Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

Paris, Rome, Londres, Anvers : des centaines de milliers contre Reagan-la-guerre

Inprecor n° 128, 14 juin 1982 · p. 36 · 805 mots

États-Unis France Paix et armements Italie

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FRANCE : plus de 20 000 manifestants ont défilé toute l'après-midi à travers Paris. Le boycott systématique des médias, les pressions multiples du Parti socialiste (PS), l'abstention Parti communiste (PCF) pouvaient annoncer une marginalisation de cette initiative. Pourtant, cette manifestation a été la plus puissante manifestation anti-impérialiste depuis de nombreuses annees. La banderole de tête indiquait : « Non à la course aux armements ! Non à l'oppression des peuples! ».

Malgré le désistement de dernière minute du Parti communiste internationa-

(PCI), l'accord Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et Lutte ouvrière (LO) a permis, avec les cortèges des comités de solidarité avec l'Amérique centrale et le Comité contre le nucléaire, de former un pôle largement majoritaire de la manifestation autour du

Reagan-la-guerre, pour le soutien aux luttes en Amérique centrale, contre le sommet des riches de Versailles, contre l'impérialisme français et pour le retrait des troupes françaises d'Afrique et des DOM-TOM.

Particulierement dynamiques et colorés, les cortèges de la LCR et des JCR regroupaient dans leurs rangs près d'un tiers de la manifestation. La presse a d'ailleurs été obligée d'en convenir. Libération du 7 juin note : « Et puis, fermant le ban, l'imposant cortege de la LCR: 5 000 militants mobilisés dans plusieurs villes de France qui scandent "Reagan c'est la guerre. Reagan c'est la crise, à bas l'impérialisme yankee !", ou encore "Du Salvador aux Malouines, un seul ennemi : l'impéria-

De son côté, le Matin de Paris, qui reflète les positions des socialistes français, reconnaissait : « Un important cortege unitaire de la Ligue communiste révolutionnaire et de Lutte ouvrière clôturait cette manifestation...

En fin de pareours, parmi les person-

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nalités qui ont pris la parole pour conclure cette manifestation, notre camarade Hugo Blanco, dirigeant du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT) du Pérou, a été vivement applaudi quand il a dénoncé les exactions de l'impérialisme en Amérique centrale.

ITALIE : près de 150 000 personnes le 5 juin à Rome. Les délégations les plus impressionnantes venaient du sud du pays, et en particulier de Sicile, où doivent commencer prochainement les travaux de construction des bases de missiles Cruise. Comiso est devenu le cri de ralliement de toutes les mobilisations cléaires dans la péninsule. « Comiso ne devenir l'Hiroshima de demain ! », lisait-on sur la grande banderole qui ouvrait le cortège. La manifestation particulièrement combative, tamment les cortèges de la Lega Communista Rivoluzionaria (LCR), section ita-

IVe Internationale, et de Democrazia Proletaria (DP), qui avaient centré leurs mots d'ordre contre l'OTAN l'agression américaine en Malgré les efforts déployés par les directions du Parti communiste italien (PCI) et du Parti d'unité prolétarienne (PDUP) pour maintenir la balance strictement égale entre la dénonciation de l'impérialisme et de la politique soviétique, d'importants secteurs des cortèges de la Fédération des jeunesses communistes (FGCI) et du PCI avaient pris comme cible Reagan-la-guerre.

La mobilisation du 5 juin a été moins importante que celle d'octobre dernier, qui avait rassemblé 300 000 personnes à Rome. Cela est dû en partie à la politique des promoteurs du Comité de la paix (PCI et PDUP), qui ont tout fait pour réduire l'ampleur de la mobilisation et lui conférer un caractère pacifiste symbolique. Mais cela est aussi dû au fait que l'Italie avait déjà été paralysée jeudi par une

Par dizaines de milliers

en Europe

contre

Reagan-la-guerre

PARIS - ROME -ANVERS - LONDRES grève générale qui avait vu descendre plusieurs centaines de milliers de travailleurs dans la rue. BELGIQUE: 10 000 personnes ont manifesté le 5 juin à Anvers contre l'installation des missiles Cruise Pershing, premier pas vers le désarmement unilatéral. Ce rassemblement était organisé par le Comité flamand contre l'armement nucléaire. Des délégations de Wallonie se sont aussi jointes à la mobilisation. La Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT), section belge de la IVe Internationale, a participé à cette manifestation avec ses propres mots d'ordre, sans pour autant signer l'appel au désarmement bilatéral qui avait servi forme unitaire d'appel à la manifestation. GRANDE-BRETAGNE : 250 000 personnes a Londres pour la manifestation organisée par le comité Campagne pour le désarmement nucléaire (CND) autour des mots d'ordre : « Non aux missiles Cruise et Trident ! », « Pour une Europe sans nucléaire! ». Derrière les banderoles de Socialist Challenge, organe de l'International Marxist Group (IMG), section britannique de la IVe Internationale, et de Revolution, un millier de manifestants scandaient « Grande-Bretagne hors des Malouines ! », « US hors d'Amérique centrale ! » et « A bas manifestation comprenait de nombreux jeunes, mais aussi de nombreuses sections syndicales de base et des branches locales du Parti travailliste. La manifestation était d'ailleurs soutenue par le Comité exécutif national du Parti traDimanche matin, le conseil municipal du Grand-Londres a décrété la région sous sa juridiction zone dénucléarisée. 138 conseils locaux ont maintenant fait de même, y compris tous ceux du Pays de

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