Inprecor 1974–2004

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BRESIL

« Le Parti des travailleurs est une innovation historique... »

· Inprecor n° 111, 26 octobre 1981 · p. 30 · 838 mots

Brésil Syndicalisme

'ORGANISATION de la classe ouvrière brésilienne a connu deux pelles avancées importantes au cours des

/ mois d'août et de septembre. D'une part avec la tenue du CONCLAT (Congrès de la classe travailleuse) et, d'autre part, avec la tenue de la Convention de légalisation du Parti des travailleurs (PT).

Le CONCLAT s'est réuni fin août, à Praia Grande, près de Sao Paolo. Il a rassemblé 5 200 délégués syndicaux, des villes et des campagnes, représentant un millier de structures syndicales. Organisé à l'initiative de la tendance Unidade sindical, qui regroupe principalement le PC et une fraction de la bureaucratie jaune, il avait été conçu de façon à garantir une large majorité à ce courant. Ainsi, les deux tiers des délégués étaient-ils délégués de droit en tant que membres de directions syndicales ; un tiers seulement avaient été élus spécifiquement pour le Congrès.

Malgré cela, la réunion devait révéler que le courant combatif, polarisé par « Lula » et les militants du PT, était majoritaire de fait dans le Congrès, malgré sa mauvaise préparation et une absence totale de fonctionnement organisé.

Les résolutions du CONCLAT portent la marque de cette poussée à gauche. Le mot d'ordre de Constituante y a été adopté, mais lié au renversement de la dictature, ce qui exclut la « Constituante avec Figuereido » défendue par le PC. Le Congrès a exprimé un ferme rejet de tout Pacte social et approuvé le mot d'ordre de grève générale. Il a fixé un calendrier de lutte pour préparer la grève générale : le ler octobre, journée nationale d'action pour présenter les revendications des travailleurs au gouvernement ; le 16 novembre, bilan des ré. ponses gouvernementales et, si nécessaire, détermination des prochains pas sur la voie de la grève générale.

Enfin, il a été décidé de préparer pour août 1982 la tenue du congrès constitutif de la Centrale unique des travailleurs (CUT). Déjà, la tenue du CONCLAT constituait un défi de fait à la Loi syndicale qui subordonne par catégories les syndicats au ministère du Travail et interdit toute forme de regroupement intercatégoriel à l'échelon municipal, régional ou national. Pour préparer le Congrès de 1982, une commission pro-CUT de 56 membres a été mise sur pied.

Le courant Unidade : dans le CONCLAT sur pratiquement tous les problèmes d'orientation concernant les luttes et les mots d'ordre. Mais, pour le PC, la plupart de ces votes se réduisent à des chiffons de papier. L'important, c'est le contrôle de l'appareil syndical en formation. Or, grâce à une pure manœuvre de coulisse, jouant sur la naiveté et la bonne foi des dirigeants combatifs, le PC a réussi

" Le Parti des travailleurs

à s'assurer une majorité de fait dans la commission pro-CUT, qui menace - de vider de tout contenu les décisions du CONCLAT et de conduire à la division syndicale, avant même la tenue du congrès constitutif d'août prochain (cf. note 6).

D'autre part, le Parti des travailleurs a tenu en août une Convention pour tirer le bilan de la campagne pour sa légalisation. La loi édictée par la dictature impose en effet des normes bureaucratiques particulièrement difficiles à satisfaire pour la reconnaissance d'un parti. Et ces normes doivent être remplies dans au moins 9 Etats sur les 21 que compte le pays.

La Convention a pu enregistrer la victoire : avec plus de 220 000 affiliés à cette date, le PT remplissait les conditions de légalisation dans 16 Etats déjà. La Convention a en outre adopté de courtes résolutions sur la lutte contre le chômage et les élections de 1982. Elle a enfin élu un directoire de 90 membres représentant largement les différents courants et les régions.

Après cette Convention réelle, le PT devait tenir une Convention formelle, conforme à la réglementation légale qui ne reconnaît pas les structures militantes, mais seulement les structures électorales d'un parti. Cette Convention s'est tenue à Brasilia les 27 et 28 septembre dans les locaux du Sénat. Elle s'est réduite en fait à un grand meeting solennel (en présence de délégués des ambassades de Pologne, de Hongrie, du PC italien, de la social-démocratie espagnole, de l'OLP de Palestine, etc.), et à une fête pour célébrer la victoire que représente la légalisation.

Le discours de clôture de « Lula », président du PT, à cette Convention, constitue l'un des documents les plus intéressants quant à la définition actuelle du PT. Nous en reproduisons ici les principaux extraits. Nous reproduisons également, en complément, une interview de « Lula » au journal Em Tempo, dans laquelle il commente le résultat du CONCLAT et développe sa position sur la question controversée du mot d'ordre d'Assemblée constituante.

Dans un prochain numéro d'Inprecor, nous reviendrons sur les principaux problèmes d'orientation désormais posés au PT dans la nouvelle conjoncture brésilienne et à la veille d'une année décisive, marquée par la perspective d'un congrès constitutif de la CUT (août 1982) et des élections générales (novembre 1982): la tactique électorale, la question syndicale, les mots d'ordre d'Assemblée constituante et de grève générale, les questions d'organisation.

D. J.

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