Discours de Mary Alice Waters du SWP
E discours qui suit a été prononcé par la camarade Mary
L Parc Water des USA, occasion dun metit Vent te
/ Party (SWP) des USA, à l'occasion d'un meeting tenu le 3 avril dernier à New York contre l'intervention américaine en Amérique centrale et dans la Caraibe. Organisé par le Militant Mary Alice WATERS
Quand le commandant Daniel Ortega, l'un des principaux dirigeants du gouvernement nicaraguayen, a pris la parole devant le Conseil de sécurité de l'ONU, le 25 mars, il a affirmé que l'intervention de Washington en Amérique centrale était déjà en marche.
Il a fourni des informations détaillées qui ne lui ont attiré aucune sorte de dé. menti de la part du gouvernement américain concernant l'armement et l'entraî nement des unités contre-révolutionnaires d'ex-somozistes, les anciens bérets verts, les commandos de l'armée argentine et autres, concentrés dans les camps d'entraînement du Honduras, le long de la frontière avec le Nicaragua.
Le commandant Daniel Ortega a déattaques croissantes menées contre son pays : attaques terrestres, maritimes et aériennes. Il a énuméré les actes de sabotage, les destructions de ponts, les bombardements de ports et d'aéroports, les provocations auxquelles se livrent les forces armées honduriennes.
Il a dit : « Nos ressources militaires sont les plus modestes de la région. Nous n'avons pas de force aérienne et, pourtant, c'est le Nicaragua qui est assiégé ... Nous sommes le seul Etat d'Amérique centrale sur lequel pèse la menace permanente de la puissance militaire mondiale des Etats-Unis ... »
« Il est inconcevable, a-t-il expliqué, que le pays qui est engagé dans le plus grand programme d'armement et dans les plus importantes dépenses militaires de toute l'histoire de l'humanité nous demande de renoncer aux mesures élémentaires de défense de notre nation. »
Il est très révélateur de la politique américaine que les USA aient opposé leur veto à la résolution du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) sur le Nicaragua. Cette résolution ne dénonçait personne nominalement et ne portait aucune accusation ; elle se contentait de répéter les termes de la Charte des principes de l'ONU s'oppo. sant à l'intervention dans les affaires d'un autre pays et à l'usage de la force.
Le délégué américain à l'ONU a prétendu qu'une telle résolution nourrissait
"Hé, Hé, oncle Sam
sur la mobilisation anti-guerre aux USA le « cynisme », qu'elle nuisait aux Nations Unies et, ce qui est plus important, qu'elle minait le « système inter-améri-
Il n'était donc pas possible d'avouer plus crûment que le principe de non-intervention dans les affaires d'un pays mine le prétendu système inter-américain aux yeux du gouvernement des
UN SYSTEME D'INTERVENTION Le système inter-américain est fondé sur le droit pour l'impérialisme américain d'intervenir dans les affaires de tout autre pays de cet hémisphère, à tout moment, pour défendre les investissements et les
Et c'est précisément de ce système inter-américain que le Nicaragua s'est retiré avec la victoire révolutionnaire du 19 juillet 1979. C'est précisément pour s'extirper du système inter-américain que le Salvador lutte aujourd'hui; c'est s'en extirper que le Guatemala combat.
C'est du système inter-américain que Grenade s'est retiré avec sa révolution du 13 mars 1979, et que Cuba s'en est retiré il y a déjà plus de vingt-deux ans. Les Cubains ont montré la voie et l'exemple de ce qui peut être fait quand un peuple, qui a été appauvri par des siècles d'exploitation colonialiste et impérialiste, se met à reconstruire la société pour satisfaire les besoins humains, et non plus pour garantir les profits des riches et des super-riches.
LA GRANDE SUBVERSION
Quand Fidel Castro écrivait depuis sa prison, bien des années avant l'entrée du Mouvement du 26 juillet dans La Havane, il affirmait : « Notre but est de construire une société où chaque homme, chaque femme, chaque enfant de Cuba soit heu-
Cela apparaît comme un objectif très* simple. Mais c'est là la grande subversion qui secoue l'Amérique centrale : le désir de millions de gens de se libérer de la faim, de la maladie, de l'analphabétisme, du racisme, de la guerre et de la tyrannie ; le désir de contrôler leurs propres capaci-
Labor Forum et la revue Perspectiva Mundial, ce meeting était soutenu par le mouvement Mobilisation for Survival, par la Maison du Nicaragua, par le Mouvement indien américain et par le Comité de solidarité avec le Vietnam, le Cambodge et le tés productives et celles du reste de l'humanité ; le désir d'abolir l'arsenal nucléaire que Washington menace d'utiliser pour Reagan parlent de rendre la guerre « gagnable ». Ils élaborent des programmes de défense civile pour assurer « notre survie » en cas de guerre nucléaire.
Tout cela vise à nous préparer à l'éventualité de l'utilisation de leurs armes nucléaires contre les peuples d'Amérique centrale, contre les peuples de la Caraibe, contre les peuples du monde.
Les peuples d'Amérique centrale luttent pour un objectif opposé, pour pouvoir utiliser leurs capacités productives afin d'assurer une nourriture suffisante à leurs enfants, pour construire des écoles, des hôpitaux et des maisons. Et c'est pour cela que la confrontation avec l'impérialisme américain a été engagée.
La guerre se poursuit au Salvador. La guerre civile se développe au Guatemala. Et le Nicaragua est soumis tous les jours aux incursions des contre-révolutionaires.
LE NICARAGUA MOBILISE
Les Nicaraguayens sont convaincus qu'ils sont au bord d'un affrontement généralisé. Ces jours derniers, ils ont justement annulé les traditionnelles vacances de Pâques. Pâques, au Nicaragua, c'est la plus grande fête de l'année ; c'est Noël chez nous. Les Nicaraguayens ont décidé que, cette année, il n'y aurait pas de jours fériés à cause des questions urgentes potaques qui se multiplient à la frontière
Cette escalade en Amérique centrale n'est pas une erreur commise par une quelconque star de cinéma hébergée à la Maison-Blanche. Ronald Reagan applique la politique intérieure et étrangère décidée non par lui personnellement, mais par les plus puissants intérêts financiers et commerciaux de ce pays.
Et quelles que soient les différences qui peuvent exister au sein de la classe dominante américaine sur la meilleure tactique à utiliser pour parvenir à ce but, elle est unie dans la conviction que l'avancée de la révolution socialiste en Améri-
que centrale et dans la Caraibe doit être stoppée.
Parce qu'elle sait très bien que la simple existence de ces révolutions constitue une menace mortelle pour ce qu'elle considère être l'american way of life.
Et il ne s'agit pas d'un choix. Ce n'est pas une question qui prête à discussion pour les maîtres des Etats-Unis. Ils se doivent d'essayer de stopper les progrès de la révolution dans notre hémisphère. Ils doivent montrer à ceux qui osent lutter pour arracher leur vie des griffes de l'impérialisme qu'ils seront punis, qu'ils le paieront, afin que cela serve de leçon à tous ceux qui oseraient suivre le même exemple héroïque.
Il y a un autre aspect fondamental de la lutte en Amérique centrale aujourd'hui. Pour paraphraser Augusto Cesar Sandino, c'est le fait que les travailleurs et les paysans du Nicaragua sont prêts à aller jusqu'au bout. Et de même pour le peuple du Salvador.
Ils ne veulent pas la guerre. Ils veulent parler à tout le monde pour essayer de l'éviter. Mais ils sont prêts à mourir pour préserver ce qu'ils ont gagné. Ils disent « non » à l'ennemi yankee de l'humanité.
Et derrière les héritiers d'Augusto Cesar Sandino, il y a les travailleurs et les paysans de Grenade. Et derrière eux, il y a le peuple de Cuba. C'est là un autre élément décisif. L'existence de la révolution cubaine retient la main de l'impérialisme. Elle représente le fait que les chances d'étendre la révolution en Amérique centrale et dans la Caraibe sont plus grandes et que le coût en sera moindre.
Mais il y a une autre force puissante qui a un rôle crucial et, par bien des aspects, décisif à jouer. C'est de ce facteur dont nous avons le plus à parler aujourd'hui, et pour lequel nous avons la plus grande responsabilité.
UN NOUVEAU
MOUVEMENT ANTI-GUERRE
C'est ce qui est symbolisé par les dizaines de milliers de jeunes et de travailleurs de ce pays qui sont descendus dans les rues de Washington, le 27 mars, pour dire : « Hé, oncle Sam, nous n'oublions centaines de atteint l'âge de la conscription qui ont refusé de s'enregistrer.
C'est ce qui est symbolisé par les millions de gens à travers le pays, qui ont signé des pétitions parce qu'ils veulent arracher les armes nucléaires des mains de ces fous de Washington.
Tout cela fait partie d'un nouveau mouvement anti-guerre dans ce pays. Ces actions ont lieu avant que les troupes américaines ne soient envoyées combattre en Amérique centrale, avant que la moindre bombe ne soit lâchée. Elles montrent le potentiel énorme de ce nouveau
Ce nouveau mouvement en est bien sûr à ses débuts. Il a encore à montrer sa pleine force. Il a beaucoup de problèmes politiques et organisationnels à résoudre, des problèmes que rencontre tout mouve ment à ses débuts.
Il est facile de passer à côté des événements, d'avoir l'impression qu'il y a beaucoup de luttes différentes et en apparence séparées. Il y a les nombreux mouvements de solidarité : avec le peuple du Salvador, avec le Guatemala, avec Grenade, Cuba et le Nicaragua. Il y a le mouvement contre la conscription. Il y a le mouvement contre les persécutions et les déportations de l'immigration par la po-
Mais l'impression qu'il s'agirait de mouvements séparés est unilatérale fausse. Il est vrai qu'il y a beaucoup de gens qui sont particulièrement concernés par l'une ou l'autre de ces questions. Mais ce à quoi nous assistons, c'est à la naissance d'un nouveau mouvement anti-guer-
Toutes ces luttes se nourrissent à la même source: la conscience croissante chez des millions de gens de ce pays que le gouvernement américain nous mène à
PAS NOTRE GUERRE Ils nous conduisent une fois de plus à la guerre, contre notre volonté, contre
WAR & UNION BUSTING.
FORALAD
SOCIALIST WOR L'exigence qui monte d'un désarmement nucléaire américain, contre l'intervention américaine en trale, contre la conscription, est enracinée dans la résistance à la politique de la classe dominante américaine aux Etats-
Et il y a une compréhension croissante du fait que notre tâche est en tout premier lieu d'arrêter la main de l'impérialisme américain, de bloquer son intervention, de stopper sa course à la guerre, afin que les peuples du monde puissent résoudre leurs problèmes sans avoir aussitôt le gouvernement américain sur le dos. C'est une tâche que nous, et seulement nous, ici, aux Etats-Unis, pouvons mener à bien.
HERITAGE DU VIETNAM
Ce qui est différent dans ce qui se passe aux Etats-Unis aujourd'hui est lié à l'héritage de la guerre du Vietnam.
Cet héritage a deux aspects. Il y a l'aspect économique. La récession actuelle ne vient pas simplement de la guerre du Vietnam, mais elle a été exacerbée par la politique militaire à long terme et par son impact sur l'économie.
nos besoins et contre nos intérêts. La réponse n'est pas seulement notre solidarité avec les luttes des peuples d'Amérique centrale, mais aussi notre opposition à ce qu'entreprend le gouvernement américain pour nous impliquer dans une contre l'essor de ces révolutions.
Ce n'est pas seulement notre opposition à la loi sur l'enregistrement des conserits (draft), c'est notre compréhension que cette loi nous prépare à la guerre en Amérique centrale.
Ce n'est pas seulement notre opposi armes nucléaires, c'est notre chons à la guerre et que c'est pour cette guerre que notre gouvernement entend
Les menées bellicistes de Washington ne constituent pas une aberration. Elles font partie intégrante de la même politique qui est appliquée ici même à l'intérieur des Etats-Unis. Elles sont un prolongement de cette politique, et font partie de la guerre qui est menée contre nos droits et notre niveau de vie. Tout, des restrictions budgétaires contre les droits des Noirs et des femmes, aux mesures antisyndicales, aux fermetures d'entreprises et à la pollution de l'environnement. Solidarité contre les restrictions budgétaires, la guerre et les attaques anti-syndicales. (DR)
SOLIDARITY AGAINST CUTS.
OR PAKTA
VERS PARTY
Nous allons vers le développement de au moment même où le chômage dans ce pays est le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale, au moment où l'inflation et les taux d'intérêt sont les plus hauts sur une aussi longue période, où le nombre des faillites est le plus élevé depuis la grande dépression de 1929, et où des millions de personnes comprennent que la guerre et la satisfaction des besoins humains sont incompatibles.
PAS DE « GRANDE SOCIETE »
Il n'y a pas cette fois de promesses, comme c'était le cas au milieu des années 1960, que nous aurions la « Grande Société » en même temps que la « grande »
Il y a seulement la promesse de trous de plus en plus béants dans le prétendu réseau de défense, au fur et à mesure que bombes et missiles le transperceront.
Mais là intervient le second aspect de l'héritage vietnamien. C'est la conscience du besoin d'unité pour nous opposer aux plans de guerre du gouvernement américain, la conscience de notre capacité à la