Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ANTILLES

Le GRS dans la bataille des cantonales

Inprecor n° 122, 5 avril 1982 · p. 34 · 687 mots

France

Les dimanches 14 et 21 mars derniers ont eu lieu en France et dans les « départements » coloniaux d'outre-mer (DOM) des élections cantonales destinées à renouveler la moitié des conseillers gé.

Après avoir, dans un premier temps, envisagé d'annuler ces élections dans les DOM du fait de la prochaine adoption d'une Loi sur la décentralisation le projet prévoit l'élection d'une Assemblée unique dans chaque DOM au suffrage universel et au scrutin proportionnel -, le gouvernement français acceptait finalement leur organisation sous la pression de la droite coloniale. Celle-ci, forte d'un découpage électoral et d'un mode de scrutin non proportionnel avantageux pour elle, entendait bien garder la haute main sur les conseils généraux des DOM pour ensuite mieux combattre et détourner à son profit la future réforme décentralisatrice du gouvernement Mitterrand-Mauroy.

Même si les résultats de ces élections ne renversent pas la majorité des conseils généraux, toujours aux mains des politiciens réactionnaires des partis de l'ancienne majorité gouvernementale, le Parti socialiste (PS) a néanmoins connu une forte poussée. Dans l'ile de la Réunion par exemple, il a augmenté de près de 7 % son score électoral par rapport aux élections cantonales de 1976. Le phénomène du vote légitimiste pour les représentants d'un parti actuellement au gouvernement a certainement joué dans cette progression à peu près générale du PS dans les DOM. De leur côté, les partis communistes des DOM ont tous reculé. Le Parti communiste de la Réunion a ainsi perdu plus de 5 % par rapport aux élections cantonales de 1976.

Dans ce contexte général, les résultats des candidats soutenus par le Groupe révolution socialiste (GRS), la section antillaise de la IVe Internationale, bien que modestes, sont encourageants.

Analysant ces cantonales comme « la première grande bataille politique dans le paysage politique nouveau institué au lendemain de la victoire de François Mitterrand », nos camarades du GRS ont voulu « saisir hardiment et sans complexe la chance qui s'offre (...) de pousser en avant la lutte de libération nationale et sociale ». Le GRS s'est done présenté

« non seulement pour fixer la tâche de l'heure, à savoir chasser les politiciens de droite, mais également pour offrir aux masses populaires antillaises un programme concret de combat ayant cap sur la décolonisation ». Le GRS a done appelé à voter « pour les candidats qui se réclament du mouvement anticolonialiste et qui se sont déclarés opposés au système départemental, générateur de tous nos maux ». Dans ce cadre, le vote le plus anticolonialiste était évidemment celui en faveur des candidats du GRS, vote auquel ont appelé nos camarades dans deux cantons de la Martinique, ainsi que pour une liste unitaire à la Guadeloupe.

Combattant pour « la gestion publique sous contrôle ouvrier de l'industrie sucrière, et pour la réalisation d'investissements publics susceptibles de promouvoir les facteurs naturels de développement dont nous disposons », le GRS a aussi appelé à la tenue « d'Etats généraux du mouvement anticolonialiste » (Révolution socialiste, 27 février 1982).

En Martinique, le GRS a présenté Jean Elie à l'Ajoupa Bouillon, conseiller sortant, qui a été réélu avec 80 % des voix, et Gilbert Pago dans le 3e canton de Fort-de-France. Obtenant le score honorable de 373 voix, soit une quarantaine de plus que le candidat du PCM, Pago a fait de bons pourcentages dans certains quartiers ouvriers - 100 voix à Trénelle et 52 à Tivoli - et s'est désisté au second tour pour le candidat du Parti progressiste martiniquais (PPM) dirigé par Aimé Césaire.

En Guadeloupe, le GRS a soutenu la campagne du Comité d'action révolution (CARUT) qui a présenté Paul Tomiche dans le second canton des Abymes et Robert Niçoise dans le second canton de Sainte-Rose Deshaies. Paul Tomiche a ob tenu 112 voix, ce qui représente toutefois la moitié des voix du candidat du PCG dans le même canton. Cette campagne a permis l'organisation de meetings dans de nombreux quartiers populaires et l'association d'une frange de sympathisants à des activités diverses (affichages, tenue des bureaux de vote ou préparation des réunions publiques).

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