Résolution adoptée par le Comité exécutif de la IVe Internationale lors de sa session de mai 1981
I.— Les traits généraux de la situation mondiale
L A situation mondiale est aujourd'hui caractérisée par une poursuite de processus et de montées révolutionnaires (Amérique centrale, Pologne, Iran) d'une part, et par l'accentuation d'une contre-offensive de l'impérialisme d'autre part. Depuis les victoires des masses contre Somoza au Nicaragua et le chah en Iran, l'impéria-
1 Dy a eu un developpement inegal de ANS la toute dernière période, il la révolution mondiale. Trois luttes constituent aujourd'hui les exemples les plus significatifs des progrès du prolétariat: la montée de la révolution socialiste en Amérique centrale, la dynamique formidable de la lutte et de l'auto-organisation des travailleurs polonais et les mobilisations de
Iran. Dans ce contexte, s'affirment le rôle de plus en plus central de la classe ouvrière et l'essor de formes prolétariennes de luttes : grèves générales et grèves formation d'organisations indépendantes des masses, apparition de comités et de milices, etc. La
Men particulier ses secteurs les mieux organisés dans l'industrie, affirme son rôle à la tête des opprimés
Actuellement, le processus révolutionnaire s'étend en Amérique centrale. Au Nicaragua, le FSLN est en train de consolider son pouvoir. Il arme les masses dans la perspective d'un affrontement avec la contre-révolution nationale et internationale. Le développement de la révolution au Salvador représente un déti majeur pour l'impérialisme américain. Il a, dès lors, accentué ses efforts pour empêcher la répétition dans ce pays d'un renversement révolutionnaire de la dictature comme au Nicaragua. Une épreuve de forces majeure est donc à l'ordre du jour dans cette region.
Les luttes d'ampleur du prolétariat polonais, la création et la croissance de Solidarnosc, comme la formalisme a réorganisé ses forces et a engagé une série de contre-attaques. La différence entre la paralysie relative de l'impérialisme américain au Nicaragua et l'importance de son intervention au Salvador illustre ce changement. La contre-offensive impérialiste et les succès remportés par les classes dominantes en Turquie, dans certains pays semi-coloniaux tion de Solidarnose rural, constituent le coup le plus dur subi par la bureaucratie internationale depuis sa consolidation. Les organisations de Solidarnose jouent de plus en plus le rôle de contre-pouvoir face à celui de la caste bureaucratique. La révolution politique a commencé en Pologne. Elle exerce déjà des effets sur d'autres Etats ouvriers.
Les objectifs sur lesquels se mobilisent et s'organisent les travailleurs polonais sont les meilleurs arguments, dans les pays impérialistes, en faveur du socialisme. Cela sape les efforts de la bourgeoisie pour relancer un climat de guerre froide, qui reste nécessaire pour parachever sa politique de réarmement et de remilitarisation. Le rôle dirigeant de la classe ouvrière, entrainant derrière elle intellectuels, paysans et étudiants, est manifeste.
Le renversement insurrectionnel de la dictature du chah a ouvert la voie de la troisième révolution iranienne. Il a considérablement affaibli une des bases clés de l'impérialisme dans cette région stratégique. Après deux ans, la montée des luttes des ouvriers, des paysans et des minorités nationales (avant tout les Kurdes) en défense de leurs conquêtes n'a pas été brisée. La révolution iranienne se poursuit. Elle favorise la mobilisation des ouvriers et des paysans dans toute la région.
Les gains accumulés par les travailleurs dans l'essentiel des pays impérialistes durant les années précé. dant la récession généralisée de 1974-1975 ont empêché que la classe dominante puisse modifier qualitativement les rapports de forces en sa faveur en utilisant la crise économique. Son offensive d'austérité a certes rejeté le mouvement ouvrier sur la défensive.
ou la dégradation de la situation en Espagne, n'a certes pas qualitativement renversé les rapports de forces entre les classes à l'échelle internationale. Mais elle a placé de nouveaux obstacles sur la voie de possibles victoires des masses laborieuses et, a, de ce fait, accentué encore la crise de la direction prolétarienne. Mais l'essentiel des forces vives de ce dernier n'a pas été entamé. Ainsi, malgré le déclin du niveau de vie, le chômage massif et parfois même le recul de la syndicalisation, la possibilité existe dans toute une série de pays qu'une lutte défensive d'envergure se transforme en contre-offensive de la classe ouvrière.
Les fléaux combinés d'un important chômage et d'une forte inflation ont révélé le caractère irréaliste de toute réponse purement partielle ou sectorielle à la crise. L'engagement croissant des forces syndicales de l'industrie dans le tournant à gauche du Parti travailliste britannique, comme la polarisation socio-politique exprimée par l'élection de Mitterrand à la présidence de la République française indiquent le genre d'évolution susceptible de se produire dans le mouvement ouvrier de divers pays capitalistes avancés. La recherche de réponses à la crise et à l'austérité peut stimuler l'émergence et la recomposition de courants de gauche dans les organisations traditionnelles.
2 A victoire de la révolution vietnamienne en 1975 marque une défaite majeure de l'impérialisme. Après 1975, il s'est done trouvé relativement paralysé devant les mouvements de libération nationale dans les colonies portugaises et devant le renversement, par les masses insurgées, deux positions clés de son dispositif stratégique international: la dictature du chah au Moyen-Orient et celle Somoza en Amérique centrale.
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Face à la possibilité que de tels événements se répètent dans ces régions, l'impérialisme s'est engagé dans une contre-offensive. Ses premiers pas dans ce sens ont été de préparer l'opinion mondiale en cherchant à profiter de la «prise d'otages» américains en Iran et en lançant une campagne de mystification sur la prétendue « supériorité militaire soviétique ».
L'accession de Reagan à la présidence des Etats-Unis symbolise cette volonté de durcissement et de contre-attaque de l'impérialisme américain. Ce dernier dispose d'énormes ressources économiques et militaires pour s'engager dans cette voie. Dès 1977-1978, il a commencé à les mobiliser lorsque l'administration Carter a lancé une nouvelle escalade dans la course aux armements. possibilité de nouvelles interventions contre-révolutionnaires directes à grande échelle. Il a appuyé la vague répressive en Corée du Sud. Il a mis en place des forces d'intervention plus mobiles prêtes à agir au Moyen-Orient, dans la Caraibe, en Amérique centrale et dans l'océan Indien. Les impérialistes européens et japonais se sont organisés pour l'assister dans cette voie en Afrique, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient.
L'administration Reagan accentue et amplifie ce cours. L'intervention accrue au Moyen-Orient, l'aide renforcée à la dictature de Chun en Corée du Sud ou de Pinochet au Chili, budgétaires concernant l'armement et, surtout, l'intervention contre-révolutionnaire au Salvador et les menaces contre la révolution nicaraguayenne et Cuba, le concrétisent d'ores et déjà. Mais cette contre-offensive n'ira pas sans susciter de nouvelles contradictions au sein même des cercles dirigeants américains.
L'offensive d'austérité de la bourgeoisie internationale et ses attaques contre le mouvement ouvrier organisé qui s'approfondissent depuis la nouvelle récession de 1980-1981, constituent un autre aspect de sa tentative de modifier en sa faveur l'équilibre des forces. Cette offensive se prolonge par des attaques contre les libertés démocratiques des travailleurs. La tentative de coup d'Etat militaire en Espagne, qui a pu prendre appui sur les institutions léguées par la dictature franquiste, est une expression aiguë de la contre-offensive des classes
Cette contre-offensive signifie que l'impérialisme est prêt à prendre plus de risques. Les enjeux ont augmenté. Mais ces attaques ont déjà provoqué de nouvelles ripostes et la résistance des masses. Le capital ne peut résoudre sa crise socio-économique sans avoir remporté des victoires décisives contre des secteurs clés du prolétariat international. La crise sera donc de longue du-
La contre-offensive impérialiste peut marquer des points dans certains pays, mais elle est incapable de stabiliser d'aucune manière la situation internationale ou d'empêcher de nouvelles vagues de luttes ou d'explosions.
L A politique internationale de la bureaucratie du Kremlin apporte un appui essentiel aux tentatives de l'impérialisme de renforcer ses bases.
Dans les pays coloniaux et semi-coloniaux, elle soutient des directions bourgeoises et petites-bourgeoises dont la fonction reste de voyer le mouvement des masses. Elle appuie des régimes répressifs et cor-
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Elle donne sa caution à des dictatures militaires sanglantes, comme celle d'Argentine. Elle a été une des premières à reconnaître la nouvelle dictature bolivienne.
Dans les pays impérialistes, elle défend le maintien en place de régimes bourgeois conformes à ses intérêts diplomatiques, qu'il s'agisse de la monarchie espagnole ou du soutien apporté jusqu'au bout à Giscard en France.
Son régime dictatorial frappe durement les masses laborieuses de l'URSS et des «démocraties populaires». Il discrédite le socialisme aux yeux des secteurs décisifs du prolétariat mondial. Ses contre-révolutionnaires contre les travailleurs polonais nourrissent la campagne anticommuniste de la bourgeoisie. Elles apportent en outre un appui idéologique l'offensive remilitarisation et d'austérité de l'impérialisme.
Sa politique internationale vise à sauvegarder le statu quo et à éviter des crises révolutionnaires susceptibles, en dernière instance, de miner sa domination à l'intérieur même de l'URSS et
Dans le cas de la Pologne, la convergence est manifeste entre la nécessité pour le Kremlin de briser à terme les mouvements et les organisations qui mettent en danger le régime bureaucratique et la volonté de l'impérialisme d'éviter une révolution politique favoriserait une montée du prolétariat des pays capitalistes industrialisés.
Cette défense du statu quo international ne signifie pourtant pas un imluttes de classes et face aux initiatives de l'impérialisme, elle peut intervenir pour élargir ses positions stratégiques et défendre ses intérêts. Cela peut amener à des conflits limités et conjoncturels avec forces impérialistes et pro-impérialistes, pour à un affrontement grave. L'intervention illustre les effets négatifs d'ensemble de cette politique. Conduite en tion des intérêts propres de la bureaucratie et par ses méthodes traditionnelles, violant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, compromettant gravement l'idée du socialisme, facilite le travail des forces réactionnaires au sein populaire de résistance spontanée contre l'occupation; elle divise les forces anti-impérialistes dans le pays, dans la région et à l'échelle internationale. Elle fournit aux impérialistes une couverture à leurs interventions contre-révolutionnaires dans le monde entier et fournit un prétexte à leurs préparatifs militaires accrus.
Quant à la bureaucratie chinoise, au nom de la lutte prioritaire contre bureaucratie soviétique, elle apporte aujourd'hui un appui à impérialiste et à ses représentants les plus extrémistes (Thatcher par exemple), comme elle soutient les régimes et les dictatures les plus réactionnaires. Elle appuie l'intervention militaire au Salvador. Elle continue à menacer la révolution vietnamienne, en ajoutant sa pression militaire au blocus économique impérialiste.
Mais le début de la révolution politique en les difficultés socio-économiques pent une grande partie des Etats ouvriers bureaucratisés, les obstacles rencontrés par la bureaucratie chinoise pour stabiliser son pouvoir marquent un nouvel approfondissement de la crise du système de domination des
A lutte entre le prolétariat et la bourgeoisie revet un caractère mondial qui ne se réduit pas à la lutte anti-impérialiste internationale. Elle implique aussi la lutte pour le renversement du pouvoir bourgeois dans les métropoles impérialistes, le combat entre capital et travail dans les pays semi-coloniaux.
Mais les tâches se présentent de manière différente, et la crise de direction revêt un caractère spécifique dans les pays coloniaux et semi-colo-
Dans les pays impérialistes, classe dominante, solidement organisée autour de son appareil d'Etat et disposant de réserves importantes, meilleur parti de l'encadrement de la classe ouvrière par les appareils répour développer collaboration ouverte ou la politique de division des directions réformistes.
Une riposte ouvrière efficace à la crise implique des revendications et des solutions remettant de fait en cause les lois du marché capitaliste et l'existence de l'Etat bourgeois. C'est quoi les forces accumulées et la combativité des travailleurs ne constituent pas les conditions suffisantes pour une contre-offensive d'ensemble. La nécesstratégie anticapitaliste d'une avant-garde capable de l'impulser apparaît de plus en plus brûlante.
La lutte pour la révolution politique antibureaucratique est partie intégrante de la révolution mondiale. Une telle révolution est le seul moyen pour empêcher, en dernière analyse, que la
caste bureaucratique mine les bases fondamentales des Etats ouvriers. L'instauration d'une démocratie socialiste aura, par ailleurs, un rôle majeur dans la maturation de la conscience de la classe ouvrière des pays capitalistes industrialisés. Dans ce cadre, la remise en cause de la domination et de la gestion bureaucratique avec tout l'arbitraire et le gaspillage qu'elles comportent, bouche très vite sur le besoin d'une planification démocratique appuyée sur la plus large démocratie de masse, pose les problèmes les plus complexes de l'économie de transition, et ceux des conséquences internationales montée de la révolution
A ses débuts, la révolution politique peut se développer massivement dans un cadre national. Elle peut profiter de la faiblesse relative de la bureaucratie de ces pays qui n'a pas, à la différence de la classe dominante dans les pays capitalistes, une base propre dans les rapports de production. Mais cette montée ne peut aboutir à une victoire durable que sous une direction consciente de ses enjeux dans le domaine de l'instauration d'un pouvoir ouvrier démocratiquement structuré et de ses implications internationales, mencer par la nécessité d'établir une jonction avec des forces prolétariennes et contestataires dans les «démocraties populaires» et aussi en même si elles sont encore embryonnaires.
Dans les pays semi-coloniaux les plus arriérés, les classes restent d'une extrême faiblesse matérielle et politique. Faute d'une sociale un tant soit peu consistante, elles donnent des signes de décomposition.
Ainsi, dans des conditions particulières marquées par l'isolement de la dictature de Somoza, la division de la bourgeoisie et la paralysie temporaire de l'impérialisme, la révolution nicaraguayenne a pu renverser l'Etat dictatorial. HINI
Elle s'est engagée dans la voie de l'instauration d'un Etat ouvrier sous la direction du FSLN qui a retenu les de la révolution cubaine d'autres développements des luttes de classes en Amérique latine.
Cette expérience confirme possibilité que, malgré l'absence parti marxiste révolutionnaire, crise de direction prolétarienne être surmontée dans de très rares cas en ce qui concerne la conquête du pouvoir politique au niveau national. De telles directions n'ont pas pour au-tant intégré l'expérience des luttes de classes internationales.
Cela peut les conduire à la généralisation abusive d'une expérience particulière dans la définition d'une stratégie révolutionnaire en Amérique latine, d'une part, et à des positions politiques erronées sur prolétariens dans les trois secteurs de la révolution mondiale, d'autre
Mais, dans un nombre croissant de pays semi-coloniaux, l'industrialisation, la concentration du prolétariat urbain et combativité sa d'un jointement répressifs et de appareils formes d'organisation classes dominantes (voir le cifique des forces armées). Les tâches démocratiques et sont, tement liées aux tâches anticapitalistes, et réclament un degré d'organisation déet de préparation politique plus iml'avant-garde portant naire.
une remise en question périodique du national-populistes et par l'émergence de courants et d'organisations qui rompent avec ces directions traditionnelles.
guayenne, grenadienne et salvadorienne ont fait face fermement à l'offensive accentuée de l'impérialisme. Quelle que soit sa faiblesse d'ensemble, l'orientacomdans le développement politique de l'avant-garde dans ces pays. Le refus de
URSS, et sa perspective de favoriser une percée des conditions d'une relance des disde stratégie dominantes solidariser avec lui sur une base la défense d'ensemble de nos orientalution mondiale, dans tous nos rapports luttes de masse a donné naissance à une stimulant l'auto-organisation et la d'un la puisse historique des combats
D part.
Vietnam au s'accompagnent conrenforcement des nouvelles politique des rôle spépolitiques anti-impérialistes en conséquence, plus immédiarévolution-
I ? ETAPE actuelle de l'essor de la révolution mondiale est marquée par une différenciation croissante au sein des organisations de masse, par nécessaires contrôle des directions réformistes et nés.
tion de ce courant reflète un progrès ce courant de capituler devant l'offensive violente de l'impérialisme américain socialiste en Amérique centrale créent révolutionnaire ner en son sein. Notre capacité de nous front unique peut contribuer à faciliter tions, pour assurer le progrès de la révo-
Ils sont aujourd'hui à la tête des organisations nationales, régionales du et d'entreprises de Solidarnosc. Tout en vailleurs, au cours des heurts avec la bureaucratie, cette direction traverse un processus de différenciations qui reflèvelle multiples orientations ques et idéologiques. Cela crée la meilsituation depuis la consolidation du stalinisme, au cours des années 1920, pour la formation d'une avant-garde ouvrière dans les pays d'Europe de l'Est, la nale.
clarification politique en son sein et la
II.— Situation et perspectives de la révolution coloniale
EPUIS le début de la période ouverte en 1968, la révolution socialiste a connu une issue victorieuse en 1975. Aujourd'hui, la conquête de nouveaux courants aux positions révolutionnaires.
Dans les pays capitalistes avancés, les travailleurs recherchent des réponses aux problèmes d'ensemble auxquels ils doivent faire face. Cette recherche s'effectue de manière telle à stimuler une recomposition de l'aile gauche du mouvement ouvrier. Ainsi apparaissent les préconditions pour la construction de courants de gauche, lutte de classe. Ainsi émergent de nouvelles possibilités pour que les marxistes révolutionnaires se lient avec des cadres dirigeants de la classe ouvrière.
Mais, dans les divers secteurs de la révolution mondiale, il s'agit encore de processus inégaux, qui n'ont pas permis jusqu'à présent de combler l'écart entre la maturité des conditions objectives pour la révolution et la faiblesse du facteur subjectif.
ES développements de la lutte de classe internationale sont de plus en plus étroitement combiLa perspective immédiate est celle d'une instabilité sociale chronique dans les pays coloniaux, avec des reculs mais aussi de véritables crises révolutionnaires, et d'une crise aiguë de la domination bureaucratique dans des Etats ouvriers. Dans les pays impérialistes, la résistance à l'austérité - avec les explosions de luttes dures qu'elle peut entraîjoue un rôle clé dans l'évolution des rapports de forces mondiaux, même si elle ne débouche pas à court terme sur des victoires décisives.
Les révolutions qui ont abouti au renversement du capitalisme dans pays ou une région ont affaibli l'impérialisme et renforcé le prolétariat. Mais aucune, depuis la victoire de la contre-révolution stalinienne en URSS, permis de résoudre la crise de direction mouvement ouvrier international. La solution de cette crise de direction, dont dépend l'issue historique de la lutte pour le pouvoir des travailleurs, exige la construction d'une nouinternationale communiste masse sur la base d'un programme mondial qui synthétise les expériences les plus avancées de la lutte des classes dans l'ensemble des pays. Oeuvrer à cette fin est la raison d'être de la IVe Internatiomontée de la révolution en Amérique centrale accélère le cours vers l'établissement d'un Etat ouvrier au Nicaragua et à Grenade et a débouché au Salvador sur des affrontements militaires et politiques d'ampleur entre le FMLN et la junte militaire appuyée directement par l'impérialisme. C'est en Amérique cen-
trale que la poussée de la révolution dans les pays semi-coloniaux connaît son point le plus élevé pour le moment. Elle constitue un défi majeur à l'impérialisme américain qui n'a eu de cesse, depuis 1960, d'empêcher l'émergence
La victoire de l'insurrection populaire dirigée par le FSLN au Nicaragua, en juillet 1979, s'est produite dans un contexte marqué par la détérioration des rapports de forces en défaveur de l'impérialisme. Par contre, l'extension de la révolution au Salvador et à plus forte raison au Guatemala doit faire face à la mise en place d'une vaste intervention politique et militaire de l'impérialisme, en accord avec les dictatures centro-américaines et ments comme ceux du Venezuela et de la Colombie. Dans la région, une épreuve de forces se profile, dont la révolution cubaine est partie prenante et à la-
Usa direction, entre autres en relançant massivement les milices territoriales.
Mais un affrontement direct des forces de la révolution et de la contre-révolution internationale en Amérique centrale susciterait une énorme vague anti-impérialiste et une radicalisation politique parmi les masses d'Amérique latine. C'est ce que craignent avant tout certaines bourgeoisies latino-américaines qui ne se montrent pas trop favorables à la politique du «gros bâton » des EtatsUnis. A cela peuvent s'ajouter, comme c'est le cas pour le Mexique, des intérêts économiques plus particuliers dans leurs relations avec l'Amérique centrale. Dans la citadelle de l'impérialisme ellela réaction contre une intervention directe pourrait prendre une ampleur analogue à celle du mouvement premières réactions contre l'intervention au Salvador en sont la démonstration.
La consolidation d'un ou de deux nouveaux Etats ouvriers en Amérique centrale commencerait à rompre l'isolement subi par Cuba depuis plus de vingt ans, accroîtrait la force d'attraction de la révolution socialiste pour les laborieuses d'Amérique et contribuerait à un remodelage des forces se réclamant du castrisme. Par contre, une défaite infligée par l'impérialisme et ses suppôts à la révolution salvadorienne ne ferait que renforcer immédiatement les menaces et les actions contre-révolutionnaires à l'encontre du Nicaragua et de la révolution cu-
Le coup d'Etat de juillet 1980 en Bolivie, qui a infligé une grave défaite aux travailleurs et paysans, traduit bien la fragilité des tentatives d' « ouverture» et d' «institutionnalisation» dans divers pays d'Amérique latine.
L'acuité des contradictions sociales, aiguisée par la profondeur de la crise économique et la montée révolutionnaire en Amérique centrale, stimule en Amérique latine une relance, bien qu'inégale, de l'activité des masses. La bourgeoisie ne peut espérer la contenir dans le cadre limité des «ouvertures» que dans la mesure où elle ne dépasse pas un certain seuil. Voilà ce qui soustend l'alternance ou les hésitations entre «institutionnalisation», coups d'Etat ou renforcement de la répression. Les défaites infligées aux masses par l'impérialisme et les classes dominantes dans une série de pays (Chili, Uruguay, Argentine, Bolivie) continuent à marquer fortement la lutte des classes dans le continent. Mais les événements des dernières années au Pérou, et à plus forte raison les difficultés du régime brésilien, indiquent que des crises majeures pourront se produire à la prochaine étape.
8 A la suite de la défaite de l'impérialisme en Indochine et de la chute du régime salazariste au Portugal, l'Angola, le Mozambique et la Guinée-Bissau-Cap Vert ont obtenu leur indépendance politique, après de longues années de lutte armée. L'appui accordé au FNLA et à l'UNITA ainsi que l'intervention directe des troupes de Pretoria dans la guerre civile furent mis en échec grâce au soutien MPLA par les forces armées cubaines. Cela a grandement contribué à renforcer les luttes en Afrique australe.
Cependant, les tentatives impérialistes de regagner du terrain sur les plans militaire et économique en Angola se
L'impérialisme s'est attaché à rechercher une solution politique d'ensemble pour préserver ses intérêts globaux en Afrique australe, à commencer par le Zimbabwe. L'accord néocolonial de Lancaster House (décembre 1979) devait permettre d'intégrer au niveau gouvernemental les représentants du Front patriotique et de sauvegarder les positions essentielles de l'impérialisme et des grands colons blancs.
La victoire électorale de Mugabe et de la ZANU, en février 1980, a traduit la combativité des masses qui se reconnaissaient dans l'organisation la plus forte et la plus intransigeante durant la guerre succès électoral de la ZANU représente un échec politique pour l'impérialisme et un encouragement pour les masses de toute l'Afrique australe.
la direction de ZANU accepta de respecter le cadre des accords de Londres que l'impérialisme avait imposés dans le but de maintenir
Mugabe n'a pas hésité à réprimer mouvements revendicatifs qui ont éclaté dans le sillage de la victoire alors que la crise sociale ne fait que s'amplifier. Les directions nationalistes petites-bourgeoises se gardent d'avancer un programme social répondant effectivement aux exigences des travailleurs, des paysans pauvres et des ex-combattants. Pour tenter de contenir une explosion des masses qui lézardeaccords néocoloniaux, cherchent à canaliser cette poussée dans le sens d'âpres luttes de fractions entre la ZANU et la ZAPU, au cours desquelles les déclarations nationalistes radicales servent à camoufler leur orientation ef-
Tout maintien de l'hégémonie de ces directions sur le mouvement de masse aboutit en dernière consolider un Etat bourgeois néocolonial, quelles que soient les péripéties des heurts entre fractions et l'instabilité qui
Le cours suivi par le FRELIMO au Mozambique depuis la fin 1979-début 1980 est un exemple probant de la dynamique d'évolution vers le néocolonialisme: ouverture aux capitaux impériasecteur privé, soutien aux accords de Lancaster House dans le cadre des liens économiques avec l'Afrique du Sud, volonté de s'intégrer aux Accords de Lomé, démobilisation et contrôle strict du mouvement de masse. Dans le contexte créé par la crise économique présente et les liens tissés par la bureaucratie soviétique des directions nationalistes petites-bourgeoises, un tel glissement vers un projet néocolonial peut s'accomoder de rapports avec le COMECON et même d'un certain alignement sur de grandes options de la politique internationale du Kremlin. Le régime angolais aussi, sous la direction du MPLA, a tendance s'engager sur cette voie en se référant à l'idéologie étapiste de la révolution nationale-démocratique.
Stratégiquement, l'impérialisme vise à imposer des solutions politiques néocoloniales en Afrique australe, afin d'étouffer la dynamique dangereuse pour lui des mouvements de guérilla et des affrontements armés prolongés qui radicalisent les masses.
Toutefois, une telle option ne peut se concrétiser qu'en assurant des conditions n'ébranlant pas le régime d'apartheid en Afrique du Sud. En outre, les partisans de l'apartheid, qui disposent d'une autonomie face à Londres et à Washington, multiplient les attaques militaires contre l'Angola et même contre le Mozambique. Ils bloquent la réalisation des accords proposés actuellement par l'ONU pour l'indépendance de la Namibie, d'autant plus qu'ils attendent le soutien des fractions les plus agressives de l'impérialisme.
Ces diverses initiatives de Pretoria n'impliquent pas que des secteurs clés du capital en Afrique du Sud ne soient pas favorables sur le fond à des solutions politiques néocoloniales. A la longue, elles sont les plus susceptibles d'assurer des marchés stables pour les exportations sud-africaines qui ne cessent de croître en direction des pays africains qui, eux, attendent une aide massive de l'impérialisme et ont tissé des liens économiques avec l'Afrique du Sud. Cependant, des accords analogues à ceux de Lancaster House, ou encore plus défavorables aux masses, ne sont acceptables pour Pretoria que dans le cadre de rapports de forces politiques et militaires aptes à en assurer l'application.
Pour consolider ses positions et accroitre sa pression sur les pays de la «ligne de front» comme sur les mouvements de libération, Pretoria continuera à lancer ses coups de main militaires contre les pays servant d'«arrières» aux combattants (par exemple à la SWAPO).
Face à ces agressions, les révolutionnaires doivent se prononcer résolument pour la défense militaire des pays attaqués (Angola, Mozambique) sans pour autant taire leur opposition cours néocolonial de leur gouvernement.
Le renversement de la monarchie éthiopienne a porté un autre coup à l'impérialisme dans une région importante pour lui. Apres avoir balayé les vestiges de l'esclavagisme et du féodalisme et engagé une profonde réforme agraire sous l'impact d'une gigantesque mobilisation des masses rurales, la révolution éthiopienne n'a pas encore épuisé ses potentialités. Grâce à l'aide de l'URSS et de Cuba, le régime du Derg a pu combattre la contre-révolution intérieure et les tentatives de déstabilisation impulsées en partie par la Somalie. Cependant, utilisant cet appui de l'URSS et de Cuba, le Derg a tenté d'écraser le mouvement de libération nationale d'Erythrée, a réprimé violemment la «gauche civile », a mis au pas les organisations de masse et a affirmé la prééminence de l'armée de métier dans la conduite du processus de transformation sociale. Ainsi, il en bloque l'approfondissement au moment où, face aux contraintes économiques et aux tensions politiques régionales, il envisage des ouvertures vers les puissances impérialistes (CEE) et vers des régimes comme celui
June nouvelle avance de la révolution en Afrique australe, avec ses répercussions dans toute l'Afrique, est fortement liée à l'essor des mobilisations des masses noires d'Afrique du Sud. Les grèves dans des branches importantes de l'industrie, dans les services publics, les luttes de la jeunesse scolarisée, comme la revendication générale de création de syndicats indépendants, traduisent l'accélération sur tous les plans de la montée de la lutte pour les droits démocratiques, pour la libération nationale, pour le renversement du régime de l'apartheid et de sa dynamique sociale. Mais précisément, dans ce bastion de l'impérialisme, la puissance de la bourgeoisie blanche, d'une part, et le développement d'une classe ouvrière noire se portant à la tête des combats, d'autre part, rendent nécessaire l'émergence d'une direction prolétarienne dotée d'une orientation révolutionnaire cohérente, capable d'unifier les luttes pour renverser le régime d'apartheid. Elle devra être apte à combiner les tâches de la lutte de libération nationale, avec celles de la conquête des droits démocratiques pour les masses et de l'organisation indépendante du prolétariat. Dès le début, elle devra aussi développer une véritable politique révolutionnaire internationale = étant donné les enjeux mondiaux mêmes de la révosud-africaine. Cette direction se forgera dans les combats en cours, elle
Uses forces parmi les dirigeants des grèves, des luttes dans les bidonvileuropéens et américains, dans la dernière période, ont renforcé leur engagement en Afrique. Ils ne négligeront aucun effort pour briser une montée révolutionnaire en Afrique du Sud, même si le prix politique payer pour cette contre-offensive risque d'être fort élevé étant donné le discré. dit profond du régime d'apartheid parmi les masses laborieuses des pays impé-
9 E renversement de la dictature du chah a considé. rablement affaibli une des bases clés de l'impérialisme dans une région stratégique. Depuis deux ans, les luttes des travailleurs, des paysans et des minorités nationales kurde - qui défendent leurs acquis, n'ont pu être brisées.
L'invasion lancée par la direction baasiste irakienne a échoué dans son objectif politique. Elle visait à renverser le régime de Khomeini pour faire reculer une révolution qui risquait d'accroître son écho au sein de couches significatives de la population irakienne, et plus généralement, de toute la région du
A l'occasion du conflit entre l'Iran et l'Irak, s'opère une exacerbades conflits de classes, frontements entre diverses cercles dirigeants et plus généralement de la crise de la direction Khomeiniste. L'impéritie du gouvernement dans le domaine militaire et économique pousse les travailleurs et des secteurs des masses à vouloir prendre directement les affaires en mains en utilisant les instruments légués par les vagues révolutionnaires précédentes (shoras, comités de quartier, expériences d'armement popuextension de la réforme agraire). Les shoras ouvriers se sont étendus. A partir des diverses coordinations existantes, des initiatives ont été prises pour entraîner militairement les travailleurs au niveau des entreprises. Après l'éclatement de la guerre, des millions de paysans ont commencé en vue de combiner la défense de la réavec la lutte pour la terre et pour une vie décente, et de déraciner le règne des grands propriétaires fonciers.
Depuis le début de la guerre, dans des milliers de villages, les paysans se
La polarisation de classes plus ou moins épouser conjoncturellement des lignes de clivage entre diverses fractions des cercles dirigeants de la République islamique. Mais il s'agit de saisir le contenu social réel et le sens des mobilisations, au-delà des immédiates à la direction khomeiniste ou à des ailes «radicales» du clergé.
Les forces intégristes et les partisans du PRI accentuent leurs pressions pour contrôler l'ensemble des leviers de commande de l'appareil d'Etat et affirmer leur hégémonie. Ils renforcent l'agression militaire contre les Kurdes. Ils portent atteinte aux droits démocratiques, s'attaquent souvent directement aux travailleurs et aux paysans comme aux organisations progressistes et ouvrières.
Par ailleurs, sous couvert de la stricte défense des droits démocratiques, des fractions du bloc au pouvoir (Bani Sadr) mènent en fait une bataille d'influence pour le contrôle des institustabiliser la situation et de consolider les instruments de domination capitaliste, afin de créer les conditions de relance d'une économie capitaliste.
Le ressort essentiel de l'activité des masses reste leur profond sentiment anti-impéraliste confirmé par leur volonde résister à l'agression irakienne, ainsi que leurs exigences propres dont la satisfaction les pousse à s'opposer à la propriété privée et à l'Etat bourgeois. La guerre a d'ailleurs combiné les deux préoccupations: le stockage des biens de les arrêts de production, l'inflation, les licenciements, l'impuissance du régime à venir en aide à un million de réfugiés, tout cela apparaît aux masses à la fois comme des actes qui piétinent leurs intérêts élémentaires et comme un sabotage objectif de l'effort de guerre. Tout ceci explique les progrès de la différenciation entre la hiérarchie religieuse, les cercles dirigeants de la Répubique islamique d'une part, et des fractions croissantes des masses laborieuses d'autres part. Mais il n'y a aucun passage automatique de la méfiance envers les fracdirigeantes - qui multiplient les appels à l' «union sacrée » — à une position d'indépendance politique de classe du prolétariat face à la bourgeoisie nationale ou à ses représentants indirects petits-bourgeois.
De là découle l'importance ciale de conduire une bataille pour renforcer dans les couches prolétariennes avancées tous les éléments d'autonomie politique et idéologique face aux diverses tendances de l'actuelle direction, en partant de la défense de tous les acquis de la révolution, des droits démocratiques et des revendications avancées par les masses comme des instruments orga(shoras indépendants).
Sans l'apprentissage de cette autonomie par de larges secteurs de travailleurs et de militants qui étaient à la tête de la lutte contre le chah et qui sont à la tête du combat contre les sabotages des capitalistes et de la lutte populaire contre l'armée irakienne, acquis de la révolution risquent d'être remis en question.
En effet, après deux ans de révolution, les besoins élémentaires des masses n'ont pas trouvé de véritable solu-
tion. Les forces de la contre-révolution peuvent profiter de ces impasses, du chaos économique et de la désorganisation pour regrouper leurs forces dans l'armée et l'appareil d'Etat - et engager une contre-offensive. La contre-révolution extérieure guette aussi le moment propice pour tenter de frapper un coup. L'impérialisme américain, qui a consolidé ses bases dans la région, jouera différentes cartes pour reprendre lentement pied en Iran.
10 D ANS certains secteurs de la ré-
Evolution coloniale, des défaites ou des reculs passés continuent à peser sur le mouvement de masse.
Dans les pays arabes qui ne disposent pas de revenus pétroliers élevés, les conditions de vie des masses laborieuses ne cessent de se détériorer. C'est particulièrement vrai pour l'Egypte, où tournant économique opéré par Sadate et les accords passés avec l'impérialisme américain n'ont pas donné les résultats espérés par leurs promoteurs. Les masses, déconcertées au début par l'accord de Camp David qui leur était présenté comme le retour à la paix, ont déclenché à plusieurs reprises des mouvements revendicatifs très durs. Toutefois, ils ne se sont pas généralisés et n'ont donc pas abouti à repousser les attaques contre leur niveau de vie déjà dramatiquement bas auparavant et à arracher des conquêtes démocratiques réelles.
Le mouvement palestinien n'a pas encore surmonté les conséquences des défaites subies dans les années 1970. Mais il a connu un essor dans la période la plus récente dans les territoires occupés par Israël, où des courants influencés par l'OLP ont gagné une influence croissante en accentuant ainsi les contradictions de l'Etat sioniste. Ce dernier, en proie à des difficultés économiques et sociales croissantes, accroit ses activités militaires au Liban. Il y soutient les forces de droite et combat les forces progressistes et palestiniennes. En outre, Israël tente de porter de nouveaux coups contre la Syrie et l'Irak.
Dans les pays du Maghreb, il y a eu des montées de luttes ouvrières que la répression n'a pas pu écraser. Le cas de la Tunisie est particulièrement éloquent en la matière. La tentative du régime de briser le mouvement par la répression du 26 janvier 1978, n'a donné que des résultats éphémères. La classe
One s'est pas démoralisée. Les mouvements revendicatifs ont continué. Les syndicats se sont réorganisés. Finalement, c'est le régime qui a dû faire des libérant les dirigeants syndicaux emprisonnés et en renonçant à imposer une direction syndicale composée par des fantoches.
Si la situation créée par la montée des masses et des luttes importantes n'a pas débouché sur des crises révolutionnaires ni même sur le renversement des régimes en place, cela est dû princi palement aux orientations et aux mé. thodes des directions traditionnelles, nationalistes bourgeoises et petites-bourgeoises et à celles des partis communistes sous l'influence de Moscou ou, en tout cas, inspirés par les conceptions staliennes. Ces directions se sont avérées incapables non seulement de réaliser les tâches démocratiques bourgeoises de la révolution arabe, mais même d'assurer aux masses des gains réels. Elles ont, par conséquent, perdu dans une mesure croissante leur influence et sont déchirées par des crises internes. C'est à la suite de cet échec qu'ont pu se développer des courants intégristes musulmans, dont l'écrasante majorité des composantes est foncièrement réactionnaire. Ceux-ci ont pu capter des secteurs des masses plébéiennes et des couches petites-bourgeoises frappées par la crise sociale et économique. Ils sont néanmoins incapables d'apporter des réponses concrètes aux besoins des masses et leur influence reste, donc, précaire. Pour combattre bien les directions traditionnelque les courants révolutionnaires des mots d'ordre et des propositions répondant aux besoins des masses paupérisées et à la nécessité d'organiser syndicalement et politiquement tariat sous une forme indépendante. Ils défendront la composante leur programme de revendications démocratiques. Ils attribueront une importance majeure à l'activité dans les
N fonction des contradictions économiques et sociales explosives et de la faiblesse relative des classes dominantes, la résurgence des mouvements de masse et l'instabilité socio-politique dans les pays semi-coloniaux restent des constantes. Ces contradictions se sont encore renforcées du fait de la crise prolongée de l'économie capitaliste internationale qui a frappé de plein fouet la plus grande partie des pays semi-coloniaux, y imposant aux masses un nouvel abaissement insupportable d'un niveau de vie déjà misérable.
L'explosion de mai 1980 en Corée du Sud (avec la prise de plusieurs villes, la création de milices, etc.), les signes profonds de crise aux Philippines, au Pakistan, les affrontements multiples entre riches et pauvres dans les campagnes indiennes, les vagues de luttes ouvrières dans divers pays arabes illustrent ce phénomène.
Néanmoins, la combinaison entre la crise socio-économique et la force relative des classes dominantes est fort disparate entre le Brésil, le Mexique, l'Inde, la Corée du Sud, d'une part, et les pays les plus arriérés d'Amérique centrale, d'Afrique ou d'Asie, d'autre part.
Cette combinaison a déterminé les possibilités de victoires révolutionnaires dans certains pays particulièrement arriérés, malgré l'absence d'un parti marxiste révolutionnaire de masse. Par contre, dans les «places fortes» du monde semi-colonial, les cycles successifs de montée et d'affrontements ont débouché sur des défaites vu l'inexistence de tels partis.
Les causes objectives et subjectives de ces défaites peuvent être délimitées ainsi :
La la bourgeoisie d'une série de pays semi-coloniaux a déclenché durant les dernières décennies un processus de semi-industrialisation. Elle a pris appui sur la consolidation relative du capitalisme dans les métropoles impérialistes durant le long boom d'après-guerre, les transformations structurelles de l'industrie impérialiste et les retombées sociales comme politiques de l'essor des mouvements de libération.
Cette bourgeoisie, avant tout la bourgeoisie industrielle, a participé en tant qu'« associé » mineur à la reconverde la domination impérialiste directe sur les pays semi-coloniaux en domination indirecte. Elle a contribué à assurer la permanence de l'ordre bourgeois. En échange, elle a exigé et obtenu partiellement participation accrue au partage international de la plus-value et à l'exploitation de sa propre classe ouvrière. Elle peut certes exercer des pressions sur les puissances impérialistes, mais elle utilise aussi la démagogie anti-impérialiste dont elle les accompagne pour freiner et retarder le processus de conquête de l'indépendance de classe du prolétariat. La domination et l'exploitation des masses par ces bourgeoisies sont liées à la perpétuation du règne indirect et de l'exploitation impérialistes. La constitution de l'OPEP est l'exemple le plus prononcé du processus de redistribution limitée de la plus-value à l'échelle mondiale.
Ainsi, de nombreuses bourgeoisies dépendantes disposent de réserves et de ressources politiques et répressives - en jonction avec l'impérialisme — autrement plus fortes que les anciennes oligarchies pour affronter les masses et leur porter des coups très durs.
Dans le regroupement des gouvernements « non alignés » s'expriment à la fois la tentative des bourgeoisies et des petites-bourgeoisies néocoloniales de monnayer face à l'impérialisme la radicalisation anti-impérialiste des masses de leurs pays et la volonté de canaliser ces dernières dans des voies qui ne menacent pas leur pouvoir. La participation de gouvernements d'Etats ouvriers à ces conférences de « non-alignés » ne relève pas des mêmes motifs. Son utilité tactique doit être jugée en fonction de la ligne qu'il y défendent et du refus de donner une caution quelconque aux régimes néocoloniaux et a fortiori à des dictatures sanglantes qui ne sont que des agences de l'impérialisme dans leur pays. Cette participation de gouvernements d'Etats ouvriers aux côtés de gouvernements bourgeois ne peut être
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un substitut à un véritable front unique anti-impérialiste.
Men rapport avec les progrès de l'industrialisation et de la pénétration du capitalisme à la campagne, le prolétariat urbain et rural a émergé dans la plupart de ces pays comme la force sociale principale de la population active.
Dès lors, l'unification et l'organisation de cette force sont les préconditions pour une victoire de la révolution socialiste. Aussi longtemps que le prolétariat n'a pas conquis l'indépendance politique, et partant, la possibilité d'affirmer son hégémonie sur ses alliés (masses plébéiennes, petite bourgeoisie urbaine paupérisée, étudiants, paysans, ete.), la capacité des geoisies nationales et de l'impérialisme d'infliger des reculs profonds aux masses ne pourra être mise de subordination prolétariat à la bourgeoisie « nationale» ou à ses représentants petits-bourgeois crée un obstacle insurmontable sur la voie de la victoire révolutionnaire, condamne une montée tionnaire à l'arrêt, puis à la défaite. Cela s'est vérifié en Uruguay, en Bolivie, en Indonésie par exemple, sous la forme particulière d'une subordination par les directions réformistes d'auto-organisation et d'autodéfense des masses au respect des institutions de l'Etat bourgeois. La bataille pour l'indépendance politique du prolétariat doit avec les taches impérialistes, antidictatoriales, nationales-démocratiques, leur place dans ces pays, et dont l'importance est encore accrue par l'agressivité actuelle de l'impérialisme.
Le renforcement de la bourgeoisie et la place centrale acquise par le prolétariat dans tous les pays semi-coloniaux les plus avancés entraînent donc, pour obtenir une victoire, la nécessité d'une stratégie plus élaborée, différente de celle qui a été appliquée dans le cadre des révolutions chinoise, vietnamienne, cubaine ou nicaraguayenne, et, dès lors, d'une direction s'appuyant sur un programme marxiste révolutionnaire. L E renversement du capitalisme dans une série de pays arriérés, en l'absence d'un parti marxiste révolutionnaire de masse, s'explique par une combinaison particulière de facteurs liés à la décomposition extrême des classes dominantes et de leur Etat. L'absence de base au développement de la petite bourgeoisie pousse ses meilleurs élé. ments, en particulier ceux de l'intelligentsia, à rechercher l'alliance avec le prolétariat ou à s'y fondre, le plus souvent dans le cadre d'une organisation. Dans ce contexte, l'absence ou les limites de l'organisation et de l'auto-organisation du prolétariat n'y constituent pas en elle-même un obstacle à la prise du pouvoir aussi absolu que dans des pays
Néanmoins, il est décisif que des forces politiques impulsent la mobilisation des masses, la dirigent et répondent positivement à leur pression. Ces forces agissent à partir des expériences accumulées par leurs cadres au cours des luttes et en fonction de leur éducation dans une perspective de prise du pouvoir. A un moment donné, cela se traduit par la décision d'aller jusqu'au bout dans la destruction de l'Etat bourgeois. Etats ouvriers permet la survie après la révolution de ces nouveaux Etats face aux pressions militaires et au blocus de l'impérialisme.
La révolution nicaraguayenne confirme à nouveau ce constat. La décomposition avancée de la dictature de Somoza et les déchirements au sein de la bourgeoisie, la paralysie de l'impérialisme américain, la place secondaire prise dans la montée révolutionnaire par les processus de mobilisation et d'organisation d'un prolétariat industriel très réduit, nent le cadre objectif. Pour le compléter, il faut tenir compte: des réféà l'expérience au «modèle cubain» et des liens étroits entre le FSLN et la direction castriste; de l'unification du FSLN, avec l'enrichissement et les réalignements qui en découlent sur le plan d'une orientation visant à affirmer sa claire hégémonie dans le système d'alliances tout en la portée effective accords avec la «bourgeoisie d'opposition»; de la mobilisation insurrectionnelle extraordinaire des masses qui aboutit à faire voler en éclats l'armée au service de Somoza.
Le cours de la révolution au Nicaragua confirme de même la thèse première de la théorie de la révolution permanente: la réalisation entière des tâches anti-impérialistes et national-démocratiques de la révolution dans les pays semi-coloniaux nécessite la destruction de l'Etat des classes possédantes et l'instauration d'une dictature du prolétariat s'appuyant sur les masses plébéiennes des villes et des campagnes et sur les
Tous les développements de la révolution au Nicaragua, et encore plus dans le contexte actuel d'affrontements
Men Amérique centrale, indiquent : - que les éléments d'une bourgeoisie très faible et contrainte d'accepter une collaboration temporaire avec le FSLN finissent par passer, les uns après les autres, dans le camp de la contre-révolution en s'accrochant jusqu'au bout à leur propriété privée et à l'intégration l'économie nicaraguayenne dans le marché mondial; - que l'accomplissement des tâches anti-impérialistes et démocratiques radicales ne peut que souffrir d'un frein mis à l'activité des masses qui cherchent à améliorer leur propre sort et qui, par leurs initiatives et la force conquise dans la révolution, mettent en question la propriété et l'autorité capitalistes dans le secteur privé;
que l'achèvement de ces tâches - entre autres la réforme agraire radicale — nécessite la destruction définitive de l'Etat bourgeois, la rupture avec le marché mondial, la transformation profonde des rapports sociaux, c'est-àdire la transcroissance en révolution socialiste; - que l'affrontement politico-militaire avec l'impérialisme fait jouer aux restes de la bourgeoisie un rôle objectif de « cinquième colonne », violemment combattue par les masses animées par un profond sentiment anti-impérialiste.
C'est par rapport à ce type de problèmes qu'il faut juger la question des alliances ou des convergences temporaires avec des secteurs de la «bourgeoisie d'opposition» et donc du contenu réel et effectif de l'indépendance politique de classe qui reste la condition nécessaire pour faire aboutir la révolution.
Dans un pays à régime dictatorial et retardé comme le Nicaragua, si la transcroissance de la révolution en révolution socialiste est la condition de la victoire définitive, il n'en découle pas que le démarrage de cette révolution implique le rejet de tout accord tactique entre des secteurs bourgeois et des forces prolétariennes sur des revendications démocratiques concrètes et des actions réelles. Ensuite, dans la mesure où entre les forces bourgeoises et les forces prolétariennes il y a opposition radicale d'intérets, ce qui se traduit par des stratégies diamétralement opposées, la question décisive est de savoir:
si au nom d'accords ou convergences temporaires avec un secteur bourgeois, un frein est mis aux mobilisations des masses et à leurs organisations (en l'occurence les CDC, les milices, puis l'ATC, la CST-CSN, les CDS, le MPS...);
si la défense conséquente des intérêts d'ensemble des travailleurs et des paysans est délaissée au nom de la réalisation préalable d'objectifs anti-impérialistes;
- si la méfiance des masses envers les capitalistes est ou n'est pas développée à toutes les occasions concrètes et si donc l'affrontement avec la bourgeoisie est préparé.
Malgré des oscillations et des formulations souvent confuses, le FSLN a, en général, répondu positivement à ces questions posées par la conquête de l'indépendance politique de classe et la nécessaire transcroissance de la révolution. Il a su reconnaître l'appel et la poussée des masses; il a su impulser leur mobilisation.
et la crise dans les Etats ouvriers bureaucratisés
Les marxistes révolutionnaires doivent appuyer avec énergie et sans réserve tous les progrès concrets de la ré. volution et reconnaître le contenu réel d'une politique ainsi que l'évolution d'une direction révolutionnaire comme celle du FSLN ou des organisations révolutionnaires regroupées dans le FMLN. Mais, au même titre, il est décisif qu'ils défendent l'ensemble de leurs positions programmatiques, sans concessions à des théories et à des formulations confuses comme celles d'un Etat intermédiaire entre un Etat ouvrier et un Etat bourgeois ou d'une «économie mixte », ni socialisée, ni capitaliste, et ceci aussi pour une raison pratique.
Plus un pays semi-colonial est enD ANS les Etats ouvriers bureaucratisés d'Europe, la contradiction devient explosive entre l'industrialisation tion et la qualification croissante de la force de travail d'une part, et la gestion bureaucratique d'autre part, qui s'avère de plus en plus un obstacle à la économique, la production et la planification, et ne peut se maintenir que par un régime policier de répression et d'oppression.
En outre, la course accélérée aux armements soumet la bureaucratie soviétique à rude épreuve. Elle n'a réussi à réduire l'écart qui la sépare des forarmées impérialistes en matière d'armements, qu'au prix d'une part disproportionnée des dépenses militaipar rapport à l'ensemble ressources économiques du pays. Vu le ralentissement continu de la croissance économique, une nouvelle accélération de la course aux armements signifierait des charges très lourdes pour l'économie soviétique et obligerait le Kremlin et ses satellites à freiner encore plus une politique d'amélioration graduelle du niveau de vie des masses, qui constitue le meilleur amortisseur pour retarder la reprise d'activité autonome politisation du prolétariat. Le mécontentement qui apparaît, entre autres du fait des difficultés d'approvisionnement, non seulement en Europe de l'Est mais en URSS même, peut déboucher sur des crises politiques, surtout après l'irruption massive des travailleurs polonais.
14 ETTE mobilisation des travailleurs polonais et leur organisaen syndicat indépendant de l'appareil bureaucratique d'Etat constitue l'événement majeur et l'expérience la plus avancée de la lutte pour la révolution politique. Le renforcement gagé dans la voie de l'industrialisation, plus l'antagonisme est direct et aigu entre l'ensemble de la bourgeoisie dite nationale et les exploités, et moins les accords tactiques temporaires avec une fraction de la bourgeoisie ou de ses représentants sont concevables sans impliquer une autolimitation des revendications et des mobilisations proprement prolétariennes, sans mettre un obstacle sur la voie de la conquête de l'indépendance politique du prolétariat. Toute bourgeoisie disposant de réserves plus vastes et d'une base plus large, d'une expérience historique et de capacités de manœuvres politiques plus amples que celles de la bourgeoisie nicaraguayenne, n'aurait pas lié son sort aussi longtemps III.— La montée ouvrière en Pologne social du prolétariat, l'accumulation d'expériences d'affrontements, le fort sentiment de résistance nationale face à la politique d'oppression du Kremlin, ainsi que la profondeur de la crise économique avec ses prolongements au sein de la bureaucratie en constituent les ressorts fondamentaux.
A part l'Union soviétique la Pologne est l'Etat ouvrier bureaucratisé qui a connu le processus d'industrialisation généralisé le plus important depuis le renversement du capitalisme. Ce processus s'est encore accéléré au cours des dix dernières années, aprés que Gierek ait opté pour l'expansion économique à outrance et le développement de la production de biens de industriels, pour tenter de calmer le mécontentement populaire exprimé par les grèves de 1970. Il en est résulté une croissance rapide de la classe ouvrière, concentrée, jeune
Cette classe ouvrière a gardé le souvenir et recueilli l'héritage des luttes de 1970, 1976 et partiellement de 1956, dont sont issus des noyaux de militants aguerris par l'épreuve de la bureaucratique, quelquefois été les initiateurs des comités de grève, des comités interentreprises et d'une ébauche d'organisation nationale de la grève pendant l'été 1980. A partir des ports de la Baltique, le mouvement d'autoorganisation du prolétariat polonais s'est alors propagé dans une dynamique qui combine une extraordinaire poussée spontanée avec l'apparition de dirigeants ouvriers d'entreprises liés en partie à l'action consciente des organes d'opposition semi-légale qui s'étaient constitués après les grèves de 1976 (KOR, Robotnik).
C'est enfin la profondeur de la crise économique, sociale, culturelle et morale qui a nourri l'essor du mouvement de masse jusqu'à représenter une menace politique directe pour la dictature bureaucratique. politique de la bureaucratie et de touà une dictature comme celle de la famille Somoza ou, du moins, aurait imposé des changements politiques avant la dégradation irréversible de la situation et, par conséquent, n'aurait pas été contrainte d'accepter des compromis tels que ceux qu'acceptèrent les bourgeois nicaraguayens depuis juillet 1979.
Tout maintien de la confusion sur ces questions, toute généralisation abusive d'une tactique particulière dont la validité est liée à une combinaison très spécifique d'éléments objectifs, risque d'avoir des conséquences désastreuses pour la conduite de la lutte révolutionnaire au sein de tous les principaux pays semi-coloniaux.
tes ses fractions s'est trouvée anéantie par la faillite de la politique économique du régime Gierek, par la crise de l'approvisionnement en vivres, par les crises des services sociaux et du logement, par l'énormité de la corruption et de l'injustice. Contrairement à ce qui s'est passé en Pologne même en
1956 et 1970, en Hongrie en 1956, ou pendant le «printemps de Prague», aucun homme providentiel issu des rangs de la bureaucratie n'incarne aujourd'hui l'espoir des masses polonaises. Elles comptent d'abord et avant tout sur leurs propres initiatives et leurs propres forces, qui ont déjà permis d'arracher des victoires importantes.
16 D ES l'origine, la mobilisation du prolétariat polonais a combiné étroitement revendications économiques et revendications politiques. Dès le début des grèves de juillet et août, les exigences définies par les grévistes incluaient des revendications démocratiques éminemment politiques: un syndicat indépendant de l'Etat, le droit de grève, une presse syndicale libérée de la censure, la liberté d'expression et la liberté religieuse pour tous, l'accès aux grands moyens d'information pour les syndicats, la libération des prisonniers politiques, une enquête sur la répression sanglante de 1970... Tout cela a été arraché par les accords de Gdansk, de Szceszin, de Katowice, et défendu depuis avec vigilance par de nouvelles actions, face à une bureaucratie qui rechigne à honorer ses engagements.
Depuis ces accords, d'autres revendications politiques ont d'ailleurs été avancées par les travailleurs, notamment la reconnaissance de Solidarnose rural, la reconnaissance de syndicats étudiants indépendants, une réduction radicale des pouvoirs et des moyens d'action des forces de répression, l'épuration et y compris la mise
en jugement des dirigeants les plus corrompus et incompétents du POUP et de l'Etat, au plan local et régional.
La hiérarchie catholique utilise le prestige gagné aux yeux des masses par le fait qu'elle était la seule forme d'organisation considérée par celles-ci comme indépendante de la bureaucratie stalinienne depuis 1956 - ce qui lui a permis de secourir des victimes de la répression de 1970 et 1976 - pour modérer et endiguer l'essor des luttes ouvrières. Malgré cette conjonction objective de toutes les forces conservatrices du pays, il y a incompatibilité entre le pouvoir de la bureaucratie et le développement d'organisations du prolétariat réellement indépendantes.
Du fait des rapports sociaux existants dans les Etats ouvriers bureaucratisés, de la nationalisation des moyens de production et de la planification centralisée de l'économie, la défense des intérêts immédiats de la classe ouvrière débouche inévitablement sur la contestation des choix et des priorités de la gestion socio-économique et donc du pouvoir de la bureaucratie. La coordination locale ou régionale de syndicats indépendants de l'appareil d'Etat bureaucratique porte déjà en germe un contre-pouvoir des travailleurs face à la bureaucratie; c'est pourquoi Solidarnosc était des le début bien plus qu'un simple syndicat. Aujourd'hui, il fonctionne objectivement de plus en plus, du moins sur le plan local et régional, comme un organe de double pouvoir, ce qui implila révolution politique antimencé en Pologne.
Le rapport de forces d'ensemble favorable aux travailleurs et à la bureaucratie, tant plus que l'alliance entre ouvriers et paysans se consolide. Le POUP est de plus en plus ébranlé, traversé par la pousprolétarienne, groupes oppositionnels militants et radicaux. Son appareil reste divisé devant les choix à faire. La bureaucratie est obligée par conséquent louvoyer pour gagner du temps, pour émousser la combativité ouvrière. Elle passe néanmoins à la contre-offensive. Elle tente de diviser le mouvement. Elle concentre ses attaques et un début de répression sur les secteurs les plus radicaux de Solidarnosc. Elle cherche simultanément à neutraliser une Elle joue d'ores et déjà à fond sur la désorganisation économique, les difficultés accrues de ravitaillement, voire la menace de famine et de chômage et la crainte (d'ailleurs fondée) d'une intervention militaire du Kremlin. Mais elle n'a pas la force d'endiguer, à elle seule, la formidable poussée de combativité et de radicalisation des masses polonaises, qui, dans de nombreuses villes et régions, débordent déjà des dirigeants qui s'en tiennent à une stratégie de réforme du bureaucratique. tion n'est pas entre la seule bureaucratie polonaise et le prolétariat polonais. Stratégiquement, elle est entre le prolétariat polonais et ses alliés, d'une part, la bureaucratie soviétique et ses affidés, d'aupart. C'est cette opposition fondamentale qui rend l'épreuve de inévitable.
d'autant plus l'exemple du prolétariat polonais place la bureaucratie soviétique et celle des autres « démocraties populaires » devant un réel danger de contagion. Les causes objectives qui sont à l'origine de la crise polonaise existent fondamentalement dans tous les ouvriers d'Europe. Cependant, la maturation d'une avant-garde ouvrière et sa jonction avec une opposition politique capable de s'exprimer sur une grande échelle, y font encore défaut.
filtrées et déformées, les informations sur les événements pol'émergence d'une opposition politique liée à la classe ouvrière et y inspirer des mouvements en faveur d'une organisation syndicale indépendante. bureaucratie du Kremlin est-elle confrontée à un terrible dilemme.
Si elle laisse à la bureaucratie polonaise du temps pour manœuvrer, elle court le risque de voir le mouvement des travailleurs se consolider et s'étendre. Si elle décide d'intervenir militairement, elle risque de se trouver devant une résistance de masse, prolétarienne et nationale, plongeant ses ramifications dans les entreprises et les campagnes. Un affrontement de cette ampleur, sans précédent, aurait d'inévitables répercussions dans l'ensemble des «démocraties populaires» et en URSS
Le risque est à la hauteur de l'enjeu. Si la bureaucratie soviétique est convaincue que la crise du parti polonais est trop profonde, que la division de l'appareil est trop forte et par conséquent que l'utilisation des forces répressives autochtones est rendue difficile, que les chances du POUP de canaliser et de récupérer le mouvement de masse se réduisent fortement, alors l'intervention militaire du Kremlin celles de Berlin-Est, Hongrie, de Tchécoslovaquie, fragilité sociale de la bureauratie, mais aussi sa capacité de manœuvre. illustre le contenu prolétarien révolutionnaire des revendications démocratiques et nationales dans les Etats ouvriers bureaucratisés. Elle vérifie sous les coups de boutoirs de la mobilisation de masse, des oppositions provenant de la base s'expriment dans le parti et que la bureaucratie est susceptible de se diviser et de se déchirer. Mais son qui est garanti en dernière instance par de répression nationaux et, si nécessaire, par ceux du pacte de Varsovie, ne saurait être démocratisé ou réformé. Il doit être renversé.
Cette expérience met également en évidence la complexité des tâches de la révolution politique et le haut niveau de conscience nécessaire pour les mener à bien. La lutte pour la révolution politique débouche inévitablement et simultanément sur les problèmes centraux de l'économie de transition et de la planification démocratique, sur ceux du contrôle ouvrier et de l'autogestion ouvrière, sur ceux des institutions politiques et de la démocratie socialiste, enfin sur la nécessité de l'extension internationale de la révolution. La dynamique de la révolution politique s'oppose en effet directement à toutes les théories de construction du socialisme dans un seul pays et s'inscrit nécessairement dans une stratégie internationale.
17 PRES la révolution culturelle et la mort de Mao, la bureaucratie chinoise n'a pas réussi à s'unifier autour d'une nouvelle direction, ni à étouffer toute activité autonome des
Les concessions économiques et politiques consenties aux masses par l'équipe dirigeante de Deng Xiaoping ne lui ont donné qu'un bref répit. L'insatisfaction s'accroît d'autant plus que la nouvelle politique économique aggrave l'inégalité sociale, la vie chère et le chômage, développe les privilèges bureaucratiques, alors que les besoins du peuple sont encore loin d'être 1970, la bureaucratie chinoise, sous l'impulsion de modifié la politique de « l'investissement travail » et du « compter sur ses forces». Elle s'était lancée entreprise de réinsertion de l'économie chinoise dans le marché mondial pour pouvoir achever rapidement une politique d'industrialisation «quatre modernisations».
Après quelques succès cette politique s'est heurtée à des contradictions croissantes: endettement rapide à l'égard de l'étranger, difficulté utiliser efficacement la technologie moderne, disproportion croissante entre industrie et agriculture et entre dibranches industrielles, budgétaire alimentant une inflation de plus en plus grave, etc. Il en est résulté une révision déchirante de tous les plans grandioses, une politique de restrictions et d'austérité, qui a pris une grande ampleur vers la fin de 1980. Elle alimente le mécontentement
La bureaucratie s'est de plus en plus divisée devant l'accumulation ces difficultés économiques, la perte de prestige du parti et de toutes ses fractions aux yeux des masses et la montée de la contestation. Un courant de cadres moyens de l'armée et du parti a continué à résister à la démaoïsation. Deng et son groupe ont essayé de rendre
l'équipe de transition de Hua Guofeng responsable de tous les maux. De nouveaux regroupements à la tête du parti sont vraisemblables. Ils sont favorisés par l'attitude oscillante de l'équipe Deng face à la pression des masses: reconnaissance puis suppression des «quatre libertés », tolérance puis répression du Mouvement démocratique, reconnaissance des droits des travailleurs au niveau des ateliers, puis reprise en mains vigoureuse par le parti.
L'ouverture démocratique n'a donc duré qu'un printemps. Mais la classe ouvrière et les masses ne sont pas aussi atomisées et dépolitisées qu'elles peuvent l'être en URSS. Ayant vécu des expériences encore récentes de mobilisations (de paysans, d'étudiants, de jeunes chômeurs, etc.), elles restent actives, susceptibles de prendre l'initiative d'une contestation plus vaste du pouvoir bu-
Pour l'heure, et en dépit de la réla fermentation du «Mouvement démocratique» continue, s'étend, y compris dans la classe ouvriere, sous forme de cercles locaux et de réseaux et même de mouvements de grèves. Une «non officielles» a vu le jour durant la seconde moitié de 1980. L'activité de cette opposition est marquée par une profonde défiance envers toutes les fractions de la bureaucratie et par une
Men cause du «rôle dirigeant»du parti, identifié avec le rôle de la bureaucratie. Cette dernière a d'ailleurs accru à nouveau la répression contre les oppo-
Une période prolongée d'instabilité, d'affrontements interbureaucratiques et d'activité des masses offrira l'occasion d'une maturation politique de l'opposition antibureaucratique.
ES tensions entre Etats ouvriers bureaucratisés ont atteint - avec la crise sino-indochinoise — une violence sans précédent. La Yougoslavie, après la rupture Staline-Tito, avait dû faire face à de très graves mesures d'étranglement prises par la bureaucratie soviétique. La rupture sino-soviétique s'était accompagnée d'une forte pression militaire exercée par Moscou contre la Chine et d'un certain nombre d'affrontements ouverts limités. Mais la crise sino-indochinoise a cette fois débouché sur des conflits militaires de grande ampleur et un état de guerre latent dont les conséquences sont désastreuses pour considérés, révolutionnaire dans le Sud-Est asiatique et le mouvement ouvrier mondial.
La bureaucratie chinoise s'est re. tournée contre le Vietnam pour des raisons analogues à celles qui avaient conduit la direction soviétique dans les années 1950 et 1960 à s'opposer à Pékin: volonté d'isoler un nouvel Etat ouvrier faute de pouvoir contrôler sa direction, afin d'endiguer la dynamique d'extension des luttes révolutionnaires dans la région, d'assurer un monolithisme polibureaucratie, d'être libre de déployer sa propre diplomatie dans le cadre d'accords de coexisl'impérialisme, d'éviter un renforcement de l'influence soviétique en Asie du Sud-Est. La bufaire les mêmes méthodes contre le Vietnam que celles du Kremlin contre la Chine: sabotage économique, isolement diplomatique, pressions militaires, excommunications tions par rapport aux minorités nationa-
La bureaucratie chinoise a de plus joué sur les tensions propres à la révolution indochinoise, consolidant notamment le régime khmer rouge, malgré sa politique criminelle, et l'armant contre le Vietnam. Cette politique contre-révolutionnaire s'est combinée avec le maintien du blocus économique et diplomatique mis en œuvre par l'impérialisme américain et les pressions exercées par le biais de l'ASEAN et notamment de la
Cinq ans après la victoire, le maintien du pays sur pied de guerre a largement contribué à l'échec du plan de développement économique vietnamien, à l'aggravation de la bureaucratisation et à la désaffection d'une partie de la population du Sud à l'égard du régime, par ailleurs déterminés également par les méthodes et les choix bureaucratiques de la direction.
Au Cambodge, en 1980, la situation économique et sociale des masses s'est améliorée. Une opposition natiovietnamiennes ne s'est pas constituée. Avec l'aide de la Chine et des USA, les Khmers rouges, les Khmers serei et serilza, les éléments sihanoukistes tencommun, à présent isolé
Le régime de Heng Samrin comprend divers courants et éléments qui ont participé aux luttes de libération contre le colonialisme français et l'impérialisme américain. Mais, du fait de sa grande faiblesse, des conditions de sa genèse et de l'état du pays, il reste pour l'essentiel dépendant du Vietnam et de la présence massive miennes. Cette situation peut faire demain de la question nationale un problème explosif. C'est pourquoi nous sommes favorables à l'organisation et à l'armement massif des masses cambodgiennes, au retrait des forces vietnamiennes et à la constitution d'un régime réellement indépendant, sans lequel le droit effectif à l'auto-détermination ne saurait être garanti et la question nationale uniquement ainsi l'unité des trois révolutions indochinoises - indispensable face aux pressions contre-révolutionnaires et aux tâches de reconstruction - pourra être durablement préservée, dans le respect des droits nationaux de chaque peuple, dont
Au Laos, de loin l'Etat ouvrier économiquement le plus vulnérable, le blocus périodiquement exercé à la frontière thailandaise et l'organisation par Pékin et Bangkok de nouvelles guérillas, mettent là aussi en question les possibilités de développement.
L'Indochine reste l'enjeu de tensions nationales et sociales, de conflits interbureaucratiques les régimes chinois et soviétique, d'une confrontation entre révolution et contre-révolution impulsée par l'impérialisme, utilisant les régimes néocoloniaux de la région. Washington maintient sa pression diplomatique, économique et militaire à travers la Thailande. Pékin, pour sa part, assure l'entraînement de guérillas, favorise la coordination d'activités militaires dans les trois pays d'Indochine et poursuit sa propre pression aux frontières. L'intérêt immédiat des masses exige la mise en cuvre d'une politique résolument internationaliste, aidant notamment au renforcement des combats anti-impérialistes dans toute la région. Il exige qu'une solidarité internationale s'affirme face aux entreprises contre-révolutionnaires de l'impérialisme, des régimes néocoloniaux de la région et de la bu-
19 A crise du stalinisme dans les pays semi-coloniaux est nourrie tant par les répercussions au sein des PC de la montée de la révolution en Amérique centrale et en Pologne, par l'impasse des réponses gradualistes à une crise économique d'une extrême acuité, que par l'aggravation du conflit sino-soviétique et ses retombées en Asie de l'Est et du Sud-Est.
Tandis que les développements révolutionnaires en Amérique centrale et le rôle joué par le FSLN et la direction castriste relancent les débats de stratégie des PC d'Amérique latine, la viodu conflit sino-vietnamien et la modification de l'attitude l'égard des gouvernements réactionnaires de l'ASEAN favorise la prise de distance des PC jadis maoïstes de la région à l'égard de l'orientation présente du PC chinois, sinon à l'égard du maoïsme. mouvements communistes de Thailande et des Philippines qui se référaient au maoisme et qui ont une longue tradition de lutte armée révolutionnaire. Sur le plan national, ils maintenaient jusqu'à un certain point une orientation antiimpérialiste indépendante de la bureaucratie chinoise. C'est dans ce contexte qu'un débat sur les perspectives a commencé en leur sein. Il peut se combiner avec la discussion qui se déroule autour de problèmes de la lutte de classes courante à l'échelle nationale et régionale. Pareil processus pourrait contribuer à la réorientation politique et au réajustement programmatique de ces mouvements, surtout s'ils sont stimulés par une politique de solidarité renforcée de la part du mouvement ouvrier international, et avant tout de son avant-garde.
IV.- La crise dans les pays impérialistes
20 L A nature de la période amorcée
Men 1968 s'est exprimée avec le plus de netteté par l'ouverture de crises pré-révolutionnaires dans pays d'Europe capitaliste: France, Italie, Portugal et Espagne.
Dans la plupart des pays européens, qui connaissaient un plein emploi relatif avant l'éclatement de la récession de 1974-1975, une convergence exceptionnelle de facteurs s'était produite: essor qualitatif des luttes ouvrières qui tendaient à la généralisation, renforcement des organisations ouvrières plan général et dans les entreprises, émergence d'une couche de travailleurs avancés - qui se renforce et se transforme au cours des luttes - contestant dans la pratique les orientations des directions anticapitalistes de couches sociales subissant l'attraction de la classe organisée (jeunesse scolarisée, nouvelles couches salariées, mouvement de libération des femmes). Une crise d'ensemble des rapports sociaux frappe la société bourgeoise.
Mais les mobilisations, même les plus fortes, du prolétariat n'ont pas pu dépasser un certain seuil à cause de la politique et de l'influence des appareils bureaucratiques, de l'absence d'une direction révolutionnaire disposant d'une autorité dans des secteurs significatifs des masses et de la capacité de nœuvre des bourgeoisies, alimentée par les réserves accumulées. Ainsi, les montées ouvrières les plus vives n'ont pas pu déboucher sur des situations de dualité de pouvoir effectives aptes à faire mûrir rapidement la conscience de classe du prolétariat, à renforcer qualitativement le parti révolutionnaire et à préparer affrontement décisif avec l'Etat L'expérience de portugaise illustre cela. L'appareil d'Etat ment vers l'auto-organisation des masses avait fait des progrès considérables en 1975, quoiqu'il soit resté non centralisé. Mais la contre-révolution démocratique put s'appuyer sur la vigoureuse défense des institutions parlementaires bourgeoises faite par la social-démocratie et sur après une longue période de dictature, de ces institutions auprès des masses, en l'absence d'une expérience d'auto-organisation suffisamment large, prolongée et centralisée et d'une perspective d'indépendance de classe sur le plan gouvernemental. La politique
- de soutien au MFA, d'investisse. ment de l'appareil d'Etat bourgeois et du mouvement de masse -la contre-offensive bourgeoise et social-démocrate.
Voilà le type de ressources sur lesquelles peut compter la bourgeoisie des pays impérialistes, même pauvres, pour défendre son pouvoir. De tels obstacles ne peuvent être abattus sans que préalablement ait été forgée, sur une longue période, une direction marxiste révolutionnaire.
21 D ES 1976-1977, la situation conjoncturelle des luttes de classes a commencé à se modifier en Europe capitaliste et au Japon. La situation aux Etats-Unis est différente dans la mesure où la phase précédente n'a pas été marquée par un essor des luttes ouvrières et mouvement ouvrier.
La bourgeoisie met alors à profit la situation d'impasse créée par l'orientation de collaboration de classes des réformistes. Elle obtient une série de gains sur le plan politique. Elle les utilise pour porter des coups à la force économique de la classe ouvrière.
Ses succès politiques se concrétisent par le coup d'arrêt mis à la montée révolutionnaire au Portugal en novembre 1975 et, finalement, par les victoires électorales de l'Alliance démocratique; par le maintien de la Démocratie chré-
Italie malgré la poussée ouvrière et la crise aiguë de régime; par l'instauration en Espagne d'une monarchie parlementaire pouvant sur la permanence de l'appareil coercitif hérité du franquisme dont la portée pratique a été illustrée notamment par la tentative de coup d'Etat de février 1981; par la survie jusqu'en 1981 du régime giscardien qu'ont assuré la démobilisation puis la division impulsées par le PC et aussi le PS en 1977; par l'arrivée au pouvoir en 1979 des conservateurs en Grande-Bretagne.
Dans ce contexte, l'essor du chômage après la récession généralisée de 1974-1975 a facilité le lancement d'une d'austérité. Cette politique, plus d'une fois, est appliquée ment par les directions réformistes (Grande-Bretagne, RFA, Portugal, Scandinavie, Belgique); elle est avalisee par des accords explicites avec la bourgeoi-
Italie, Japon); elle acceptée de fait par les réformistes étant donné leur politique lisatrice (France, Portugal). L'élan offensif de la phase précédente est interrompu. La classe ouvrière se trouve acculée à des luttes défensives.
Ce retournement trouve sa source non pas dans un affaiblissement structurel de la classe ouvrière et du mouvement ouvrier ou dans chute de la combativité. Il est provoqué appareils bureaucratiques des PS, des PC et des syndicats. Leur emprise au plan politique général reste telle qu'elle rend difficile toute issue politique à court terme à la crise du régime capitaliste.
L'adhésion durant trois décennies des directions réformistes bourgeois d'un capitalisme capable d'assurer le plein emploi et l'accroissement constant du niveau de vie a contribué aussi à désorienter les travailleurs face à l'explosion d'une crise prolongée. La modification de la conjoncture économique a limité l'efficacité du type de mobilisations qui, auparavant, avaient permis de riposter à l'inflation ou aux modifications de l'organisation capitaliste du travail.
22 L E degré d'organisation de la clas-
Use ouvrière dans la plupart des pays, sa combativité, l'expérience de lutte acquise dans le passé ont cependant stimulé une forte résistance de secteurs clés du prolétariat contre la première vague d'austérité. En général, le pouvoir d'achat des secteurs essentiels des masses laborieuses n'a pu qu'être faiblement entamé. L'attaque a porté avant tout sur l'emploi, en frappant prioritairement les jeunes, les travailleuses et les immigrés. Des branches industrielles structurellement en (textile, sidérurgie) connaissent une forte baisse du volume de l'emploi. Néanmoins, cette première phase de la politique d'austérité n'a pas apporté, du point de vue du capital, les résultats esvague d'attaques débute à l'occasion de la nouvelle récession de 1980. Les restructurations et les coupes sombres dans l'emploi s'étendent vers les secteurs l'essentiel du prolétariat industriel: automobile, chimie et pétrochimie, mécanique et matériel électrique. Non seulement les investissements centrés sur la rationalisation et la croissance de la productivité éliminent des postes de travail, mais le patronat cherche à modifier la formation et l'organisation de la force de travail (sous-traitance, travail temporaire, travail à temps partiel, modification du statut juridique des travailleurs, etc.). Ces attaques frappent particulièrement la main d'œuvre nine: limitation du droit des femmes indemnisations de chômage, de l'embauche préféinterprétation restrictive des l'interruption volontaire de grossesse.
L'ensemble de la politique capital et des gouvernements aboutit à créer un chômage massif et durable. Le patronat cherche à l'utiliser pour commencer à démanteler les dispositifs de des travailleurs dans l'usine, à affaiblir les organisations syndicales et à porter atteinte aux acquis.
handicaps de étape de la politique d'austérité pèsent encore sur la classe ouvrière: politique de démobilisation et de division des ap-
pareils bureaucratiques; faiblesse des forces politiques disposant d'une réelle alternative politique et aptes à dégager pleinement le potentiel de contestation anticapitaliste et antibureaucratique d'une fraction significative de travailleurs avancés.
Toutefois, les forces accumulées par la classe ouvrière durant les années 1968-1976, comme les expériences au plan syndical et politique font que la capacité de résistance globale du prolétariat reste importante, bien qu'inégale selon les pays. Ces expériences, les débats qui les reflètent, combinés avec les processus de lutte du mouvement ouvrier favorisent la politisation et l'élévation de la conscience de classe. Les actions engagées sous l'impulsion d'ailes plus combatives du mouvement syndical contribuent a enrayer la pression du capital.
La conscience au sein d'une importante couche de travailleurs que la possibilité de résister et de riposter existe, que le problème crucial reste l'organisation et l'orientation de cette riposte, exprime à sa façon la nature des rapports de forces existant entre capital et travail, qui sont l'origine de la perpétuation de la crise de direction politique bourgeoise. Celle-ci s'exprime suivant les pays dans la précarité des positions parlementaires, électorales, de la bourgeoisie, dans les conflits entre partis bourgeois ou en leur sein, dans le discrédit qui frappe le personnel politique de l'Etat.
En Irlande, dans les Six Comtés du Nord, malgré l'occupation militaire britannique, une reprise significative du mouvement de masse et une politisation se sont opérées au cours des derniers mois.
En Espagne, où le mouvement syndical n'a pas pu suffisamment s'enraciner avant le déclenchement de la crise économique, ses forces ont été sérieusement amoindries.
L'offensive lancée par la bourdonc une période où des menaces graves pèsent sur tout le mouvement ouvrier de l'Etat espagnol.
Il n'y a qu'en Turquie que la bourgeoisie, avec l'appui des forces impérialistes, a pu infliger une grave défaite (répression massive et démantelement d'organisations ouvrières) à la classe ouvrière, dont la force et le degré d'organisation étaient cependant bien inférieurs à ceux des principaux pays capitalistes.
L'élection de Ronald Reagan aux Etats-Unis exprime avant tout l'avantage qu'a pu tirer une aile conservatrice de la bourgeoisie du mécontentement provoqué dans de très larges secteurs de la population par la montée du chômage et de l'inflation sous l'administration démocrate de Carter. La force sociale des travailleurs et le maintien des principales organisations syndicales -malgré leur effritement depuis de longues années — restent cependant un élément clé de la situation. A moyen terme, une nouvelle série d'attaques contre l'emploi et le niveau de vie des salariés pourrait déboucher sur une crise plus profonde du traditionnel des deux partis bourgeois. Le bénéfice immédiat tiré par Reagan de l'absence d'une solution de rechange politique non bourgeoise pourprécaire. La bureaucratie syndicale et le courant social-démocrate -qui se renforce - interviennent en priorité au sein du Parti démocrate. Cette option pourrait être minée par le pro-austérité de la direction démocrate. Alors la compréhension nécessité de l'indépendance de classe au plan politique, parti travailliste, pourrait faire un pas en
La capacité de résistance du prolétariat et la crise de direction bourgeoise sont les raisons essentielles pour lesquelles la période ouverte en 1968 n'est pas close. L'offensive du capital n'a nulle part abouti à une stabilisation en sa faveur sur le plan social, politique et économique. Durant plusieurs années, de nombreuses et dures luttes ouvrières se produiront au cours desquelles un potentiel explosif s'accumulera dans les rangs du prolétariat. Divers événements économiques, sociaux et politiques détermineront des tournants brusques de la conjoncture. Une vague de luttes défensives pourra deboucher alors sur une contre-offensive ouvriere. l'idée d'un mouvement d'ensemble, une grève générale contre le patronat et l'Etat bourgeois, pourront rapidement resurgir.
23 9 ELECTION de Mitterrand à la présidence de la Ve République modifie profondément la situation politique en France et pourrait avoir des répercussions dans une bonne partie de l'Europe capitaliste.
Certes, la progression électorale des organisations ouvrières n'a pas été accompagnée par une puissante vague de luttes de masses. Mais cette échéance électorale a permis à la classe ouvrière de s'opposer avec succès aux division des appareils traditionnels. Le puissant souffle unitaire qui en résulte accroît la confiance des travailleurs en leurs proplus résolument et avec plus d'efficacité aux licenciements, aux fermetures d'entreprises, au chômage. Il met à l'ordre du jour une lutte rapide pour les 35 heuvoire une contre-offensive lisée contre la politique d'austérité. La bourgeoisie, après un moment de désarroi, cherchera à regrouper ses forces, à saboter l'expérience Mitterrand, même des réformes relativement modestes sont incompatibles avec l'impératif de redressement du taux de profit en période de crise économique prononcée et concurrence interimpérialiste exa-
Le changement de la situation politique accélèrera le processus de recomposition du mouvement ouvrier, stimulera un mouvement de syndicalisation profondeur, élargira la couche de en nouveaux cadres ouvriers, même si, dans un premier temps, il favorise le PS. L'orientation de collaboration de classes ultra-réformiste que celui-ci maintiendra au gouvernement ne pourra que désenchanter progressivement les travailleurs, y compris les couches nouvellement organisées avec l'expérience Mitterrand.
24
NE crise de siratégie frappe à di-
vers degrés les partis réformistes. Ils sont saisis par la contradiction suivante: l'urgence et la rudesse des mesures d'austérité réclamées et imposées par la bourgeoisie d'un côté, la résistance de la classe ouvrière et l'existence d'une couche de travailleurs avancés conscients de la nécessité et de la possibilité d'une riposte, de l'autre.
L'offensive bourgeoise d'austérité met en relief aux yeux de nombreux travailleurs l'inconsistance et le manque de perspectives concrètes du réformisme. Les acquis les plus importants des travailleurs sont remis en cause (emploi, indexation des salaires, sécurité sociale). Des licenciements massifs commencent à frapper des secteurs parmi les plus importants. Les possibilités se réduisent de renforcer les positions des appareils réformistes au sein des institutions bourgeoises comme des secteurs économiques étatisés (dénationalisations, tations budgétaires avec effet sur les municipales et régionales, ete.). La reprise en compte par la plupart des directions syndicales de l'impératif capitaliste de l'accroissement de la productivité, conjointement à la renonciation à la limitation drastique du temps de travail, conduisent non seulel'augmentation du chômage, mais à une détérioration des conditions
«Accepter les sacrifices» aboutit à faire un pas dans la voie de la relance de la mise en valeur du capital et du renforcement politique de la bourgeoisie. Après quelques années de pacte avec elle, apparaît plus clairement l'impossibilité de solutions intermédiaires de négociation de l'austérité. Les organisations ouvrières peuvent payer un prix, y compris au plan électoral, pour une telle orientation.
cette conjoncture, qui s'établit entre les revendications immédiates et les problèmes politiques d'ensemble est plus étroit. Ainsi, politiques d'austérité et de remilitarisation sont plus imbriquées. Cela rend nécessaire une réponse d'ensemble combinant des mots d'ordre contre l'effort d'armement, l'offensive de l'impérialisme et le chômage. Dès lors, les interrogations et les réflexions critiques des syndicats et des partis portent sur les
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rale. Le canal ciation. rie des dans le cœur sur la seule politique d'une des fractions cience politique de travailleurs.
de la contestation, ouvrière conduit des tra-
Labour Party).
ces mais des stimulent à forte pression.
partis, peut chercher dans des références traditionnelles au « camp socialiste » une réponse au malaise provoqué par la plate politique de collaboration de classes des directions. Les positions fort conciliatrices envers l'impérialisme prises par la direction du PCI et du PCE alimentent aussi ce type de réactions. Des militants, faute d'une alternative révolutionnaire crédible, expriment ainsi de façon déformée une critique à l'égard de l'orientation suivie par les directions face à l'austérité. C'est cette critique qui explique, en dernière analyse, le rejet par la base ouvrière du PSUC de la ligne de Carrillo.
A l'inverse, des secteurs de ces partis, souvent enracinés dans les institutions de l'Etat bourgeois et peu liés à la classe ouvrière, proposent d'accentuer le processus de social-démocratisation pour résoudre les difficultés présentes.
Les directions des PC multiplient leurs oscillations. Celles-ci accentuent les forces centrifuges qui s'y exercent et qui manifestent la profondeur d'une crise touchant le cœur même des forces syndicales des PC et dont les effets ne commencent font que s'ébaucher.
Les travailleurs polonais n'ébranlent pas seulement la bureaucratie de Varsovie ou des «pays de l'Est». Ils mettent aussi en difficulté celles des PC d'Europe capitaliste.
La nature meme de la montée ouvrière en Pologne qu'elle suscite dans le camp impérialiste déséquilibrent déjà la tentative de redonner une place plus centrale, ques, à la politique du Kremlin et du déclenchement d'un processus de révolution politique en Pologne taire converger, chez de nombreux militants, les critiques sur l'orientation de collaboration de classes des directions des PC et les doutes sur d'auto-réforme de bureaucratie les Etats ouvriers, possibilités vantées et défendues avec autant de chaleur par le PCI que par le PCF. Ainsi s'accumulent les éléments maturation de la conscience politique du point de vue d'une stratégie révolutionnaire anticapitaliste et antibureaucratique.
25 A PRES 1968, l'apparition de « tendances de gauche» au sein des organisations de masse révélaient la montée semi-spontanée des masses et la tentative d'en canaliser le mouvement. La modification conjoneturelle des luttes de classe a fait ressortir les faiblesses intrinsèques de ces tendances au sein des appareils réformistes (Jones et Scanlon en Grande-Bretagne, «gauche syndicale» en Italie, des secteurs de la CFDT en France) ou même des organisations centristes.
La crise économique prolongée des intérêts mit rapidement en relief: les limites des mobilisations strictement économiques
la nécessité de la IVe Internationale et l'actualité de son programme comme la précarité des revendications, même radicales, centrées essentiellement sur la réorganisation des rapports de travail dans l'entreprise; les obstacles se dressant devant la généralisation semi-spontanée des luttes et l'exigence d'une perspective d'ensemble pour les centraliser; la nécessité d'un trait d'union entre les revendications unifiantes, l'unité de la classe comme des organisations ouvrières et la proposition d'une perspectigouvernementale. « Tendances de gauche» comme organisations centristes buttèrent toutes plus ou moins sur ces écueils.
Face à l'offensive du capital, la quasi-totalité des organisations centristes se sont montrées incapables d'élaborer une stratégie cohérente de riposte alternative à la politique des directions bureaucratiques qui, soit proposaient l'unité pour collaborer, soit stimulaient la division du mouvement pour collabo-
26 I les tâches de la révolution socialiste se présentent sous un aspect spécifique dans les différents pays, en fonction de leurs structures sociales particulières, elles trouvent leur unité dans l'objectif général de la prise et de l'exercice direct du pouvoir par les travailleurs.
Le caractère mondial de la révolution socialiste découle de la nature même des problèmes à résoudre.
L'internationalisation de plus en plus poussée des forces productives et du capital implique une internationalisation accrue de la lutte des classes elle-même, y compris au niveau des revendications immédiates contre les ex-
Malgré la série des victoires révolutionnaires, le marché mondial et la division internationale du travail restent dominés par le capital aussi longtemps qu'il maintient son pouvoir dans les principaux pays industrialisés et jouit avance par rapport aux Etats ouvriers en ce qui concerne la productivité moyenne du travail.
C'est ce qui permet à la bourgeoisie des pays impérialistes, bien plus facilement que dans les pays coloniaux, de restabiliser son pouvoir et de connaître des phases d'essor, même après d'importantes victoires prolétariennes (comme celle de la révolution chinoise). C'est pourquoi l'impérialisme n'essuiera pas de défaites décisives aussi longtemps qu'il n'est pas renversé dans ses principaux bastions d'Europe occidentale, des Etats-Unis et du Japon. Une victoire de la révolution politique en Union soviétique et en Chine faciliterait grandement victoire du prolétariat dans ces places fortes.
rer de même. Leur incapacité d'avancer une tactique de front unique et une stratégie d'indépendance de classe permit aux appareils de payer un prix restreint pour leur capitulation. Par contre, ces organisations centristes se sont souvent désagrégées ou dissoutes (Lotta Continua en Italie, PT en Espagne, KPD en RFA, MES et PRP-BR au Portugal, etc.).
Les adaptations de «tendances de gauche » à la politique des directions ré. formistes, de même que l'affaiblissement brutal des organisations centristes, ont des répercussions sur les différenciations au sein des partis de masse. En effet, dans la formation des différentes oppositions se rencontrent aujourd'hui aussi bien des travailleurs cherchant simplement une réponse plus combative à l'offensive d'austérité, qu'une couche significative de militants dont la volonté mürit d'un changement plus radical de
V.-L'unité de la révolution mondiale,
De plus, la bourgeoisie internationale ne se résigne jamais à la perte défimonde comme champ d'investissement de ses capitaux et d'extension de ses marchés. La coexistence entre Etats de nature sociale différente n'est pour elle qu'une trêve imposée par les rapports de forces, qu'elle cherchera à rompre au moment opportun. La survie du capitalisme dans les pays impérialistes et les pays semi-coloniaux en voie d'industrialisation continue d'exercer une pression constante sur les Etats ouvriers. Elle renforce ainsi les bases de processus de bureaucratisation.
Enfin, l'internationalisation croisavec le maintien des Etats nationaux. pour l'avenir de l'humanité, qui ne peuvent plus être résolus à l'échelle nationale ni même continentale: empêcher une guerre nucléaire, résoudre le prode la faim et de la sous-alimentation, lutter contre la pollution généralisée et la désertification, etc.
Seule une organisation internationale des ressources dans le cadre d'une planifiée est à même de ré. questions 27
9 AFFRONTEMENT décisif sur le plan mondial n'est pas celui de camps ou d'Etats mais, en derniere analyse, celui de deux classes fondamentales. Il exige l'indépendance politique du prolétariat et la défense intransigeante de ses intérêts dans tous les pays, pour forger dans les faits l'unité internationale des travailleurs nécessaire au renversement du règne de la bourgeoisie et de la dictature bureaucratique.
la stratégie et du fonctionnement des organisations réformistes. Leur acceptation de l'unité d'action au plan politique et surtout syndical avec les forces centristes ou marxistes révolutionnaires concrétise le degré de leur évolution politique. Ils annoncent la possibilité de tendances centristes futures, se déplaçant vers la gauche, au sein des partis de masse.
Ainsi, dans les processus de diffé. renciation en cours, il faut être attentif à ne pas confondre la maturation de la conscience politique de classe qui se produit dans les rangs des militants et des cadres intermédiaires des organisations réformistes avec le projet et le programme politique de fractions des appareils qui peuvent prendre la tête de ces courants (rapports entre la base et la direction dans le courant Benn, dans le PSUC, dans l'opposition de gauche syndicale en Italie et en Belgique, ete.).
Il y a plus d'un siècle déjà, les fondateurs du marxisme voyaient dans l'Internationale la conclusion logique et la concrétisation organisationnelle de leur programme. La Ile Internationale a fait définitivement faillite au moment de la Première Guerre mondiale. La Ille, après avoir été détruite politiquement en tant que parti de la révolution mondiale par le stalinisme, a été formellement dissoute par Staline en 1943.
La IVe Internationale est aujourd'hui la seule organisation qui défende de façon conséquente les intérêts historiques des prolétaires du monde entier et appuie leurs mobilisations dans l'ensemble des pays.
Son programme intègre seignements stratégiques et tactiques qui se dégagent de toute l'histoire du mouvement ouvrier à l'échelle mondiale. Comme toute théorie scientifique, il est susceptible d'être enrichi par tout nouveau développement important de la lutte des classes et par toute expérience révolutionnaire nouvelle. La Commune de Paris, la révolution russe, les révolutions allemande et espagnole, les révolutions yougoslave, chinoise et cubaine, ont toutes contribué à l'enrichissement de ce programme, de même que les soulèvements ouvriers dans les Etats ouvriers bureaucratisés.
Ce programme a également été enrichi par l'éclatement, au cours des dernières années, de toute une série de mouvements sociaux de grande ampleur, qui posent des questions clés pour l'émancipation et l'avenir de l'humanité: avant tout le mouvement de libération des femmes, mais aussi le mouvement antinucléaire, le mouvement écologique, le mouvement jeune.
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Mais aucune de ces nouvelles contributions ne remet en cause les fondements du programme marxiste révolutionnaire: l'analyse des contradictions du mode de production capitaliste, de sa phase impérialiste et de déclin; l'actualité historique de la révolution socialiste mondiale; la nécessité de détruire l'appareil d'Etat bourgeois et d'instaurer la dictature du prolétariat; la théorie de la révolution permanente; la nécessité de l'organisation indépendante et de l'unité du prolétariat; la stratégie des revendications transitoires et de la tactique du front unique ouvrier pour unifier les luttes ouvrières et les amener à poser la question du pouvoir politique; la nature des Etats ouvriers et la nécessité de la révolution politique dans les Etats ouvriers bureaucratisés; la nature de la bureaucratie et les moyens de la combattre par la lutte pour la démocratie socialiste; la nécessité d'un parti d'avant-garde et d'une Internationale démocratiquement centralisée.
28 ALGRE la longueur de son comI bat contre le courant, la vitalité de -la IVe Internationale ne se réduit pas à la défense tenace de ce programme. Elle est aussi vérifiée, à l'épreuve de la pratique, par son attitude concrète face aux événements et aux tâches de la révolution mondiale, en particulier face aux nouvelles révolutions victorieuses. Elle a su, sans concessions envers les directions, et sans jamais chercher une « nouvelle patrie du socialisme », apporter tout son soutien à la défense des révolutions menacées par l'impérialisme ou la bureaucratie, à la révolution yougoslave comme à la révolution chinoise, la révolution cubaine comme à la révolution vietnamienne. Elle a su également comprendre l'importance et le cours de la révolution nicaraguayenne et engager pour sa défense une campagne internationale mobilisant toutes ses forces. Elle fait de même à l'égard des combats en cours en Amérique centrale et en Pologne.
Cela la différencie de tendances comme celles regroupées dans le Comité paritaire (Comité international) qui allient un opportunisme à l'égard d'appabureaucratiques national-populistes à un sectarisme aveugle à l'égard de mouvements révolutionnaires, voire d'authentiques révolutions comme la révolution nicaraguayenne. La scission qu'elles ont provoquée en 1979 dans la IVe Internationale reflète foncièrement ce refus sectaire de reconnaître que le FSLN dirige le processus révolutionnaire au Nicaragua, quelles que soient ses limitations programmatiques.
29 L E stalinisme constitue toujours le plus formidable obstacle à la solution de la crise du facteur subjectif.
La bureaucratie social-démocrate porte la principale responsabilité dans l'échec de la vague révolutionnaire qui a suivi la Première Guerre mondiale. Elle porte encore une responsabilité majeure dans l'étouffement des possibilités révolutionnaires au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Plus récemment, elle est directement responsable de la restauration de l'ordre bourgeois au Portugal, à partir de l'été 1975. Elle a été l'instrument politique principal pour assurer la relative de l'ordre dans toute l'Europe du Nord.
Mais le maintien et la renaissance périodique de l'influence social-démocrate au sein du prolétariat sont en grande partie une conséquence du stalinisme. Sans le renfort de ce dernier, les crises révolutionnaires des années 1930 et 1940 auraient pu déboucher sur la formation de partis révolutionnaires de masse.
Le stalinisme s'est rendu directement responsable de défaites écrasantes du prolétariat, notamment en Allemagne en 1933, en Espagne en 1936-1939, en Grèce en 1944, en Iran en 1945 et 1953, en Indonésie en 1965, au Chili en 1973.
Même dans les cas où il n'a pas directement provoqué de défaites sanglantes, le stalinisme a réussi à saboter et faire échouer des mobilisations susceptibles d'aboutir à la victoire dans un grand nombre de pays impérialistes (notamment en France et en Italie), et de pays semi-coloniaux. Il a ainsi nourri les divisions et accumulé les déceptions au sein des larges masses. Il a perverti la conception et la pratique nationalisme prolétarien en l'identifiant à la défense des manœuvres diplomatiques du Kremlin. Plus généralement, apres plusieurs décennies de collaboration de classes et de méséducation des ouvriers, on peut dire que le stalinisme a œuvré à une fragmentation et à une régression de la conscience politique de classe du prolétariat dans
Enfin et surtout, d'abord produit de l'isolement de la révolution russe et de la bureaucratisation de l'Etat ouvrier dans des conditions d'arriération socioéconomique, le stalinisme est devenu un agent actif de cette dégénérescence. Il est responsable en URSS et dans les Etats ouvriers bureaucratisés d'un pouvoir politique qui opprime la classe ouvrière au point de la priver des libertés politiques et syndicales qu'elle a pu arracher dans les régimes démocratiques répression quotidienne, l'absence de droits et de pouvoirs réels pour les masses, les interventions militaires en menaces contre l'auto-organisation du prolétariat polonais, jettent un doute ou un discrédit profonds sur la signification du socialisme aux yeux d'une partie importante du prolétariat mondial. Plus la bureaucratie s'acharne à définir son comme celui du «socialisme réellement existant», plus elle facilite la campagne idéologique et politique de la bourgeoisie visant à désorienter la classe ouvrière et à semer le scepticisme dans ses rangs.
30 D ANS le cadre de la montée et de l'avénement de la bureaucratie stalinienne en URSS, la stalinisation de l'IC et l'entreprise de subordination des partis communistes aux intérêts de cette bureaucratie ne se sont pas étendus au même moment et au même degré dans l'ensemble du mouvement communiste international.
Dans des conditions exceptionnelles de délabrement des classes dominantes, les PC chinois, yougoslave et vietnamien, dirigés par des équipes formées à l'époque de la montée du stalinisme et de l'IC, marquées par l'empirisme et le bureaucratique mais aussi par la volonté de conquérir le pouvoir, ont conduit la révolution jusqu'au renverpre pays, contre la volonté, les projets et les instructions de Staline.
A la différence des PC qui ont accepté leur rôle d'agent de la politique contre-révolutionnaire du ! Kremlin jusqu'à leur propre suicide ou liquidation, ces partis ont su, sous la pression des masses, diriger la lutte à la fois contre l'occupant ou l'impérialisme et contre leur propre bourgeoisie. En ce sens, ils ont rempli une fonction révolution-
Mais, à cause de leur éducation stalinienne, de leur relation autoritaire avec les masses, de l'étouffement de l'auto-organisation du prolétariat et de la reprise à leur compte de la théorie de la construction du socialisme dans un seul pays, ces nouveaux Etats ouvriers étaient bureaucratiques dès leur origine, dans leur constitution et leur fonctionnement. Ce fait a facilité considérablement la croissance rapide d'une caste bureaucratique.
31 A révolution cubaine, qui a donné naissance au premier Etat ouvrier sur le continent américain, présente la particularité d'avoir été dirigée par une équipe d'origine non stalinienne.
Au lieu de miser sur la construction du socialisme dans un seul pays, cette direction s'est posée le probleme de l'extension de la révolution, au moins à l'échelle continentale. C'est elle qui a poussé le plus loin la compréhension de sa propre expérience en développant dans les années 1960 une ligne qui - concrétisée dans la formule «révolution socialiste ou caricature de révolution » - s'approchait le plus de l'orientation de la révolution permanente. Elle a établi et maintenu des rapports avec les masses distincts du contrôle bureaucratique exercé par les directions chinoise ou vietnamienne.
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VI.- L'étape actuelle de la construction de la IVe Internationale
Ces traits initiaux de la direction castriste ont évolué et évoluent en fonction de plusieurs facteurs: les impératifs de la défense de l'Etat ouvrier cubain sous la menace directe de la principale puissance impérialiste; la dépendance économique et militaire envers la bureaucratie soviétique; les fluctuations de la révolution latino-américaine qui se répercutent sur la mobilisation et l'état de conscience des masses à Cuba même; enfin le poids de l'idéologie propre de cette direction qui a intégré des éléments significatifs des conceptions de la bureaucratie soviétique.
La bureaucratisation de la société, de l'Etat et du parti sous l'effet de ces facteurs n'a pas abouti à une contre-révolution politique et à la naissance d'une caste bureaucratique cristallisée. Cuba est donc encore un Etat ouvrier à déformations bureaucratiques.
Dans le cadre d'une période de montée, et non pas de déclin de la révolution mondiale, la direction cubaine soutient fermement des luttes révolutionnaires en Amérique centrale. Elle est susceptible d'évoluer, au prix de différenciations et de ruptures, sous l'influence de nouvelles victoires révolutionnaires.
Ni le degré de consolidation des privilèges bureaucratiques, ni la rupture entre les masses et la direction, ni les rapports avec la bourgeoisie internationale ne sont tels qu'ils justifieraient à Cuba un mot d'ordre de révolution politique.
A crise de l'humanité se réduit, en dernière instance, à la crise de La construction de partis marxistes révolutionnaires de masse, sur la base du programme de la IVe Internationale, est une condition indispensable pour la vietoire révolutionnaire, étant donné la place prépondérante du prolétariat urbain et rural dans les explosions et mobilisations de masse dans presque tous les pays du monde, étant donné de ce fait le nouvel essor des formes de luttes et d'organisations propres des révolutions prolétariennes, étant donné que l'adversaire à abattre est plus fort sur les plans socio-économique et politique que lors des révolutions victorieuses depuis la Seconde Guerre mondiale, étant donné la complexité énorme des tâches auxs'affronte une montée révoluLe combat pour la construction de la IVe Internationale ayant une in-
La question de la révolution politique ne peut être posée que lorsque les expériences concrètes et les événements de la lutte des classes ont démontré que les possibilités de réforme sont épuisées, qu'un fossé irrémédiable s'est désormais creusé entre les masses et la direction, que la bureaucratie, pour défendre son pouvoir et ses priviléges, écrase les masses par sa dictature et qu'elle a une fonction contre-révolutionnaire à l'échelle
Dire qu'une révolution politique, c'est-à-dire le renversement violent du gouvernement, n'est pas justifié à Cuba ne signifie en rien que les marxistes révolutionnaires doivent renoncer à défendre leur propre programme face à la direction castriste.
Le programme de la IVe Internationale ne se divise pas. Il forme un tout et en tant que tel exige sa construction partout dans le monde.
32 E début de la révolution politique en Pologne a confirmé de manière particulièrement aiguë l'unité de la révolution mondiale. Dans la mesure où l'affrontement fondamental oppose stratégiquement le prolétariat polonais à la bureaucratie soviétique, la révolution politique ne peut pas triompher définitivement dans les seules limites de la Pologne. L'appui à l'extension du mouvement révolutionnaire des travailleurs polonais n'est pas nécessaire seulement en Europe orientale et en fluence de masse est une condition nécessaire pour s'engager sur la voie de la résolution de cette tâche historique. Elle est difficile à remplir, du fait que le déroulement même de la lutte des classes s'effectue dans le cadre de réalités nationales ou régionales, au sein de formations sociales très différentes, avec les obstacles et les contradictions qui en découlent au plan de la pratique et de la conscience du prolétariat.
Pour combiner les expériences et tendre, progressivement, à une unification de la conscience des rangs prolétariens, il n'y a pas d'autres moyens que la défense intransigeante des intérêts et des luttes des exploités et des opprimés de chaque pays, dans les trois secteurs de la révolution mondiale. Cette défense des intérêts immédiats et historiques des prolétaires, la participation directe à leur lutte dans les trois secteurs expriment pratiquement que le programme de la IVe Internationale et la IVe Internationale en tant que telle incarnent les intérêts d'ensemble prolétariat mondial.
Il n'y a aucune priorité préétablie entre les trois secteurs de la révo-
URSS, mais encore en Europe capitaliste et à l'échelle du monde entier.
Dans la même mesure où se coalisent contre les poussées les plus audacieuses du prolétariat polonais toute les forces conservatrices du monde - des banquiers occidentaux au Kremlin, du Vatican à la social-démocratie internationale —, les alliés naturels de ce prolétariat sont les ouvriers de tous les pays qu'il faut d'urgence rendre conscients de l'enjeu de l'épreuve de forces qui se prépare.
Une victoire de la révolution politique en Pologne stimulerait autant son extension aux Etats ouvriers bureaucratisés et la remontée de la révolution socialiste dans toute une série de pays capitalistes, qu'une défaite de cette révolution par une intervention répressive brutale du Kremlin porterait un coup très grave à tout le mouvement ouvrier international, avant tout celui de l'Europe capitaliste, de l'Amérique du Nord et du Japon.
Certes, les forces libérées par la montée massive du prolétariat polonais depuis juillet-août 1980 sont trop larges pour que cette défaite soit écrasante comme elle le fut en Hongrie en 1956 ou en Tchécoslovaquie en 1968-1969. A moyen et long terme, la poursuite de la résistance et l'approfondissement de la crise mondiale du stalinisme seront même des moteurs pour la solution de la crise du facteur subjectif. Mais les effets négatifs immédiats d'une du Kremlin se feraient sentir à l'échelle mondiale et ne doivent en aucune malution mondiale. L'histoire des dernières décennies a montré que les crises pré-révolutionnaires et révolution-
Use déclenchent périodiquement dans chacun de ces secteurs en fonction des contradictions propres des sociéconcernées. Les révolutionnaires doivent appuyer toutes ces poussées prolétariennes. Cet appui ne doit pas étre subordonné à de prétendues priorités globales (priorité de la défense du «camp socialiste», priorité à la lutte anti-impérialiste, du prolétariat des pays impérialistes).
développement Internationale est directement lié à la poussée de l'activité anticapitaliste des masses et aux progrès de la conscience de classe politique du prolétariat mondial. Cela explique par ailleurs les causes objectives de sa lente croissance. Elles se réduisent pour l'essentiel à l'affaiblissement du niveau de conscience moyen du prolétariat mondial, comme effet cumulatif de la longue série de défaites de la révolution mondiale pendant la période 1923-1943, causée par la social-démocratie et le stalinisme. Ces effets furent renforcés par leur politique de trahison
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pendant la nouvelle montée ouvrière qui fit suite à la Seconde Guerre mondiale.
Depuis 1968, les conditions objectives et subjectives de construction de la IVe Internationale se sont modifiées. Tout d'abord, le poids du prolétariat et de ses méthodes de lutte devient de plus en plus prépondérant, et la poussée antibureaucratique devient une composante toujours plus présente dans les mobilisations ouvrières. Ensuite, au sein même de la classe ouvrière et de ses alliés se dégage, en fonction des progrès moyens de sa conscience de classe, par divers canaux, de façon inégale, une couche de travailleurs, de militants syndicaux et politiques, sur lesquels l'emprise idéologique et politique du stalinisme, du réformisme, du nationalisme populiste s'effrite.
Sur le plan politique, cela se traduit par des convergences ponctuelles entre des positions adoptées par ces militants — regroupés dans les organisations politiques ou parfois dans des organisations de masse — et celles de la IVe Internationale. Ces deux faits, reliés entre eux, constituent le cadre dans lequel se construit à l'étape actuelle la IVe Internationale.
34 D ANS la dernière décennie, des progrès importants ont été accomplis dans la construction de la IVe Internationale, même s'ils se sont tassés dans la période 1976-1979, tassement accentué par la scission de 1979.
La IVe Internationale a connu une expansion géographique importante. Plusieurs de ses sections ont acquis une dimension, implantation dans le mouvement ouvrier et un appareil suffisants pour assurer leur développement politique et commencer à forger de véritables équipes de direction nationales.
Tout progrès dans la construction de la IVe Internationale est étroitement lié aux développements de la lutte de classe et à sa capacité d'intervention mais aussi à des spécifiques, importants, de nature organisationnelle.
Il est nécessaire de construire des sections fermement délimitées et solidement structurées, disposant d'une presse régulière et d'un appareil stable. Seules de telles organisations peuvent exercer une attraction effective sur des couches de travailleurs avancés et d'autres organisations révolutionnaires, et garantir la viabilité de tout processus de regroupement.
La complexité de la lutte et des développements de la conscience de classe font que des partis révolutionnaires, et à plus forte raison une Internationale révolutionnaire, ne peuvent être monolithiques. Dès lors, ils doivent être capables d'assurer une discussion interne riche, d'accepter l'existence de différences et, en même temps, de réaliser l'unité dans l'action sur la ligne majori-
Ainsi, les sections doivent inclure, dès le début de leur construction, deux éléments indispensables. Premièrement, le droit pour les minorités de défendre leurs positions, jusqu'au droit de formation de tendances et de fractions, dans le cadre contraignant de la discipline dans l'action. Deuxièmement, un fonctionnement collectif doit exister à tous les niveaux dans l'organisation. Il constitue la garantie des droits des minorités, mais aussi le moyen le plus efficace pour combattre le fractionnalisme permanent, le cliquisme et autres résidus d'une longue existence de groupes de propagande. Il en découle que les directions doivent combattre tout fonctionnement les réduisant à un cartel de tendances pour être en tant que telles des directions de toute l'organisation.
La construction de l'Internationale ne peut être réduite à la somme de ses sections. La compréhension des traits fondamentaux de la politique internationale, l'organisation gnes internationales de solidarité avec les luttes les plus importantes, l'aide à la construction des sections nationales, la discussion et la confrontation avec de nouveaux courants révolutionnaires susceptibles de surgir sur le terrain national, tout cela requiert une Internationale qui ne fonctionne pas sur la base d'un simple échange d'informations mais comme une véritable organisation. Cela signifie en particulier, pour la prochaine période, compte tenu de l'étape concrète de développement de l' Internationale et de ses sections, le renforcement du centre de l'Internationale, l'implication croissante des directions de sections nationales dans ce centre et dans les activités internationales, l'établissement d'une presse régulière de l'Internationale dans les langues les plus utilisées, la mise en œuvre d'une politique de formation de cadres à l'échelle internationale, et un fonctionnement réellement collectif des organes internationaux.
35 A transformation des sections en partis disposant d'une implantation et d'une influence réelles au sein du prolétariat est liée essentiellement à deux facteurs. Le premier, la maturation de la conscience de classe politique de l'avant-garde ouvrière et de la classe ouvrière. Le second, leur capacité de donner une réponse concrète aux problèmes économiques, sociaux et politiques que rencontrent les travailleurs dans une situation de profonde crise économique et d'instabilité sociale et politique.
Il en découle l'impératif d'un etfort très grand pour enraciner nos sections dans les principaux secteurs industriels. Pour cela, les directions doivent mener, de façon systématique et centralisée, une politique d'embauche et assurer que la majorité des membres des sections se trouvent dans l'industrie. Cet effort doit placer au centre de l'attention des directions les besoins objectifs et les préoccupations des travailleurs avec les conséquences qui en découlent pour la transformation du fonctionnement des sections. Il doit permettre de resserrer les liens organiques avec l'avant-garde ouvrière et de faciliter les initiatives unitaires aussi bien dans les luttes qu'au plan syndical et politique. Il doit faciliter notre intervention en direction des partis et syndicats en rendant possible la combinaison effective entre actions unitaires, débats politiques et confrontations programmatiques.
L'enracinement prolétarien sections et leur aptitude sur l'ensemble des questions qui se posent aux travailleurs mettront de les gagner à notre combat. Ainsi, la force dégagée par cette de contestation staliniennes, populistes nationalistes, pourra s'exprimer pleinement.
L'enracinement dans les entreprises est d'autant plus important que luttes ouvrières iront en s'amplifiant, et que les tendances de gauche continueront à se développer dans les syndicats. La construction de nos sections progressera de maqualitativement différente que nous serons présents ou non au sein des entreprises et des syndicats où se dérouleront ces luttes, et selon que nous serons capables ou non de répercuter dans les partis réformistes cette poussée de radicalisation par des travailleurs et des syndicalistes.
36 L A jeunesse laborieuse (jeunes ouvriers, apprentis, jeunes en formation professionnelle, jeunes chômeurs, etc.) prend une part croissante aux mobilisations de la jeunesse. A la différence des années 1960, les étudiants ne forment plus la composante hégémonique des luttes de la jeunesse même s'ils sont susceptibles de s'engager dans des luttes d'ampleur.
Les jeunes travailleurs ont participé à des luttes sur des thèmes fort différents: antiracisme, emploi, anti-impérialisme, antimilitarisme, revendications ment), etc. Cette sensibilisation à diverses questions, et plus généralement aux aspects les plus criants de l'exploitation impérialiste et capitaliste et de l'oppression bureaucratique, favorise à son tour l'élévation de la conscience de l'ensemble de la classe ouvrière sur des questions sociales et politiques.
L'emprise des appareils couches est moins forte. Les possibilités que des fractions de la jeunesse ouvrière, dans un contexte de montée ouvrière, rejoignent directement une orgrandes. Cela reflète les différentes voies de la formation et de la radicalisation de la conscience de classe, qui recoupent en
partie la succession des générations.
Les exemples historiques le confirment.
Tout indique done l'urgence, pour la construction du parti, de la création et du renforcement d'organisations révolutionnaires de la jeunesse (ORJ), politiquement solidaires et organisationnellement indépendantes des sections. Elles représentent l'instrument le plus adéquat pour recruter de jeunes travailleuses et travailleurs, pour former et éduquer les futurs cadres d'un parti ouvrier.
Elles sont un instrument privilégié d'intervention et de défense des idées marxistes révolutionnaires au sein de la
Elles permettent d'élargir la participation des marxistes révolutionnaires aux luttes contre l'oppression des femmes, parce que se combinent étroitesurtout chez les femmes plus jeunes, la rébellion contre l'exploitation et contre l'oppression. Ainsi, à terme, organisations de literont la modification de la composides sections, augmentant le nombre de jeunes travailleuses et en les préparant à des tâches de direction.
organisations de jeunesse peuvent collaborer de même avec les sections au travail syndical, terrain de choix pour forger des militants ouvriers révolutionnaires.
Afin de s'adresser à de larges couches de jeunes, les ORJ se doivent de concentrer leurs énergies sur des campagnes nationales de masse et des initiatives relayées par une presse nationale vivante. Elles répondent ainsi à la volonté d'action propre à la jeunesse radica-
La construction des organisations de jeunesse, articulée avec l'effort d'implantation dans les secteurs clés de l'industrie, représente une pièce importante de la formation de directions révolutionnaires disposant d'une expérience de conduite des luttes, d'un sens tactique, d'une sensibilité aux besoins des masses laborieuses et à la forme sous laquelle ils s'expriment, assortis d'une assimilation du programme marxiste révolution-
37 L ES différenciations et les luttes de tendances au sein des partis réformistes de masse et des syndicats reproduisent à leur façon l'exacerbation de la lutte des classes. Elles flètent aussi, malgré de multiples déformations, la radicalisation de couches significatives du prolétariat frappées par l'inconsistance des propositions pratiques des appareils bureaucratiques.
Dégager la racine objective de ces différenciations, qui restent partielles et limitées, doit permettre de saisir conjointement la dynamique qu'elles peuvent enclencher et la fonction politique que remplissent des fractions plus radicales des appareils lorsqu'elles captent une poussée à gauche d'un secteur des masses et en assument la conduite. Les directions de tels courants ne peuvent être identifiées avec l'embryon d'une nouvelle direction de lutte de classe. Fondamentalement, obstacles sur la voie de sa construction. révolutionnaires à adopter une attitude sectaire, dénonciatrice, face à l'émergence de telles oppositions. En effet, l'essentiel est de comprendre que leur naissance favorise ou peut-favoriser des mobilisations, des initiatives au plan syndical et des débats politiques d'ensemble, facteurs de progrès de la conscience des
Les sections soutiendront et impulseront le mouvement des travailleurs à la recherche d'une solution politique alternative, précisément parce qu'elles ne confondent pas ce phénomène social et politique avec les projets et la stratégie des dirigeants reconnus (Benn dans le Parti travailliste, secteurs «gauches» du PSUC, de la FLM en Italie, du PS et de la FGTB en Belgique...).
Cette distinetion, dans la phase actuelle, est politiquement et pratiquement importante pour trois raisons. D'abord, la situation produite par les conflits de classes, des qu'un mouvement de luttes s'engage de facon décidée - même sur des exigences limitées - , met à l'ordre du jour des questions de stratégie anticapitaliste. Alors peut éclater aux yeux de nombreux travailleurs la contradiction entre l'appui donné par ces dirigeants à des revendications économiques immédiates et leur refus d'organiser et de centraliser la lutte, de développer son auto-organisation démocratique, de lui donner une issue politique. Ensuite, au sein même de ces courants de gauche, comme traduction de la modification des rapports entre les appareils bureaucratiques et une couche de travailleurs avancés, se trouvent des militants prêts à tirer des conclusions sur le plan stratégique et programmatique des nécessités pratiques de la lutte contre l'austérité. Enfin, parce que la force, même limitée, de nos organisations et l'audience de nos propositions concrètes rendent possible la bataille pour la direction politique de secteurs significatifs de telles oppositions. Leur peuvent évoluer à gauche des positions des directions de ces courants. politiques et syndicales, comme le fait que les oppositions peuvent puiser leurs forces dans les rangs de la classe ouvriè. re, impliquent que les positions acquises par les sections dans l'organisation de courants d'opposition syndicale, ainsi que leurs initiatives et comportements conditionnent largement les possibilités d'influencer de façon pratique l'évolution politique de ces courants de gauche. Sans cet enracinement syndical, le risque est grand pour elles de se transformer en «conseillers» propagandistes des oppositions avec les dangers sectaires ou adaptationnistes propres à ce genre d'activité. La construction d'une tendance de lutte de classe s'interpénètre de plus en plus avec les le processus de différenciation et de maturation politique dans les partis réformistes et se réalisera done autant au sein des syndicats qu'au sein des partis réformistes, fût-ce de manière non nécessairement simultanée.
Les sections doivent done allier la capacité d'intervenir en direction de ces courants, d'en stimuler le développement à partir de propositions concrètes d'actions unitaires, avec le refus de s'y fondre politiquement, de s'y adapter. Elles doivent riposter aux confusions introduites par les ailes bureaucratiques qui les dirigent, proposer des initiatives adéquates et, sur cette base, débattre des questions stratégiques et de la nécessité
Les sections saisiront les occasions multiples d'ouvrir un dialogue avec les membres ou même des cadres des PS et des PC, de développer une unité d'action plus ou moins permanente avec des secteurs de ces partis ou de leur jeunesse. Dialogue et unité d'action restent dépendants de la capacité d'initiative politique des sections, du rôle rempli par leurs militants ouvriers dans les entreprises et les syndi-
Les débats programmatiques et stratégiques en cours dans des secteurs des partis réformistes recoupent ceux qui sont à l'origine de la crise politique et parfois organisationnelle des organisations centristes. Dès lors, toute offensive en leur direction, toutes initiatives communes, doivent s'inscrire dans une approche de front unique. Des regroupements et fusions avec des organisations centristes, qui par rapport à nos forces possédent encore une importance effective, supposent une profonde clarification sur les questions clés de la stratégie, sur le centralisme démocratique et une bataille effective sur la nécessité de construire la IVe Internationale.
Si la clarté est faite sur les taches stratégiques de la période, la fusion ou le regroupement avec des forces centristes peut alors devenir un catalyseur des différenciations dans les partis réformis-
Un travail prolongé de fraction au sein des organisations réformistes, dans la perspective fondamentale de la construction de l'organisation marxiste révolutionnaire, peut acquérir une actualité, selon les développements politiques en leur sein. Il nécessite cependant, pour avoir une chance d'être couronné de
June préparation politique très solide des cadres, une direction minu-
Get une force organisationnelle initiale suffisante.
38 L E cours contre-révolutionnaire des bureaucraties de l'URSS et de la Chine, l'extrême acuité de la crise socio-économique dans les pays semi-coloniaux, l'explosion polonaise
et les failles dans le système de domination bureaucratique, les developpements majeurs de la révolution mondiale font surgir des forces politiques qui, avec leurs traits propres, rompent pratiquement avec le réformisme, le stalinisme et le nationalisme populiste. Elles convergent avec le marxisme révolutionnaire divers points, sans pour rejoindre ses positions d'ensemble.
La politique de la IVe Internationale en direction de ces courants constitue une dimension de sa construction et un test de sa capacité à se lier au processus effectif de formation des avant-
La défense de l'Internationale et de son programme est la condition nécessaire pour que les progrès politiques effectués par ces avant-gardes ne soient pas bloqués ou annulés. Sans ce combat politique, des militants et des courants qui se rapprochent de nos positions peuvent, en effet, soit rejoindre un courant sectaire se réclamant du trotskysme -qui substitue la proclamation programmatique aux liens avec les processus révolutionnaires réels —, soit s'arrêter à mi-chemin sur des positions centristes cristallisées, soit régresser vers des positions faisant de larges concessions aux conceptions staliniennes.
La Le développement de la révolution en Amérique centrale ouvre une brèche dans l'isolement de la révolution cubaine en Amérique latine et inaugure un nouveau chapitre de l'expérience de la lutte de classes sur ce continent.
L'expérience du FSLN et du PMLN présente un intérêt particulier pour tous les révolutionnaires sur divers points: - l'articulation entre organisation politique, travail de masse (notamment syndical) et les formes différentes de lutte - le rôle et la place des structures d'auto-organisation comme les CDC ou les comités populaires dans la préparation et le lancement de l'insurrection; - le rapport étroit, pour le FMLN, entre une position programmatique se revendiquant de la révolution socialiste et le refus des organisations révolutionnaires d'avaliser les tentatives de réformes d'octobre 1979 auxquelles le MNR social-démocrate et le PC ont collaboré; - l'hégémonie assurée sur le plan politique, syndical et militaire, par les organisations révolutionnaires dans le cadre d'un front comme le FMLN-FDR.
Ces apports comme l'organisation du combat de classe traduisent une maturation de l'avant-garde consciente en direction du marxisme révolutionnaire. Savoir le reconnaître et engager un dialogue avec ces forces est, temps que la solidarité inconditionnelle avec leur combat, une condition pour la construction de la IVe Internationale.
Les organisations comme le FSLN et le FMLN sont le fruit d'une expérience originale, à certains égards plus riche et plus avancée que celle de la révolution cubaine, accumulée au long de vingt années de luttes opiniâtres. de l'expérience cubaine, elles ont intégré des références puisant aux sources des révolutions vietnamienne et chinoise. Si elles sont principalement influencées par la direction castriste, elles ont donc leur propre histoire et leur propre personnalité politique.
Ces organisations regroupent en leur sein l'essentiel des cadres et des militants formés à l'épreuve de la révoluseront inévitablement confrontées à des problèmes tels que l'attitude envers la bourgeoisie et envers la lutte pour l'indépendance politique du prolétariat, la nature et le rôle de la bul'attitude envers le combat prolétariat dans les pays impérialistes, questions clés de la société de transition... Leur avenir sera fonction de multiples et puissants facteurs nationaux et internationaux, mais il ne s'agit pas de tracer une limite a priori à leur développement et à leur évolution.
Des lors, en Amerique centrale, les marxistes révolutionnaires doivent être partie prenante du combat de ces truction d'un parti d'avant-garde au sein leurs positions. Ainsi, ils pourront intervenir dans les développements et la trajectoire de ces courants.
Mb L'extension de la révolution en Amérique centrale, l'acuité des affrontements avec l'impérialisme, comme l'apport de l'expérience vive de ces organisations, pourraient déterminer en retour une relance internationaliste et des réalignements au sein de la direction cas-
En jouant un rôle de premier plan dans le soutien à la révolution en Amérique centrale, la direction castriste renforce son prestige et son autorité de combattant anti-impérialiste et accroit sa force d'attraction envers les avant-gardes révolutionnaires pays, notamment en Amérique latine. Les marxistes révolutionnaires soutiennent cet engagement. Ils apprennent de ces expériences. Mais cela n'implique aucun alignement sur les positions diplomatiques conjoncturelles de l'Etat cubain, ni aucun silence face aux positions de la direction cubaine qu'ils considèrent erronées, opposées rêts des masses.
Best impossible de construire Afrique sans appuyer l'intervention militaire cubaine contre l'Afrique du Sud
Angola, mais aussi sans critiquer l'orientation castriste envers les directions et les régimes du MPLA ou du Derg éthiopien. Il est impossible d'être réellement révolutionnaire dans nombre de pays latino-américains, sans combattre la politique cubaine de soutien à des partis bourgeois tels que le PRI au Mexique. Plus clairement encore, il est impossible de construire quelque force révolutionnaire que ce soit en Europe de l'Est et de se lier aux courants d'avant-garde qui s'y dégagent, sans combattre la politique cubaine de soutien à l'intervention soviétique en Tchécoslovaquie et son attitude ments de Pologne.
La direction cubaine est révolutionnaire dans la mesure où elle a dirigé le processus révolutionnaire à Cuba et soutient l'extension de la révolution dans certains pays comme aujourd'hui en Amérique centrale. Mais, elle n'est marxiste révolutionnaire dans la mesure où, du point de vue de la révoson ensemble, elle oscille entre le soutien à l'extend'une part et, l'alignement sur certains grands axes de la politique internationale de l'URSS, ce qui l'amèdes positions l'encontre des intérêts fondamentaux de la classe ouvrière, comme le démontre l'attitude prise aux grandes luttes des travailleurs polonais, ou à certains développements politiques dans des pays impérialistes et semi-
Sur divers terrains, l'unité d'action et la collaboration avec un tel courant est nécessaire. Simultanément, le combat politique pour défendre les intérêts de l'ensemble de la classe vrière, et les positions marxistes révolutionnaires, est la seule voie susceptible d'assurer le renforcement de la IVe Internationale vers une internationale révolutionnaire de masse.
© Par rapport à une révolution en cours comme en Iran, la IVe Internationale fait la distinction entre la dynamique des forces de classes et l'idéologie à laquelle peuvent se référer les masses. Ensuite, elle comprend les effets de la crise du nationalisme traditionnel et du stalinisme, au moment où aucun pôle marxiste révolutionnaire n'existe, et saisit donc le progrès inégal du processus de formation d'une conscience prolétarienne indépendante dans l'avant-garde. Sur cette base, elle peut entrer en dialogue avec des ailes qui se clarifient politiquement dans les courants centristes et anti-impérialistes radicaux, avec l'avant-garde des shoras ou les fractions les plus radicalisées des mouvements des nationalités opprimées.
C'est en Pologne que sont réunies les conditions les plus favorables à une renaissance sur une échelle relativement large d'un courant marxiste révolutionnaire dans les « démocraties populaires» et en URSS.
La formation d'un courant socialiste révolutionnaire impliquera nécessairement une bataille pour la défense du marxisme et de positions clairement anti-impérialistes combinée avec l'activité la plus décidée pour consolider
Solidarnosc, assurer son fonctionnement démocratique et clarifier les objectifs stratégiques de la lutte engagée par les travailleurs polonais.
Dans le cours des combats et dans le gigantesque effort d'organisation de Solidarnosc, surgissent des dirigeants, des noyaux d'avant-garde — y compris des membres du POUP se revendiquant du marxisme - qui apprennent beaucoup et vite à la lumière de la pratique.
La place des militants marxistes révolutionnaires est à leurs côtés dans la construction en commun des organisations de masse et de tous les instruments unitaires de lutte contre la bureaucratie. Simultanément, la IVe Internationale et du programme de la révolution politique ainsi que l'organisation sur cette base de militants, sont les éléments indispensables pour préparer les nouveaux développements et les épreuves de forces inévitables.
En Chine, l'émergence démocratique représente lui l'un des développements politiques les plus importants de ces dernières années dans les Etats ouvriers bureaucratisés. Nourri par l'expérience des Gardes rouges durant la Révolution culturelle et par des mobilisations chroniques de secteurs sociaux populaires, trempé par l'épreuve de la répression toujours menaçante et parfois sévère, le Mouvement démocratique s'est imposé dans la vie politique chinoise. Il reste très diversifié dans ses actions comme dans ses références idéologiques. Mais Taile proprement marxiste de ce mouvement joue souvent un rôle moteur dans ses initiatives et dans l'approfondissement du débat politique engagé en son sein. Se lier à cette aile et participer à ses débats programmatiques sont les conditions de la renaissance d'un courant marxiste révolutionnaire authentique en Chine.
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L'INTERNATIONALE et ses sec-
tions doivent engager leurs forces dans trois campagnes politiques centrales prioritaires. L'une pour le soutien à la montée révolutionnaire en Amérique centrale; l'autre pour l'appui maximum au formidable combat antibureaucratique des travailleurs polonais; la troisième contre l'offensive internationale d'austérité et de remilitarisation du capital.
La Depuis l'intervention contrerévolutionnaire au Vietnam, l'impérialisme a lancé sa plus importante contre-attaque en Amérique centrale et dans la Caraibe. Il aide directement diverses dictatures et régimes réactionnaires. Il vise à empêcher l'instauration et la consolidation d'un Etat ouvrier au Nicaragua et à Grenade, à briser l'extension de la révolution dans la région, en premier lieu au Salvador.
La défense de la révolution nicaraguayenne, grenadienne et salvadorienne, le soutien aux organisations combattantes du Guatemala et du Honduras, la déde l'Etat ouvrier cubain, sont des tâches centrales de l'Internationale et de ses sections.
Ces campagnes doivent renforcer l'action et la conscience anti-impérialistes parmi les travailleurs des pays impérialistes.
Elles sont aussi l'occasion d'apprendre des expériences de ces révoluimpérialistes et bourgeoises.
Mb Les bureaucraties soviétique et polonaise ne relâcheront pas un instant leurs efforts pour empecher les vailleurs de concrétiser la formule du Manifeste communiste: «L'émancipades travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes. »
Les PC espèrent que l'ordre bureaucratique sera sauvé.
L'impérialisme se prononce pour la «stabilité» en Pologne, tout en se préparant à utiliser une intervention soviétique pour justifier ses opérations contre-révolutionnaires internationales.
La social-démocratie adopte fondamentalement la même position, en comprenant que l'action des masses laborieuses polonaises dénonce dans les d'élargir encore plus le mouvement de solidarité internationale avec Solidarnosc, avec ses revendications et avec les initiatives prises par les travailleurs. Seuls les marxistes révolutionnaires peuvent appuyer jusqu'au bout les combats des masses pour le renversement de la dictature bureaucratique et l'instauration du pouvoir des conseils.
Ses sections, avant tout celles d'Europe occidentale, doivent entreprendre des efforts systématiques pour créer et étendre des liens entre Solidarnosc et le mouvement ouvrier organisé de leur propre pays, afin de surmonter l'isolement international de la classe ouvrière polonaise.
Concrètement, notre but devrait être:
de soutenir matériellement Solidarnose afin de favoriser sa consolidation organisationnelle;
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- d'indiquer à la bureaucratie soviétique qu'il y aurait une réaction massive de la part de la classe ouvrière face à une intervention militaire;
d'exiger des gouvernements impérialistes qu'ils acceptent un moratoire du service de la dette polonaise, annulent celle-ci et prennent diverses autres mesures (aide alimentaire, etc.) pour alléger la crise économique en Pologne;
de montrer aux dirigeants et cadres de Solidarnosc la nécessité de rechercher systématiquement l'appui de la classe ouvrière d'Europe orientale, d'Europe occidentale et d'URSS.
La IVe Internationale pourra ainsi tisser de nombreux liens avec lavant-garde ouvrière en Pologne et stimuler le regroupement de forces défendant la né. cessité de la révolution politique dans le cadre de l'avance de la révolution mon-
Elle défendra, propagera et enrichira sa conception de la révolution po-
Get de la démocratie socialiste, largement validée par la montée masses contre la bureaucratie du POUP
L'offensive d'austérité générale du capital contre les travailleurs, qui est universelle depuis plusieurs années, se combine maintenant avec une offensive de remilitarisation qui rend les réductions des salaires réels et les coupes sombres dans les dépenses de sécurité sociale, d'enseignement, de santé pu blique, particulièrement odieuses aux yeux de larges masses.
La IVe Internationale s'efforce de combiner la lutte contre les mesures d'austérité avec la campagne contre les mesures de remilitarisation. Particulierement en Europe capitaliste, le lien est évident entre la lutte contre le chômage, pour les 35 heures, contre toutes les réductions de dépenses sociales, et la lutte le stationnement des missiles Cruise et Pershing, neutrons, contre l'OTAN, pour le désarmement nucléaire unilatéral, pour les réductions massives des dépenses mi-
Comité exécutif international (CEI) de la IVe INTERNATIONALE 12 mai 1981.
Place de la Révolution à La Havane. (DR).
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