Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

COLOMBIE

Les candidats libéraux en tête des élections

Inprecor n° 125, 3 mai 1982 · p. 32 · 512 mots

Les candidats libéraux en tête des élections Les résultats définitifs des élections générales colombiennes du 14 mars 1982 sont les suivants: 2 200 000 voix pour le Parti libéral d'Alfonso Lopez Michelsen, 2 000 000 pour le Parti conservateur de Belisario Betancourt, 600 000 pour le « Nouveau libéralisme » de Luis Carlos Galan et 90 000 pour la gauche (voir Inprecor numéro 112, du 5 avril 1982).

Dans la région de Bogota-Cundinamarea, le Parti communiste colombien (PCC) a obtenu 30 000 voix, et l'Union de la gauche démocratique (coalition à laquelle participait le Parti socialiste révolutionnaire - PSR —, la section colombienne de la IVe Internationale), 5 000

Le candidat unitaire de la gauche pour les élections présidentielles du 30 mai prochain, Gerardo Molina, a participé aux élections générales comme candidat au Sénat sur les listes du PCC. Il a finalement été élu avec 32 000 voix et paraît décidé à maintenir sa candidature présidentielle

Une importante discussion s'est développée dans les organisations révolutionnaires sur le maintien ou non de leur soutien à Gerardo Molina. Il est en effet le seul homme politique de gauche à être membre de la « Commission de paix », organisme formé à l'initiative du gouvernement dans le but de formuler des propositions de « pacification » du pays. Dans un premier temps, la plupart des organisations ouvrières (y compris l'organisation de guérilla M-19) ont appuyé la présence de Gerardo Molina dans cet organisme, sur la base de son engagement à défendre notamment l'amnistie totale et inconditionnelle. C'était une position risquée, dans la mesure où la Commission devait fonctionner selon la règle du consensus et sans publicité des débats en son sein.

La Commission a obtenu certaines réformes légales mais, finalement, à la veille des élections, elle est apparue compromise dans un décret d'amnistie considéré comme une farce par toute la gauche. Or, Gerardo Molina a accepté le compromis, considéré par lui comme un progrès partiel dans le « processus de pacification ».

Un fait spectatulaire a alors contribué à compliquer la situation. Le principal dirigeant du M-19, Jaime Bateman, en prison, a rendu publiques des déclarations attaquant durement Gerardo Molina et

NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE

faisant en même temps un éloge modéré des candidats libéraux, Alfonso Lopez Michelsen et Louis Carlos Galan. La position de Gerardo Molina sur le décret d'amnistie n'est que le prétexte de cette attaque, puisque le Parti libéral au pouvoir porte dans son ensemble la responsabilité prinde la situation répressive en Colombie. Il est donc plus probable que la position du M-19 a été guidée par le principe du moindre mal et du vote utile face au Parti conservateur. C'est avec des considérations similaires que l'écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez avait manifesté, il y a déjà plusieurs mois, son appui à Alfonso Lopez Michelsen.

Dans ces conditions, le Comité central du PSR a finalement décidé une formule de soutien critique à la candidature de Gerardo Molina, considérant qu'elle sera encore le 30 mai prochain, en dépit de ses faiblesses criantes, la seule façon d'exprimer un vote de classe.

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