Grève générale du 29 mars mars dernier, une anti-gouvernementale 10 000 personnes était réprimée à Cochabamba, la principale ville du centre de la Bolivie, ce qui a causé la mort de six travailleurs. En réponse à cette répression et pour protester contre les récentes mesures économiques du gouvernement, la Centrale ouvrière bolivienne (COB) a appelé à une grève générale nationale de 48 heures pour le lundi 29 mars.
La grève générale a été massivement suivie dans tous les secteurs de la classe ouvrière, et particulièrement dans les centres miniers du sud du pays, les zones industrielles de la capitale La Paz, et de Oruro. Cette grève a pratiquement paralysé toute l'activité économique à Cochabamba. Les banques, les transports et les écoles de La Paz ont également été touchées par la grève.
Compte tenu du fait que cette grève avait été déclarée « illégale » et « politique » par le gouvernement militaire du général Celso Torrelio, et que nombre de dirigeants ouvriers avaient été arrêtés pré. ventivement, le succès de ce mouvement représente un important pas en avant pour la lutte de classe en Bolivie en géné. ral, et une nouvelle confirmation du rôle d'avant-garde des organisations de la classe ouvrière et des dirigeants ouvriers de
Les travailleurs boliviens ont été tout particulièrement touchés par les récentes mesures économiques adoptées par la dictature militaire.
Le déclin de l'économie bolivienne sous la dictature militaire, dont le seul intérêt des chefs réside dans le commerce de la cocaïne, a amené le gouvernement du général Celso Torrelio à solliciter désespérément un prêt de 230 millions de dollars du Fonds monétaire international (FMI). Le FMI a refusé un tel prêt jusqu'à ce que le gouvernement mette en œuvre une série de mesures anti-ouvrières draconiennes : dénationalisation du teur public avec le renvoi de 30 % de sa force de travail ; élimination des subventions de l'Etat aux produits de base tels que la farine, le riz, le sucre et le pain, particulièrement aux pulperias (magasins des centres miniers) ; dévaluation de fait du peso bolivien de 76% entraînée par la décision de laisser « flotter » la
En 1981, il y avait déjà eu une chute de 40% du pouvoir d'achat des travailleurs boliviens. Les récentes mesures économiques signifient une baisse supplémentaire du même ordre de grandeur, si ce n'est plus, pour l'année en cours. Tout cela, associé à un croissant isolement social de la junte militaire, a favorisé une graduelle mais continuelle renaissance ment de masse, malgré la répression brutale que le gouvernement et la police politique secrète (DISS) mènent contre le
Nos camarades du Parti ouvrier révolutionnaire-Combate (POR-C), la section bolivienne de la IVe Internationale, sont présents dans toutes ces luttes. Le POR-C a ainsi participé aussi bien à la grève générale qu'aux différents conflits sociaux qui viennent de secouer le pays. Le PORCombate est actif dans la Confédération ouvrière bolivienne (COB) et dans les fédérations locales ou régionales qui lui sont liées, tout en menant sa propre intervention politique dans les entreprises à La Paz, Oruro, Cochabamba et Santa Cruz et dans les principaux centres miniers du pays. Lors de la récente grève générale, deux dirigeants du POR-C, qui sont par ailleurs des dirigeants ouvriers, ont été emprisonnés par le gouvernement.
Le POR-C lutte, au sein du mouvement ouvrier, pour la formation d'un large front d'unité de toutes les forces combattant sérieusement la dictature et, dans ce contexte, il travaille à la construction d'une tendance de gauche révolutionnaire pour défendre l'indépendance politique de la classe ouvrière et une perspective révolutionnaire pour le renversement du capitalisme. Des camarades du POR-C sont aussi actifs dans la formation de comités de base dans les usines car, du fait de la répression, la COB fonctionne surtout au
En plus de sa participation à tous les aspects de la lutte des classes en Bolivie, y compris le travail en direction des paysans, des étudiants, des employés des banques, etc., le POR-C possède la presse clandestine la plus largement diffusée des partis ouvriers du pays. Combate, son organe bimensuel, est vendu à 1 500 exemplaires par numéro. Le POR-C diffuse aussi des organes régionaux à Santa-Cruz, Potosi, Cochabamba, un journal pour les paysans à Las Yungas, et Combate Minero dans les zones minières. En dépit de la situation difficile, aussi termes de répression que de niveau de vie, le POR-C a été capable de développer son dans la classe ouvrière et de consolider son fonctionnement presse au cours de ces deux dernières
Malgré la récente vague d'arrestations, la situation politique en Bolivie est porteuse d'une nouvelle montée de la résistance de la classe ouvrière. Bien qu'il soit difficile d'en fixer les rythmes, il est clair que de nouvelles confrontations sont à prévoir dans un futur maintenant très
Déjà, la répression se poursuit. Cinq dirigeants de la COB ont été emprisonnés au cours de la première semaine d'avril. En riposte, la COB a appelé à une nouvelle grève générale de 24 heures pour le jeudi 15 avril. Celle-ci a été largement suivie, et la majeure partie des entreprises industrielles et commerciales se sont trouvées paralysées à l'échelle de tout le pays.