Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER JAPON

Liberté pour les 14 condamnés de Narita

Inprecor n° 129, 28 juin 1982 · p. 22 · 993 mots

Japon et Corée

Libération immédiate des quatorze

La lutte des paysans de Sanrizuka, soutenue par le mouvement ouvrier organisé japonais, contre le nouvel aéroport international de Tokyo (Narita) et contre le gouvernement bourgeois du Parti libéral démocratique (PLD), entre à nouveau dans une phase cruciale.

Après le succès des actions militantes contre l'inauguration de l'aéroport initialement prévue et l'occupation de la tour de contrôle, le 26 mars 1978, le gouver-

PLD imposa l'ouverture l'aéroport deux mois plus tard, en mai. Il ne s'agit cependant que de la première phase de l'inauguration avec ses 4 000 mètres de pistes principales. L'aéroport international de Narita demeurait encore très précaire du point de vue technique. Son ouverture exigeait, par ailleurs, la pesante protection d'une force de police

Il demeurait ainsi la cible d'une campagne d'opposition des paysans de Sanrizuka, appuyée par un large soutien sur place et dans tout le pays.

L'an dernier, un quatrième plan quinquennal pour l'aéronautique était adopté par le gouvernement. Il prévoit « l'extension des aéroports de Narita et Haneda (l'ancien aéroport de Tokyo) et la construction d'un nouvel aéroport international dans la baie d'Osaka. Ces trois installations, avec leur système ultra-moderne informatisé, constitueront un élément clé pour le contrôle du Japon sur le réseau de communications et de transport asiatique. En cas "d'alerte spéciale" dans le périmètre de défense japonais en constante exinfrastructures aussi être utilisées aussi bien par les forces comme le fut l'aéroport d'Haneda pendant la guerre du Vietnam. » (« Sanrizuka farmers continue to Ground Narita Airport », R. Morishima, AMPO, Vol. 13, numéro 4, Tokyo, 1981).

Dans ce contexte, trois ans après la première phase de l'inauguration de l'aéroport de Narita, le gouvernement, les autorités de l'aéroport et les notables locaux du PLD ont commencé à ouvrir la perspective de la deuxième phase de construction, à savoir la construction d'une nouvelle piste centrale.

La zone de construction concerne 515 hectares et il y a encore une quinzaine de familles qui vivent sur l'aire visée et y cultivent la terre. Elles font partie des 200 familles de la Ligue d'opposition paysanne contre l'aéroport. Les paysans et les comités de soutien possèdent 36,4 hectares sur les 515 concernés, et 85 hectares supplémentaires sont cultivés par les paysans du mouvement d'opposition et les groupes de solidarité. Le problème se pose donc à nouveau pour le gouvernement PLD et les autorités de l'aéroport condamnés de Narita d'évincer ces paysans et le mouvement de solidarité du site de construction.

Pendant la période précédant l'ouverture de l'aéroport, en 1977-1978, le gouvernement PLD et son premier ministre Fukuda, adoptèrent une politique d'affrontement direct pour briser la Ligue paysanne d'opposition et ses appuis. Mais le gouvernement Fukuda fut durement touché par les actions du 26 mars 1978. Aujourd'hui, à la veille de la seconde phase de construction, une politique de confrontation serait très dangereuse pour le gouvernement et pour l'aéroport lui-même, beaucoup plus qu'à l'époque de l'inauguration. Maintenant, le gouvernement est obligé de protéger le fonctionnement quotidien de l'aéroport international. Le trafic ne peut être suspendu et la sécurité doit être assurée à 100 %. Affrontements à Narita. (DR)

Le gouvernement tente donc de mettre en œuvre une politique de corruption et de division des paysans. L'an dernier, les autorités de l'aéroport et les notables locaux du PLD ont fait des propositions de rachat aux paysans dont les terres se situent sur le secteur de la seconde phase de construction. Ils cherchent ainsi à diviser les ligues d'opposition afin de paralyser de l'intérieur le mouvement de solidarité et de le neutraliser.

Dans le cadre de ces opérations, une vigoureuse campagne de presse bourgeoise a été lancée contre la Ligue paysanne et les groupes et organisations qui la soutiennent. La Ligue paysanne et le mouvement de solidarité ont riposté en lançant une contre-offensive, par le campagne nationale de masse contre les projets de la seconde phase de construction, et par l'extension des zones cultivées sur le site de construction. En janvier, Rohdoh Johoh, a décidé de prendre en charge cette campagne.

niveau international, le combat des paysans de Sanrizuka-Narita a été très bien accepté parmi les mouvements anti-impérialistes et anticolonialistes d'Asie du Sud-Est. L'an dernier, des représentants de la Ligue d'opposition paysanne ont visité les paysans français du Larzac, qui se sont opposés à l'extension des camps d'exercice militaire, ainsi que le mouvement d'Allemagne de l'Ouest contre l'extension de l'aéroport international de Francfort. En mars dernier, les paysans du Larzac et le mouvement de Francfort ont envoyé des représentants à Sanrizuka-Narita pour soutenir l'opposition à la seconde phase de construction.

L'an dernier, la Cour de justice de tences contre 14 militants, dont 12 membres de la LCR, section japonaise de la IVe Internationale, qui ont participé à l'occupation de la tour de contrôle du 26 mars 1978, les accusant d'être les principaux organisateurs de cette occupation : le camarade Watada a été condamné à 10 ans de prison et le camarade Sato à 9 ans; Maeda à 9 ans, Ota et Mizuno à 8 ans ; Nakagawa, Kojima, Irata, Yamashita, Koizumi et Nakaji à 6 ans; Hara, Tsuda et Takakura à 4 ans. Ces condamnations sont ouvertement une revanche de l'Etat bourgeois japonais.

Les 14 inculpés ont fait appel devant la Haute cour, et le procès en appel a commencé en mars dernier. Après le premier jugement, aucun condamné n'a été mis en liberté provisoire, en dépit d'une large campagne de masse pour leur libération immédiate. Depuis le début du procès en appel, trois inculpés seulement - Hara, Tsuda et Takakura - ont été relâchés, et la campagne pour la libération des autres continue.

•- Envoyez des messages de solidarité à la Ligue d'opposition paysanne à Sanrizuka et aux 14 inculpés traduits devant la Cour d'appel.

Envoyez lettres et messages de protestation à la Haute cour de Tokyo, demandant la libération immédiate des 12 détenus.

Toutes les lettres peuvent être adressées à la section japonaise de la IVe Internationale, qui fera suivre : LCR, Shinjidai-sha, Shiba 5-13-17, Minatoku, Tokyo.

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