Inprecor 1974–2004

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NICARAGUA

N'est pas le « Che » qui veut ...

· Inprecor n° 126, 17 mai 1982 · p. 14 · 1 141 mots

Nicaragua États-Unis

Cette fois, il y a trois forts contin-

NICARAGUA gents de forces organisées contre la guerre qui méritent d'être soulignés.

N'est pas le "Che" qui veut

Le premier, c'est l'existence des forces organisées du mouvement noir, de forces telles que le Parti politique national noir indépendant (NBIPP), le Front unique noir national (NBUF), et d'autres qui sont résolues à mener la lutte contre l'intervention américaine en Amérique

A propos du retournement centrale et dans la Caraibe, à mener la d'Eden Pastora lutte contre le projet nucléaire de la classe dominante américaine. C'est un nouveau facteur, qui fait partie du développement de la prise de conscience contre l'impérialime américain dans ce pays.

ORSQUE Ernesto « Che » Guevara a quitté Cuba en 1966 pour poursuivre en

Le second facteur, c'est la présence

Amérique latine une politique révolutionnaire comme il la concevait, il l'a fait dans ce pays d'une population croissante provenant d'Amérique centrale et de la jusqu'à ses ultimes conséquences, payant de sa vie son engagement aux côtés de

Caraibe. Ces travailleurs s'identifient avec la guérilla bolivienne.

La trajectoire d'Eden Pastora, le « commandant Zéro », a été tout autre. Parti en les luttes qui se déroulent aussi bien en juin 1981 pour combattre « l'oppresseur partout où il se trouve » en Amérique centra-

Amérique centrale et dans la Caraibe le, le commandant sandiniste Eden Pastora, ancien vice-ministre de la Défense du qu'aux Etats-Unis mêmes, et ils en sont

Nicaragua et responsable des Milices populaires sandinistes (MPS), n'a rien trouvé de partie prenante. Et ces forces aussi ont un grand rôle à jouer pour éduquer et mobiplus utile à faire que de convoquer une conférence de presse dans un luxueux hôtel de liser les forces anti-guerre dans notre

San José de Costa-Rica, le 15 avril, pour dénoncer le gouvernement sandiniste.

pays. Il n'y avait pas de population viet-

N'hésitant pas à appeler « le peuple armé à expulser du pouvoir » les dirigeants namienne ou du Sud-Est asiatique d'une

« traîtres et assassins » du Nicaragua, Eden Pastora a dénoncé pêle-mêle « le régime de ampleur comparable dans ce pays au déterreur » que le gouvernement de Managua aurait imposé aux Indiens Miskitos, la présence militaire soviétique et cubaine dans le pays et la corruption des commandants but de la guerre du Vietnam, susceptible de jouer le rôle que les travailleurs d'Amésandinistes qui roulent en Mercedes. Il a même affirmé qu'il était prêt à chasser « les rique centrale et de la Caraibe y jouent dirigeants sandinistes de leurs châteaux et de leurs Mercedes à coups de feu ».

Qu'il développe une analyse qui peut aujourd'hui être utilisée par l'administration aujourd'hui.

Reagan, dont l'ambassadrice aux Nations Unies, Jane Kirkpatrick, affirmait récemment

Le troisième facteur, c'est l'existence que le gouvernement sandiniste était « de tous ceux qu'elle connaissait en Amérique d'une classe ouvrière plus consciente et centrale aujourd'hui, celui qui a le plus massivement violé les droits de l'homme » plus radicalisée. Cette classe est déjà pro-

(International Herald Tribune, 3 avril 1982), n'a pas empêché Eden Pastora de se préfondément touchée par la crise économitendre toujours un « révolutionnaire ».

du

Le mouvement capitalisme.

que

Cette attitude n'est pas nouvelle. Plusieurs figures de la bourgeoisie antisomoziste ouvrier organisé peut être et sera un éléont déjà pris leurs distances d'avec la révolution sandiniste lorsqu'ils n'ont pas, comme ment déterminant dans l'évolution de ce

Alfonso Robelo et d'autres, rallié la contre-révolution pour tenter d'endiguer la marche nouveau mouvement en avant du processus révolutionnaire au Nicaragua. Ce qui est nouveau, par contre, conque a participé aux manifestations de c'est qu'un commandant du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), subissant

Washington la semaine dernière a été frap.

les mêmes pressions de classe, agisse de la sorte. En ce sens, les propos d'Eden Pastora pé par le caractère jeune de ces manifesne sont pas seulement des critiques à la direction sandiniste ; elles constituent aussi tations, et par le fait que c'est toute une une attaque contre la révolution nicaraguayenne elle-même.

nouvelle génération de combattants anti-

L'impérialisme US ne s'y est d'ailleurs pas trompé, et Eden Pastora se trouve guerre qui entrait en scène.

aujourd'hui encouragé dans sa campagne de dénigrement. En effet, du point de vue de

Bientôt, ce sera le ler Mai dans les l'impérialisme, cette « confession » ne pouvait pas mieux tomber. Après le fiasco de la rues de Washington, ainsi que l'occasion campagne de propagande US tendant à prouver que le Nicaragua apportait une aide de mobilisations d'urgence pour faire face militaire au Salvador, et le retournement spectaculaire devant les télévisions américaià tout ce qui peut arriver. Le 12 juin, nes du jeune combattant sandiniste Orlando Tardencilla, l'impérialisme US vient de nous allons voir ce nouveau mouvement voir sa propagande confortée par les déclarations d'un des plus prestigieux commandescendre dans la rue en de nombreux endants du FSLN. Cela va sans aucun doute permettre à Washington de redoubler sa droits. En effet, le moment et le lieu où campagne idéologique et même d'accroître en toute impunité ses pressions économicette nouvelle force se rassemblera le plus ques et militaires contre la révolution sandiniste.

massivement, avec d'ores et déjà des for-

A plus long terme, c'est l'approfondissement de la marche en avant de la révoluces élargies, ce sera certainement à cette tion nicaraguayenne, la défense et l'extension de ses acquis démocratiques, qui viendate, devant l'immeuble dront répondre aux calomnies d'Eden Pastora.

Unies à New York, pour demander le dé-

Comme tout retournement politique, ces événements sont en fait moins surpresarmement du gouvernement américain nants qu'il n'y paraît à première vue. Ainsi, les révolutionnaires guatémaltèques réunis qui se met en travers des progres de l'huau sein de l'Union révolutionnaire nationale guatémaltèque (URNG) viennent de manité dans le monde entier.

rappeler leur déconvenue avec Eden Pastora qui avait demandé de participer à leur

Le 12 juin sera l'occasion d'une inicombat. La demande d'Eden Pastora avait été, semble-t-il, accueillie assez tiative que le monde entier favorablement mais, rappelle le communiqué de l'URNG, « son prétendu engage-

Quiconque comprend ce que sont les enment internationaliste ne s'est jamais concrétisé, et il a continuellement refusé de se jeux, où sont les véritables ennemis de joindre véritablement à notre lutte à l'intérieur du pays. (...) Au lieu de cela, poursuit l'humanité, se mobilisera ce jour-là pour cette mise au point de l'URNG, pendant dix mois, il a démontré une surprenante dire « non » au danger de guerre nucléaiimmaturité et une inconsistance idéologique et politique, et un profond manque re dont Washington porte la responsabilid'engagement révolutionnaire ».

té et pour dire « non » à la guerre qui est

Nous publions ci-après l'intégralité du document adopté par la Direction nadéjà commencée aujourd'hui en Améritionale du FSLN du Nicaragua, le 16 avril dernier, pour répondre aux attaques d'Eden que centrale.

Vincent KERMEL

New York, 3 avril 1982.

5 mai 1982.

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