MMM aux élections du 11 juin Des élections législatives devaient avoir lieu le vendredi 11 juin à l'ile Maurice. Le dernier scrutin remonte à 1976. La gauche, représentée par le Mouvement militant mauricien (MMM), était alors arrivée en tête, mais avait été privée de sa victoire par une coalition gouvernementale majoritaire entre le Parti travailliste (PT) et le Parti mauricien social-démocrate (PMSD), représentant respectivement les intérêts de la bourgeoisie hindoue et ceux du grand patronat blane.
s'est maintenue depuis lors, en faisant payer aux masses les conséquences de la crise économique, de la gabegie administrative et de la dans un contexte de total essoufflement de ce bloc réactionnaire. C'est au milieu d'une véritable crise de direction que les classes dirigeantes mauriciennes tentent maintenant de faire barrage aux votes po-
Le PMSD a d'abord quitté le gouvernement. PT et PMSD ont ensuite éclaté en diverses fractions plus ou moins indépendantes. La droite n'a pu commencer sa campagne électorale avant le début du mois de mai et après maintes péripéties. Les accords de coalition entre cliques et groupuscules se sont faits et défaits à vive allure.
En définitive, le camp réactionnaire va se présenter divisé en deux blocs. Le
PT a fait alliance avec deux petits satellites patronaux, le Rassemblement pour le progrès et la liberté (RPL) et la scission du PMSD connue comme le « groupe François », sous l'étiquette du Parti de l'alliance nationale (PAN). Le PMSD, de son côté, se présentera probablement seul, n'ayant pas réussi à convaincre quelques petites formations encore disponibles sur le marché de l'électoralisme.
Contre ces deux listes se présente la coalition de gauche formée par le MMM et un petit parti bourgeois issu du PT, le Parti socialiste mauricien (PSM). Ces deux partis se sont mis d'accord sur un programme très technocratique de réformes économiques et sociales. Le PSM veut apporter dans ce mariage une image « travailliste » responsable et le MMM, qui se veut lui aussi rassurant depuis plusieurs années, peut prétendre apporter le soutien des travailleurs et des jeunes.
La crise de la bourgeoisie mauricienne permet au bloc MMM-PSM d'envisager une victoire électorale. Il demeure cependant une inconnue que seul le résultat du scrutin éclaircira. La direction du MMM a en effet réduit à sa plus simple expression, depuis plusieurs années, ce qu'avait été la tradition militante et combative de sa base ouvrière et de la jeunesse, afin de se présenter comme un parti respectueux du « consensus social ». Il n'est pas évident que cette politique n'ait pas durablement démobilisé une partie de son
Le PSM a pu se renforcer en bénéficiant de tous les discours conciliants du MMM. Il n'est même pas impossible qu'une partie de l'électorat populaire, désorientée par autant de discours technocratiques, se disperse de toutes parts entre les trois coalitions. Le PMSD, traditionnellement considéré comme le parti le plus à droite de ce pays, se paie même le luxe de traiter le RPL de la coalition bourgeoise adverse de « parti des pa-
La masse des travailleurs et des jeunes attend que soit mis fin à la misère et au chômage. Elle attend le retrait américin de la base de l'ile de Diego Garcia. Elle attend l'abrogation des lois répressives. Quel que soit le résultat du scrutin du 11 juin, le futur gouvernement devra compter sur ces exigences populaires.
Si la coalition MMM-PSM remportait la victoire, la majorité de la population aura tendance à attendre de ces directions qu'elles satisfassent les revendications les plus immédiates. Le « consensus social » proposé par la direction du MMM pourrait bien alors connaître quelques difficultés. La droite est consciente de cet enjeu en dénonçant par avance le « danger totalitaire » et la menace que l'ile Maurice ne devienne « un nouveau Cuba ».
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