Inprecor 1974–2004

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BRESIL

Le PCB appuie les généraux polonais

Inprecor n° 119, 22 février 1982 · p. 34-35 · 790 mots

Pologne Syndicalisme Brésil

BRESIL Le PCB appuie les généraux polonais

Le Parti communiste brésilien (PCB) a une solide tradition de collaboration de classe. Aujourd'hui encore, il est enfoncé jusqu'au cou dans des combinaisons politiques avec la bourgeoisie. Il fait partie d'un grand parti libéral bourgeois, le Parti du Mouvement démocratique brésilien (PMDB), qui est en train de négocier une fusion avec le « parti des banquiers », le Parti populaire (PP), repaire d'anciens putschistes, conçu et créé par les stratèges de l'« ouverture » pour disposer d'un interlocuteur raisonnable ... L'ancien secré taire général du PCB lui-même, Luis Carlos Prestes, qui en a fait des vertes et des pas mûres, trouve que c'en est trop : il a rompu avec son parti il y a un peu plus d'un an en dénonçant son opportunisme.

Tout cela n'empêche pas le PCB de faire, à propos de la Pologne, un assaut d'orthodoxie stalinienne. Ce ne sont là que les deux faces d'une même médaille.

Son hebdomadaire Voz da Unidade publie, dans son numéro du 22 janvier 1982, un article intitulé « Les conspirateurs sur la scène polonaise » qui porte à son comble la vision policière de l'histoire, comme à la grande époque des procès de Moscou : « Depuis qu'a été proclamée la République populaire de Pologne, les centres et services anticommunistes ont lancé une activité acharnée pour miner les fondements du socialisme en Pologne, variant seulement de méthode ... L'activité subversive du KOR se développait à différents niveaux. La banque d'informations créée par le KOR a été utilisée pour recenser des données de tout le pays, facilitant ainsi l'espionnage politique et économique... Il convient de signaler que c'est Karol Modzelewsky, un des ennemis invétérés de la Pologne socialiste, qui a conseillé d'utiliser le terme de Solidarité pour tromper les masses ... Les grèves et les désordres de rue incessants se sont produits là où c'était prévu, conformément à un plan pré-établi. Il a été procédé à l'expulsion des comités du parti des entreprises industrielles. Des groupes d'assaut, de style fasciste, avec des barres de fer, implantaient leur ordre là où les évé-

One se développaient pas en conformité avec le scénario de la contre-révolution ... Le peuple, aidé et défendu par l'armée polonaise, ce peuple qui était au bord du désastre, put se ressaisir et secouer l'énorme fardeau de chantage et de terreur qu'il a dû supporter pendant plus

Il est vrai que ce zèle bureaucratique est parfois difficilement conciliable avec les revendications démocratiques les plus Walesa au poteau). élémentaires contre la dictature brésilienne et les pactes les plus honteux passés avec la bourgeoisie libérale. Les porte-parole du PCB donnent alors une version publique plus nuancée de leur position. C'est le cas de Hercules Correa qui devait déclarer, au cours d'un débat organisé par le quotidien « Folha de Sao Paolo » le 29 PMDB, du PP et un curé polonais : « L'at-• titude du syndicat Solidarité tendait, à rôle non plus d'un syndicat, mais d'un parti politique. Un parti politique a, on le sait, des fonctions déterminées. Un syndicat a des fonctions distinctes, sous le socialisme comme sous le capitalisme ... Ce processus de désorganisation de l'économie a mis à l'ordre du jour - maintenant et pas avant — l'état de guerre qui, comme l'a dit le Premier ministre Jaruzelski, s'impose pour rétablir le contrôle sur l'é conomie et la politique, en fonction de la défense du socialisme ... que le POUP doit avoir une conscience de ses responsabilités, et comprendre que la solution à tout problème du monde socialiste - car cela doit nous servir d'exemple dans notre lutte dans le monde capitaliste - doit consister en un élargissement de la démocratie, et principalement un élargissement de la démocratie politique. »

Il est vrai que la position officielle du PCB ne « passe » pas sans difficultés. Elle a déjà fait l'objet de critiques internes

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dans le cadre du débat préparatoire au prochain Congrès et risque de contribuer à l'éclatement d'une nouvelle crise couve depuis un certain temps.

Ce d'autant plus que le PCB n'est pas seul sur l'échiquier politique. Il doit faire face à une position de solidarité avec Soles travailleurs polonais n'est pas le fait du régime, mais du Parti des travailleurs (PT) et des secteurs commouvement syndical. Dès le mardi 15 décembre, le syndicat des métallurgistes de l'ABC publiait un tract de soutien aux travailleurs polonais dépourvu d'ambiguité.

La plupart des dirigeants du PT se sont exprimés dans le même sens. Et, le jeudi 17 décembre, les travailleurs de l'usine Volkswagen de Sao Bernardo do Campo ont organisé un rassemblement avec la participation de « Lula », au cours duquel ils ont observé une minute de silence en hommage aux ouvriers polonais victimes de la répression bureaucratique.•

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