Dans un document daté du 20 août, qui dénonce les multiples agressions dont ont été victimes depuis un an des membres du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), la section péruvienne de la IVe Internationale lance un appel à la mobilisation de l'opinion publique internationale contre les crimes du gouvernement civil de Belaunde Terry.
En un an de ce nouveau gouvernement, une véritable campagne d'actions répressives, en violation ouverte des dispositions de la Constitution du Pérou tout comme de la Déclaration universelle des droits de l'homme - pourtant signée par Lima —, a été déclenchée contre toutes les organisations qui s'opposent à la politique du régime. Elles ont déjà fait plusieurs victimes dont le militant du PRT Teofilo Inga Quispe (cf. Inprecor numéro 108), assassiné fin juillet par des hommes de main du maire de San Luis, et l'étudiant Raul Delgado Narro, tué lors de la grève générale du 15 janvier dernier.
Nombre de ces exactions des forces répressives du gouvernement Belaunde Terry, qui s'abritent derrière le décret-loi numéro 46, appelé également Loi contre le terrorisme, ont visé des membres du PRT, parti légal et disposant de trois parlementaires.
Ainsi, en novembre dernier, le député PRT de Puno, Emeterio Tacuri Huarcaya, a vu son domicile envahi par la police en a déjà fait deux morts raison de son activité dans la campagne pour l'obtention de l'asile politique pour les militants boliviens. En janvier 1981, ce même camarade sera agressé par des éléments de la garde civile dans la localité de Juliaca-Puno.
Le 11 juin, c'est le député Hugo Blanco qui est matraqué par l'unité des services spéciaux de la garde civile (USE), alors qu'il se trouve à la tête d'une manifestation de la Fédération des vendeurs ambulants de Lima (FEDEVAL). Il restera hospitalisé cinq jours, et malgré le viol manifeste du principe de l'immunité parlementaire, aucune enquête judiciaire ne sera ouverte.
Le 16 mai, à Lauricocha dans le département d'Ayacucho, les militants du PRT Ireneo Rojas Morales, Juan Modesto Rojas Morales et Maximo Antonio Saico (élève du secondaire) sont arrêtés à leur domicile par les Sinchis (unités de lutte anti-subversive de la garde civile). Mis au secret, ils seront torturés pendant six jours pour essayer de leur faire avouer leur participation à des actions terroristes.
Raimundo Mitma, un autre militant du PRT d'Ayacucho, sera assassiné par un détachement de Sinchis, crime dénoncé par la police judiciaire elle-même.
Le 11 juin, le militant du PRT et secrétaire parlementaire de Hugo Blanco, Moises Romero, est arrêté. Il reste cinq jours entermé dans les locaux des services de la Sûreté de l'Etat.
Le 16 juillet, à San Juan de Miraflores, le militant du PRT Emilio Huarcaya Iyauri est atteint d'une balle dans la jambe alors qu'il participait à un piquet de des ouvriers municipaux attaqués par les forces de répression.
Le 30 juillet, c'est au tour du journaliste de Combate socialista (organe du PRT), Alfredo Mathews, d'être arrêté alors qu'il assistait à une conférence de presse du président de la République.
« Ces faits mettent en évidence les conditions d'exercice de la démocratie dans notre pays », note le PRT, qui lance r un appel « à l'opinion publique nationale et internationale pour défendre les Droits de l'homme au Pérou. » Les camarades demandent aussi « l'envoi de lettres et télégrammes de protestation exigeant le respect des droits politiques du PRT et l'arrêt de la répression contre ses mili-
15 septembre 1981. Ces messages de protestation doivent être adressés au président de la République du Pérou, Fernando Belaunde Terry, Palacio de Gobierno, Plaza de Armas s/n, Lima, Pérou.
Copie doit être envoyée à Hipolito Enriquez, Camara de Senadores. Congreso Nacional, Plaza Bolivar s/n, Lima, Pérou.