Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER JAPON

La réorganisation des forces pro-patronales dans le mouvement syndical

· Inprecor n° 129, 28 juin 1982 · p. 16-21 · 6 108 mots

Syndicalisme Japon et Corée URSS et Russie

Lors des élections de juin 1980, le Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir a remporté une grande victoire politique au Japon. Cela a entraîné des modifications au sein du mouvement syndical où les forces de droite pro-patronales ont repris l'initiative qui se trouvait jusqu'alors entre les mains de la centrale réformiste Sohyo.

Ces forces ont alors commencé une vigoureuse campagne tendant « unifier » l'ensemble du mouvement syndical sous leur direction afin d'enlever à Sohyo la position hégémonique qu'elle détient depuis les années 1950 au sein du mouvement ouvrier. Elles veulent du mê me coup liquider les syndicats dirigés par des courants liés au PC ou à l'extrême. gauche.

Les forces syndicales de droite, appuyées par la bourgeoisie et le gouvernement du PLD veulent ainsi opérer une re. composition radicale du mouvement ou-

Une rapide description du mouvement syndical japonais permettra de mieux comprendre l'objectif de la droite. En 1980, sur un total de 56,5 millions de travailleurs, 32,1% étaient syndiqués (voir Tableau I).

TABLEAU I

LA SYNDICALISATION AU JAPON

EN 1980 (en millions de travailleurs) Total main-d'œuvre 56,50 Total salariés 39,71 Total salariés de l'industrie 11.35 Total des syndiqués 12,76 Taux de syndicalisation 32,1 % existe trois grandes centrales: Sohyo (Conseil général des syndicats japonais), Churitsu-Roren (Conférence de coordination des syndicats neutres) et Domei (Confédération japonaise du travail) (voir Tableau II).

La plupart des dirigeants de Sohyo sont étroitement liés au Parti socialiste (PSJ) et leur centrale constitue la base syndicale de la social-démocratie. Le Parti communiste japonais (PCJ) y anime une minorité significative. Sohyo est essentiellement implantée parmi les travailleurs du secteur publie et les employés de l'Etat qui sont fortement syndicalisés (chemin de fer, postes et télécommunications, enseignement, administration).

Dans le secteur privé, les réformistes sociaux-démocrates et les forces de droite

TABLEAU II

INFLUENCE DES PRINCIPALES

CENTRALES SYNDICALES

(en millions de membres)

Sohyo :

Secteur public et fonctionnaires

Secteur privé

Churitsu-Roren

(presque tous dans le secteur privé)

Shinsanbetsu

(a fusionné récemment avec Churitsu-Roren)

Domei

Secteur privé

Secteur public et fonctionnaires

Autres syndicats

Total

12,757

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se partagent à 50 % le contrôle des syndicats affiliés à Sohyo : les premiers contrôlent les syndicats des petites entreprises de la métallurgie et des transports privés, les seconds contrôlent les syndicats de la chimie et de la sidérurgie.

Pour Churitsu-Roren — qui existe essentiellement dans le secteur privé —, la principale fédération industrielle est celle de l'électronique et de la construction électrique. Churitsu-Roren est dirigée par des forces pro-patronales mais, au cours avait formé une structure de coordination avec Sohyo pour mener les campagnes annuelles de négociations salariales. Certains syndicats affiliés à Churitsu-Roren apportent leur soutien électoral à la droite du PS.

Domei est une confédération ouvertement anticommuniste et de droite. Son

Best contrôlé par le Parti socialdémocrate (PSD) pro-impérialiste et favorable au PLD, le parti bourgeois au pouvoir. Domei est implantée dans le secteur privé, parmi les travailleurs des chantiers navals, de l'automobile, de l'industrie textile, etc. Elle est très faible dans le secteur public et l'administration.

Il existe en outre le Conseil japonais de la Fédération internationale des travailleurs de la métallurgie (IMF-JC) et le Kagaku-Rokyo (Conférence des syndicats de la chimie) qui sont des organes consultatifs des syndicats pro-patronaux deux secteurs. L'IMF-JC a été créé en 1964 et regroupe les principaux syndicats maison de la sidérurgie, de la construction navale, de la machine-outil, de l'automobile et de l'électronique. L'IMF-JC comptait 1,87 million de membres en 1980. Le Kagaku-Rokyo a été formé de la même façon et regroupait 655 000 ouvriers de la chimie en 1980.

Au niveau politique, au cours des années 1960 et 1970, Sohyo, le PS et le PC ont formé un bloc réformiste d'opposition assez efficace face au gouvernement PLD et au Parti social-démocrate (PSD). Le PSD est toujours resté minoritaire et le PC et le PS ont toujours bénéficié de l'appui de la majorité de la

Il faut noter qu'il y a toujours eu une différence importante entre la représentation parlementaire au sein de la classe ouvrière et les rapports de forces au sein des syndicats. Ainsi, le courant réformiste de Sohyo reste majoritaire dans le secteur public et l'administration, alors que les forces pro-patronales ont leurs bastions dans les syndicats de la chimie et de l'industrie affiliés à Sohyo. C'est pourquoi, au niveau syndical, le rapport de force entre les réformistes et la droite est à 50/50, tandis qu'au niveau politique, le bloc Sohyo-PS-PC contrôle la majorité de la classe ouvrière.

Vers la fin de 1976, la direction réformiste de la centrale syndicale de Sohyo, a commencé à évoluer vers la droite. Au niveau parlementaire, cette évolution s'est traduite par une prise de de distance par rapport aux positions réformistes de gauche qui étaient la marque

TABLEAU III REPRESENTATION PARLEMENTAIRE

1958 1960 1963 1967 PSD(*) 23 30 PSJ 166 145 144 140 PCJ USD(**) (*) Scission du PSJ en 1960

**) Scission de droite du PSJ en 1977. du bloc Sohyo-Parti socialiste (PSJ)-Parti

La direction de Sohyo a évolué vers une orientation favorable à une coalition gouvernementale de centre-gauche Parti socialiste-Komei-Parti social-démocrate (PSD), un rôle subalterne étant accordé au PC dans ces manœuvres de coalition.

Au niveau syndical, cette évolution s'est traduite par la formation d'un nouveau bloc englobant Sohyo, le nouveau syndicalisme droitier du Conseil japonais de la Fédération internationale des travailleurs de la métallurgie (IMF-JC), et le Domei. Les syndicalistes de Sohyo ont été incapables de riposter à la politique de la bourgeoisie et du gouvernement, c'est pourquoi ils ont choisi un détour par la politique des coalitions parlementaires. A l'époque, cette manœuvre paraissait viable car le Parti libéral-démocrate (PLD) ne disposait pas d'une forte majorité à la Diète (Parlement).

Dans une première phase, vers la fin de 1976, le PC a d'abord été tenu à l'écart de la manœuvre Sohyo-PS. Le parti Komei, celui de la petite-bourgeoisie urbaine, rompait à son tour avec le PC. La fraction de gauche pro-soviétique du PSJ, la « Société socialiste », a alors été soumise à une forte pression des bureaucrates réformistes de Sohyo, ces derniers étant en fait soutenus par les courants droitiers du parti et par une importante campagne de presse bourgeoise contre la « Société socialiste ». Bien que cette aile gauche ait pu compter sur le soutien d'une majorité de militants de la base du parti, elle a capitulé devant ces pressions et accepté l'orientation de coalition au début de l'anLES MESURES DU PSJ CONTRE

LA DEMOCRATIE INTERNE

Le PS avait modifié ses structures au début des années 1960. Le réglement intérieur de l'époque prévoyait l'élection d'un Comité exécutif national par le Congrès du PS dont tous les délégués devaient être élus par les branches des circonscriptions préfectorales. Les parlementaires du PS ne disposaient ainsi pas de droit de vote au Congrès, à moins d'avoir été élus par leur branche de circonscription préfectorale.

C'est ainsi qu'au cours de la seconde moitié des années 1960, la « Société socialiste » a pu organiser sérieusement son influence dans le PS et les syndicats Sohyo. Au début des années 1970, elle obtenait même la majorité au sein du PS.

DU PSD, DU PSJ, DU PCJ ET DE L'USD 1969 1972 1976 1979 1980

31 19 29 36 32

90 118 123 107 107

14 38 19 41 19 Cette fraction avait une ligne d'« unité ouvrière » qui préconisait un bloc PS-PC et s'opposait à toute les forces bourgeoises ou petites-bourgeoises. Néanmoins, en même temps que la « Société socialiste » cédait aux pressions droitières au début de l'année 1977, elle acceptait de restreindre les activités de ses fractions bien organisées et centralisées dans le PS et dans les syndicats et de modérer son orientation politique.

A la fin de 1977, I. Asukada accéda à la présidence du PS avec le soutien des bureaucrates de Sohyo. Le système d'élection du dirigeant national du parti fut alors modifié : le président serait désormais élu par un référendum de tous les adhérents. Le président reçut également le droit de nommer un certain nombre de membres du Comité exécutif national. Toutes ces mesures aboutissaient à établir une sorte de système bonapartiste au sein du parti. Le nouveau président, I. Asukada, imposait une politique conciliatrice vis-à-vis de la bourgeoisie et du gouvernement du PLD, et adoptait la nouvelle orientation politique de « coalition » des bureaucrates de Sohyo. Cela a impliqué un effort de collaboration avec le parti Komei et la recherche d'un accord d'unité d'action avec les sociaux-démocrates de droite du PSD. LES FRUITS DE LA STRATEGIE

PARLEMENTAIRE Soutenu par les bureaucrates les plus connus de Sohyo, I. Asukada adopta alors une position à mi-chemin entre la fraction réformiste de gauche « Société socialiste » et les courants droitiers à l'autre bout de l'éventail politique au sein du PSJ. Malgré leur hétérogénéité, tous les droitiers du PSJ étaient d'accord pour préconiser une orientation allant dans le sens de la fusion avec le PSD et peut-être même avec le Komei. Ils sont aussi tombés d'accord pour demander une rupture entre le PS et le PC et la dissolution de la « Société socialiste ».

Face à ces menaces, la « Société socialiste » a été conduite à une position de défense du nouveau président du PSJ contre la droite du parti. C'est ainsi que la direction de Sohyo a réussi à orienter la centrale et le PS vers une politique de coalition « active » à la Diète ment), prétendument pour exploiter la précarité de la majorité du PLD. Mais cette ligne n'a pas entraîné la moindre conquête. Entre 1977 et 1980, les candidats aux postes de gouverneurs et de

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maires présentés par le PS, le PC et Sohyo ont essuyé une série de défaites électorales face aux candidats du PLD seuls ou aux candidats de coalition centre-droit et centre-gauche, notamment à Osaka, KyoD'autre part, la poursuite de cette ligne Tokyo et Kanagama (Yokohama). de coalition a commencé à entamer la solidité du soutien des ouvriers de Sohyo au PS et au PC.

En fin de compte, le PLD a obtenu une confortable majorité dans les deux chambres de la Diète lors des élections générales de juin 1980 (287 sièges sur 511 dans la Chambre des représentants, et 135 sièges sur 251 dans la Chambre des conseillers). Cette victoire du PLD a porté un rude coup à la politique de coalition de la direction de Sohyo en la privant de la possibilité de jouer le rôle d'axe d'un bloc parlementaire anti-PLD. Une autre conséquence des élections de 1980 a été que la direction de Sohyo a également perdu l'initiative sur le terrain syndical au profit des syndicats maison des grandes entreprises du secteur privé.

LE PARTI COMMUNISTE

DANS L'IMPASSE Le PC « national communiste », profondément réformiste et parlementariste, est entré en crise au milieu des années 1970. Le Parti communiste japonais avait renforcé son influence de masse à la fin des années 1960 et au début des années 1970, notamment grâce à ses campagnes Devant l'ambassade de Pologne à Tokyo, le 14 décembre 1981. (DR)

en faveur de la réforme municipale et des quartiers. Pour cela, il s'était appuyé avant tout sur les municipalités des banlieues des grands centres industriels. Les directions du PS et de Sohyo avaient toujours été incapables d'intervenir efficacement dans ces zones. Une certaine répartition des tâches s'était ainsi établie entre les forces réformistes du PS et de Sohyo, dont les syndicats du secteur public constituaient la base principale, et le PC qui s'adressait alors aux ouvriers en tant que consommateurs dans le cadre des munici

Cela explique que, de la années 1960 au début des années 1970, des gouverneurs et des maires soutenus par le bloc PC-PS-Sohyo aient été élus dans de nombreuses préfectures et municipalités des régions industrielles. Le PC a cadre à faire passer sa représentation parlementaire à la Chambre des représentants de 7 députés en 1967 à 14 en 1969 et à un maximum de 38 en 1972.

Cependant, la sévère récession économique de 1974-1975 a entraîné un rétrécissement des ressources financières des gouvernements locaux. Dans cette situad'autres solutions que de battre en retraite. Sa ligne de réforme municipale s'est alors heurtée à une impasse. Pire encore, une tentative d'élargir sa base électorale en direction de la petite bourgeoisie a conduit le PC à adopter une politique hostile aux grèves de 1973-1974. Le ré.

sultat a été une défaite désastreuse aux élections générales de 1976 ; la délégation parlementaire du parti fut à cette occasion réduite de moitié, passant de 38 à

La même année 1976, le PC se voyait soumis à la tactique de marginalisation impulsée par le PS et les autres partis parlementaires. Les défaites en série des candidats soutenus par le PC, le PS et Sohyo dans les élections locales ont ébranlé encore plus les perspectives du PC. Cela a eu pour effet de démoraliser une couche de militants et de sympathisants du PC qui se sont réfugiés dans la passivité. Le parti stagnait.

Devant son isolement politique total, le PC a adopté une orientation de travail parlementaire « à long terme et à contre-courant ». En même temps, il a durci son attitude vis-à-vis du PS et a cherché à consolider ses propres rangs. Dans le domaine syndical, le PC a mis en place son propre Comité de liaison national des syndicats et branches syndicales sous sa direction. Il en a fait une fraction syndicale publique de lutte contre les forces réformistes affiliées au PS au sein des syndicats de Sohyo. Le PC a organisé ses propres campagnes et mobilisations publiques à travers ce Comité, mais tous les syndicats et branches syndicales du Comité de liaison sont restés dans le cadre de Sohyo.

La base ouvrière de masse du PC a alors fait les frais des campagnes de rationalisation de la bourgeoisie, et le parti a donc été mis au défi d'organiser une riposte. Mais, dans la mesure où la politique du parti est restée profondément parlementariste et réformiste, il a été incapable d'offrir une alternative concrète à ses militants de base. C'est ainsi que la contradiction entre les aspirations de la base et la politique du PC est devenue très aiguë, et cela a provoqué un très important processus de différenciation parmi

A la fin des années 1970, face à son isolement sur le plan intérieur, le PC japonais a décidé d'améliorer ses rapports avec Moscou qui était aussi intéressé à renouer des liens plus étroits avec le PC japonais. Mais le PCJ était décidé à maintenir l'autonomie par rapport à Moscou et Pékin, avait été son trait spécifique dans la période précédente. Pour ne prendre qu'un exemple, le PCJ ne soutient pas la revendication soviétique sur les quatre penord du Japon (Hakomai, Shikotan, Kunashiri et Etorofu) qui sont contrôlées par l'URSS depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Dans ce cadre, il était difficile d'arriver à un accord entre le PCJ et l'Union soviétique. Des progrès semblaient en cours en 1979. Mais c'est précisément alors que l'Union soviétique est intervenue militairement en Afghanistan et la tentative de réconciliation s'effondra.

Plus tard, le PCJ devait dénoncer l'état de guerre en Pologne. C'est ainsi qu'à l'heure actuelle, ni Moscou ni Pékin ne disposent de mouvements importants au Japon. Moscou reçoit certes un certain soutien de la part de la « Société socialiste », réformiste de gauche, mais celle-ci

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connaît une crise interne très semblable à

ECHECS DU MOUVEMENT SYNDICAL Après 1975, les luttes syndicales ont connu un déclin considérable. Si les travailleurs de Sohyo n'ont pas subi de défaites décisives, ils en ont pas moins été forcés de reculer. Ils ont eu le sentiment prononcé de se trouver dans une impasse assez semblable à l'état d'esprit des travailleurs français après la défaite de la gauche aux élections de 1978. Des tendances centrifuges sont apparues, à la base notamment, parmi les jeunes ouvriers. Les dirigeants réformistes de Sohyo ont éprouvé de plus en plus de difficultés pour mobiliser ces couches en faveur du PS pour les élections municipales. Des candidats de gauche indépendants ont ainsi pu obtenir de bons résultats aux élections municipales de 1979.

En même temps, le nombre d'adhérents du syndicat baissait par suite des pertes d'emplois liées à la récession et à la rationalisation. En 1974, par exemple, Zenkoku-Kinsoku, un syndicat de Sohyo des travailleurs de la métallurgie dans des petites et moyennes entreprises, comptait 222 109 membres. En juin 1979, il n'en avait plus que 169 924. En cinq ans, il avait perdu 23,05 % de ses membres, surtout à la suite de fermetures d'usines et de licenciements.

'ace aux reculs du mouvement svn ical et à lévolution droitière des direc tions, un processus de différenciation a commencé à apparaître parmi les militants syndicaux de base et les cadres intermédiaires de Sohyo. Des attitudes eritiques et oppositionnelles vis-à-vis de la politique de coalition de la direction de Sohyo et de l'évolution droitière lèle du PS ont commencé à se formaliser. Mais il s'agissait plus d'un état d'esprit que d'un courant constitué. C'est dans ce contexte qu'un groupe oppositionnel d'ouvriers a commencé à se développer dans le PC de Tokyo et que des divergences ont commencé à prendre corps au sein de la fraction « Société socialiste » L'EMERGENCE D'UN COURANT

LUTTE DE CLASSES C'est dans cette situation qu'au dé. but 1977, Rohdoh Johoh (Information ouvrière), un bulletin bimensuel destiné aux militants syndicaux de gauche a commencé sa publication. Les trotskystes japonais de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) ont participé à cette entreprise dés le départ.

Rohdoh Johoh a été lancé par trois courants agissant en commun, des syndicalistes indépendants de gauche, des syndicalistes révolutionnaires et la section japonaise de la IVe Internationale. Le bulletin s'efforce de rassembler à l'échelle nationale un courant de militants ouvriers et de syndicalistes indépendants des directions de Sohyo et du PC pour jouer un rô.

le dans les différenciations à l'œuvre parmi les militants de Sohyo.

A la même époque, une autre publication, Kikan Rohdoh-Undoh (revue du mouvement ouvrier), annonçait sa parution. Rohdoh Johoh avait reçu l'appui de personnalités de Sohyo et du PS. Kikan Rohdoh-Undoh, par contre, était entièrement indépendant du PS et du PC. En fait, les deux publications se complétaient. A ses débuts, le bulletin tirait de 5 000 à 6 000 exemplaires. Aujourd'hui, son tirage est 12 000 exemplaires. Quant à la revue, elle tire environ à 2 000

Au cours de la seconde moitié des années 1970, des groupes d'ouvriers d'avant-garde ont mené des luttes dures contre les fermetures d'usines et les licenciements. Ces ripostes ont eu lieu surtout dans les secteur privé. Les batailles les plus notables ont été le fait des branches d'usine du Zenkoku-Kinzoku, notamment à Osaka et à Tokyo.

La branche d'Osaka-Sud de ce syndicat est devenue le bastion de ces luttes d'avant-garde. Elle dirige maintenant environ 2 000 ouvriers de la zone et une usine qui produit des équipements pour les raffineries de sucre est passée sous contrôle ouvrier. La direction de cette organisation a acquis une grande habileté dans l'utilisation des éléments réformistes de Sohyo et du PS. Mais, à l'heure actuelle, elle a été forcée d'engager une lutte prolongée contre les forces réformistes.

La direction Osaka-Sud du Zenkoku-Kinzoku est issue du PC avec lequel elle a rompu vers la fin des années 1960, elle a soutenu Rohdoh Johoh dès sa parution. Elle a par ailleurs adopté une attitude très fraternelle à l'égard de la lutte contre l'ouverture du nouvel aéroport international de Narita. A Tokyo, le groupe d'ouvriers d'avant-garde à l'origine de ce genre de luttes est dirigé par des ouvriers qui sont membres du PC. Il a établi un réseau national de solidarité avec les ouvriers engagés dans les luttes contre la rationalisation capitaliste. Il a également tissé des liens fraternels avec les ouvriers de la mécanique de Osaka-Sud et entretient de bons rapports avec Rohdoh Johoh.

Il y a encore un autre courant combatif d'avant-garde à Tokyo, indépendant du PC comme du PC, qui est en cours de fusion avec le courant Rohdoh Johoh.

LA LUTTE CONTRE

L'AEROPORT DE NARITA La section japonaise de la IVe Internationale a décidé, au cours de l'été 1976, s'engager dans la construction d'un courant sur la base du processus de diffé. renciation engagé dans Sohyo. C'est pourquoi nous avons décidé de participer au lancement de Rohdoh Johoh. Dans le cadre de cette orientation, la LCR japonaise s'est associée à un groupe de syndicalistes révolutionnaires dans une autre initiative en 1977-1978, la lutte contre l'ouverture aéroport international de Narita.

Devant l'impasse où le bloc Sohyo-

PS-PC s'était enlisé et le tournant droitier de la direction de Sohyo vers une politiconciliatrice trotskystes japonais voulaient construire un courant qui pourrait mobiliser les ouvriers dans les diverses luttes en cours, aussi bien que syndicales, contre la bourgeoisie et son gouvernement, indépendamment de la bureaucratie réformiste de Sohyo et de l'appareil du PC. La lutte autour de l'aéroport a représenté un premier pas dans la construction d'un tel courant indépendant et complétait le lancement de Rohdoh

Néanmoins, bien que notre orientation originale ait prévu une tentative de mobilisation massive des ouvriers contre la tentative gouvernementale d'ouvrir l'aéroport, le résultat concret fut bien en dessous de nos espoirs. Le gouvernement de Takeo Fukuda, parvenu au pouvoir le 24 février 1976, décida que l'ouverture de l'aéroport dans les délais prévus serait un objectif principal de sa politique. On allait donc vers une épreuve de force. A l'approche de la bataille, le climat s'est tendu. Quand le combat eut lieu, toute la population du pays suivit le déroulement de la lutte entre les paysans soutenus par les ouvriers et les étudiants déterminés et le gouvernement qui avait mobilisé massivement sa police anti-émeutes et ses autres forces répressives.

Le 26 mars 1978, jour de la bataille décisive, les lignes de la police furent enfoncées en plusieurs endroits. La tour de contrôle de l'aéroport finit par être occupée par les « extrémistes ». Une confusion complète avait été semée dans le système de commandement de la police au moment décisif. Les agressions policières retransmises à travers tout le pays par la télévision suscitèrent une explosion d'indignation publique. Le gouvernement de Takeo Fukuda fut secoue par une crise, sa politique dure avait subi un coup sévère. Même les cercles dirigeants de l'industrie et de la finance s'étaient divisés sur la question de l'aéroport.

Le secrétaire général de Sohyo offrit ses bons offices d'arbitre entre les paysans et le gouvernement. Son prédécesseur à la tête de la centrale, I. Iwai, un dirigeant de la fraction « Société socialiste » du PS, protesta contre les actions du gouvernement et apporta son soutien à l'action des paysans.

La lutte autour de l'aéroport eut un impact considérable dans les rangs de Sohyo, et cela d'autant plus qu'elle suivait de peu la capitulation de la direction syndicale dans son affrontement avec le gouvernement à l'automne 1975. Les membres de Sohyo avaient été impressionnés par la détermination manifestée par les paysans et les militants d'extrême-gauche et se réjouissaient de l'échec de la politique de fermeté du Premier ministre Takeo Fukuda. On peut donc dire que la bataille de l'aéroport a contribué de facon importante à renforcer la détermination de la classe ouvrière à se battre contre le gouvernement du PLD.

Si l'aéroport a fini par être ouvert par la force en mai 1978, la lutte déterminée

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renforcer le courant Rohdoh Johoh pour de la politique patronale. Ainsi, dans les des paysans, ouvriers et étudiants n'en a pas moins eu pour effet de réduire le sentiment d'impuissance des membres de Sohyo qui ne voyaient pas d'issue à l'aggravation de la situation. La politique de fermeté de Takeo Fukuda a perdu de son efficacité et il a dû faire face à une opposition au sein même de son parti, qui finit par le renverser.

La lutte de l'aéroport avait suscité une grande sympathie parmi les membres du PC, le sondage d'un quotidien bourgeois aprés la bataille de mars, le révélait bien. Et cela malgré l'opposition déterminée de la direction du PC à cette lutte, du premier au dernier jour. En effet, la base et la périphérie du PC comprenaient ceux qui avaient été le plus durement touchés par la politique du gouvernement Takeo Fukuda.

La lutte contre l'aéroport réanima la combativité spontanée dans les rangs de Sohyo. Dans la seconde moitié de 1978, les premiers indices d'une opposition de masse à la campagne du PLD pour le renforcement militaire du Japon apparurent. Ils se manifestaient en particulier parmi les membres et les sympathisants du PC. A la fin de 1978, une remontée de la combativité se produisit chez les postiers. De 1978 à 1979, plusieurs luttes de masse se déclenchèrent à différents sujets, notamment sur la question de l'énergie nucléaire, dont les participants s'identifiaient consciemment à la lutte contre

Ainsi, la lutte contre l'aéroport avait révélé le nouveau potentiel qui existait pour le développement d'une opposition de gauche indépendante dans le mouvement ouvrier. Elle avait fait la preuve qu'un tel courant pouvait s'appuyer sur un soutien de masse dans certaines zones pour former des alliances avec les diverses forces réformistes de gauche au sein de Sohyo en opposition à leur direction bureaucratique.

Mais ce potentiel ne pourrait se concrétiser que si une opposition de gauche indépendante s'était auparavant structurée au niveau national dans le mouvement ouvrier même. Or, Rohdoh Johoh n'avait été lancé qu'un an avant la lutte contre l'aéroport. D'autre part, en raison du caractère particulièrement dur de cette bataille, la majorité des partisans de Rohdoh Johoh ne se sentaient pas capables d'y participer. Quant à la section japonaise de la IVe Internationale, elle ne re. présentait qu'une très faible minorité du mouvement ouvrier.

C'est pourquoi, malgré le succès de la lutte de l'aéroport, ni le groupe syndicaliste révolutionnaire ni la LCR ne disposaient du type de réseau organisationnel national qui eût pu permettre d'exploiter les nouvelles possibilités de travail de Front uni dans Sohyo. C'était là notre faiblesse principale et le principal facteur limitant la portée de la lutte de mars à mai 1978 autour de l'aéroport.

Depuis la bataille de l'aéroport, le travail de la section japonaise s'est de plus en plus concentré sur les efforts tendant à en faire une alternative à la direction syndicale en pleine dérive vers la droite.

1980 : L'OFFENSIVE DE LA DROITE

POUR LA FUSION SYNDICALE

La victoire électorale de juin 1980 du PLD a marqué le début de l'offensive des centrales syndicales de droite contre le bloc Sohyo-PS-PC. En septembre 1980, un « Comité pour la promotion de l'unité du front ouvrier » est formé. Il regroupe les présidents de cinq fédérations d'industries du secteur privé liées aux différentes confédérations, et d'un syndicat national. Ce comité élabore un programme de collaboration de classe pour le nouveau centre national syndical, avec la complicité de la direction de Sohyo elle-même. L'objectif immédiat de cette initiative est d'« unifier » les différentes unions et fédérations industrielles sous un même centre national pour 1982-1983, isolant les employés et ouvriers du secteur public et de l'administration.

Ce processus d'unification dans le secteur privé survient au moment même où la bourgeoisie et son gouvernement ont mis au centre de leurs préoccupations la rationalisation du budget de l'Etat et du secteur public. Les forces syndicales de droite qui ont collaboré avec leurs patronats respectifs pour faire passer la rationalisation dans le secteur privé sont favorables à son extension au secteur public. Elles essaient pour cela d'isoler les secteur qui confrontés déjà aux graves conséquences chemins de fer, 74 000 emplois ont été supprimés sur un total de 420 000 ; dans les postes, 50 000 emplois ont été supprimés et 65 000 dans les télécommunica. tions. Dans l'administration, 400 000 tra vailleurs ont perdu leur emploi sur un to

D'un autre côté, l'accord donné par les directions syndicales réformistes à l«unité » réalisée dans le secteur révèle bien leur attitude conciliatrice face à ces plans de rationalisation.

Cette campagne de la droite syndicale pour l'unité vise également à briser définitivement le bloc Sohyo-PC-PS et à établir une nouvelle majorité social-démocrate dans le mouvement ouvrier japonais. Le président de la Fédération des syndicats de la sidérurgie, qui est l'un des principaux promoteurs de cette unité, a exposé ce projet de façon tout à fait claire:

- éliminer l'influence marxiste et le concept de lutte de classes du Parti socialiste (c'est-à-dire éliminer la fraction « Société socialiste », et transformer si possible ce parti en équivalent japonais du SPD allemand, et promouvoir une fusion PS-PSD);

- développer les centrales nucléaires pour sauver le pays de la crise de l'énergie;

abandonner la lutte contre la politique de rationalisation et de « restructuration industrielle » ;

- moderniser les chemins de fer et les autres services publies non rentables à travers une réforme de l'administration

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(introduisant la rationalisation capitaliste dans ce secteur).

UNE OPPOSITION

SUBSTANTIELLE La lutte contre ce projet a déclenché un profond processus de recomposition au sein du bloc Sohyo-PS-PC. En juin 1981, le « Comité pour l'unité du front ouvrier » lançait un appel public autour de son programme de collaboration de classes. En réponse à cet appel, de larges regroupements d'opposition se sont formés, de juillet à décembre 1981, dans les rangs des syndicats affiliés à Sohyo.

En juillet 1981, au congrès de la Fédération de la chimie, 120 délégués sur 314 se sont opposés à l'appel, et le gros de l'opposition venait des travailleurs des congrès annuel du syndicat des transports privés, les délégués des moyennes entreprises se sont opposés à l'appel.

1981, trois conseillers de Sohyo envoyèrent une lettre ouverte à la direction de la centrale dans laquelle ils exprimaient leur opposition à l'appel « unitaire » de la droite. Il s'agissait de M. Iwai (ancien secrétaire général de Sohyo et l'un des principaux dirigeants fraction « Pour une société socialiste » au sein du PS), K. Ota (ancien président de Sohyo qui représente l'opposition des travailleurs de la chimie ; il a sa propre fraction dans le PS et travaille étroitement avec le PC ; il fut candidat unique du PC et du PS pour les élections à la mairie de Tokyo) et M. Ichikawa (ancien président de Sohyo, ancien président du syndicat des employés des bases militaires US membre du PS et conseiller du bimensuel Rohdoh Johoh). Cette prise de position publique des trois vétérans de Sohyo représenta l'opposition des courants réformistes de gauche à l'appel de la droite syndicale. Le Zenkoku-Kinzoku (syndicat des petites et moyennes entreprises de la métallurgie affilié à Sohyo) ne prit pas position lors de son congrès annuel, par suite des divergences entre les membres du PS, et de l'opposition des délégués du PC et de l'extrême-gauche.

En septembre, cinq fédérations affiliées à Sohyo (celles de la construction navale, des employés de commerce, du papier, de l'imprimerie et des chauffeurs de taxis) formèrent un bloc contre l'unité « sélective » proposee par la droite selective car elle vise à exclure les svndicats dirigés par le PC).

En octobre, les syndicats de Sohyo du secteur privé tenaient leur réunion annuelle mais l'appel de la droite ne put y recueillir une claire majorité : dix pour, quatre contre et dix abstentions. Les quatre votes contre venaient de fédérations dominées par le PC, les dix abstentions émanaient de fédérations dirigées par les réformistes de gauche. Mais ces dix fédérations (qui regroupent moins de 20 000 membres chacune) sont, ensemble, plus petites que les quatre précédentes.

En novembre, la fédération nationale de l'enseignement, dont le principal dirigeant est aussi président de Sohyo, te.

nait une réunion spéciale de son comité central sur la question de l'appel pour l'unité. Sur les 235 membres du CC présents, 165 étaient membres du PS et 70 du PC. Il s'opéra une division entre les socialistes : 117 se prononcèrent pour l'apa eu des effets significatifs sur les autres syndicats du secteur public et de l'administration affiliés à Sohyo. Le Syndicat des chemins de fer et la Fédération des employés municipaux prirent une position attentiste sur la question. Ainsi, la avait atteint un maximum de confusion quand Sohyo tint son Congrès annuel et celui-ci ne prit pas de position claire sur l'appel de la droite.

La bureaucratie centrale de Sohyo et de ses principales fédérations multipliérent les manœuvres en novembre et décembre. En même temps, la base syndicale commença à se mobiliser directement contre la campagne de la droite. Plusieurs réunions d'oppositionnels furent organisées dans de nombreuses villes sous l'égide du journal Rohdoh Johoh.

Le 7 décembre, le Conseil national élargi de Sohyo se réunit et adopta une motion favorable à la campagne pour l'unité syndicale à condition que soit rejetée la conception sélective de cette unité. Il enjoignit aux fédérations du secteur privé affiliées à Sohyo d'adhérer au Comité préparatoire pour l'unité du Front

Ainsi, le 14 décembre le Comité préparatoire pour l'unité du front ouvrier dans le secteur privé vit le jour. Il regroupe 39 fédérations industrielles et syndinationaux affiliés aux différentes confédérations. Après sa création, le Zenkoku-Kinzoku, la Fédération des travailleurs des chemins de fer et transports privés et d'autres syndicats décidèrent de rejoindre le Comité préparatoire, rejetant l'opposition de leurs minorités.

En février 1982, seuls le syndicat des dockers et celui des imprimeurs taient encore, en plus des quatre fédérations de Sohyo dirigées par le PC. Le pro. jet du Comité préparatoire est de mettre sur pied une confédération de syndicats nationaux et de fédérations industrielles du secteur privé regroupant 4,5 millions

UNE BRECHE DANS

L'HEGEMONIE REFORMISTE

Le fait que, malgré l'existence d'une opposition substantielle, la majorité réformiste de Sohyo ait accepté de se joindre à cette campagne menée à l'initiative la droite révèle la crise profonde que traverse cette centrale par suite de ses reculades permanentes au cours de la deuxième moitié des années 1970. Cela montre également que les forces syndicales pro-patronales basées dans le secteur privé ont réussi à reprendre l'initiative au sein du

En réponse à la création du Comité préparatoire pour l'unité du front ouvrier, le Comité de liaison syndical pour la promotion du front unique, animé par les fédérations et les syndicats contrôlés par le PC, a décidé de renforcer son action autonome lors de sa conférence spéciale tenue au lendemain de la création du Comité préparatoire. La perspective du Comité de liaison est de promouvoir un « centre national classiste et démocratique » mouvement syndical.

Le courant syndical qui s'inspire du journal Rohdoh Johoh s'est prononcé dès le début contre la campagne « unitaire » de la droite. La création de ce journal en 1977 et la construction d'un courant se réclamant de ses idées a constitué une réde gauche indépendante au courant droitier de la direcion réformiste de Sohyo. Malgré sa faiblesse, ce courant dé-

June intervention systématique contre la politique conciliatrice de cette direction. A la fin 1981, une collaboration plus étroite s'est établie entre le courant Rohdoh Johoh et les trois vétérans de Sohyo mentionnés plus haut, et différentes actions ont été organisées en commun entre Rohdoh Johoh et le courant réformiste de gauche de Sohyo ; un travail a aussi été fait contre la campagne de la droite en commun avec les syndicats contrôlés par le PC. Ces initiatives ont permis à Rohdoh Johoh d'être reconnu comme un courant à part entière du mouvement syndical japonais.

Il demeure cependant encore très faible organisationnellement. Il n'a réussi à apparaitre comme courant structuré au niveau national que dans le Zenkoku-Kinzoku. Dans ce syndicat, le Rohdoh Johoh jouit du soutien de 106 sections sur un total de 1300 (et le PC en contrôle de son côté environ 300). Le Rohdoh Johoh a également une certaine influence parmi les travailleurs des chantiers navals, des télécommunications, des chemins de fer nationaux et privés, les travailleurs de la chimie, les enseignants, les employés municipaux, les dockers, ete. 1 236 cadres syndicaux ont participé à sa VIe Conférence en janvier 1982 à Osaka.

Toutes les forces réformistes sont maintenant regroupées dans le préparatoire et la direction de Sohyo accentue son cours conciliateur, cependant une opposition substantielle s'est maintenue. On peut done s'attendre à ce que l'emprise traditionnelle du Parti socialiste (PSJ) sur la centrale commence à entrer en crise. La tâche du courant Rohdoh Johoh est d'intervenir dans ce processus afin de construire une opposition lutte de classe au niveau national.

Les marxistes révolutionnaires japonais œuvrent à la construction d'un tel courant qui, en menant des actions communes avec les éléments réformistes de gauche et les secteurs syndicaux animés par le PC, peut s'opposer effectivement à dérive capitularde de la direction de Sohyo. Ils interviennent également pour que ce courant participe aux luttes antimilitaristes et développe la solidarité internationale avec les travailleurs et les paysans du Sud-Est asiatique et les travailleurs polonais.

Yohichi SAKAI Avril 1982.

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