Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MEXIQUE

Le IIIe Congrès du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT)

· Inprecor n° 115, 21 décembre 1981 · p. 33 · 1 157 mots

Mexique

E 15 novembre demier à Mexico, 5 000 personnes ont assisté au cinéma Variedades à la proclamation officielle

•de la candidature de la camarade Rosario Ibarra de Piedra pour les élections prédisentielles qui auront lieu le 6 juillet prochain. Avec le Parti révolutionnaire

(PRT), la section mexicaine de la IVe Internationale, deux autres organisations, le Mouvement révolutionnaire du peuple

(MRP) et l'Union de lutte révolutionnaire (URP), soutiennent cette candidature. D'un commun accord, le nom de la liste

Une centaine de délégués, élus démocratiquement par les cellules de l'organisaont discuté pendant quatre jours d'un important ordre du jour. Il n'y avait pas de tendances organisées, mais les 40 à 60 interventions sur chaque point de l'ordre du jour ont fait la démonstration du haut niveau de participation aux dé.

La résolution sur les tâches du parti adoptée par le Congrés part de la radicalisation de la classe ouvrière et de ses alliés, liée à la crise économique et à la crise de domination politique mexicaine. En cinq ans de politique d'austérité menée par le gouvernement de José Lopez Portillo, pratiquement tous les secteurs de la classe ouvrière sont entrés en lutte, avee les paysans, les femmes ...

Devant la faiblesse des partis ouvriers, c'est à l'intérieur des organisations syndicales que les travailleurs se sont mis à discuter de politique.

tions, le PRT a entrepris, particulièrement au cours des deux dernières années, un tournant vers l'industrie, dont le bilan et l'orientation ont été l'objet d'une résolution spéciale du Congrès. Les résultats obtenus sont importants : le parti a renforcé ses liens avec le mouvement ouvrier et modifié, de ce fait-même, ses méthodes de travail et de direction, avec des effets évidents sur la maturité de l'ensemble de ses militants.

Sur la base du constat qu'au cours de nombreuses luttes s'est manifestée l'aspiration de larges secteurs du mouvement ouvrier à construire un parti ouvrier indépendant comme moyen de rompre avec la domination qu'exerce encore le

Parti révolutionnaire institutionnel (PRI)

gouvernemental sur la majorité des travailleurs, le Congrés du PRT a décidé de faire de la construction d'un parti ouvrier indépendant un axe central de sa propagande électorale et de son activité dans la période à venir.

Sur ce terrain, ques semaines avant la tenue du Congres du PRT, du Parti socialiste unifié du Mexique (PSUM) revêt une grande importance pour le PRT (1). Sans doute, le PSUM prétend-il capitaliser cette aspiration des travailleurs mexicains à construire leur propre parti de masse, mais la ligne néo-

Le Ille Congrès du

des travailleurs étudiant et populaire) du Pérou.

de cette coalition d'organisastalinienne et populiste constitue le dévoiement de ces mêmes aspirations.

Pour le PRT mexicain, la politique de front unique n'est pas une simple question d'éducation militante, de propagande ou d'orientation générale : le rap port des forces avec le PSUM peut lui permettre de faire de cette orientation une pratique systématique dans la lutte syndicale et politique. Une première démonstration de ce fait s'est concrétisée sur le terrain électoral, sous la forme de la réponse à apporter à la trés large aspiration des travailleurs à une candidature unique du mouvement ouvrier. Une fois que le PSUM a décidé de présenter son propre candidat en la personne de Arnaldo Martinez Verdugo, secrétaire général (PCM) dissous dans le PSUM, il s'est employé à mener campagne pour faire apparaître le PRT comme responsable de la division des candidatures ouvrières. La juste réponse du PRT, qui s'est déclaré prêt à tout moment à entamer des discussions nécessaires pour parvenir à une candidature unitaire, a permis de convaincre de larges secteurs d'avant-garde de ce que la responsabilité de la situation incombait au PSUM. Une des conséquences de ce travail est le soutien maintenant confirmé à la candidature de Rosario Ibarra de Piedra de la part de plusieurs organisations de la gauche révolutionnaire mexicaine.

La lutte contre la répression et pour les libertés démocratiques constitue aussi un des axes centraux de l'activité du parti. Il y a au Mexique 450 « disparus » pour raisons politiques, ce qui est la dé monstration de la répression policière et para-policière croissante menée par le gouvernement mexicain. Le PRT se trouve bien placé pour remplir un rôle d'avant-garde dans ce combat, au travers de sa propre campagne électorale. En effet, la camarade Rosario Ibarra de Piedra est la presidente de l'organisme unitaire FNCR (Front national contre la répression), symbole respecté par tout le peuple mexicain de cette lutte menée depuis de nombreuses années, et elle-même aussi représentative, comme le dit la résolution, «du chemin que parcourt l'immense

MEXIQUE

« Unité ouvrière, paysanne, populaire » a été adoptée pour cette candidature qui n'est pas sans rappeler une des plus impor tantes coalitions électorales « lutte de classe » de ces dernières années en Amérique latine : le FOCEP (Front ouvrier, paysan,

Cette proclamation de la candidature de Rosario Ibarra de

Piedra a constitué un excellent prologue au Ille Congrès du

PRT qui s'est tenu des 18 au 21 novembre derniers à Mexico.

majorité des combattants de pays comme le Mexique : leur lutte commence sur des questions démocratiques et se termine par la compréhension de la nécessité de la ré-

Enfin, en accord avec toute la tradition du PRT et sa qualité de section de la

IVe Internationale, le Congrés a longuement discuté des tâches internationalistes, centrées sur la solidarité avec la révolution en Amérique centrale, avec Cuba et avec les travailleurs polonais.

La définition du type de parti que le

PRT veut construire et qu'il commence déjà à être (« révolutionnaire et internaet véritablement communiste ») a occupé la partie finale

La tenue de ce Ille Congrès du PRT a déjà une signification spéciale dans l'histoire de la section mexicaine de la IVe

Internationale. La raison n'en est pas seulement l'obtention par le parti de sa légalisation ou la participation à cette campagne électorale qui a une telle importance pour son avenir. Le PRT a obtenu au cours des dernières années d'autres résultats moins spectaculaires, mais néanmoins particulièrement importants, et qui se reflètent dans les travaux et résolutions de ce Congrès : la maturité des militants, leur esprit de parti, le dépassement du fractionnalisme, l'homogénéité de son équipe de direction. Le PRT n'est déjà plus une organisation d'activistes pleins de bonnes idées pour la propagande. C'est un parti ouvrier, encore jeune et relativement petit, qui sait ce qu'il veut et

C'est, en plus - comme l'a précisé

Rosario Ibarra de Piedra lors de la séance de clôture du Congrés — une organisation k modeste », qui sait qu'elle ne se trouve qu'au début de son chemin et dont les problèmes les plus difficiles à résoudre sont devant elle. Ce Ille Congrès aidera certainement le PRT à les résoudre.

Angel MUNOZ

Mexico, 25 novembre 1981.

1. « Mexique : la légalisation et la campagne du PRT *, un entretien avec Sergio Rodriguez, dirigeant de la section mexicaine de la IVe

Internationale, Inprecor numéro 112, du 9 no-

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