Un entretien avec Bernadette Devlin McAliskey candidate présentée par People's Democracy aux élections du 18 février
IRLANDE
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ES résultats des élections générales qui viennent de se dé-
/ tombée brutale qu'a connue le mouvement anti-impérialiste depuis que la grève de la faim des prisonniers des Blocks H s'est achevée par une défaite partielle en 1981.
Aucun des candidats anti-impérialistes n'a réussi à se faire élire. Ils n'ont recueilli qu'un nombre réduit de suffrages à l'exception de Bernadette Devlin McAliskey, qui se présentait dans la circonscription de Dublin North Central, et des candidats du Sinn Fein qui ont fait campagne dans des comtés traditionnellement à forte implantation républicaine.
Les votes pour les candidats républicains dans les comtés de la zone frontière entre les 26 comtés du Sud et les 6 comtés du Nord ont également fortement diminué si on les compare avec les résultats obtenus en juin 1981 par les candidats de la campagne contre les Blocks H lors des élections générales.
Les résultats obtenus par Bernadette Devlin ont d'ailleurs été largement inférieurs à ce qui pouvait être espéré sur la base de l'affluence aux meetings auxquels elle a participé sur les parvis des églises, et de l'impact des tournées de porte-à-porte.
Elle n'a obtenu que 2 000 votes préférentiels, soit la moitié de ce qui lui était nécessaire pour pouvoir briguer un siège au Parlement irlandais, selon le scrutin de liste à la proportion-
Néanmoins, le nombre de voix recueilli par Bernadette
Devlin est largement supérieur à celui obtenu lors des élections générales de juin 1981 — lorsque la campagne en faveur des grévistes de la faim était à son apogée — par les autres candidats de la campagne contre les Blocks H dans les circonscriptions de Dublin.
L'accueil qu'elle a reçu dans la rue a été également plus chaleureux qu'en juin dernier, quand elle est venue dans les circonscriptions de Dublin soutenir les candidats de la campagne contre les Blocks H.
Elle a pu constituer autour d'elle une équipe de campagne qui a compté jusqu'à 150 militants.
A l'échelle de l'Irlande, et même de Dublin, où se trouve concentrée la classe ouvrière industrielle, la campagne menée par Bernadette Devlin a eu un certain impact. L'étendue des soutiens qu'elle a reçus, y compris de personnalités importantes du mouvement ouvrier et de la gauche traditionnelle du Parti travailliste, a montré que cette campagne pouvait bien de reconstruire
INTERNATIONAL VIEWPOINT :
masse à partir de ce
- Quel est ton objectif en te présentant à ces élections ?
mi les prisonniers quant à la tactique à
Bernadette DEVLIN McALISKEY :
- Au départ, l'objectif principal était de
Taire quelque chose pour endiguer la déextrême, les divisions ont commencé à moralisation dans le mouvement anti-imapparaître. Nous avons pensé que la pourpérialiste, pour le ressouder autour d'une suite du soutien aux prisonniers devait campagne concrète et le relancer.
s'accompagner d'une campagne contre ce
La question des élections a d'abord qui devenait une répression ouverte et été posée d'une manière abstraite, quand systématique contre le mouvement des nous discutions de la tenue d'une Conférence des Blocks H début février, mais qui de militants doit maintenant avoir lieu le 14 mars.
Nombre de militants du Comité na-
Plusieurs personnes ont été arrêtées un tional contre les Blocks H sentaient bien peu partout dans le pays et le jeune qu'il serait impossible de continuer ou
Situation du mouvement
anti-impérialiste irlandais
être le point de départ d'un mouvement plus large. Cette campagne a constitué une courageuse action d'arrière-garde dans la perspective de préparer de futures relances du mouvement.
C'était la quatrième campagne électorale de Bernadette Devlin depuis l'attentat où elle a été grièvement blessée en janvier 1981. Son courage et son dévouement lui ont gagné la considération de secteurs de plus en plus larges du peuple irlandais et cela a été manifeste tout au long de cette campa-
Avec ces élections, la bourgeoisie irlandaise a vu ses positions renforcées, mais elle n'est pas parvenue à stabiliser son système parlementaire. Le Fianna Fail, le plus populiste des deux principaux partis bourgeois, n'a remporté qu'une majorité relative à la Chambre. La majorité au Parlement dépend de quatre « socialistes » pro-impérialistes qui se trouvent dans une situation particulièrement contradictoire. Ils se prétendent de gauche mais ce sont en fait des droitiers sectaires et un peu bizarres, qui ne peuvent se passer des projecteurs de l'actualité Ce sont eux qui ont tait tomber le dernier gouvernement, lorsqu'ils n'ont plus pu soutenir ouvertement la politique d'austérité d'un régime bourgeois situé très à droite.
Par sa démagogie, le Fianna Fail peut constituer un instrument efficace pour la bourgeoisie, pour autant qu'aucune pression organisée ne s'exerce sur lui. Par contre, il se trouve dans une situation plus difficile que celle du Fine Gael, le parti bourgeois dominant, dès qu'un mouvement de masse se déve-
Les perspectives politiques à court terme vont done dépendre, dans une certaine mesure, des résultats de la Conférence du mouvement contre les Blocks H qui doit se tenir à la mi-mars. La campagne menée par Bernadette Devlin devrait permettre de voir sa position et celle des trotskystes irlandais renforcée pour gagner le mouvement à l'idée de nouvelles formes d'action plus efficaces.
Nous publions ci-dessous une interview de la camarade Bernadette Devlin McAliskey, candidate présentée par People's Democracy (organisation sympathisante de la IVe Internationnale), réalisée pour International Viewpoint, le 16 février 1982 à Dublin, à la veille de ces dernières élections.
Genry FOLEY un mouvement de Keogh s'est vu infliger une peine de 3 ans qui restait des cinq de prison pour avoir prétendument partirevendications des prisonniers (1). Des cipé à une émeute lors d'une manifestadifférends se sont également fait jour par- tion devant l'ambassade de Grande-Bretagne. Mais le désaccord est né de savoir s'il fallait ou non mettre la répression au Dans ce contexte de démoralisation centre de la campagne contre les Blocks
H. Tout laissait à penser que nous ne savions pas où nous allions. de porter leurs propres vétements : droit de refuser le travail carcéral : droit de réunion pour les détenus politiques: droit d'organiser par eux-mêmes leurs cours de forBlocks H en général. Un certain nombre mation et leurs loisirs, recevoir une visite, une lettre et un paquet par semaine ; droit au bénéde peine pour une bonne conduite (leurs refus d'accepter la discipline sur certains points était lié à leur volonté d'être considérés comme des détenus politiques).
L'armée britannique dans un quartier catholique d'Irlande du Nord après la mort de Bobby
Je soutenais fondamentalement la logique de l'argumentation que People's Democracy (PD) allait avancer à la Conférence des Blocks H, selon laquelle, bien que nous n'ayons pas réussi à obtenir satisfaction sur les cinq revendications, il fallait nous construire sur ce avions obtenu. Les camarades de PD ajoutaient qu'il nous fallait reconnaître que ce qui était sorti de la campagne, d'un point de vue général, c'était le renouveau de la lutte nationale elle-même, et que c'est autour de cela que nous devions nous cons-
Sur cette base, People's Democracy précisait qu'il fallait commencer à aborder les questions générales de la politique irlandaise, cela avec la compréhension que le gouvernement était fragile et des élections devaient nécessaire. ment avoir lieu dans un futur assez proche. Et, à l'époque, ceux qui en parlaient raisonnaient en termes de quelques mois.
Cela explique la façon dont les choses se passent aujourd'hui; le gouvernement est tombé au moment même où nous sortions un texte qui mettait l'accent sur le besoin d'élargir la plate-forme des revendications sur lesquelles nous pourrions construire le mouvement de masse sur une plus grande échelle. Le gouvernement est tombé le lendemain même du jour où l'on m'a demandé de signer ce
Les élections sont alors devenues une question concrète et People's Democracy m'a demandé si j'étais prête à me présenter dans cette circonscription.
— Il est apparu de plus en plus évident, lors de la campagne de grèves de la faim, que les militants des Blocks H attendaient le développement d'un front antiimpérialiste pour se présenter aux élections, front sur lequel le mouvement a remporté ses plus grands succès. Tu te souviens de l'ovation qui t'a saluée lors d'un meeting central contre les Blocks H à Dublin à la veille des dernières élections générales. Tu avais alors appelé à se présenter dans chacune des circonscriptions contre les partis bourgeois pro-impérialistes et capitulards. Pourquoi l'élan a-t-il
- Le premier problème que nous avons rencontré est qu'une fois les élecaucun accord ne s'est concrétisé quant à la façon d'exploiter ces premiers succès. Il n'existait aucun accord autour de ce que l'on pourrait appeler une conception stratégique d'ensemble de l'utilisation des élections, par opposition à une tactique. Bobby Sands et Kieran Doherty se sont fait élire. Mais, malgré cela, nous n'avons pu empêcher leur
Owen Carron a été ensuite élu à Fermanagh-Sud Tyrone. Après cela, il m'est apparu que les divergences autour de la « non-participation » au Parlement ou le manque de compréhension quant à la façon dont on pourrait utiliser les députés « non participationnistes » ainsi que leur place dans un travail général de construction du mouvement de masse, présentaient des aspects démoralisants, pour les gens dans ma propre localité par
Les médias et la machine politique du parlementarisme sont parvenus à isoler Owen Carron qui n'a pu qu'avoir recours à ce qui a été perçu comme des opérations publicitaires successives.
L'autre problème était que, en l'absence d'une campagne de grève de la faim, les gens craignaient qu'il soit impossible de maintenir l'impact du vote « Blocks H». Franchement, je pense qu'ils avaient raison sur ce point. Je crois que, dans quelques jours, il y a des endroits où nous n'obtiendrons pas les scores que nous avons enregistrés la dernière fois.
Il faut aussi dire que cette campagne fait la preuve que là où elle est effective, que ce soit à Dublin, à Sligo-Leithrim, à Cavan-Monaghan ou à Limerick, le mouvement n'a pas disparu. La facilité avec laquelle les militants ont été amenés de nouveau à être actifs dans cette campagne, de même que l'enthousiasme avec lequel ils sont revenus pour reprendre la lutte, est des plus positifs. Cela fait peser une lourde responsabilité sur nos épaules. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser à nouveau retomber cet élan.
- Les problèmes du manque d'unité dont tu as parlé ont-ils été résolus ?
- Avec le peu de temps dont nous disposions, il était impossible de réaliser le type de front unique anti-impérialiste que nous préconisions. Il aurait fallu mener des discussions avec le Sinn Fein, lIrish Republican Socialist Party (IRSP), avec People's Democracy (PD) et des indépendants comme moi-même, et arriver à élaborer un programme minimum autour duquel nous aurions pu mener une campagne de front unique. La question de l'abstentionnisme n'est bien sûr pas du tout résolue.
Donc, sur une échelle plus limitée, nous nous sommes contentés d'un pacte de non-agression. A savoir que les diffé rentes organisations ou les indépendants allaient faire campagne sur des bases assez similaires, et ne pas se présenter les uns contre les autres. Tout le monde s'accorde à dire que participer aux élections est une bonne chose. En fait, cette fois, même les abstentionnistes espèrent que je remporterai la victoire.
- Tu veux dire que tout en ne voulant rien avoir à faire avec les élections, ils estiment néanmoins que ce serait bien si
- Oui, c'est ça. - Lors des dernières élections générales, le mouvement contre les Blocks H s'est élargi. La campagne actuelle a-t-elle été l'occasion d'un élargissement comparable ?
- La différence entre ma campagne, ici, et celle qui est menée dans les autres régions est que les militants contre les Blocks H y ont été regagnés. Dans ma circonscription, nous avons réussi à mêler les efforts de militants contre les Blocks H et ceux de toute une couche d'indépendants radicalisés trempés dans les luttes sociales, et dont bon nombre n'ont jamais vraiment été partie prenante de la campagne contre les Blocks H.
- Ceux qui préconisent une campagne axée sur des questions sociales, une action indépendante de la classe ouvrière autour des questions sociales ?
- Précisément. Cette campagne élec torale a réfuté avec un certain succès l'idée selon laquelle il y aurait une séparation entre la question nationale et ce que les gens appellent « politique ouvrière » de ce côté-ci de la frontière imposée par
Au cours de la campagne contre les Blocks H, compte que ce dont nous avions besoin, c'était du soutien de cette partie du pays, et que nous avions cinquante années d'é. ducation fondée sur cette séparation à essayer de battre en brèche. Dans le laps de temps qui a coûté la mort à dix hommes, nous n'avons pas pu le faire.
Je pense que beaucoup de gens se sont rendus compte au cours de la campagne que l'absence d'une forte tradition ouvrière anti-impérialiste dans le Sud est ce qui nous a le plus manqué. La conviction existe maintenant que l'une de nos tâches est de la construire.
- Penses-tu que cette campagne représente une étape vers la formation d'un parti ouvrier révolutionnaire de masse ?
- Je ne crois pas que nous ayons une idée précise de ce que cela signifie réellement. En principe, c'est ce que les gens attendent de cette campagne. Dans ma circonscription, je peux me rendre compte que c'est ce à quoi les gens aspirent.
Notre point de départ dans la campagne a été de tenter d'enrayer la démoralisation, et à ce stade nous pensons que ment plus loin après ces élections plus importantes que nous ne le pensions, et que nous avons même une bonne chance de remporter ce siège.
On remarque toujours que, dans une campagne électorale, ce sont les gens qui sont le plus convaincus par la justesse de vos arguments qui travaillent pour vous. Estimer gagner un siège pourrait done sembler par trop optimiste, mais il faut dire que l'impact de l'alternative que nous avons offerte a été plus large que ce que nous attendions.
- Sans aucun doute, le type de militants que tu as polarisé au cours de ta campagne est représentatif de ce que pourrait être le noyau d'un parti ouvrier révolutionnaire. Ils semblent très implantés dans leur milieu, ce sont des travailleurs intelligents et actifs, qui disposent déjà, d'une manière ou d'une autre, d'une expérience politique considérable.
- C'est la première fois que je me présente dans une zone urbaine. C'est également la première fois que j'ai vraiment cherché à organiser les travailleurs syndiqués là où ils sont. Quand je frappe à leur porte, ils me disent ce dont a besoin ce pays ; ce sont eux qui me disent qu'il faut construire une organisation indépendante pour les travailleurs, qu'il nous faut construire un parti politique qui n'aurait pas d'autres préoccupations que de défendre les intérêts des travailleurs et non pas un parti qui cherche ce qu'il peut tirer des partis bourgeois du Fianna Fail et du Fine
Le mouvement contre les Blocks H a montré comment surmonter le sectarisme et la division existant dans le mouvement ouvrier. Quand ils ouvrent leur porte, beaucoup de gens qui n'ont rien a voir avec le mouvement contre les Blocks H te disent que nous avons besoin de quelque chose comme le Comité national contre les Blocks H pour engager la lutte contre le chômage, la crise du logement et le fait qu'ils se font exploiter par les multinatio-
La campagne contre les Blocks H est un exemple pratique de quelque chose qui fonctionne. Ça fait réfléchir les gens qui y voient un moyen de résoudre leurs propres problèmes. Présenter la lutte nationale et la lutte économique dans le même contexte est aisé dans la mesure où les gens les considèrent toutes les deux comme étroitement liées. Ce qu'ils veulent savoir, c'est ce que l'on va faire dans la pratique pour changer la situation.
- Cela veut-il dire que le Comité national contre les Blocks H a su organiser les gens dans la lutte ?
- Exactement, c'est ce que les gens attendent. En même temps, les illusions dans la démocratie parlementaire restent encore très fortes.
- Il y a deux aspects dans la question. Les gens peuvent se rendre compte de ce que les politiciens mentent et que le Parlement ne fait rien pour eux. Mais ils veulent une représentation démocratique, un moyen d'imposer la décision de la ma-
- C'est la réaction instinctive qu'ont les gens. A ce stade, ils n'ont pas approfondi la question. L'autre chose intéressante, c'est le nombre de gens qui te disent au cours d'une conversation : « Ce qu'il nous fait ici, c'est un mouvement comme Solidarnosc. » Des gens de la rue, pas des membres du Parti travailliste ou de quelque petit groupe, mais des gens ordinaires qui réfléchissent un peu à leurs
J'ai rencontré pas mal de syndicalistes non affiliés à un parti, pas mal de syndicalistes qui sortent de leurs usines en portant des badges de Solidarnose. Il y a divers types de gens qui portent des badges : ceux qui portent des badges du mouvement anti-apartheid ou du mouvement pour le désarmement nucléaire. Ceux-là ont généralement dans les 25 ans et sont passés par les rangs du Parti travailliste. Mais il semble que le syndicaliste de base, inorganisé politiquement, lui, porte souvent un badge de Solidarnosc.
- Un candidat de droite de cette circonscription a essayé d'utiliser la question de la Pologne contre toi, en disant que tu étais pour le socialisme et que tu soutenais donc implicitement la répression en cours en Pologne. Quel effet cela a-t-il
- Il en a été pour ses frais. Nous avons pu démontrer que c'était les gens comme nous qui organisions la solidarité avec So-
J'ai également souligné Lech Walesa soutenait les revendications des grévistes de la faim des Blocks H, et que Sean Loftus, le réactionnaire en question, lui, ne l'avait pas fait. J'ai ajouté que
Solidarnose favorisait, c'était le type de démocratie pour les travailleurs pour laquelle je me bats. Ils ont donc abandonné l'argument de la Pologne qui se retournait contre eux.
- Bien que la politique parlementaire soit un jeu truqué, il y a évidemment un aspect démocratique très important dans le type de campagne que tu mènes. Tu dois organiser des groupes de gens et tu dois te lancer dans la lutte pour convaincre les gens de travailler et de voter pour toi. C'est en partie le problème avec les Républicains, fondamentale est que ce qui compte c'est l'audace, l'initiative et le dévouement de petits groupes. On montre sa force, on donne l'exemple et les gens vous suivent, différence fondamentale d'avec les marxistes dont l'objectif est d'éduquer les travailleurs à prendre leur propre destinée en
- Hum, en réalité, les Républicains agissent bien dans les termes que tu énonces, mais ils l'ignorent. Ils sont maintenant en train de changer, mais ils ne le savent pas non plus. Les Républicains savent, en dépit de leurs faiblesses, que la campagne de grèves de la faim, le Comité national contre les Blocks H, l'action de masse et l'organisation démocratique ont été payantes. Ils doivent tenir compte de tout cela, ce qui leur fait redresser la barre doucement. Bien que presque imperceptible, cela engendre des crises et entraîne assurément un certain renouvellement de leurs membres.
- Quand certains de leurs membres éduqués dans la vieille ligne abandonnent
- Oui, c'est ça. - Mais pourquoi les Républicains semblent-ils aller à reculons politiquement depuis la fin de la grève de la faim ? Auparavant, An Plobacht-Republican leur journal, respirait la vitalité politique et se développait. Ces derniers mois, il a été étrangement vide politiquement. Ils ont à peine mentionné la Pologne alors qu'ils prétendent représenter la tradition nationaliste-révolutionnaire landaise - et ils la représentent - qui a été longtemps très liée à la Pologne.
- Il faut reconnaître que tout le monde lutte d'abrid pour lui-même. Une certaine perr, ective politique est nécessaire si l'on veut pouv. * lier ses luttes à celles des autres. Depuis la fin de la grève de la faim, la répression s'est abattue
Républicains et, temps, ils ont mis toute leur énergie dans la défense de leur propre organisation. En particulier, certains de leurs dirigeants politiques se sont faits arrêter, comme Jim Gibney, qui était l'une des figures marquantes de la campagne contre
Il est maintenant gardé à vue à Belfast. Il va rester en prison un an, un an et demi, avant même de comparaître devant un tribunal. Au point culminant du moumasse, des gens comme Jim Gibney n'auraient jamais pu être arrêtés. On l'a accusé d'un délit commis en 1975-1976, sur la base du témoignage d'un illuminé, un type dont le déséquilibre mental va certainement être mis en évidence au cours du procès. Cela témoigne du recul qu'a enregistré le mouvement des masses.
Maintenant, nous réorganiser. Et nous pouvons aller de l'avant sur la base d'acquis qui ont profondément modifié les données de la poli.
Nous entrons dans une phase de lutte plus intense et l'aide accrue de nos amis dans le monde, des travailleurs, des révolutionnaires et des autres peuples en lutte, nous sera très précieuse.
Propos recueillis par Gerry FOLEY Dublin, 16 février 1982.