des forces pro-patronales dans le mouvement syndical
U iaponais en 1975 lorsque la direction de la principale N tournant est intervenu dans la situation des travailleurs centrale syndicale, Sohyo (forte de 4 500 000 membres, principalement dans le secteur public) s'est trouvée incapable de répondre à l'attente des travailleurs en pleine période de récession économique et d'offensive du gouvernement bourgeois du Parti libéral démocratique (PLD). Par sa passivité lors de la campagne de printemps pour les hausses de salaires et son abandon de la grève des travailleurs du secteur public en novembre 1975, la direction de Sohyo a ouvert la voie à un processus dont l'objectif était la profonde recomposition mouvement ouvrier et syndical japonais.
Les travailleurs des grandes entreprises privées qui bénéficient d'un système d'emploi à vie et d'une promotion à l'ancienneté, constituent environ 30% de la population active et sont représentés par des syndicats conservateurs. Depuis les années 1960, le patronat a réussi, en effet, à imposer des syndicats maisons dans ces entreprises. Quant aux travailleurs temporaires ou ceux des entreprises de sous-traitance, qui ne béné. ficient d'aucun avantage social ni de la sécurité de l'emploi, ils sont très instables. Cette mobilité de l'emploi et le système de
JAPON Manifestation contre la réorganisation syndicale de la droite. (DR)
La réorganisation
japonais
rémunération basé sur le « bonus » (partie mobile du salaire qui peut être diminuée selon la situation financière de l'entreprise) sont pour beaucoup dans le « miracle » japonais et la compétitivité de la production industrielle de ce pays. Les ouvriers les plus actifs appartiennent donc au secteur public, principalement aux branches des transports publics, des postes et télécommunications, et à la fonction publique en général. Bien que le droit de grève ne leur soit pas reconnu, ces travailleurs, par leur statut, peuvent sans problèmes se syndiquer. Ils constituent la base des grands syndicats et des organisations ouvrières.
Au début des années 1970, la combativité ouvrière qui, dans le secteur public constituait en quelque sorte une prolongation de la radicalisation de la jeunesse scolarisée, permit aux syndicats d'asseoir leur influence sur les travailleurs des grandes entreprises. Parallèlement, il en résulta d'importantes hausses de salaires. Par contre, la défaite de 1975, se combinant à une campagne en règle de rationalisation industrielle dans le secteur privé, allait signifier baisse des salaires et attaques contre l'emploi.
En même temps, la bourgeoisie tentait de résoudre le
me de la faiblesse de sa direction politique. Une première tentative du Premier ministre Fukuda d'imposer un programme d'austérité se heurta à la réprobation générale que la répression des opposants à la création de l'aéroport de Narita allait susciter jusque dans les rangs du PLD au pouvoir. Après l'ouverture en force du nouvel aéroport de Tokyo en 1978, le gouvernement Fukuda ne survivra pas aux divergences suscitées par cette question. Fin 1978, c'est un nouveau Premier ministre, Ohira, qui se lance dans une politique d'assainissement budgétaire en introduisant de nouveaux impôts. En 1979, le PLD reçoit la sanction de cette orientation en subissant un recul électoral. Ohira reviendra donc sur son projet de nouveaux impôts, sans pour autant réussir à faire l'unanimité au sein du PLD.
En mai 1980, la Chambre basse vote une motion de défiance au gouvernement et de nouvelles élections sont convoquées par le Premier ministre. Leurs résultats, favorables au PLD au-delà de toutes les espérances, marquent une nouvelle évolution de la situation et notamment un glissement à droite de la petite bourgeoisie. Les grands perdants des élections sont le Parti communiste japonais -- qui bien que comptant environ 300 000 membres, ne dispose que d'une faible implantation syndicale - et le Komei, un parti populiste d'obédience bouddhiste, surtout présent dans la petite bourgeoisie. Le score électoral du PLD permet au nouveau Premier ministre, Z. Suzuki, de réconcilier la famille bourgeoise. Mais, pour résoudre le probleme de la dette publique et restreindre les dépenses so. ciales, ce qui constitue le projet fondamental du gouvernement, le processus de rationalisation capitaliste qui a été impulsé au milieu des années 1970 dans le secteur industriel privé doit l'être à présent dans le domaine public. Il devrait frapper principalement les travailleurs de ce secteur et les subventions aux administrations locales.Or, c'est là que se situe la base de la confédération syndicale réformiste Sohyo, comme du PC ou du PS (qui avec 60 000 à 70 000 membres et malgré sa division en plusieurs tendances dispose d'un important poids syndical). Pour renforcer son pouvoir, l'actuel gouvernement du PLD doit donc briser l'influence de Sohyo et des formations ouvrières et établir un contrôle direct sur les masses travailleuses.
L'apparition du Parti socialiste démocratique, formation membre de la lle Internationale comme le PS, mais ouvertement pro-impérialiste, et le renforcement de la fédération syndicale droitière Domei - implantée dans le secteur monopoliste privé, et pratiquant un syndicalisme à l'américaine - ont dé jà permis de remodeler une partie du mouvement ouvrier. La perspective de fusion syndicale sur une base très droitière d'exclusion des syndicats dirigés par des militants communistes et ouvrier japonais. »
«lutte de classe », proposée par Domei, constitue une étape supérieure du même processus. L'assentiment de la direction de Sohyo à cette perspective, malgré les résistances de nombreux militants et secteurs de base, laisse la porte ouverte aux manœuvres de la bourgeoisie et de ses agents dans le mouvement syndical. Ces remous reflètent plus généralement au plan politique une évolution au sein même du PS, composante essentielle du mouvement syndical. L'idée d'une coalition gouvernementale avec des partis comme le Komeito (parti petit-bourgeois), le PSD et même de certaines fractions du PLD bourgeois se développe dans les rangs du PS surtout depuis la victoire en France de François Mitterrand. La fraction pro-soviétique du PS, la « Société socialiste », n'a guère réussi à s'opposer à cette évolution dans le parti socialiste. La perspective syndicale proposée par le Domei, dont le dirigeant est membre du PSD, s'inscrit parfaitement dans ce cadre general.
Toutefois, l'opposition à ces manœuvres s'organise. Un front commun s'est constitué de fait entre la fraction du PS qui refuse l'unification syndicale bureaucratique et droitière, les organisations syndicales contrôlées par le PC et les militants syndicaux regroupés derrière la revue oppositionnelle Rohdoh Johoh (Information ouvrière) au lancement de laquelle ont participé nos camarades de la section japonaise de la IVe Internationale. Lors de la Conférence nationale de Rohdoh Johoh en janvier dernier, qui a réuni plus d'un millier de militants syndicaux, il a été décidé d'agir pour la création d'une coordination nationale des oppositions syndicales et l'établissement d'un « programme commun des travailleurs ». T. Higuch, responsable de la revue, présentait ainsi l'orientation des militants regroupés autour de Rohdoh Johoh, qui dispose de 12 000 abonnés : « La bourgeoisie et son Parti libéral démocratique sont en train d'organiser une restructuration drastique de l'Etat et de la société elle-même pour 1985. L'unification des courants droitiers des syndicats est partie intégrante de cette opération de la bourgeoisie. Le but est d'essayer de détruire les acquis et traditions du mouvement des travailleurs organisés depuis les années 1950 et d'établir une structure syndicale entièrement pro-impérialiste sous la direction des bureaucraties
Nous défendons les meilleurs acquis du mouvement des travailleurs de Sohyo et joignons nos forces aux syndicats dirigés par les communistes pour lutter contre ces opérations droitières. Cependant, nous ne pouvons pas nous contenter d'être seulement des oppositionnels. Nous devons combattre pour obtenir la majorité dans le mouvement