LA MARCHE DU GOUVERNEMENT EYSKENS VERS SA CHUTE
BELGIQUE A forme par les deux partis et retiens (PS et CVD) et les PRES 169 jours d'existence, le gouvernement Eyskens,
-deux partis socialistes (PS et SP), vient de tomber. S'il a tenu jusqu'au mois de septembre 1981, c'est parce que personne n'a voulu prendre la décision de le pousser dans l'abîme François VERCAMMEN
Le gouvernement Eykens, constitué en avril 1981, s'est heurté tout de suite aux mêmes problèmes que son prédécesseur : important déficit budgétaire ; rade l'appareil de production et donc austérité accrue pour les travailleurs. Pour ce faire, il a opté (selon la logique de la composition même de son gouvernement), pour la poursuite d'une politique de collaboration des classes dans le cadre de laquelle, à travers un va-et-vient incessant, le gouvernement élabore ses projets, soumet ceux-ci aux « partenaires sociaux » (c'est-à-dire aux patrons et aux dirigeants syndicaux), puis passe devant le Parlement afin de les fondre dans une forme
Premier avertissement sérieux : le 22 mai, après 22 minutes de discussions, les patrons quittent la « Table ronde pour une nouvelle politique industrielle », où gouvernement, patrons et dirigeants syndicaux étaient censés aborder la question de remploi. Les patrons passent à l'offensive. Pour eux, c'est la rentabilité des entreprises qui leur importe avant tout et ils exigent une discussion « sans complexe » sur l'index. Devant le refus des représentants syndicaux, ils claquent la por-
Moyen de pression ou politique ? La question est désormais publiquement posée, et pas seulement au niveau des petites manœuvres de la politique politicienne. Parallèlement, le gouvernement poursuit sont travail sur le budget 1982 et la crise de la sidérurgie...
Le 6 août, le gouvernement tombe fi nalement d'accord sur un projet de budget qui, selon la méthode de concertation habituelle (mais de moins en moins efficace), définit les grandes lignes des nouvelles restrictions budgétaires mais laisse le soin à une nouvelle concertation sociale avec les syndicats d'en préciser les mesures d'application dans le cadre de l'orientation générale décidée.
En ce qui concerne la sidérurgie (un des secteurs les plus frappés par la crise
La chute du gouvernement Eyskens
C'est ainsi que le gouvernement Eyskens commence en avril 1981 par la mise au point d'un début de loi-programme introduisant une série de restrictions budgétaires, des mesures d'allegements fiscaux pour les patrons, et un projet de loi sur l'emprunt spécial de crise. Le PS et le SP soutiennent ces mesures, car ils les considèrent comme un moindre mal, l'essentiel de leur point de vue étant sauvé. Dans la foulée de celles-ci, le gouvernement cherche à se gagner la compréhension de la bureaucratie syndicale avec un modèle de stimulation « Maribel » selon lequel il n'y aurait plus dorénavant d'adaptation des salaires à l'index au-delà d'une hausse de 1%, dans le but de sauver l'emploi. Mais très vite, la machine se grippe, même si le gouvernement parvient à sauver chaque avec le textile), un accord est obtenu pour fusionner les principales entreprises des deux bassins wallons (Liège et Charleroi) au prix d'une exploitation nettement accrue des travailleurs (licenciements massifs, aggravation des conditions de travail, paix sociale prolongée, augmentation de la productivité). Sur les deux plans (budget, sidérurgie), le consensus est précaire : les principaux partis politiques du gouvernement (le PS, majoritaire en Wallonie et le CVP, majoritaire en Flandres) semblent a la recherche du motif de rupture le plus favorable. Les deux autres partis (le SP et le PSC) adoptent, de leur côté, une attitude « responsable ».
C'est finalement l'aile droite du PSC (le CEPIC, qui a souvent fait la une des journaux, à l'occasion de quelques seandales financiers et à cause de ses liens avec le groupuscule fasciste Front de la jeunesse) qui, fin août, ouvre les hostilités au sein du PSC ou elle a à combattre la Démocratie chrétienne (plus ou moins liée au syndicat chrétien CSC). Cette aile droite du PSC subit la pression des appels à une politique à la Margaret Thatcher lancés par le PRL et la démagogie poud'un nouveau parti qui monte, La fronde au sein du PSC prend une ampleur telle que son président Van den
Derrière cette septième crise gouvernementale en sept ans, se profile une réorientation globale de la politique de la bourgeoisie tendant à influer pour une longue période sur l'avenir des rapports entre les classes. C'est dans ce cadre qu'il faut apprécier la tenue des élections anticipées prévues pour le début Boeynants (VDB pour le grand public), personnalité bourgeoise de la droite mais fort « réaliste » dans ses rapports avec la social-démocratie wallonne, ne parvient à canaliser qu'au prix d'une fuite avant sur le plan budgétaire et sur l'index. Le PSC et le CVP se retrouvent d'accords quelques objectifs économiques (à l'exclusion des problèmes dits communautaires) même si des désaccords tactiques sur la manière de se comporter face au mouvement ouvrier subsistent.
Devant les nouvelles exigences des partis bourgeois qui tendent à aggraver substantiellement la politique d'austérité (budget, index), le PS réussit avec habileté à éviter toute co-responsabilité en la matière : il choisit la sidérurgie wallonne comme porte de sortie et cheval de bataille (après s'être opposé à toute atteinte à l'index), ce qui lui donne un nouveau vernis « socialiste » et « fédéraliste ».
Le 22 septembre, c'est la crise gouvernementale. Elle intervient dans un contexte peu favorable à la bourgeoisie, le seul facteur rassurant pour elle étant l'absence de toute alternative ouvrière à une échelle de masse.
UNE TRIPLE CRISE
Il y a tout d'abord, l'aggravation de la crise économique. Selon les statistiques de l'ONEM, le cap des 400 000 chômeurs complets et indemnisés est désormais dé. passé à la mi-septembre. Selon les syndicats, cela correspond à 800 000 demandeurs d'emplois. La Belgique arrive largement en tête au sein de la Communauté Européenne, si l'on calcule le taux du chômage officiel par rapport à la population active : 12,6 %, suivie par la GrandeBretagne (11,3 %), l'Italie (8,6%), la France (7:7%), la RFA (4,9%) (Statistiques de la CEE, août 1981).
Il faut ajouter que, dans ce cadre général, le chômage continue à progresser plus vite parmi les travailleurs masculins adultes, et qu'il frappe plus particulièrement certaines régions et secteurs. Ainsi, les fameux « plans sectoriels » élaborés sous l'égide du gouvernement national, se retrouvent périodiquement mis en question ... toujours dans le même sens. Au moment de son renversement, le gouver-
nement Eyskens était directement aux prises avec la crise dans la sidérurgie, le textile et le bâtiment.
Ensuite, une véritable crise instituaffecte la restructuration l'appareil d'Etat, et en liaision directe avec la crise économique. On peut dire aujourd'hui, sans exagération, que la « régionalisation » de l'appareil de l'Etat uni-
Best un échec flagrant. Au point qu'un secteur de la bourgeoisie (notamment le CVP qui en a été le principal protagoniste avec le PS francophone) hésite à redonner au prochain Parlement des pouvoirs constituants. Seule la d'une explosion sociale du mouvement ouvrier en Wallonie et d'une surenchère du FDF à Bruxelles (ou la réforme avait été « gelée » devant les difficultés insurmontables) a finalement écarté
Cette régionalisation, substitut à un véritable fédéralisme, apparaît doublement insatisfaisante. Tout d'abord, pour le mouvement ouvrier wallon, cette réforme a débouché sur une énorme désillusion, car elle a doté la région wallonne d'une structure pseudo-gouvernementale inopérationnelle (l'exécutif wallon qui faisait organiquement partie de la structure gouvernementale nationale, en « sortira » à l'occasion des prochaines élections de novembre), mais paralysée à cause de sa composition proportionnelle comprenant tous les partis politiques indépendamment de tout programme, sans mo« dotation » extrêmement budget national), et surtout alors que les secteurs industriels de base restent dans les mains du gouvernement central. Ce n'est pas un hasard. Comme cela a déjà souvent été expliqué, la régionalisation n'a pas constitué un premier pas, mais un obstacle supplémentaire vers le fédéralisme. Elle a correspondu à la préoccupation visant à empêcher la venue au pouvoir d'une majorité ouvrière en Wallonie qui aurait pu avoir un effet d'entraîne-
LA DIRECTION ENTRE L'AUSTERITE ET Tout le monde a les yeux fixés sur les directions traditionnelles du mouvement ouvrier. La question qui se pose est de savoir que vont faire les bureaucraties de la FGTB et de la CSC, et leurs « amis politiques » du PS et du SP, et les dirigeants qui, au sein des deux partis bourgeois (PSC et CVP), se réclament plus ou moins explicitement du mouvement ouvrier (le MOC, la DC, l'ACW). Car la faiblesse politique de la bourgeoisie n'a d'égal que la passivité et le désarroi du réformisme.
Aucun secteur significatif de ce dernier a présenté jusqu'à présent une alterd'ensemble, fût-elle réformiste ; mais, en même temps, les dirigeants réformistes sont amenés à s'opposer aux quelques exigences clés que le patronat met en avant avec insistance. Ainsi, si les dirigeants réformistes se sont placés, depuis un an voire plusieurs années, sur le terrain ment sur la classe ouvrière flamande. La bourgeoisie a, à sa manière, compris la valeur transitoire, potentiellement antidu mot d'ordre du Tirant la leçon de cette situation, le secteur flamand de la bourgeoisie (CVP), qui est devenu au fil des années le principal artisan de la stabilisation bourgeoise, veut aujourd'hui en revenir
Etat plus unitaire : cela lui permettrait non seulement d'endiguer tout débordement du wallon, mais aussi de dominer plus directement l'appareil d'Etat dans sa totalité (et pas seulement du côté flamand où le CVP frise la majorité absolue).
Finalement, il y a une crise sociale qui couve devant la dégradation du système de concertation existant entre le patronat et les directions syndicales. Les conventions collectives, clés de voûte de ce système, se font de plus en plus rares, tant au niveau interprofessionnel qu'au niveau des secteurs et des entreprises. Les résultats sont de plus en plus minces aux yeux des travailleurs. Par ailleurs, le discours patronal apparaît de plus en plus nettement opposé à celui des bureaucraties syndicales.
C'est avec la plus grande peine que la bureaucratie syndicale de la FGTB et. de la CSC ont pu endiguer la montée ouvrière de l'hiver 1980-1981 en concluant un accord interprofessionnel qui instaurait un blocage des salaires pour deux ans. Dans la sidérurgie, le mécontentement s'est nettement accru dans les entreprises devant les nouvelles menaces de fermetures à terme des installations les plus vétustes. Des entreprises pilotes partent régulièrement en grève plus ou moins sauvage devant la passivité de la bureaucratie (FN, Caterpillar). En Flandres, une grève de 22 semaines vient de se terminer par un échec, trahie par le secrétaire provincial des métallurgistes de la FGTB (Boel-Tamise près d'Anvers). REFORMISTE : LA PRESSION OUVRIERE de l'austérité, ils ne sont pas parvenus à y engager en pratique la classe ouvrière.
Quelques exemples de cette situation fort incohérente valent la peine d'être énumérés. Dans la social-démocratie wallonne tout d'abord. Le PS, sous la direction de Cools, avait pris la tête de l'austérité dès 1977, mais plus explicitement encore depuis 1980, au point de s'attaquer frontalement à la FGTB wallonne. Cools avait dû finir par se démettre... Mal élu, son successeur et dauphin désigné, Guy Spitaels, s'est vu confronté à une lourde tâche. Ni son passé ni sa formation ni son tempérament ne blaient lui donner la moindre chance de succès dans sa tentative de renouer avec la FGTB. Aujourd'hui, Gillon, le leader des métallurgistes FGTB de champion de l'indépendance syndicale, vient de s'exclamer : « Si Spitaels et les hommes de gauche maintiennent les positions qu'ils défendent actuellement, ils auront à leur service et au service de la Wallonie les travailleurs que nous syndicalistes, nous dirigeons ! » (La Wallonie, 21 septembre 1981).
Spitaels a brillamment réussi dans son opération, reprenant d'abord en main son parti discrédité, renouant ensuite avec l'appareil syndical de la FGTB, pour redresser demain peut-être son parti sur le plan électoral. Mais à quel prix ? Spitaels a dû faire une campagne de masse avec affiches à l'appui : « Les socialistes défendent l'index ! » ; il a organisé avec tapage un congrès du PS pour décider de l'ampleur des restrictions que celui-ci voulait bien avaler. Et, finalement, il est apparu comme le grand pourfendeur du « manque de civisme » des banques de la sidé-
De ce fait, Spitaels a objectivement bloqué une nouvelle avancée de l'austérité réclamée avec insistance par le patro-
Par exemple, collabore honteusement à la rationalisation des secteurs de la sidérurgie et du textile, jetant des dizaines de milliers de travailleurs sur le pavé sous le prétexte de « limiter les dégâts ». Mais, afin de garder le contrôle de leurs troupes, les chefs réformistes wallons sont obligés de se préplus acharnés des salaires et de l'index au deux terrains brülants sur lesquels le patronat belge veut aujourd'hui obtenir des concessions substantielles.
Autre exemple, à la CSC cette fois-ci. Au moment où son secrétaire général wallon, D'Hont, lance une campagne en faveur d'« un nouveau syndicalisme », c'est-à-dire pour une acceptation « offensive » de l'austérité, il est obligé de critiquer l'attitude passée de la CSC comme étant « une collaboration avec le capitalisme », et de faire une violente sortie contre toute atteinte à l'index.
Le comble de cette attitude d'équilibriste vient d'être donné à la fin du mois de septembre, en pleine crise gouvernementale. Les dirigeants wallons de la FGTB et de la CSC ont signé à grand fracas un accord programmatique : assemblée de 400 responsables syndicaux de toute la Wallonie et transformation de la « Fête wallonne » officielle en journée de lutte. Le contenu politique de cet accord est plus vide que jamais, si on le compare avec le passé de la FGTB wallonne. En schématisant, on pourrait dire qu'il s'agit
« fédéralisme sans réformes structures » (alors que le mot d'ordre de la gauche bureaucratique était justement « Fédéralisme et réformes de structures ! »). Mais ce que les travailleurs walIons retiendront sans doute, c'est un progrès potentiellement important de l'unité ouvrière et la volonté très affirmée de faire peser le poids du syndicalisme sur les partis de gauche.
Cet accord a déjà des effets qui pourraient affecter jusqu'à la racine le mouvement ouvrier chrétien.Celui-ci vient de décider, suite à des tensions internes croissantes, de régionaliser ses structures, créant ainsi un comité régional disposant
versée par des courants social-démocrate, communiste, syndicaliste pur et « révolutiond'une plus large autonomie d'action, pour la Wallonie, la Flandre et Bruxelles. Source de division, cette réforme organisationnelle pousse la CSC wallonne vers la gauche en direction de la FGTB. Mais comme la CSC est très liée au PSC, par le biais de la Démocratie chrétienne, cette évolution risque d'ébranler très vite la stabilité du parti bourgeois interclassiste qu'est le PSC. On en a eu une preuve tout dernièrement lorsque le dirigeant (très droitier) des métallurgistes de la CSC de Charleroi, Camarata, a lancé un appel fracassant à la nationalisation des banques (coupables de sabotage de la sidérurgie). Un appel aussitôt repris par la Démocratie chrétienne de Charleroi, alors que l'aile droite du PSC réclame de plus en plus une politique à la Thatcher ...
C'est dire que le problème de l'indépendance de classe est posé avec force à travers des événements de ce genre. Rompre avec le PSC ? Peser encore plus sur ce parti de la bourgeoisie ? Créer un parti autonome lié directement à la CSC ? Périodiquement, ce débat refait surface, mais cette fois-ci en rapport direct avec la politique ouvrière face à l'austérité.
Il semble bien que les forces décisives du grand capital ont tiré les leçons de l'ensemble de ces données : crise économique, institutionnelle et sociale combinée ; retard pris dans la rationalisation de l'appareil de production ; puissance incontournable du mouvement ouvrier organisé ; mais incapacité des directions réformistes d'imposer avec cohérence une politique d'austérité à leurs troupes.
L'alternative coule de source : mettre en place, après les élections, un gouvernement homogène bourgeois à la place de la défunte coalition de collaboration de classes. Mais il est évident que cette alternative ouvrirait une crise politique majeure dans le pays. Jusqu'à présent, les gouvernements qui se sont succédés depuis la fin des années 1940 ont été des coalitions diverses mais leur politique s'est toujours située au centre de l'échiquier politique
(« centre-gauche ou centre-droit »). Cette fois-ci, l'effet de balancier devra obligatoirement augmenter son amplitude. Car la mise à l'écart du PS et du SP du gouvernement n'a de sens que si cela permet à la bourgeoisie de changer les rapports des forces sur le terrain social.
La venue au pouvoir d'un tel gouvernement ouvertement bourgeois aurait une s'attaquerait directement aux acquis centraux de la classe ouvrière (index, sécurité sociale, blocage des salaires, fermeture des entreprises considérées comme des « canards boiteux » ...) ; mais il ne pourrait atteindre ses objectifs sans changer aussi ses méthodes de gouverner, car la marge dispose le mouvement ouvrier organisé, puissant et combatif, apparaîtra très vite comme intolérable.
Quand bien même un tel gouvernement continuerait à se placer sur le terrain de la démocratie parlementaire, il
LA BELGIQUE EN SIGLES
PS : Parti socialiste (francophone, couvrant la Wallonie et Bruxelles).
PSC : Parti social-chrétien.
CVP : Christelyke Volks Party (majoritaire en Flandre).
aile liée au syndicat chrétien CSC.
CEPIC : Centre politique des indépendants et des cadres chrétiens.
MOC et ACW : Mouvement ouvrier chrétien (côté wallon et côté flamand).
DC : Démocratie chrétienne, courant dans le PSC et pas dans le CVP.
PRL : Parti libéral (côté francophone).
loise (majoritaire à Bruxelles).
UDRT : Union démocratique pour le respect du travail.
naire ».
réformiste, comprenant une petite minorité « socialiste auto-gestionnaire ».
sera inévitablement amené à soustraire les grandes décisions économiques anti-ouvrières l«opinion publique »,
« groupes de pression », au système de concertation sociale. Déjà, le PRL exige non seulement des pouvoirs spéciaux, mais aussi une domestication du mouvement syndical en lui donnant un « statut juridique ». Certains parlent de la nécessité d'un gouvernement « non-traditionnel » (c'est-à-dire ne s'appuyant plus sur une majorité parlementaire).
Tout cela ne pourrait qu'aggraver la crise d'orientation qui sévit dans les sommets des organisations réformistes et qui affecte aussi les délégués syndicaux, même s'ils gardent toute leur combativité.
Les résultats électoraux pèseront donc lourd dans l'évolution du rapport des forces entre les classes. Sans faire de pronostics, il semble bien qu'on s'achemine vers situation politique nouvelle, apres une sept ans d'austérité concertée...
François VERCAMMEN
Bruxelles, le 30 septembre 1981.
SP : Socialistische Party (flamand, couvrant la Flandre et les Flamands de Bruxelles).
Ces deux derniers partis sont les principaux partis bourgeois, comprenant chacun une
FDF : Front démocratique des francophones, parti nationaliste de la région bruxel-
FGTB : Fédération générale du travail de Belgique, a dominante réformiste, mais tra-
CSC : Confédération des syndicats chrétiens, liée de fait au PSC-CVP, d'orientation
Ces deux syndieats sont statutairement indépendants des partis politiques depuis 1944.