Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

La LCR face à quelques échéances politiques

· Inprecor n° 129, 28 juin 1982 · p. 24-27 · 3 943 mots

France Syndicalisme États-Unis

Le dernier congrès (Ve) de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), section française de la IVe Internationale, en décembre 1981, traçait pour le développement de la situation politique en France la perspective d'« affrontements majeurs entre les classes ». Sans tomber dans une quelconque vision linéaire développement politique et en comprenant qu'il y aura des flux et reflux, la dynamique des affrontements entre les classes depuis une année vérifie cette perspective : polarisation croissante classes, contre-offensive de la droite moins d'une année après le 10 mai 1981, accumulation de luttes dans la classe ouvrière, tels sont les signes généraux de la situation présente.

Le problème essentiel de la situation politique française est la désynchronisation entre la situation objective - un contexte de politisation générale, cette montée ouvrière - et celle du mouvement ouvrier : absence de croissance des partis ouvriers, désyndicalisation qui continue, limites dans l'activité et la mobilisation politique des masses.

LA CRISE DE DIRECTION

DU MOUVEMENT OUVRIER

L'une des différences fondamentales avec la période du Front populaire de 1936, disions-nous dans les thèses du Ve Congrès de la LCR, réside dans la faiblesommuni eto réve al clunkuo ques échéance du contrôle des appareils traditionnels sur le mouvement de masse dans la situation ouverte par la victoire électorale du 10 mai 1981. Le développement des luttes, comme les initiatives des révolutionnaires, confortent cette appréciation.

Le PCF, et même le PS de 1981, n'ont pas connu aujourd'hui le développement spectaculaire de l'après-1936. Au contraire, ils connaissent — surtout l'appareil stalinien — une crise politique, organisationnelle et de recrutement qui, en retour, pèse sur l'activité politique de la masse des

Cette faiblesse de contrôle des appareils n'étant pas encore compensée, à cette étape, par l'existence d'une force révolutionnaire suffisamment implantée et capable de présenter une alternative crédible, cela crée un vide qui pèse sur le mou-

Une fois de plus, la crise de direction du prolétariat conditionne les rythmes et les formes de développement de la situation. Elle désoriente - à l'approche d'événements décisifs — des milliers de cadres politiques et syndicaux du mouvement ouvrier français, elle frappe de « démoralisation » ou de « scepticisme » des équipes militantes entières du mouvement syndical ou des partis ouvriers tradition-

Cette crise ne pourra bien sûr être résolue sans changements substantiels dans le mouvement ouvrier, produits eux-mêmes de grands événements (grève générale, crise révolutionnaire, grèves ...). Il est dutionnaire s politiques même probable que les affrontements majeurs inscrits dans les développements de la situation politique française premières phases de situations pré-révorévolutionnaire, lieu alors que la crise de direction mouvement ouvrier n'aura pas été encore résolue. Il est classique, tion « intermédiaire transitoire » comme celle que nous vivons, de constater un dé calage - lié justement à la crise de direction - entre l'entrée progressive des gros bataillons de la classe ouvrière dans la lutte, et le recul ou la désorientation des cadres traditionnels du mouvement ouvrier. C'est la nouvelle vague de luttes ouvrières qui secouera ces cadres dont des secteurs rejoindront la nouvelle génération combattante issue de la lutte. En attendant - et sans agir encore - ces dizaines de réfléchissent, cherchent « les moyens politiques d'en sortir », se détournent des vieilles direcregardent vers les solutions que défendent les révolutionnaires ...

Voilà pourquoi s'atteler à la tâche de surmonter cette crise de direction des aujourd'hui, c'est placer la LCR dans les meilleures conditions pour affronter les échéances décisives qui viennent.

dégager des pressions qui pèsent sur le mouvement ouvrier organisé, maintenir le cap sur la préparation des « affrontements majeurs », c'est la première condition pour garder une approche active et militante dans le combat politique de tous les jours. C'est ensuite intervenir

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Expliqué dans des dizaines de tracts Citroën ont posé aux yeux de centaines systématiquement dans toutes les luttes quotidiennes, faire de ces mouvements et mobilisations partielles des faits politiques. C'est combiner dans l'agitation - à partir des faits quotidiens - le front unique des organisations ouvrières pour la défense des revendications, et la dénonciation des vieilles directions du mouvement ouvrier qui refusent d'en finir avec les capitalistes. C'est avancer systématiquement dans notre propagande les mesures anticapitalistes gouvernement au service des travailleurs pour sortir de la crise, c'est-à-dire « le programme d'action immédiat » que défend la LCR.

C'est en intervenant sur ces deux axes, qu'à échelle nous pesons pour surmonter la crise de direction. C'est aussi dans ce sens que nous construisons la LCR comme « parti d'action », comme une organisation qui combat, qui propose des initiatives et des actions concrétes pour la mobilisation, qui s'intègre aussi dans le mouvement pratique déployé par la classe ouvrière pour réaliser ses objectifs.

C'est ce que nous avons fait au travers des grèves de Renault-Flins, de Citroën, dans la préparation du rassemblement du 9 mai pour l'école laïque comme dans celle du congrès de la CFDT et, enfin, dans la manifestation du 5 juin contre Reagan-la-guerre. Cela sans oublier notre intervention lors des états-généraux des femmes, notre participation au ler Mai ou dans la campagne pour le service militaire à 6 mois, initiatives dont Inprecor s'est déjà fait largement l'écho.

LES GREVES DE FLINS ET DE CITROEN ET

L'INTERVENTION DE LA LCR

Nous sommes engagés dans la construction de cellules sur Renault-Flins et sur l'une des usines Citroën de la région parisienne depuis plusieurs mois, après les décisions des IVe et Ve congrès de la

LCR visant à renforcer et à développer la section francaise de la IVe Internationale dans les principaux bastions industriels du pays. Ces grèves ont été des tests pour vérifier notre ligne d'action après le 10 mai 1981, comme les capacités de notre organisation à répondre dans ces luttes.

Si la LCR a concentré des forces sur les grèves et assuré un effort organisationnel considérable pour aider ses cellules et militants, pour que les travailleurs gagnent, en particulier en renforçant les piquets contre le syndicat jaune au service du patronat, la CSL (1), en organisant des collectes de solidarité, c'est que ces grèves constituent — comme la grève de chez Tal-

Les grévistes des usines Talbot de Poissy. (DR) TATR bot dans laquelle nous sommes aussi intervenus — des enjeux de première importance dans la situation actuelle.

D'abord, parce que dans le cas de Renault-Flins, la responsabilité du gouverne. ment est directement engagée dans l'entreprise nationalisée. Ensuite, parce qu'à Citroën, il s'agissait de « casser le système -Citroën », chasser la CSL et la direction

1.- Satisfaction des revendications : les OS de Flins doivent obtenir la classification 180-P1 qu'ils réclament, ceux de Citroën leurs libertés contre la CSL et les 400 francs d'augmentation de salaire. Dé. fendre jusqu'au bout les revendications qui unifient la lutte des OS en grève, telle était notre première tâche.

2.- Alors que la division syndicale règne dans le pays, l'unité dans la lutte était la seconde exigence pour la grève. A Flins, avant la grève comme durant tout le conflit, toutes les feuilles de la LCR mettaient au centre de la mobilisation l'unité d'action syndicale, et les moyens pratiques pour que les travailleurs la réalisent et l'imposent aux responsables. C'était les réunions d'ateliers ou de secteurs, comme celle des caristes, qui convoquérent les délégués CGT, CFDT, FO et leur imposèrent un tract unitaire. C'était l'élection de délégués ou la formation de comités de grève pour que les travailleurs contrôlent leur mouvement et par là même imposent l'unité aux responsables

C'est ce qui se produisit à Flins où, à l'initiative de travailleurs combatifs et de sympathisants d'extrême gauche, se forma un comité de grève qui, malgré le fait qu'il ne soit pas élu, représentait les grévistes et imposa l'unité aux responsables CGT et CFDT.

A Citroën, ce sont les travailleurs qui abandonnerent massivement le syndicat maison, la CSL, pour adhérer à la CGT Dans cette situation de monopole CGT sur la grève, si l'unité d'action syndicale était nécessaire pour la mobilisation de tous les travailleurs dans et surtout autour de Citroën, c'est surtout l'organisation des travailleurs dans la grève qui était décisive : la participation massive des travailleurs dans les piquets de grève contre la CSL. Ce sont les piquets de grève et leur renforcement qui réalisaient pratiquement l'unité des travailleurs dans la lutte.

3.- Pour gagner, l'extension des grèves était nécessaire. A Flins, c'était l'extension du mouvement à toute l'usine, réunissant ouvriers spécialisés (OS) et ouvriers professionnels (OP), pour la satisfaction de leurs revendications. C'était la solidarité de toutes les usines du groupe Renault, c'est ce que développèrent systématiquement les tracts des cellules de la LCR de Renault-Billancourt, Sandouville, Cléon.

A Citroën, c'était la grève sur toutes les usines du groupe. Elle se généralisa dans toutes les usines de la région parisienne. Toutes les feuilles d'entreprises de la LCR insistèrent sur la nécessité de construire un mouvement de solidarité avec tous les travailleurs et leurs organisations autour de la grève de Citroën.

4.- Enfin, les grèves de Flins et de de milliers de travailleurs la question suivante : « Qui dirige dans le pays? » A Renault-Flins, dans une entreprise nationalisée, le responsable c'est le gouvernement et une direction qu'il a maintenue en place après le 10 mai 1981. C'est cette direction, couverte par le gouvernement, qui a refusé durant un mois les revendications des grévistes, organisé deux lockout et envoyé sa maîtrise et ses cadres contre les grévistes.

Aussi, dès le début de la grève, les tracts de la LCR soulignaient la contradiction entre le vote du 10 mai qui chassait Giscard, et le maintien des responsables capitalistes à la tête du groupe. Au Parti

1. Il est nécessaire de prendre la carte de ce syndicat maison pour conserver son travail à Citroën. Une des reventravailleurs de Citroën était la liberté de choisir librement leur centrale syndi-

Get l'organisation d'élections syndicales

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communiste, qui polémiquait indirectement avec les tracts de la LCR, en expliquant dans son bulletin l'Echo de Flins : « Certains diraient de la direction "qu'elle se soumette ou se démette", nous lui demandons d'être du côté du changement et tout ira bien », le tract de la LCR répondait : « Cette direction capitaliste formée par Giscard ne peut être du côté du changement. Le 10 mai et le 21 juin, nous n'avons pas élu le PS et le PC pour accepter une direction qui bafoue les droits et les revendications ouvrières. Le PS et le PC sont majoritaires. Le gouvernement en a les moyens. Qu'ils chassent cette direction et satisfassent nos revendications. »

Au milieu de la grève, lorsque la direction apparut clairement aux yeux de la masse des travailleurs comme l'obstacle à la satisfaction des revendications, nous avons mis alors au centre de nos tracts le mot d'ordre « Dehors la direction ! ». Ce mot d'ordre fut repris sous la

« Démission des responsables ! » par la section CFDT de l'usine. Lorsque le gouvernement nomma un mé. diateur, c'est sur cette orientation que nous avons proposé des délégations massives de travailleurs pour exiger faction du gouvernement.

Par ailleurs, nous tirions avec des dizaines de travailleurs des leçons sur l'attitude du gouvernement, sur sa compromission avec la direction et done sur la nécessité de compter sur la seule mobili-

A Citroën, le problème politique était de conquérir les libertés en chassant la CSL. Mais la CSL, c'est la direction, c'est le système Citroën. Aussi, en exigeant « Dehors la direction Citroën ! A bas le système Citroën !» -répandu dans la masse des travailleurs →› nous posions directement la question de la nationalisation de Citroën. perspective qu'a avancé la LCR pendant

« Chasser la direction » signifiait en fait que, sur la base de la mobilisation ouvrière, le PS et le PC majoritaires pouvaient démettre la direction, casser le système répressif Citroën et nationaliser l'entreprise. C'était sanctionner la direction Citroën par le 10 mai. Mais il fallait là une volonté politique que les directions du PC et du PS n'avaient pas. C'est aussi un des aspects de la valeur éducative de ce mot d'ordre que de permettre d'illustrer la politique gouvernementale de conci-

En effet, la revendication de « nationalisation du groupe Peugeot-PSA », qui était un des objectifs des projets socialistes et communistes, a complètement disparu de tous les projets de programme du PS et du PC et des directions syndicales, juste au moment où la situation l'exigeait. Aussi, la nationalisation, tout en étant le débouché de la mobilisation, posait en même temps le problème politique montrant que les directions du PC et du PS, le gouvernement, ne respectaient pas leurs engagements, qu'au nom de la conciliation, ils reculaient même sur leur propre programme.

De ces grèves ouvrières, une conclusion s'impose : face à l'intransigeance patronale et aux compromissions gouvernementales, les travailleurs ne doivent compter que sur leur mobilisation. Un an après le 10 mai, et quels que soient les sondages, les travailleurs qui n'ont pas voté pour l'austérité mais pour le changement, exigent une autre politique, qui satisfasse leurs revendications. Comme l'a dit un OS de Citroën : « La grève, c'est notre 10 mai ! » La mobilisation, c'est le 10 mai de la classe ouvrière. C'est elle qui imposera le changement dans les usines contre les patrons. C'est elle qui rappellera au PS et au PC, majoritaires à l'Assemblée, qu'ils ont été élus pour le changement, pour gouverner contre les capitalistes et satisfaire les revendications.

LE 9 MAI,

UN RASSEMBLEMENT POUR

UNE SEULE ECOLE PUBLIQUE

Dans la situation politique française, le 9 mai a été un grand moment de mobilisation des masses - près de personnes rassemblées comme dans les rapports entre les masses et le gouvernement.

Revendication de la République démocratique, sanctionnant la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la laïcité de l'enseignement - c'est-à-dire une école publique été combattue, sous des formes diverses, par certains secteurs de la bourgeoisie qui voulaient mettre en cause cet acquis démocratique. Historiquement, la « guerre scolaire » est en France un terrain d'affrontement entre les classes.

Aussi, pour les révolutionnaires, défense de cette revendication démocratique, « l'école laïque », qui passe aujourd'hui par l'abrogation des lois antilaïques, le refus d'accorder des fonds publies à l'école privée et la nationalisation laïque de l'enseignement privé, constitue une bataille politique centrale, liée au combat pour une école au service des travailleurs. Telle de la LCR. Aussi, préparant dans l'unité le rassemblement de toutes les organisations laïques le 9 mai 1982 (en fait de toutes les organisations ouvrières et démocratiques), la LCR a, par une série d'initiatives (appel, pétitions) appuyé un courant pour la nationalisation laïque des écoles privées.

Le 9 mai allait être un moment important. Tout d'abord par son caractère massif: 300 000 personnes répliquaient au rassemblement organisé quelques semaines auparavant par la droite pour la défense de l'école privée. Malgré le rappel du ban et de l'arrière-ban des écoles religieuses et de la réaction, cette initiative s'était soldée par la présence de 100 000 personnes selon les estimations les plus

Le 9 mai représenta également un rassemblement-anniversaire de la victoire électorale ouvrière du 10 mai de l'année précédente. Un anniversaire d'un type un peu particulier pour le gouvernement. Les ministres les plus ouvertement pro-capitalistes (Dreyfus et Delors) y ont été co.

pieusement hués. Le ministre de l'éducation, Savary, la été aussi par des dizaines de milliers d'enseignants et de parents d'é lèves. Enfin, un étonnant dialogue, très significatif, intervint entre le Premier ministre Pierre Mauroy et la foule présente au meeting central du rassemblement, où alternèrent huées et

Mauroy : « Il y aura plusieurs écoles La salle : « Non ! ». Mauroy, pour se rattraper : « Mais il n'y aura qu'une seule école de la République ... ». Manœuvre oratoire qui esquive deux questions pourtant fondamentales : cette école sera-t-elle publique, laïque et gratuite pour tous? Accepterat-on en dehors de cette école une école

La salle : « Une seule école, l'école publique ! Une seule école, l'école pu-

Mauroy pose alors « Mais peut-on faire tout, tout de sui-

Et la salle de lui répondre : « Oui ! qu'a fait apparaître rassemblement du 9 mai - c'est-à-dire un échantillon significatif de la base sociale et politique du 10 mai 1981 —, c'est d'une part un gouvernement qui s'oriente vers la compromission avec les secteurs capitalistes de l'école privée et, d'autre part, des enseignants, travailleurs et jeunes qui exigent que « cela aille plus vite », qui exigeaient « une seule école, l'école publique », bret, qui aspirent confusément à l'application d'une autre politique.

à cette étape, cela se fait sur une ligne de pression sur le gouvernement. Les révolutionnaires doivent tenir compte de ce sentiment pour redoubler leurs propositions de majoritaires. à l'heure où justement des secteurs de masse recherchent confusément une autre politique que celle du gouvernement, les révolutionnaires ne doivent de ces exigences. Ils doivent désystématiquement leurs propositions, leur programme pour en finir avec les capitalistes.

Cela d'autant plus que le rassemblement du 9 mai démontre aussi la force des révolutionnaires. Le Parti communiste internationaliste (lambertiste) et la LCR formaient les deux ailes d'un rassemblement regroupant plusieurs milliers de manifestants, et la tendance révolutionnaire de la Fédération de l'Education nationale (FEN), l'Ecole Emancipée (EE), a organisé un cortège de plusieurs milliers de personnes au sein même du rassemble-

LE CONGRES DE LA CFDT

Un des faits les plus marquants du congrès CFDT c'est la réalité d'une opposition syndicale de plus de 30 % à la ligne confédérale d'Edmond Maire. Aussi, à ce que la presse a relevé, c'est-à-dire un succès personnel d'Edmond Maire, il faut opposer une autre leçon du congrès de la CFDT: une polarisation importante des

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forces au sein de la confédération entre la majorité et l'opposition.

Cette opposition est certes encore hétérogène, avec des syndicats d'origines diverses, mais elle s'est unifiée autour :

— du refus de la politique d'austérité. Elle déclara fermement son opposition à toute réduction des salaires ou des couvertures sociales. Elle obtint même un succès au congrès en gagnant la majorité sur un amendement qui refusait toute

Men compensation d'une réduction d'horaire pour les salaires inférieurs ou égaux à deux fois le SMIC (c'est-à-dire ne pas toucher aux salaires en-dessous de deux fois le SMIC).

— de la mobilisation unitaire pour la satisfaction des revendications, et en particulier de l'unité d'action syndicale CGT-CFDT. La conjonction de ces deux batailles est d'ores et déjà, pour l'opposition dans la CFDT, un point d'appui considérable dans la définition d'une alternative se situant sur le terrain de la mobilisation unitaire pour la satisfaction des revendications et rejetant tant la division syndicale que l'unité au sommet pour faire passer l'austérité (l'unité bureaucratique au sommet que réclame le gouvernement pour sa politique de consensus social).

C'est d'ailleurs cette perspective unitaire de classe qu'ont défendu les syndicats des travailleurs de la Santé de la région parisienne en avançant la nécessité d'un « plan d'action unitaire des syndicats contre l'austérité », pour la rentrée 1982. C'est d'ailleurs sur une orientation analogue, combinée à la défense syndicat Solidarnose que les militants de la LCR sont intervenus dans la préparation du congrès de la CGT

L'opposition à la direction CFDT, constituée de 132 syndicats, son développement comme sa structuration, sont des éléments essentiels dans le processus de recomposition du mouvement ouvrier dans la construction du parti révolutionnaire. Cela va accroître les responsabilités de la LCR vis-à-vis d'une série de courants, de militants, de responsables syndicaux.

Aussi, plus que jamais, vis-à-vis de ces courants, notre organisation devra éviter de plaquer des mots d'ordre ou des campagnes sans rapport avec le mouvement politique des travailleurs. Elle devra chercher, chaque fois, à partir de la pratique syndicale, de l'expérience de ces secteurs, les médiations pour les intégrer dans la construction d'une alternative politique

Ces médiations doivent s'inscrire autour de campagnes comme celle pour les 35 heures ou la défense de l'emploi dans la métallurgie, ou d'échéances concrètes de la lutte des classes (appel autour des grèves), des propositions d'action qui donnent les moyens à ces militants responsables syndicaux de mobiliser les tratravailleurs dans leur secteur. C'est en faisant nos preuves sur ce terrain que nous gagnerons leur confiance. C'est aussi sur ce terrain que nous devrons proposer et stimuler des confrontations et des dis-

SOLIDARITE INTERNATIONALE!

cussions sur les problèmes de la tactique et de la stratégie.

LE 5 JUIN, PREMIERE MANIFESTATION ANTI-IMPERIALISTE DEPUIS DE 10 MAI 1981 Dès l'annonce de la venue de Ronald Reagan en France, il y a environ six mois, la LCR avança la perspective d'une manifestation nationale le 5 juin.

Elle combattit pour que l'unité la plus large se réalise contre guerre et l'intervention US en Amérique centrale. C'est un collectif de 56 organisations qui appela à la manifestation. Dans toutes les villes et certains secteurs de la région parisienne, se mirent en place des comités et des cartels unitaires regroupant le Parti socialiste unifié (PSU), Lutte ouvrière (LO), la LCR, les comités Amérique centrale, les comités pour le désarmechretiens de gauche, etc., qui appelèrent des organisations pacifistes, à des initiatives locales avant la manifestation nationale.

Par ailleurs, la LCR proposait un accord à LO et au PCI sur des propositions internationalistes conséquentes, dénonçant l'impérialisme américain, l'alliance impérialiste réunie à Versailles, soutenant la lutte de tous les peuples contre l'impérialisme, qu'il soit américain ou français, appuyant les luttes des travailleurs polonais contre la bureaucratie et restituant ainsi l'unité du combat internationaliste.

Alors que la préparation unitaire de la manifestation était déjà bien entamée, cinq jours avant la manifestation, le PCI rompait les accords unitaires, prétextant un double langage de la LCR (cf. Inprecor numéro 126, du 14 juin 1982). Bref, le PCI nous demandait de renoncer à l'accord unitaire large pour une activité réduite à nos seules organisations.

Pour nous, loin de s'exelure, les acorganisations trotskystes et l'unité d'action la plus large se complètent. Aussi, nous rejetâmes les exclusives du PCI ... qui s'en alla manifester seul le

CONTRE

L'IMPERIALISME,

• LIG

COM

EVOLU Cortège de la LCR le 5 juin dernier contre Reagan-la-guerre. (DR) matin du 5 juin, avec 700 personnes refusant l'unité contre Reagan-la-guerre.

Quant à la manifestation de l'après-midi, ce fut un succès incontestable. Plus de 20.000 personnes répondirent à l'appel unitaire, dont plus de 5 000 dans les rangs des cortèges de la LCR et des JCR et 2 000 dans celui de LO. Dans le cadre d'une bonne collaboration entre les organisations trotskystes LO et LCR, cette manifestation de 20 000 personnes reflète les capacités d'initiatives militantes des révolutionnaires.

Voilà quelles ont été les échéances décisives des luttes des travailleurs en France ces derniers mois. Au travers de ces grèves comme de toutes les mobilisations de masse, la LCR a été présente, s'affirmant comme une organisation qui combat et qui propose des perspectives pour en finir avec le capitalisme.

Pour défendre de telles perspectives, la LCR doit aujourd'hui renforcer son intégration dans la lutte de classe réelle. Elle doit combiner son apparition politique centrale avec un ancrage plus solide dans les bastions du prolétariat industriel.

C'est le sens du combat pour la prolétarisation de la LCR, pour la multiplication des cellules dans les grandes entreprises du pays, pour le renforcement des ailes « lutte de classe » dans les syndicats industriels, pour le renforcement de notre organisation dans les grandes régions in-

Aussi, par ce processus long et patient mais systématique, la LCR sera en dans les processus cours de recomposition du mouvement

Elle créera les conditions pour fusionner la jeune génération ouvrière et les cadres syndicaux qui s'orientent vers une perspective anticapitaliste, au sein d'une organisation qui constitue aujourd'hui un élément indispensable dans la construction d'un parti ouvrier révolutionnaire qui réponde « présent » lors des échéances décisives qui se profilent à l'horizon.

François OLLIVIER Paris, 10 juin 1982.

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