Le plan anti-sandiniste de la CIA Le Washington Post du 14 février dernier a dévoilé l'existence d'un plan élaboré par la CIA, et approuvé par le président Ronald Reagan, pour organiser une opposition anti-sandiniste au Nicaragua, à partir de bases contre-révolutionnaires installées au Honduras.
Depuis ces dernières semaines, et alors que le président américain s'est efforcé de donner une image « humanitaire » à sa politique en Amérique centrale et dans la Caraibe en présentant son plan d'aide et de développement (cf. Inprecor numéro 120, du 8 mars 1982), la presse multiplie les détails, toujours non démentis, sur ce projet.
Citant des « personnalités officielles bien informées de l'administration », l'International Herald Tribune du 11 mars dernier, rapporte que le président Ronald Reagan « a autorisé un plan secret élaboré par la CIA pour commencer à construire et à mettre en place une force paramilitaire de 500 Latino-Américains qui opèreront à partir de camps militaires dispersés le long de la frontière entre le Nicara-
Le but de ces commandos serait de « détruire des objectifs vitaux au Nicaragua, tels que des centrales électriques et des ponts, pour désorganiser l'économie et détourner l'attention et les ressources du gouvernement », précise l'International Herald Tribune. Disposant d'un crédit de 19 millions de dollars, la CIA pourrait aussi accroître le nombre de ces commandos d'un millier d'hommes supplémentaires, dont certains sont déjà entraînés par des militaires argentins.
Ce plan avait été présenté au président Ronald Reagan par le directeur de la CIA, William J. Casey, dès le 16 novembre 1981, à l'occasion d'une réunion du Conseil national de sécurité. Selon les mêmes sources d'information, ces dispositions auraient été approuvées par le secrétaire d'Etat, Alexander Haig, et par le secrétaire à la Défense, Caspar Weinberger, puis avalisées par Ronald Reagan lui-même.
L'objectif de ces commandos est de saboter l'économie nicaraguayenne pour tenter d'étrangler la révolution sandiniste, en se gardant de provoquer en retour une mobilisation de masse. « Si vous faites sauter une centrale hydro-électrique, a expliqué un responsable américain, vous causez une grande perturbation sans tuer personne. » D'après une note émanant du Conseil national de sécurité, le plan de la CIA doit permettre de :
— « Susciter en Amérique centrale et au Nicaragua un soutien populaire pour un front d'opposition qui devrait être nationaliste, anti-cubain et anti-somoziste. »
- « Soutenir le front d'opposition par la formation et l'entraînement d'équipes d'action, pour recueillir des informations et engager des opérations politiques et paramilitaires au Nicaragua et ailleurs. »
« Travailler principalement avec des non-Américains » pour ces actions mais, dans certains cas, pouvoir « entreprendre des actions paramilitaires unilatérales avec la possibilité d'utiliser du personnel des Etats-Unis contre des objectifs cubains spécifiques. » NTERNATIONAL
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