés !

Cette politique a sa traduction internationale : le gouvernement Turbay joue depuis quelques mois un rôle très actif dans les campagnes menées par l'impérialisme américain contre

Cuba, le Nicaragua et plus généralement contre les révolutionnaires d'Amérique centrale. C'est dans ce cadre qu'il faut comprendre la rupture des relations diplomatiques avec la Havane décidée unilatéralement par le gouvernement colombien.

Le 23 mars dernier, s'appuyant sur de prétendues confessions d'un membre de l'organisation M-19 (Mouvement du 19

Avril) soutenant que celle-ci aurait reçu des armes de Cuba, où plusieurs de ses membres auraient été entraînés, Turbay suspendait les relations diplomatiques avec La Havane. Pour le gouvernement cubain, il s'agissait-là d'un « prétexte cynique ». La tradition de lutte armée, de luttes de guérilla en Colombie n'est-elle pas largement antérieure à la lutte de guérilla menée à Cuba par Fidel Castro, donc largement antérieure au triomphe de la révolution cubaine, devait rappeler l'un des porte-parole de La Havane.

Les accusations du président colombien suivaient de peu un sérieux affrontement entre l'armée et une colonne de guérilleros dans le sud de la Colombie, à une courte distance de la frontière équatorienne. C'est pour éviter l'encerclement que la colonne « Antonio José de Sucre » du M-19 s'était réfugiée en territoire équatorien.

Les autorités militaires équatoriennes

- INTERCONTINENTAL PRESS :

J'ai lu tes articles dans El Espectador à la suite de ton voyage en Equateur. Tu as également été interviewée par les différentes chaînes de radio et de télévision.

Peux-tu nous expliquer les raisons de ton voyage et les conclusions que tu en rapportes?

- Socorro RAMIREZ : Je suis allée en Equateur en tant que membre du Code défense des droits humains et aussi en tant que journaliste, après avoir appris que des membres d'un groupe de guérilla colombien s'étaient vus refuser le droit d'asile en Equateur. Plus précisément, le 16 mars dernier, nous avons appris que 44 combattants guérilleros qui étaient membres de la colonne « Antonio

José de Sucre (1) » du Mouvement du 19

Avril - M-19 - avaient été livrés à l'armée colombienne par l'armée équatorienne. Ils avaient tenté d'obtenir le droit d'asile en

Equateur afin de ne pas être massacrés l'organisation. la suite d'intenses combats... leur ont refusé le par une forte concentration de troupes colombiennes.

Dès le 9 mars, le gouvernement équatorien savait que des hélicoptères des Forces aériennes colombiennes bombardaient des zones proches de la frontière où se trouvaient des détachements de la guérilla. C'est autour de cette date que les membres de la guérilla ont commencé à territoire équatorien avec la perspective de demander le droit

J'étais particulièrement préoccupée dans la mesure où le refus du droit d'asile accompagné de la remise des guérilleros aux militaires colombiens constituait une claire violation des lois internationales. Mais, surtout, parce qu'aux mains des militaires colombiens ils risquent la torture et la mort. C'est ce qui arrive fréquemment dans ce pays. Un récent rapport d'Amnesty International apporte, à cet égard, des preuves précises et irréfutables. C'est done pour aider à

COLOMBIE droit à l'asile politique, et cela en rupture avec une vieille tradition de ce pays. Pire, elles ont livré 44 membres du M-19 aux militaires colombiens. Parmi ceux-ci se trouvaient Rosemberg

Pabon et Carlos Toledo Plata, deux membres de la direction de et en particulier le

La presse bourgeoise colombienne,

El Tiempo, s'est largement fait l'écho de « ce qui s'était passé » dans le sud du pays : l'armée colombienne aurait courageusement et victorieusement fait face à une invasion de guérilleros puissamment armés et venus d'Equateur. La preuve de la capacité de riposte des troupes colombiennes serait démontrée par la capture de ces 44 membres du M-19, ceux-là mêmes que les troupes équatoriennes ont livré pieds et poings liés, et qui sont présentés comme ayant été faits prisonniers à

Tandis que se développait cette campagne, la rupture des relations avec Cuba devenait totale. L'écrivain de notoriété mondiale Gabriel Garcia Marquez se voyait contraint sous la menace de quitter la Colombie, la répression et la militarisation du pays se développant à une échelle jusqu'alors jamais at-

Notre camarade Socorro Ramirez, membre de la direction du PSR (Parti socialiste révolutionnaire, section colombienne de la IVe Internationale) s'est rendue au même moment en

Equateur pour enquêter sur l'ensemble de ces faits. Mandatée par le Comité de défense des droits humains, les articles qu'elle a publié à son retour, en particulier dans El Espectador, un autre quotidien bourgeois de Bogota, ont eu dans ce contexte un impact considérable dans toute la Colombie.

Peu après son retour d'Equateur, Socorro Ramirez était interviewée à Bogota par Mathilde Zimmerman. C'est cette interview publiée dans le numéro du 25 mai de Intercontinental

Press que nous reproduisons ci-dessous.

lancer une grande campagne nationale et internationale pour sauver la vie de ces guérilleros prisonniers que je me suis rendue en Equateur, afin de rassembler le maximum d'informations sur ce qui s'éréellement passé, et aussi pour retait cueillir les opinions d'un grand nombre d'Equatoriens sur cette affaire.

J'ai notamment recueilli une trentaine d'interviews de membres du Parlement de personnalités de la vie équatorien, culturelle telles que le peintre Oswaldo

Guayasamin, de représentants de l'Eglise

1. Antonio José de Sucre, général vénézuélien (Cumana, Venezuela, 1795 - Bernecos, Colombie, 1830), servit sous les ordres de Francisco Miranda puis de Simon Bolivar au cours des guerres d'Indépendance contre les Espagnols.

Libérateur de l'Equateur et du Pérou (bataille d'Ayacucho, 1824), élu président à vie de Bolivie en 1826, il démissionne deux ans plus tard pour se porter au secours de la Colombie contre le

Pérou et préside le

« Congrès admirable » réuni à Bogota en 1830. Meurt assassiné la méme année.

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tels que l'évêque de Riobamba, Mgr Leonidas Proano, de dirigeants des syndicats ouvriers et des organisations paysannes, de dirigeants des partis politiques de la gauche, d'intellectuels et de politiciens connus, de dirigeants du Parti de la gauche démocratique (PID) majoritaire Parlement ; j'ai même interviewé membres du gouvernement équatorien.

Comme je l'ai montré dans mes articles et dans les programmes de télévision, toutes ces interviews prouvent qu'il y a eu violation des traités internationaux entre la Colombie et l'Equateur concernant le droit d'asile ; en particulier, il est indiscutable que les accords signés à Caracas en 1954 ont été violés, de même que les accords internationaux l'extradition, contenus dans le traité dit « de Bolivar »

Parmi bien d'autres, on peut signaler - La guérilla a demandé l'asile. J'ai pu obtenir en Equateur une lettre signée du comandante Rosemberg qui fut le chef de la prise de l'ambassade dominicaine de Bogota (2) - et qui était à la tête du premier détachement qui s'est présenté pour demander le droit d'asile. J'ai cette lettre ici, à Bogota, et la presse colombienne en a publié des copies. Elle prouve qu'il a demandé l'asile au nom d'un groupe qui est arrivé en territoire équatorien le 15 mars, alors qu'il était poursuivi par des détachements de l'armée colombienne.

- Des hélicoptères lourdement armés ont, dans le même temps, violé l'espace aérien équatorien, dans leur acharnement à ne pas laisser échapper ceux qu'ils pour-

- Dans leur demande de bénéficier du droit d'asile, ils confirment que quatre de leurs camarades ont été abattus a proximité immédiate de la frontière par les troupes colombiennes. De son côté, le général Fernando Landazabal Reyes, le chef de l'armée colombienne, a déclaré que plus de vingt membres de ce groupe de guérilleros avaient été tués.

- Les membres de la guérilla ont demandé l'asile politique parce qu'ils étaient poursuivis et en danger de mort. Chacun sait que le M-19 est un mouvement de guérilla et une organisation politique. Et ils l'ont faite en bonne et due forme aux autorités équatoriennes compétentes : au responsable politique dans la ville de San Lorenzo qui était la personne habilitée à recevoir une telle demande.

- Le jour suivant, ce fut au tour du Toledo Plata d'arriver à la tête d'un autre groupe de guérilleros. Sur la place centrale du bourg, il a publiquement remercié les habitants pour leur aide. Les paysans de la zone avaient notamment fait cadeau d'habits aux guérilleros afin qu'ils puissent abandonner leurs tenues de combat et faire leur demande à bénéficier du droit d'asile vêtus en civils. Les paysans les avaient nourris et leur avaient administré quelques soins courants, car tous étaient dans des conditions physiques très insatisfaisantes à la suite des nombreuses journées passées dans une jungle des plus inhospita-

- J'ai interviewé le médecin qui a guérilleros à San Lorenzo Cette interview a été publiée par El Espectador. Les faits sont indiscutables. Tout prouve qu'ils ont effectivement demandé à bénéficier du droit d'asile alors qu'ils étaient victimes de persécution politique... et quelle persécution ! Et, malgré tout, leur demande a été rejetée.

- Précisément, pourquoi a-t-elle été — Tous les faits prouvent qu'il s'est agi d'un accord conclu à la sauvette entre les militaires équatoriens et les militaires colombiens. Un accord dans lequel les traités internationaux ne comptent en

Je pense que nous voyons là un des « Plan Viola », du nom du nouveau chef de la dictature argentine. Rappelez-vous : en décembre 1979, les commandants en chef des armées du Cône Sud, de Colombie et des dictatures militaires centro-américaines se sont réunis à Bogota et ont pris une série de décisions, ils ont adopté un véritable plan qui - pour l'essentiel -est resté secret jusqu'à ce jour. Ce plan, le Parlement colombien, et bien évidemment le peuple colombien, n'en ont jamais entendu officiellement parler.

Il est d'une certaine manière au-dessus des Constitutions des pays concernés. Il est en tout cas au-dessus des présidents. Ainsi, le président équatorien, Roldos - mort depuis dans un accident d'avion des plus suspeets —, a été toute l'affaire alors que le premier groupe de guérilleros avait déjà été remis aux forces armées colombiennes ...

Il y a des faits encore plus inquiétants quant à la nature de ce plan : il a été prouvé que l'armée colombienne avait utilisé des uniformes et des insignes de l'armée équatorienne dans ses opérations de poursuite des guérilleros en territoire

Il y a une contradiction flagrante. D'un côté, les criminels de droit commun recrutés par la CIA pour occuper, il n'y a pas si longtemps, l'ambassade d'Equateur à La Havane, auraient dû bénéficier du droit d'asile après s'être emparés des locaux de l'ambassade les armes à la main. De l'autre, les guérilleros colombiens se présentant sans armes, victimes de persécution politique, leur vie en danger, se voient nier le droit d'asile...

Les interviews que j'ai faites prouvent, de plus, que le gouvernement colombien n'a appliqué aucune des lois, aucun des règlements relatifs à la restitution de prisonniers. Il existe un accord international que ce gouvernement a signé, stipulant qu'une personne ayant demandé le droit d'asile politique dans un pays étranger ne peut être renvoyée dans son pays d'origine, sauf s'il est prouvé qu'il s'agit d'un criminel de droit commun. Les preuves doivent être fournies par le pays demandeur de l'extradition. La rebellion, l'opposition politique ne peuvent en aucune manière justifier une demande d'ex-

Le traité dit « de Bolivar » par nos pays est explicite. Si quelqu'un s'est vu refuser le droit d'asile, il ne peut être poursuivi pour délit politique dans son propre pays, car ces délits politiques auraient justifié l'obtention du droit d'asile. Mais ces camarades du M-19 qui ont été remis aux militaires colombiens sont maintenant emprisonnés à Bogota, prison de La Picota. Ils ont été déférés devant un tribunal militaire et doivent ré pondre de leurs activités politiques. Les seules accusations sont politiques.

En d'autres termes, c'est l'ensemble des traités relatifs au droit d'asile qui sont

- Qu'est-il arrivé aux guérilleros après qu'ils aient été remis aux autorités colombiennes ?

- Dès que l'armée équatorienne a remis à l'armée colombienne le groupe des 15 dirigés par Rosemberg Pabon, puis le groupe des 24 dirigés par Carlos Toledo Plata, les militaires colombiens ont inventé l'histoire suivante : les guérilleros auraient envahi le pays à partir d'un territoire étranger ; il s'agirait, en l'occurrence, d'un acte de guerre ; les guérilleros ne pourraient donc être considérés autrement que comme des prisonniers de

Tout cela est évidemment ridicule. Des citoyens colombiens envahissant la Colombie ! Personne ne nous a jamais informés que ce pays était en guerre avec lui-même... Nous avons d'ailleurs officiellement demandé au président quand cette guerre interne avait-elle été déclarée...

Les militaires ont en fait gardé les guérilleros au secret durant plusieurs semaines. Au cours de cette longue période, ils n'ont pu rencontrer d'avocats ou de membres de leurs familles, ni de journalistes ou de représentants d'associations de défense des droits civiques. Ils ont été maintenus au secret alors que circulait à grand renfort de publicité la version offiincluait que 20 guérilleros avaient trouvé la mort, qu'ils avaient été enterrés dans une fosse commune ; et les autorités refusaient de donner la liste des morts ainsi que celle des survivants.

Maintenant, les dirigeants de la guérilla ont été transférés à Bogota. Ils vont être traduits devant un tribunal militaire. Un autre tribunal militaire a été installé dans la ville d'Ipiales où les autres guérilleros seront jugés. Ce tribunal militaire est totalement anticonstitutionnel. La Constitution colombienne stipule que seuls les membres des forces armées peuvent être déférés devant des tribunaux militaires.

Dans le cas présent, ces tribunaux militaires ont été mis en place pour juger

2. Lire Inprecor, numéro 75, du 17 avril 1980, « Déclaration du Parti socialiste révolutionnaire (PSR — section colombienne de la IVe Internationale) sur l'occupation de l'ambassade

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des militants qui se sont rebellés contre la situation qui prévaut aujourd'hui en Colombie. Il est impossible de savoir exactement combien seront déférés devant ces juridictions militaires, en plus des deux groupes livrés par les Forces armées équatoriennes. Comme je l'ai déjà dit, certains ont été capturés avant d'avoir pu atteindre la frontière équatorienne, tandis que d'autres — peu nombreux - ont réussi à ne pas être remis aux autorités colombiennes. Je crois pouvoir affirmer cependant qu'environ une centaine de guérilleros sont sur le point d'être déférés devant ces tribunaux militaires.

- Peux-tu expliquer comment cela a conduit à la rupture des relations diplomatiques avec Cuba ?

- Alors que la presse colombienne et l'opinion publique réclamaient la liste des survivants - et aussi celle des morts —, les militaires ont organisé à la hâte une conférence de presse à l'intérieur d'une base militaire.

Là, ils ont présenté un jeune de 17 ans qui, d'après eux, faisait partie d'un des groupes de guérilla. La seule chose qui ressortait clairement de ses déclarations totalement confuses était qu'il avait été entraîné à Cuba et que les guérilleros étaient passés par Panama où ils avaient acheté leurs armes.

A la suite de ce triste « show » monté par l'armée, sans vérifier ces déclarations, sans interroger les commandants de la guérilla, sans demander d'explications d'aucune sorte au gouvernement cubain, le président colombien a décidé la rupture des relations diplomatiques avec Cuba.

Nous considérons qu'il s'agit-là d'une décision grave. L'établissement de relations diplomatiques avec Cuba socialiste fut, en son temps, une victoire démocratique du peuple colombien. Nous avons commencé une campagne dont le slogan central est : « Turbay a rompu les relations avec Cuba, pas le peuple colombien ! » nous dire plus précisément ce qui est fait, ici en Colombie ainsi qu'en Equateur, pour défendre les droits des guérilleros prisonniers ?

- En Colombie, la campagne impulsée par le Comité de défense des droits humains a plusieurs aspects.

Le Comité a publié une déclaration qui a été massivement diffusée et il a rencontré un ministre du gouvernement Turbay. Nous avons choisi un groupe d'avocats qui se sont rendus à Ipiales pour défendre les guérilleros. Mais les militaires ont désigné d'office des avocats appartenant à l'armée...

Nous avons obtenu que toutes ces interviews que j'ai ramenées d'Equateur soient, malgré la censure militaire, reprises par la presse, les radios et à la télévision. La semaine prochaine, un livre sera publié avec toutes les interviews, tous les documents, la copie de tous les télégrammes envoyés depuis le village frontalier de San Lorenzo au président équatorien,

200 km 600 MER

DES BARANQUILO SIE

CARAIBES Cartagen OCEAN MEDELLIN

PACIFIQUE

Ibague - Buenaventura CALI Neiva Tumaco S. Loren: Pasto Quito 1EQUATEUR I barra E GUAYAQUIL Napo

Cuenca - PEROU Loja Roldos, et à son ministre des Affaires étrangères, Alfonso Barrera. Ils prouvent que les guérilleros ont bien demandé le droit d'asile et quand ils l'ont fait. Ils prouvent que les militaires mentent lorsqu'ils affirment que les guérilleros sont arrivés à San Lorenzo en ouvrant le feu et qu'ils n'ont pas demandé le droit d'asile.

Nous pensons également en appeler aux Nations-Unies dans la mesure où, à l'évidence, il y a violation de plusieurs conventions internationales importantes.

En même temps, nous tentons de mettre sur pied de nombreux tribunaux populaires dans les principales villes du pays qui siègeraient en même temps que les tribunaux militaires. Des tribunaux dans les locaux syndicaux, les quartiers, les universités, sur les lieux de travail et où les militaires seraient cités à comparaître pour expliquer la faim, le chômage, la répression, les atteintes permanentes aux droits démocratiques, enfin tout ce que vit quotidiennement le peuple colombien. C'est un moyen d'exposer à de larges masses la réalité des tribunaux et des procès militaires.

Nous pensons, nous affirmons, qu'une armée et qu'un gouvernement qui violent délibérément les conventions internationales, qui pratiquent systématiquement la torture, n'ont pas le droit de juger des hommes qui n'ont rien fait d'autre que de se rebeller contre la situation désespérée qui est faite au peuple colombien.

En Equateur également il y a eu de nombreuses protestations et en particulier des manifestations importantes. A

Antilles Néerlandaises

- Riohacha Sta Marta Calamar Cucuta VENEZUELA-

1. Bycaramanga

•Tunja Pto Carreno BOGOTA

COLOMBIE

Felipe Mitu Equateur BRESIL Quito, un groupe d'étudiants a fait la grève de la faim durant deux semaines aux portes du ministère des Affaires étrangères pour demander le respect du droit d'asile et le maintien des relations diplomatiques de l'Equateur avec Cuba. Ils demandaient également que les quelques guérilleros qui pouvaient encore se trouver en Equateur bénéficient du droit d'asile et que le gouvernement use au maximum de son influence pour éviter que ceux qui avaient été remis aux autorités colombiennes ne soient torturés ou assassinés dans leurs cellules.

Toutes les organisations équatoriennes ont fait des déclarations dans ce sens. Même la Commission des Affaires étrangères du Parlement équatorien a pris certaines initiatives. Elle a nomandant pourquoi le gouvernement central n'avait pas été informé à temps des demandes de droit d'asile et pourquoi des conventions internationales avaient été

Je pense qu'il est de première importance que cette campagne ait la dimension internationale la plus large possible. Une campagne pour faire pression sur le gouvernement et les forces armées de Colombie afin de sauver les vies de ces Colombiens, de ces patriotes révolutionnaires. Pour cela, une grande campagne internationale est nécessaire.

Propos recueillis à Bogota par Mathilde ZIMMERMAN le 20 mai 1981.

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