Run nom qui n'est pas un vain mot La bataille pour les samedis libres n'est pas prête de prendre fin. On se souvient qu'au mois d'août, face aux pressions du gouvernement et face à l'ampleur de la crise, la direction de Solidarité en était venue à lancer un appel aux ouvriers pour qu'ils acceptent de travailler huit samedis d'ici la fin de l'an-
Mais voilà que, fin septembre, le gouvernement remettait sur le tapis un projet de loi déjà rejeté par le syndicat ce printemps, et qui est une véritable tentative de corruption à l'égard des mineurs. Ce projet prévoit en effet un triple salaire pour ceux qui accepteraient de travailler les jours fériés.
La riposte des ouvriers concernés - qui avaient déjà travaillé deux samedis durant le mois de septembre — ne s'est pas faite attendre. Dans la mine de Debiensko, où j'ai pu rencontrer les représentants du Conseil ouvrier et de la Commission d'entreprise de Solidarité, ils ont organisé un référendum et ils ont dit
« Si on accepte ça, c'est la fin de Solidarité. Tu te rends compte! On gagnerait plus en deux jours qu'en cinq jours normaux. 600 % de notre salaire quotidien. C'est une façon de nous acheter, de nous contraindre à travailler les jours fériés, alors qu'une de nos principales revendications concerne la diminution du temps de travail pour lutter contre les maladies, les accidents qui atteignent un taux absolument incroyable dans notre secteur. On nous appâte avec l'idée qu'on pourrait s'acheter un téléviseur, un frigo, ce dont chacun rêve ... Et notre santé ? Et notre famille ? Et l'unité avec les autres ouvriers surtout? Ils veulent nous diviser, mais il faut les en empêcher à tout prix. C'est vrai que dans plusieurs mines de Katowice et de Bytom, où les syndicats de branche ont un certain impact, les ouvriers ont accepté ce marché. (...) Mais chez nous, nous avons pris le temps de bien discuter et 90 % des ouvriers se sont prononcés contre la proposition du gouvernement dans le référendum que nous avons organisé dans la mine au début du mois. Et il faut que nous puissions convaincre les autres d'en faire autant. »