NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE
SAINT DOMINGUE
Deux coalitions de gauche pour les élections Les élections présidentielles, législatives et municipales en République Dominicaine devaient avoir lieu le 16 mai. Pour la première fois, tous les courants de la gauche et du mouvement ouvrier quelques exceptions marginales près -y étaient représentés.
Toutefois, les chances de la gauche demeuraient limitées et, en fait, les deux principaux partis bourgeois ont attiré les voix de la majorité des électeurs.
Le Parti révolutionnaire dominicain (PRD), au pouvoir depuis 1978, est un parti populiste de masse traditionnel qui est entré en 1976 dans l'Internationale socialiste sans pour autant devenir un parti ouvrier. Son candidat présidentiel est Salvador Jorge Blanco qui, pendant ces quatre dernières années, a dirigé la tendance d'opposition du parti en s'opposant au gouvernement d'Antonio Guzman.
Le deuxième parti est le Parti réformiste (PR), qui a été l'instrument du régime bonapartiste de Joaquin Balaguer, au pouvoir depuis 1966, à la suite de l'intervention US d'avril 1965. C'est un parti conservateur-réactionnaire classique maintient des liens avec la Démocratie chrétienne internationale, notamment par l'intermédiaire du COPEI du Venezuela et de la Fondation Konrad-Adenauer d'Allemagne fédérale. Joaquin en est cette fois encore le candidat prési-.
Il y a ensuite Juan Bosch, candidat (PLD), qui a été le fondateur et, pendant toute une période, le leader du PRD et qui prône maintenant une orientation nationaliste. Il jouit de la sympathie des dirigeants cubains.
Finalement, il y a l'ancien général Elias Wessin y Wessin, candidat du Parti quisqueyen démocratique (PQD), formation d'extrême droite qui a partie liée avec les cercles ultra-conservateurs et impérialistes. Réunion de la coalition « Izquierda Unida ». (DR)
LOUERON
La gauche est divisée en deux fronts. Il y a avant tout la Izquierda Unida (IU). Elle est composée du Bloque socialista (Bloc socialiste) qui représente la convergence de trois organisations de la gauche révolutionnaire - le Mouvement socialiste des travailleurs (MST), le Noyau communiste des travailleurs (NCT) et le Parti socialiste (PS) -, et du Parti des travailleurs dominicains - Union patriotique anti-impérialiste (PTD-UPA), le PTD étant un de formation maoiste et l'UPA appareil « démocratique périaliste » légal. Le Mouvement populaire dominicain (MPD) a adhéré dans un premier temps à la IU, mais s'en est retiré par la suite, et il a subi une grave scission qui a réduit davantage ses forces déjà limitées (la majorité de son Comité central constitution de la IU a incontestablement représenté un pas important et un effort sérieux pour surmonter le sectarisme qui a fait rage dans le passé au sein de la gau-
Le deuxième front - l'Unité socialiste (US) - est composé du PCD (Parti communiste dominicain) et de deux petiment pour le socialisme (MPS) et le Mouvement d'unité socialiste (MUS).
Les organisations qui se réclament du trotskysme soutiennent toutes la IU. Il s'agit de la Ligue communiste révolutionaire (LCR) et de la Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT), devenue ensuite le Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), deux organisations sympathisantes de la IVe Internationale, et de l'Organisation socialiste des travailleurs (OST), qui a participé au Comité international (CI), mais est restée indépendante après la rupture entre morénistes du PST française à l'échelle internationale.
L'IU - dont le candidat présidentiel est Rafael Fafa Taveras, militant du
- a présenté un programme axé sur des revendications démocratiques et anti-impérialistes avançant en même temps d'importantes mesures de nationalisa-
«Nous revendiquons l'instauration d'un nouvel Etat de caractère démocratique, populaire et révolutionnaire, affir-
-me le chapitre sur « Les transformations sur le terrain politique ». Le nouvel Etat sera le résultat de l'action des masses populaires, dirigées par la classe ouvrière qui est l'avant-garde historique des transformations exigées par notre peuple. (...) L'objectif de ce nouvel Etat est de créer les conditions qui rendent possible une démocratie véritable et réelle sur le terrain politique, économique et social, en faveur des grandes majorités. Dans ce but, les mesures qu'il faudra réaliser viseront à assurer et à garantir le plein exercice des libertés politiques à tous les Dominicains, leur participation réelle à la prise des décisions essentielles pour la société, et à permettre que le travail productif national soit basé sur la propriété sociale progressive des moyens de production et comporte l'amélioration du niveau de vie L'Etat révolutionnaire en tant qu'expression du pouvoir des masses populaires, sous la direction de la classe ouvrière, fondera sur l'organisation des masses ses instruments de représentation, d'unité et de nouvelle sera sanctionnée par une nougramme comporte les mesures suivantes :
« a) Tout le capital impérialiste du secteur industriel sera nationalisé et étatisé, et les grandes entreprises industrielles du capital national, de même que toutes les entreprises industrielles d'intérêt stratégique pour l'économie nationale, passeront aux mains de l'Etat ;
Mb) toute la législation favorisant le capital étranger et le grand capital national et celle qui concerne les zones franches
Gc) les petites et moyennes entreprises industrielles contrôlées par des personnes privées jouiront de la protection de l'Etat et leurs activités seront coordonnées avec les plans économiques de l'E-
En ce qui concerne les campagnes, le programme parle d'une législation qui « fixera les limites de la propriété agraire en fonction de sa qualité, de l'infrastructure productive et de la proximité des marchés ». Il prévoit la suppression de la vente et de l'achat de la terre et le transfert à l'Etat des terres inexploitées, qui pourront soit devenir des fermes étatiques ou collectives, soit être distribuées aux paysans individuellement. Il prévoit également le transfert de la propriété des terres exploitées sous le régime du métayage à ceux qui y travaillent.
Finalement, le programme explique que tout le commerce extérieur - aussi bien en ce qui concerne les exportations que les importations - devra passer sous le contrôle de l'Etat.