Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

Le PCI rompt l'unité contre Reagan-la-guerre

Inprecor n° 128, 14 juin 1982 · p. 35 · 727 mots

France Italie États-Unis

FRANCE Le PCI rompt l'unité contre Reagan Malgré les multiples pressions du Parti socialiste (PS) pour que n'ait pas lieu la manifestation contre Reagan-la-guerre le 5 juin à Paris, celle-ci a été un important succès. Les pressions du gouvernement français pour assurer une bonne tenue du sommet des sept principaux pays impérialistes ont pourtant été telles que Huguette Bouchardeau, dirigeante du Parti socialiste unifié (PSU), qui avait appelé manifestation du 5 juin. a accepté l'invitation de François Mitterrand à venir accueillir Ronald Reagan à Versailles ... L'unité nécessaire à la bonne réussite de cette initiative anti-impérialiste a d'ailleurs eu du mal à se maintenir jusqu'à son terme. Ainsi, le ler juin, la direction du Parti communiste internationaliste (PCI), lambertiste, décidait de rompre l'accord unitaire passé avec Lutte ouvrière (LO) et révolutionnaire (LCR) (Inprecor numéro 127, du 31 mai

Dans un premier temps, le PCI a repoussé toute discussion sur l'organisacortège LCR-LO-PCI dans la manifestation du 5 juin, en la subordonnant à une prise de position publique conjointe « pour dénoncer les provocations d'Action directe » (groupe ultra-gauche). Il est évident qu'il faut savoir protéger une manifestation contre les provocations réelles ou supposées d'où qu'elles viennent, mais le moyen le plus efficace est d'en faire une manifestation de masse, donc de la préparer. Et l'on ne manifestation par les médias, parce qu'elle gêne le gouvernement Mitterrand-Mauroy, en faisant de la dénonciation d'éventuelles provocations la principale activité de préparation de la manifestation.

Ultérieurement, le ler juin, le PCI choisissait une autre argumentation, celle d'un prétendu « double langage » de la LCR. C'est ce qu'affirmait un article paru dans Informations ouvrières, où il était notamment écrit : « D'un côté, une position internationaliste, fidèle au programme de la IVe Internationale (lire : la déclaration commune LCR-LO-PCI) ; de l'autre, la soumission aux accords de Yalta et Postdam » (lire : l'Appel des 56 personnalités) --. Et de citer pour « preuves », les initiatives prises par nos camarades dans différentes villes de province, faisant connaître cet appel de personnalités les plus diverses, que la LCR - pour sa

- n'avait pas signé, pour engager l'ensemble des organisations anti-impérialistes démocratiques manifester contre Ronald Reagan.

Cette démarche, qui a été celle de la LCR depuis le début, à Paris comme en province, a permis qu'outre les personnalités, appellent à la manifestation de la place Clichy à Paris, de nombreux comités et organisations dont la LCR, LO, le PSU, le PCR, les CCA, l'OCT et ... le

L'inconsistance de l'attitude du PCI d'abord, l'appel commun LCR-LO-PCI se terminait par la formule suivante : « C'est sur ces objectifs que nos trois organisalions se mobilisent et appellent à renforcer le cortège qu'elles formeront dans la manifestation du 5 juin.» Il n'y avait done aucune ambiguité. D'autre part, le PCI avait signé, sans jam tis se dedire par la suite, l'affiche d'appel unitaire à manifestation aux côtés de toutes le organisations et comités qui y appelsicat.

Ce que le PCI reproche c'est que, tout en menant campague sur ses propres positions et en essayant d'obtenir un accord avec les organisations se du trotskysme sur d'ordre et le cadre général de cette manifestation, les militants de la LCR se soient partout fait l'écho de toutes les prises de positions en faveur de cette manifestation pour assurer le succès du 5 juin. Ce qui n'a pas exelu l'apparition politique propre de la LCR et de LO.

Mal à l'aise par rapport à une manifestation dont le gouvernement ne voulait à aucun prix, gêné face à une LCR engagée à fond dans la préparation de cette échéance anti-impérialiste, le PCI a essayé de se tirer d'affaire par une petite manœuvre assez pitoyable. Lors de son meeting central du vendredi 4 juin au soir, les militants du PCI apprirent qu'il n'était plus question de manifester, même sous leurs propres mots d'ordre, le 5 juin avec les milliers de personnes attendues, d'organiser une manifestation secrète et surprise du seul PCI à Montparnasse, le 5 juin à 11 heures du matin ... L'annonce de cette petite entreprise de division n'a d'ailleurs été que peu applaudie. Elle se soldera le lendemain par une cuisante sanction politique : 700 militants du PCI, seuls dans les rues désertes, alors que plus de 20 000 personnes, dont environ un sous les banderoles de la LCR et des JCR, manifestaient l'après-midi, place Clichy, contre Reagan-la-guerre.

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