Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GRANDE-BRETAGNE

La courte victoire de la droite travailliste

· Inprecor n° 111, 26 octobre 1981 · p. 27-29 · 2 982 mots

Grande-Bretagne Syndicalisme Paix et armements Stalinisme

U 27 septembre au 2 octobre, le Parti travailliste a tenu à

Brighton sa Conférence annuelle. Quelques heures seulement après la séance d'ouverture, Tony Benn, le dirigeant de l'aile gauche dans le parti, se faisait battre d'un cheveu dans la course à la vice-présidence. L'aile droite a immédia.

tement renforcé son emprise dans le parti. Mais le spectre de

Tony Benn devait hanter la Conférence du début jusqu'à sa fin, indiquant par là même que les forces sociales qui se sont mises en mouvement en Grande-Bretagne ne peuvent pas être arrêtées par une simple manœuvre de vote.

Brian GROGAN

La manœuvre qui a assuré la victoire de Dennis Healey a été l'œuvre de 49 députés prétendument modérés qui se sont prononcés au premier tour pour John Silkin - troisième candidat en lice - mais qui se sont abstenus lors du vote crucial du second tour. Etant donné la composition du collège électoral, les voix de 4 de ces députés auraient suffi pour garantir à Tony Benn la vice-présidence du Parti travailliste.

Tony Benn battu de justesse à la vice-présidence du Labour Party

L'attitude de 4 de ces députés qui ont voté pour Dennis Healey est encore plus scandaleuse lorsque l'on sait que, depuis, ils ont déserté les rangs du Parti travailliste pour rejoindre le SDP (Parti social-démocrate) et que leur rupture avec le Parti travailliste, avant que n'ait eu lieu le vote, aurait assuré Tony Benn de la vietoire. Cela donne la mesure de la solidité de l'assise de Dennis Healey. Il sort sérieusement affaibli de cette bataille. Non seulement le troisième candidat qui n'avait aucune chance a pratiquement reçu un

Dans le cadre du collège électoral nouveau style où l'influence du groupe parlementaire est réduite à 30% face aux

40% des syndicats, Dennis Healey a revueilli 50,34 % contre

49,57 % à Tony Benn. Mais, comme l'indiquait très justement

The Guardian de Londres du 28 septembre, « il est hors de doute que la campagne de l'année prochaine a commencé dans les secondes qui ont suivi l'annonce des résultats ».

soutien équivalent au sien au premier tour, mais en plus Dennis Healey n'a même pas obtenu de majorité absolue au de l'aile parlementaire, bastion sein traditionnel de l'aile droite.

L'exploit de Tony Benn est d'autant plus remarquable si l'on voit le rôle joué par certains syndicats où la gauche est la force prédominante. Ainsi, le NUPE (National Union of Publie Employees

Syndicat des employés du secteur public)

qui, sur le papier, appuie l'ensemble de la politique défendue par Tony Benn, a ac-

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le chômage. Ainsi l'exécutif s'est-il vu re- décisives pour déterminer si la droite sera cordé ses 600 000 voix - surprenant par là-même tout le monde ley. Ce que la bureaucratie s'est empressée de justifier en invoquant les résultats d'un sondage réalisé auprès des membres qui aurait laissé paraître un soutien majoritaire pour Dennis Healey. Mais ce résultat est survenu après que la bureaucratie ait refusé de donner la moindre recommandation de vote. Il met en évidence la nécessité de poursuivre la lutte contre les dirigeants droitiers au sein du mouvement ouvrier : dans les syndicats clés comme sur les lieux de travail. Dans ce contexte, le refus par la direction du NUPE de faire campagne pour Tony Benn, alors qu'elle prétend soutenir sa politique dans le syndicat, révèle combien la bureaucratie syndicale redoute une victoire de Tony Benn. Pas étonnant si l'enfant chéri de la presse conservatrice a fait la une des journaux ce

Mais les tergiversations du T & GWU (Transport & General Workers Union -Syndicat des transports et des ouvriers non qualifiés) sont encore plus scandaleu-

Ce syndicat, il est vrai, a accordé 1 250 000 voix à Tony Benn, mais au mécomme le NUPE, le T& GWU soutient l'ensemble de la politique préconisée par Tony Benn mais, malgré cela, le mouvement qui s'était dessiné, lors de la Conférence annuelle qui s'est tenue au début de l'été, en faveur d'un vote sur le candidat à soutenir, a été étouffé bureaucratiquement. Alex Kitson, dans ses fonetions de avait déjà mené une croisade féroce pour empêcher que Tony

Une majorité des sections de ce syndicat avait indiqué son soutien à la candidature de Dennis Healey alors qu'une majorité des membres, elle, soutenait Tony Benn. Dans tous les cas, la délégation syndicale a suivi la recommandation de l'exécutif du syndicat: le vote pour Tony Benn ; mais après avoir au premier tour donné leurs voix au troisième candidat dont les membres avaient à peine mentionné le nom.

LA COURTE DEFAITE

DE TONY BENN Quoi qu'il en soit, Tony Benn a perdu. Cette défaite s'ajoutant au vote qui a suivi pour renverser la majorité de gauche dans l'instance dirigeante du NEC (National Executive Committee - Comité exécutif national) a donné un bon coup de pouce aux rangs affaiblis de l'aile droite dans le Parti travailliste. Cela lui a permis de surmonter le problème causé par l'affaiblissement de sa base au sein du groupe parlementaire. L'aile droite a maintenant un point d'appui solide d'où elle peut lancer son offensive et renverser les acquis enregistrés par la gauche. Elle n'y est pas encore parvenue. Les victoires de la droite n'ont été remportées que dans le cadre du maintien des changements statutaires et des avancées politiques réalisées par la gauche depuis deux ans.

Il est utile de rappeler qu'après sa défaite retentissante de l'an dernier, l'objectif que s'était fixé la droite était de renverser du tout au tout les acquis de la gauche, à commencer par la mise au panier de la réforme des statuts. Apres les congrès syndicaux de cet été, où ces réformes ont été généralement acceptées, cela n'apparaît plus comme une mesure pratique et encore moins un but immédiat. La marge de manœuvre de la droite demeure donc limitée.

Ce que révèle clairement cette Conférence, c'est le poids réel et persistant de l'aile droite. L'apparente facilité de la victoire de la gauche, l'année derniere, avait créé l'illusion que le poids et l'influence de l'aile droite avaient été sérieusement érodés, ce qui n'a jamais été le cas. Son poids et son influence ne peuvent pas être détruits dans le seul cadre du Parti travailliste. Benn y a gagné 83 % du vote des sections. La lutte doit donc être poursuivie ailleurs. Ce n'est qu'en s'attaquant à la bureaucratie dans les syndicats que l'on pourra remporter des victoires définitives. Et c'est maintenant la tâche qu'il faut

REAFFIRMATION D'UNE POLITIQUE DE GAUCHE Le Congrès a confirmé toute une série d'axes politiques de gauche et a été le théâtre de nouvelles avancées. Par une majorité de presque des deux tiers, le Congrès a confirmé son soutien au désarmement nucléaire unilatéral. Toute ambi-

Centre cette politique et celle du désarmement conditionnel a été levée. Le Congrès a marqué son opposition aux missiles Cruise et aux Trident, et a lancé un appel pour que soient fermées toutes les centrales nucléaires britanniques. Par un vote à main levée, le vote pour le retrait de l'OTAN paraissait même chose acquise, mais il fut repoussé quand il fut procédé à un décompte tenant compte du poids de chaque syndicat. Malgré cela, 1 619 000 votes indiquaient leur opposi-

Pour la première fois depuis plusieurs années, la Conférence s'est déclarée opposée à toute politique des salaires. Arthur Scargill, le dirigeant des mineurs du Yorkshire, a résumé le sentiment des congressistes lorsqu'il a déclaré : « Tant que nous ne vivrons pas dans une société socialiste, il est hors de question d'envisager une quelconque politique des salaires ! » La Conférence a également recommandé que « nationalise les centres moteurs de l'économie » ; une résolution plus précise ap nationalisation des banques, des compagnies d'assurances et des étafinanciers, en même temps que des grands monopoles, sans indemnité ni rachat était, quant à elle, rejetée lors d'un vote comptabilisé en tenant compte du nombre des mandats des syndicats.

Contre l'avis même de l'exécutif, une résolution fut votée réclamant la semaine des 35 heures, l'avancement de l'âge de la retraite et une interdiction systématique des heures supplémentaires, mesures auxquelles venaient s'ajouter la lutte contre commander de faire tout pour que tous les jeunes aient une réelle possibilité de

La direction s'est vu mandatée pour mettre sur pied une campagne de masse contre la nouvelle politique des 4 % maximum d'augmentation des salaires dans le secteur public, contre la législation antisyndicale en cours d'élaboration et contre les attaques du gouvernement qui visent à réduire le budget des conseils municipaux. Cette dernière proposition était d'autant plus significative qu'elle a été votée contre l'avis de l'exécutif qui se voit maintenant obligé d'organiser la riposte contre les plus récentes des mesures draconiennes des conservateurs. Cela a été un cuisant coup porté contre le porte-parole du groupe parlementaire qui avait fait connaître son désaccord avec un tel « mépris de la loi », qui se trouvait être au centre de ce débat comme chacun le sa-

La Conférence a également exprimé son opposition farouche au Marché commun. Il a été décidé que le prochain gouvernement travailliste devrait procéder à un retrait sans référendum préalable, ce qui constituait auparavant une garantie

La Conférence a indiqué son désir de voir abrogé le Nationalities Act (Loi sur les nationalités) des conservateurs ainsi que toute la législation raciste en vigueur, y compris les lois sur l'immigration de 1968 et de 1971, à l'introduction desquelles les gouvernements travaillistes antérieurs avaient joué un rôle, et qu'ils avaient appliqué avec zèle.

Sur l'Irlande, la Conférence s'est prononcée pour la première fois depuis 1918 pour une éventuelle réunification de l'Irlande. Peut-être est-il encore plus significatif que la Conférence ait confié au prochain gouvernement travailliste la tâche d'abroger le Prevention of Terrorism Act (Loi sur la répression du terrorisme) alors que récemment, une large majorité des députés travaillistes avait voté aux côtés des députés conservateurs pour la poursuite de son application ...

Deux résolutions de la Parti travailliste, appelant au retrait des troupes d'Irlande et soutenant les mots d'ordre des grévistes de la faim, furent rejetées, bien que la plus faible des deux ait quand même recueilli 702 000 voix. Dans le passé, de telles résolutions avaient du mal à venir en discussion.

« Une gauche affaiblie qui contrôle encore les décisions politiques », c'est le jugement porté par le Financial Times sur la Conférence dans son ensemble et qui résume bien le dilemme dans lequel se trouve maintenant la droite. La direction du groupe parlementaire, sous la houlette pratiquement toutes les décisions de la Conférence. Pour autant qu'elle rejette dans la pratique la politique votée par le parti, elles aide les militants révolutionnaires dans leur travail pour faire avancer dans les syndicats la conscience critique et la volonté qu'a la base de contrôler ses dirigeants. Les luttes de cet hiver seront

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CONFRONTATION AVEC LE GOUVERNEMENT CONSERVATEUR capable de consolider son coup d'Etat organisationnel ou si elle sera forcée de faire de nouvelles concessions à la gauche. Car les développements de la gauche travailliste ne constituent que le reflet d'une radicalisation plus large de la classe ouvrière. Le recul de la nouvelle génération de dirigeants de base — alors qu'ils poursuivent leur avancée au sein du Parti travailliste et qu'ils cherchent les moyens de

Le Congrès dans son ensemble n'a pas préparé la classe ouvrière aux luttes prévisibles de cet hiver. Quelques jours seulement avant l'ouverture de la Conférence, Margaret Thatcher avait annoncé une modification de la composition du cabinet, qui a placé son gouvernement dans une attitude de confrontation accentuée avec les travailleurs. Tous les esprits critiques au sein du cabinet ont été soit rétrogradés, soit démis de leurs fonctions et remplacés par des gens prêts à s'attaquer de front à la classe ouvrière. Car tel a été le bilan tiré par le gouvernement des rébellions de la jeunesse de l'été 1981 : aucune concession, offensive généralisée ...

Ce jugement a été immédiatement corroboré par l'annonce immédiate d'une attaque sur trois fronts contre la classe ouvrière, un plafond imposé de 4% aux augmentations de salaire dans le secteur public, accompagné de nouvelles dispositions législatives visant à museler les syndicats, ainsi qu'une attaque directe contre le pouvoir indépendant des conseils municipaux, axée tout particulièrement contre les conseils municipaux contrôlés par le Parti travailliste qui ont prévu d'ignorer les coupes budgétaires que veut leur imposer le gouvernement dans les services sociaux.

Cette nouvelle attitude agressive des conservateurs ne s'est que partiellement reflétée dans les débats de la Conférence du Parti travailliste. Certes, à l'origine de l'échec de la campagne de Tony Benn, il faut placer le refus de mettre au centre des préoccupations la nécessité de mobiliser la classe ouvrière maintenant pour renverser le gouvernement. C'était la manière de faire soutenir par la droite du parti les axes politiques de la gauche — à condition que tout conflit opposant la droite et la gauche soit remis au lendemain des élections législatives prévues pour 1984.

La base de toute riposte de la gauche réside dans la compréhension de ce phénomène. La mobilisation de la classe ouvrière contre l'offensive des conservateurs sur trois fronts est le seul moyen qu'a la gauche de damer le pion à l'aile droite. Cela incluera immanquablement une mettre en avant une alternative aux mesures d'austérité du gouvernement conservateur et ceux de contrôler leurs dirigeants -n'est concevable qu'au prix d'une réelle défaite de la classe ouvrière. Mais tout porte à croire que l'on va dans le sens d'une montée capable de faire reculer le gouvernement dans les nouvelles discussions sur les salaires, créant ainsi les conditions requises pour le renverser. confrontation directe avec Michael Foot et avec nombre de dirigeants de la gauche qui ont accordé leur soutien à Tony Benn.

Ce dernier a lui-même suggéré que soit lancé un nouveau regroupement de la gauche, un Comité de représentation travailliste (LRC) nouvelle mouture (le LRC constitué en 1900 était le prédécesseur du Parti travailliste) regroupant ses partisans dans les sections, les syndicats et au Parlement. Une telle proposition correspond à un besoin ressenti. Cependant, une telle aile gauche doit absolument inscrire l'action sur son drapeau. Ce qui n'est pas en contradiction avec le combat à mener à l'intérieur du Parti travailliste et des syndicats pour la défense et l'extension des acquis de la gauche. Cela reste néanmoins une alternative claire face à ceux qui proposent que l'aile gauche avance au travers de compromis organisationnels et poliTony Benn ne se représente pas à l'avenir sous peine de s'aliéner Michael Foot et cette même gauche modérée. De telles forces font maintenant partie intégrante de l'aile droite. La solution réside dans les syndicats industriels.

Les progrès de la droite vont continuer à émousser la riposte de la classe ouvrière face à l'offensive des conservateurs cet hiver. Cela ne déterminera cependant pas cette riposte.

Un nouveau climat règne à l'intérieur de la classe ouvrière et la rebellion de la jeunesse durant les mois d'été en a consti tué un aspect. Le Parti travailliste avance maintenant une alternative avec laquelle beaucoup de travailleurs peuvent s'identifier, et qui tend à confirmer leurs vues sur les problèmes actuels comme étant le produit de la politique conservatrice, que donc elle doit être combattue et rejetée.

Toutes les sections du mouvement syndical réclament des augmentations de salaires pour tendre à rattraper la perte du pouvoir d'achat depuis la venue au pouvoir des conservateurs. Cela inclut des secteurs comme la British Leyland (BL) qui ont connu plusieurs revers importants Abonnez-vous ! Réabonnez-vous à « INPRECOR» I dans leurs luttes. De nombreux groupes de travailleurs incluent également la revendication de réduction du temps de travail dans le but d'empêcher de nouveaux licenciements et de commencer à s'attaquer au problème du chômage.

Le nombre des occupations d'usines contre les fermetures va en se développant. Une usine métallurgique comme Laurence Scott Electromotors, à Manchester, en est à son sixième mois d'occupation. Les travailleurs de cette usine ont été rejoints par ceux de la Staffa de Londres. Ces luttes rencontrent un soutien massif dans le mouvement ouvrier. Une occupation a également commencé à Dundee, dans l'un des chantiers navais nationalisés menacé de fermeture. L'occupation a gagné le soutien de l'ensemble des travailleurs des chantiers navals dans le pays, qui se sont prononcés pour une série de journées de grève nationale et pour un refus des heures supplémentaires dans l'ensemble de la construction navale.

La lutte contre les coupes sombres dans les dépenses sociales entre, elle aussi, dans une nouvelle phase. Jusqu'à maintenant, les conseils municipaux à majorité désiraient ne conservateurs avaient recours à une aug mentation des impôts locaux dont souffraient en tout premier lieu les travailleurs. Le ministre de l'Environnement, Michael Heseltine, leur a maintenant enlevé cette possibilité. Ceux qui veulent résister n'ont plus d'autre alternative que de se mobiliser contre le gouvernement. Plusieurs conseils municipaux, tout particulièrement le Conseil du Grand Londres, où la gauche est majoritaire, pourraient bien avancer dans le sens d'une confrontation directe avec le gouvernement dans le contexte de tensions de classes crois-

Certains secteurs de la bourgeoisie sont conscients de l'opposition grandissante et sont convaincus qu'il ne leur est pas possible de remporter la victoire à cette étape de la lutte. Un assaut frontal a donc été lancé contre la politique du goul'ex-Premier conservateur Edward Heath. Il est consicomme ayant avec lui 30% des députés conservateurs.

Parallèlement, il faut noter la percée du SDP (Parti social-démocrate) maintenant en alliance avec le Parti libéral. Les sondages d'opinion leur donnent plus de

La bourgeoisie se prépare donc clairement pour une alliance entre cette formation et l'aile Edward Heath du Parti conservateur comme alternative possible à Margaret Thatcher, si elle échoue dans la confrontation de cet hiver, et comme façon de prévenir la venue d'un gouvernement travailliste de gauche. Une gauche qui se place à la tête de cette victoire possible de la classe ouvriè. re peut empêcher que ce plan de la bourgeoisie ne se réalise. Telle est maintenant la tâche.

Brian GROGAN Londres, 8 octobre 1981.

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