"L'autogestion commencera à fonctionner expert de Solidarité à l'usine FSO de Varsovie
POLOGNE
EVANT l'ampleur de la crise économique et l'incapacité flagrante de la bureaucratie d'assurer ne serait-ce qu'un approvisionnement minimal, l'idée que seuls les travailleurs - organisés dans les conseils et les comités d'autogestion - peuvent sortir le pays de la crise, s'est ancrée dans la conscience ouvrière.
Dans Solidarité comme en marge du syndicat, plusieurs initiatives ont été prises pour développer les conseils ouvriers et les doter d'un programme. A leur suite, la Commission nationale de coordination (KKP) de Solidarité, d'abord le 26 juillet puis le 12 août dernier, a décidé de soutenir le mouvement d'autogestion, faisant des droits des conseils ouvriers et de leur structure l'axe de sa bataille face à la bureaucratie. La motion qui exige que la Diète (Parlement) organise un référendum sur les projets de lois concernant l'autogestion et annon-
INPRECOR : — De quelle manière les décisions économiques étaient-elles prises jusqu'ici en Pologne, avant la crise actuel-
Henryk SZLAJFER : - Jusqu'ici, l'autonomie de l'entreprise - dans les faits celle du directeur de l'entreprise - était tout ce qu'il y a de plus limitée puisqu'il dépendait des directives des Associations industrielles (1) et de la Commission centrale du Plan, sans parler de celles des ministères — et parfois du Premier ministre ou d'autres dirigeants de premier plan. Il s'agissait donc d'une structure totalement hiérarchique.
Il n'existait pratiquement aucun espace pour que les travailleurs ou les entreprises prennent des initiatives de quelque importance. Bien sûr, je simplifie un peu en disant cela. Il était en effet possible de constituer des groupes de pression. L'industrie d'équipement, par exemple, pouvait créer un groupe de pression en vue d'obtenir de nouveaux investissements ou des devises étrangères afin d'importer des technologies de pointe, etc. Mais ce système reposait sur un mode de coopération extrêmement rigide. Certaines entreprises se voyaient forcées de participer à de préconsidération quant à l'utilité ou à la rentabilité d'une telle coopération.
Par ailleurs, le caractère totalement centralisé de la gestion (et non de la planification : les deux termes — gestion et planification - devraient être clairement distingués l'un de l'autre) était à l'origine d'une anarchie incroyable dans la planification. Une indication à ce propos, c'est que durant la seconde moitié des années
1970 il était possible de consacrer des sommes de plus de 50 milliards de zlotys à des investissements spécifiques, sur la seule initiative du Premier ministre Jaroszewicz... Ces fonds d'investissements paravec de nouvelles lois..."
Un entretien avec Henryk Szlajter, de ce processus. tives. ticuliers signifiaient tout simplement la mort de l'économie planifiée.
Cela ressort très clairement lorsque compare les objectifs déterminés pour la production et la manière dont ils ont été remplis durant cette période. Il n'existe absolument aucune relation entre les buts fixés et les résultats obtenus dans quelque secteur de la production que ce soit. La preuve a été faite que le Plan n'é. tait qu'un simple bout de papier.
Cela implique que, dans les conditions actuelles, avec le niveau technologi. que atteint en Pologne où l'économie ne se réduit pas simplement à deux sphères (2), mais où il existe un réseau de relations très compliquées entre les divers secteurs économiques, la rigidité du système de gestion est la raison essentielle de la liquidation de la planification.
Ce type de gestion est très dangereux pour l'économie dans son ensemble, car le jeu des intérêts particuliers des divers groupes de dirigeants et d'apparatchiks (3) du parti qui contrôlent le système, entraîne une désintégration totale de l'économie. On pourrait donner beaucoup
1. Associations industrielles (Zjednoczenia przemyslowe), elles constituent, dans la structure hiérarchique de gestion de l'économie, un degré intermédiaire entre les usines et les ministéres de branches, doté de budgets et de prérogatives de contrôle. Elles ont été, après l'introduction puis le freinage de la réforme économique au début des années 1970, le creuset pour la formation des groupes de pression au sein de la bureaucratie (cf. « Gierek face à l'autogestes" ». dossier réalisé par Julian Nat, Inprecor numéro 22, première série, du 27 mars 1975).
2. La notion des deux sphères de l'économie renvoie évidemment à un modéle simple, consommation et un autre secteur produisant
3. Apparatchik, ce mot russe s'applique aux bureaucrates du parti ou de l'Etat.
çant que Solidarité est prêt d'organiser lui-même un tel référendum en cas de refus de la Diète - votée lors de la première session du Congrès national de Solidarité — est l'aboutissement
Nous avons interrogé, fin juillet, Henryk Szlajfer, expert de
Solidarité de l'entreprise FSO de Varsovie (qui produit les automobiles Fiat-Polski et emploie plus de 20 000 ouvriers), membre actif du « Groupe de travail pour une initiative interrégionale de coopération des conseils ouvriers », appelé aussi
« Groupe de Lublin » (cf. « Programme d'action immédiate pour les conseils ouvriers » élaboré par le « Groupe de Lublin », Inprecor numéro 108, du 14 septembre 1981), sur la création du mouvement pour l'autogestion et sur ses perspecd'exemples des aberrations commises à partir de là, comme l'achat d'une licence
Ferguson par l'usine de tracteurs URSUS sous prétexte d'agrandir l'entreprise (4).
- Que signifie l'autogestion, et quelles seraient ses tâches ?
- D'abord, pour ne créer aucune illusion, je voudrais préciser que — pour l'instant - nous sommes dans une situation où les comités d'autogestion, dans la majorité des cas, ne sont pas en mesure de prendre réellement en charge la gestion de l'entreprise ; nous n'en sommes qu'au début.
La plupart du temps, les comités auxquels nous avons affaire sont des comités de fondation pour l'autogestion, surtout dans les grandes entreprises où il est difficile et où cela prend du temps d'élire des comités d'autogestion. Dans un bureau, un magasin ou dans une petite usine de 100 ou 200 travailleurs, il n'est pas compliqué d'élire un comité, mais dans les grandes entreprises de 10 000 à 20 000 ouvriers, c'est un processus beaucoup plus
4. A la fin des années 1970, 50 milliards de zlotys furent dépensés pour agrandir l'usine d'URSUS en vue de faire démarrer la production de tracteurs sous licence Ferguson au lieu des tracteurs URSUS construits jusque là. Selon la Gazeta Krakowska, numéro 138 du 14 juillet
1981, le nouveau secteur de l'usine n'a pas encore produit un seul tracteur et n'en produira sans doute jamais aucun, vu le manque de certaines pièces détachées et le manque de devises étrangères. Ce qui est encore pire, c'est que si le nouveau tracteur Ferguson devait jamais être produit, il coûterait le double d'un tracteur
URSUS tout en étant d'une possibilité d'utilisation moindre sur les terres polonaises. Et pire encore, la production des tracteurs URSUS a été presque stoppée à cause du projet Ferguson, ce qui fait qu'il faudra 20 milliards de zlotys pour revenir au niveau de production de 1978.
Entre-temps, les paysans polonais ont commandé 470 000 tracteurs. Ils risquent d'avoir à attendre jusqu'à 10 ans pour les obtenir...
complexe. C'est donc là un premier obstacle et nous ne devrions pas nous attendre à un miracle économique découlant de l'autogestion.
En fait, nous ne souhaitons pas que les travailleurs aillent trop vite, car si la discussion sur l'autogestion et l'entrée en action ne sont pas correctement préparées, cela peut provoquer l'effondrement de toute l'entreprise, et le mouvement pour l'autogestion dans son ensemble s'en trouverait discrédité. Il existe néanmoins des entreprises où des comités pour l'autogestion ont déjà été élus et où les ouvriers - qui connaissent très bien l'entreprise - sont capables de démarrer un processus d'autogestion. Mais il s'agit encore d'exceptions.
Un deuxième obstacle a trait à la législation. Nous devons mener une bataille pour que cette dernière repose sur trois points:
1.- Une loi spécifiant les droits de chaque entreprise prise individuellement ;
2.- Une loi sur l'autogestion ; 3.- Une loi sur la réforme économique.
En ce moment, le gouvernement tente d'accélérer le processus pour l'adoption de nouvelles lois au Parlement. Des lois qu'ils ont eux-mêmes élaborées sur ces questions.
A partir de là, les ouvriers seront bien obligés de sortir du cadre de leur usine ou de leur entreprise - du point de vue des initiatives qu'ils prennent - et de centrer leur lutte sur l'obtention d'une législation correcte. Cela signifie que l'autogestion ne pourra commencer à fonctionner réellement avant que de nouvelles lois
Un troisième obstacle réside dans la nécessité - avec les délais que cela implique - d'établir ce que nous appelons des « rapports sur les entreprises ». A savoir que chaque comité pour l'autogestion prépare un rapport sur les problèmes qui se posent dans son entreprise. Que ce soit en obtenant les informations nécessaires par ses propres enquêtes ou en demandant à la direction de l'entreprise de lui fournir les éléments d'information dont il
Ces rapports doivent contenir des informations sur l'emploi, la technologie, l'inventaire des ressources et sur les problèmes que rencontre l'entreprise en général. Sans l'existence de tels documents et d'informations statistiques, il est impossible d'agir, de fixer de quelconques objectifs ou de faire aucun plan pour la pro-
— A partir des obstacles que tu décris, il semble que le but de l'autogestion pour les travailleurs soit - indirectement - de pouvoir prendre des décisions sur tout ce qui touche à la planification et à la production.
- Notre définition de l'autogestion est la suivante : toutes les discussions et toutes les décisions tactiques et stratégiques concernant l'entreprise devraient être le fait des organes d'autogestion de l'entreprise elle-même, c'est-à-dire des comités d'autogestion. Ce qui n'implique pas la liquidation du système et du concept de planification centrale. Ce qui doit changer, c'est :
1.- La méthode de gestion ; 2.- La méthode employée pour élaborer le Plan central. Disons qu'en matiére de planification centrale, il faudra instaurer des règles et des règlements définissant l'attitude des organes d'autogesmanière dont les prix des produits doicrédits devra être déterminée au niveau central de manière à encourager certaines initiatives des entreprises et à pénaliser d'autres types d'activité, d'après les lignes directrices et les objectifs fixés par le Plan central.
Mais l'autogestion ne limite pas la possibilité pour l'Etat de fonder de nouvelles entreprises. Et il faudra, bien sûr, que ce dernier ait une politique d'investissements propre.
En conséquence, le but final du mouvement pour l'autogestion est de socialiser la planification, la gestion et l'élaboration du Plan en instituant une Chambre spécifique du Parlement. On pourrait l'appeler la « Chambre socio-économique » ou la « Chambre de l'autogestion ».
Dans tous les cas, cette Chambre doit être une représentation directe des comités d'autogestion des entreprises et des autres institutions, et elle doit avoir son mot à dire, si ce n'est le pouvoir de décision, en ce qui concerne les problèmes économiques et sociaux du pays.
Réunion d'atelier dans une usine de Cracovie. (DR)
- Quand et comment le mouvement a-t-il commencé, et comment s'est-il . développé ? Y a-t-il des régions où il est particulièrement fort ?
- La discussion a commencé dès le mois d'août 1980, mais les positions sur la question de l'autogestion ont beaucoup évolué depuis lors. En fait, en novembre, c'étaient le gouvernement et le parti qui voulaient impulser l'autogestion (bien sûr, dans des formes limitées) comme proposition alternative à la reconnaissance de Solidarité en tant que syndicat couvrant l'ensemble du pays. A ce moment-là, il était impossible — et il aurait été faux de lancer le mouvement pour l'autoges-
Si je ne me trompe pas, c'est la fonderie Huta Katowice qui a été la première grande entreprise à impulser le débat et à s'engager sur la voie de l'autogestion. Mais, durant des semaines et même des mois, ils étaient les seuls dans ce cas.
Ici à Varsovie, je pense que c'est à FSO que la discussion a démarré. Jusqu'en février 1981, la plupart des diriétaient opposés à l'idée de l'autogestion. La situation n'a commencé à changer que fin février - début mars. A ce moment-là, il a commencé à y avoir beaucoup de discussions sur le problème de l'autogestion ici à Varsovie, ainsi qu'à Lublin et à Gdansk. Mais tout cela s'est arrêté avec les événements de Bydgoszez (5).
5. Plusieurs syndicalistes et sympathisants de Solidarité furent brutalement matraqués à Bydgoszcz le 19 mars 1981, au moment où la police attaqua une réunion dans cette ville. Solidarité commença alors la préparation d'une grève générale, annulée au dernier moment.
Au niveau de la Commission nationale de coordination de Solidarité — la KKP—, les positions adoptées n'étaient toujours pas favorables à l'autogestion. Une majorité de membres de la KKP y restaient hostiles ou, pour le moins, ne soutenaient pas clairement cette perspective. En tant que mouvement social, l'autogestion n'a commence à démarrer pratiquement qu'en avril et il se poursuit jusqu'à ce jour.
- Peux-tu me dire quelque chose à propos de la Conférence nationale sur l'autogestion ? Quels sont les buts de mencera fin août ou bien... qu'elle com- cette Conférence ? Est-ce
- Il est impossible de dire à coup sûr quand et où cette Conférence aura lieu. En ce moment, il existe également une d'appeler tous les comités pour l'autogestion du pays à une réunion à Varsovie début août. Cette réunion aura un but limité : ce sera une sorte de démonstration de force pour faire pression sur le gouvernement, de manière à obliger ce dernier à modifier substantiellement les projets de lois qu'il entend présenter au Parlement, en fonction des exigences mêmes des comités pour l'autogestion.
Un véritable Congrès prendre des décisions sur une politique d'ensemble reste du domaine du futur pas avant un ou deux mois.. Il faut pouvoir s'appuyer sur des centres régionaux forts avant de penser à organiser un Congrès national.
C'est une idée qui a été mise en avant pour la première fois par le groupe qu'on
«Groupe de Lublin » qui s'est constitué à Lublin le 13 juillet et qui est composé par des représentants de plus de 50 grandes entreprises de tout le pays.
- Qu'en est-il du Réseau ? — Il s'agit-là d'une autre initiative. Le Réseau des grandes entreprises a été créé fin mars dernier et il est composé de 16 à 17 grandes entreprises. Il a été impulsé par les commissions d'usine de Solidarité des entreprises concernées. Les objectifs de ce groupe concernent plus le champ d'activité de la politique syndicale, bien qu'ils discutent également de la question de l'autogestion.
Le « Groupe de travail », pour sa part, est composé de représentants des comités d'autogestion et, en tant que tel, se concentre exclusivement sur le problème de l'autogestion. Bien entendu, il y a de nombreux membres et même de dirigeants de Solidarité dans le « Groupe de Lublin », étant donné que 80 à 90 % de l'ensemble des travailleurs soutiennent Solidarité. Mais le « Groupe de travail » n'exclut pas les gens qui ne sont pas membres de Solidarité, étant donné que les comités d'autogestion sont des instances représentatives de tous les travailleurs de l'entreprise, indépendamment de leur appartenance ou non au parti, au syndicat, etc.
En ce moment, nous tentons d'unifier les actions du Réseau et du « Groupe de Lublin » sur l'autogestion.
- Quelles seraient les relations entre les comités d'autogestion et les syndicats, et en particulier Solidarité ?
— Il n'y a pas eu de tentative sérieuse dans le Réseau pour clarifier ce que devrait être le type de décisions prises par les syndicats et celles qui devraient être du ressort des comités d'autogestion. Beaucoup de décisions concernant les salaires, les allocations sociales, etc., devraient bien sûr être prises en commun par les syndicats et les comités d'auto-
En général, comme nous le disons, le comité représente le « patron », alors que le syndicat représente le « salarié ».
Le système qu'on aura ici en Pologne sera beaucoup plus compliqué et beaucoup plus intéressant qu'en Yougoslavie, par exemple, où les syndicats sont très faibles dans les entreprises et dans le pays dans son ensemble.
- Quelle est la proposition du gouvernement en ce qui concerne la Loi sur l'autogestion et quelle est ta position à ce
- Je préfère te dire tout simplement ce que les travailleurs exigent. En premier lieu, il y a trois lois qui ne peuvent être dissociées : la Loi sur les entreprises, la Loi sur l'autogestion et la Loi sur la réforme économique. Les revendications des travailleurs à ce sujet dont les suivantes :
1.- Les structures d'autogestion doivent avoir le droit de gérer — et non pas de cogérer ou de participer à la gestion uniquement —, ce qui ne signifie pas un système de codécision, de Mitbestimmung comme ils disent en Allemagne fédérale, mais un droit à gérer. C'est pour cette raison que le gouvernement nous traite d'« anarcho-syndicalistes ».
- Stanislaw Kania a également dit son discours d'ouverture au IXe Congrès du parti que vous encouragez la « propriété de groupe » au lieu de la propriété sociale des moyens de production...
— Oui, mais Stanislaw Kania a oublié de dire que la loi avait clairement établi en 1956 le droit constitutionnel des travailleurs à participer à la gestion et que ce droit ne pouvait se concrétiser qu'à travers le fait que les travailleurs gèrent l'entreprise. En ce temps-là, personne ne parlait d'« anarcho-syndicalisme » ou de « propriété de groupe ».
2.- Les comités d'autogestion doivent avoir le droit d'élire et de révoquer les directeurs et les administrateurs ayant les responsabilités les plus importantes, et
ABONNEZ-VOUS, A «INPRECOR » !
le directeur devrait être responsable devant le comité d'autogestion ;
3.- Les comités d'autogestion rejettent toute tentative de l'Etat d'incorporer de force les entreprises aux Associations industrielles. Nous souhaitons bien entendu une coopération efficace mais nous récusons aux autorités tout droit contraindre toutes les entreprises de l'automobile, par exemple, à participer à telle ou telle Association industrielle, même lorsque c'est inutile et que cela ne sert qu'à créer une structure bureaucratique coiffant les entreprises. Toute participation à quelque association inter-entreprises que ce soit doit étre volontaire.
Avez-vous tiré les leçons des conseils ouvriers qui s'étaient constitués en 1956 (6) ?
- Des leçons négatives uniquement, dans le sens où la loi de 1956 concernait exclusivement le pivot de l'entreprise. Aucune tentative serieuse ne fut effectuée pour coordonner entre eux les conseils d'autogestion des diverses usines. Ensuite, il n'y a eu aucune tentative sérieuse pour lier la question de l'autogestion à la Loi sur les entreprises et à une réforme éco-
Tout cela explique pourquoi les conseils ouvriers sont restés étrangers au sein du vieux système et c'est ce qui explique qu'ils ont été peu à peu vidés de leur contenu.
- Il y a eu une grève d'avertissement et il va y avoir une grève à la LOT (la compagnie aérienne polonaise). Que représente-t-elle pour le mouvement d'au-
- C'est un problème compliqué étant donné que cette grève a démarré à la LOT et non dans une entreprise industrielle. L'histoire de la LOT a commencé à propos de la désignation du directeur, et non à propos de l'autogestion prise dans son sens plus général. Mais un soutien sans faille sera apporté aux travailleurs de la LOT, qu'il s'agisse d'actions de protestation, de grèves d'avertissement, etc.
Mais il faut souligner qu'à Varsovie, la décision des grandes entreprises est que la LOT ne devrait pas être le point central de la confrontation, mais un point de départ pour soulever la question de l'autogestion. Ce sera un levier pour la lutte pour l'autogestion. La LOT devrait être le premier avertissement et non le dernier mot du mouvement pour l'autogestion (7).
Propos recueillis par Jorgen GOLDING-JORGENSEN Varsovie, le 22 juillet 1981. 6. En 1956, lorsque Gomulka vint au pouvoir, aprés le soulèvement ouvrier, des conseils ouvriers se mirent en place dans les entreprises.
furent minés peu à peu et, en 1958, ils n'avaient plus aucun pouvoir. Ils continuent à exister sur le papier. Cependant, et dans plusieurs usines, les ouvriers essaient maintenant de leur reconner une nouvelle vie, en tant que composante du mouvement pour l'autogestion.
7. Un compromis fut passé quelques heures seulement après cette interview.