, ES dernières semaines, un million de personnes ont manifesté contre la remilitarisation, à Bonn, Londres, / Bruxelles, Paris, Madrid et Barcelone (1). C'est la lutte la plus ample qui se déroule actuellement en Europe capitaliste. Le fait qu'elle coincide avec une crise économique qui aboutit à un chômage prononcé des jeunes, lui donne un potentiel de radicalisation de la jeunesse plus large encore que celui qui a caractérisé les mobilisations menées contre la guerre du Vietnam et qui ont conduit à Mai 1968.
L'objectif immédiat de la lutte est d'arrêter la nouvelle escalade de la course aux armements déclenchée par l'impérialisme. C'est pourquoi les marxistes révolutionnaires se battent pour que le mouvement contre la remilitarisation s'unifie autour d'objectifs précis : « Non à la bombe à neutrons ! Non aux missiles Pershing ! Non à l'OTAN! Réduction immédiate et substantielle des budgets militaires ! Réduction du service
— par exemple à six mois, comme le réclament nos camarades français de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et des Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR). »
La politique criminelle de la bureaucratie soviétique (Alghanistan, Pologne) contribue objectivement à occulter la responsabilité principale de l'impérialisme dans l'escalade du réarmement. C'est une raison de plus pour que les marxistes révolutionnaires la soulignent.
L'explosion de colère des jeunes de Grande-Bretagne contre le chômage, le démantèlement des services sociaux, l'inégalité sociale croissante, la police raciste, accroît considérablement l'impact de la jonction de la lutte contre la remilitarisation et de la lutte contre la crise et l'austérité, autour de mots d'ordre tels que « Des emplois et non des bombes ! », comme le défendent nos camarades britanniques de l'International Marxist Group (IMG) et nos camarades allemands du Gruppe Internationale Marxisten (GIM).
Au-delà des objectifs immédiats qu'elle vise à atteindre, la vague de luttes anti-guerre constitue un facteur politique nouveau en Europe, qui redistribue les cartes de la diplomatie internationale, mais pas nécessairement ni automatiquement dans un sens favorable aux intérêts du prolétariat et d'une lutte efficace contre les menaces de guerre. C'est pourquoi les marxistes révolutionnaires ont le devoir de développer une propagande anti-impérialiste et anticapitaliste plus générale, disant toute la vérité aux masses et maintenant vive leur vigilance face aux menaces de guerre. ce n'est là qu'une nouvelle étape d'une course aux armements qui dure depuis des décennies. Il n'y a aucun domaine où la politique du « moindre mal » est plus absurde que celui des armes nucléaires. Quel est l'imbécile qui proclamera qu'il est préférable pour l'humanité d'être détruite trois fois sous le feu atomique plutôt que de l'être cinq fois ?
Or, les armes nucléaires actuellement accumulées suffisent déjà pour détruire plusieurs fois le genre humain. Ce danger
EDITORIAL subsistera, même si la bombe à neutrons, les fusées Pershing, Cruise et MX ne sont pas intallées.
De même, la menace nucléaire pèse sur tous les continents depuis longtemps. Il est totalement illusoire de croire qu'on puisse écarter de l'Europe la mort atomique, simplement en empêchant qu'on y installe de nouvelles fusées.
Pour la bureaucratie soviétique et pour les forces politiques inféodées, ristes en cours sont monnayées pour obtenir des modifications de la politique de Ronald Reagan dans le cadre de l'alliance impérialiste maintenue et d'une « coexistence pacifique » avec une course aux armements « contrôlée ».
Mais dans les conditions actuelles de crise aggravée du capitalisme et de l'impérialisme, cette course aux armements « contrôlée » implique de toute manière une menace aggravée de guerre.
Il importe donc que les marxistes révolutionnaires rendent les masses conscientes de cette vérité fondamentale. La lutte contre la bombe à neutrons, contre les fusées Cruise, Pershing et MX, n'est qu'un premier pas. Remporter une première victoire est utile, important et nécessaire. Mais elle n'écartera la menace de mort nucléaire que si elle aboutit au désarmement nucléaire généralisé, que si elle aboutit à désarmer complètement la bourgeoisie internationale. Aussi longtemps que subsiste le capitalisme, la propriété privée et la concurrence, l'industrie d'armement et les préparatifs de guerre seront inévitables. Notre planète ne connaîtra de paix durable que si le règne du capital est renversé. Seule la mobilisation des travailleurs et le socialisme pourront assurer la paix du monde.
1er novembre 1981.
1. Lire page 36 le compte rendu des manifestations de Rome, Bruxelles, Londres et Paris des 24 et 25 octobre.
ni OTAN LCR LEIG ni COME VISTA bases-
Espagne : fresque murale anti-OTAN dans l'Etat espagnol, réalisée par nos camarades de la LCR. (DR)