La position des marxistes-révolutionnaires néo-zélandais ont été tout aussi importantes. En effet, çais dépend du maintien de l'occupation
NOUVELLE ZELANDE « SOCIALIST ACTION »
Franchissant un nouveau pas dans la course aux armements, les Etats-Unis ont annoncé récemment qu'ils envisageaient d'installer des missiles de croisière (Cruise) à bord de leurs navires de guerre stationnés dans le Pacifique.
Cette décision survient au moment même où les USA se préparent à lancer le premier d'au moins sous-marins nucléaires Trident qui doivent aussi croiser dans le Pacifique. Le Trident est capable de toucher 408 objectifs différents à une distance de plus de 10 000 kilomètres et il est équipé de têtes nucléaires qui possèdent cinq fois la puissance de la bombe qui tua cent mille personnes à Hiroshima.
Le 13 avril dernier, le Premier ministre de Nouvelle-Zélande, Robert Muldoon, a apporté son soutien à l'escalade nucléaire américaine dans le Pacifique, quand il a confirmé que le croiseur américain Truxtun, équipé de missiles nucléaires, ferait sa troisième visite en Nouvelle-Zélande, à Wellington, du 25 au 28
Les deux précédentes visites du Truxtun à Wellington, en 1976 et en 1980, avaient été accueillies par de larges manifestations de protestation, y compris par une grève d'une semaine des travailleurs
Cette fois encore, les protestations
Pour un Pacifique
après la déclaration faite par Robert Muldoon, le conseil municipal de Wellington adoptait une résolution faisant de la ville une zone dénucléarisée. Précédemment, les conseils municipaux de Christchurch et de Manukau avaient pris la même décision.
Le dirigeant travailliste Bill Rowling a déclaré, pour sa part, son « opposition absolue y à toute visite des navires de guerre nucléaires et ajouté que l'installation de missiles Cruise allait à l'encontre de la conception soutenue par le Parti travailliste d'un Pacifique-Sud dénucléarisé Il a déclaré enfin qu'il fallait se sentir pré-
« militaristes américains semblent avoir le mors aux dents ».
Les différents groupes antinucléaires se sont également préparés à accueillir le Truxtun par des mobilisations de protes-
PROGRAMME NUCLEAIRE
ET PRESENCE COLONIALE
Depuis plusieurs années, les gouvernements des nations insulaires du Pacifique font campagne pour un Pacifique dénucléarisé et indépendant. Les iles Fidji et Vanuatu ont interdit l'entrée de navires nucléaires dans leurs ports. Cette campagne est étroitement liée à la lutte pour une réelle indépendance des colonies et des anciennes colonies de la région.
Le programme d'essais nucléaires frande la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française.
Les Etats-Unis maintiennent également leur contrôle colonial sur les Etats fédérés de Micronésie afin d'essayer d'obliger la République de Belau à accepter l'installation sur son territoire d'une base américaine de sous-marins nucléaires Trident (voir encart).
L'ancien ambassadeur américain aux iles Fidji a déclaré que Washington « ferait tout ce qui est possible » pour s'opposer à la campagne des nations du Pacifique en faveur d'un Pacifique dénucléarisé. « Une telle zone dénucléarisée est inacceptable pour les Etats-Unis, étant nos besoins stratégiques, a-t-il ajouté avec arrogance. (New Zealand Herald, 18 février 1982).
L'attitude de Robert Muldoon est tout aussi claire. Selon lui, les Néo-Zélandais devraient être « alarmés » par la décision de l'union syndicale d'Auckland d'ap porter son soutien aux luttes de libération dans le Pacifique. « Déstabiliser les Etats des îles du Pacifique-Sud ne peut profiter qu'à un pays, l'Union soviétique », a-t-il déclaré. « On a vu un tel schéma à l'œuvre dans d'autres régions du monde et on le voit actuellement en Amérique centrale. (New Zealand Herald, 31 mars 1982). « Union soviétique » est le mot de code que les impérialistes utilisent pour désigner les luttes des ouvriers et des paysans qui cherchent à se libérer de l'exploitation impérialiste.
L'AVANTAGE US
DANS LE PACIFIQUE
La fiction d'une prétendue menace soviétique a également été utilisée pour justifier la décision d'équiper la flotte US du Pacifique de missiles Cruise. L'amiral Long, commandant en chef de cette flotte, a déclaré que « l'Union soviétique sonde la région pour essayer de consolider des bases existantes et d'en acquérir de nouvelles ». Mais il n'a fourni aucune preuve concrète d'une éventuelle présence soviétique à proximité de la flotte US du Pacifique ou des énormes bases américaines de Hawaï, Guam, Diego Garcia, du Japon, des Philippines et de Corée du Sud.
Une étude comparative des forces américaines et soviétiques dans le Pacifique, menée par Gordon Campbell et dans le NZ Listener du 10 avril 1982, concluait que les Etats-Unis étaient en train « d'accroître l'avantage qu'ils avcient déjà » et
concentraient leurs dépenses sur l'augmentation de « la force de frappe offensive aussi bien pour l'armement conventionnel que pour l'armement nucléaire ».
Quand Gordon Campbell a demandé au ministre néo-zélandais de la Défense, David Thompson, quelle preuve existait actuellement d'une présence dans le Pacifique, tout ce qu'il put indiquer ce sont les groupes anti-guerre soutenus par l'URSS et des navires laboratoires de pêche ! « Elle est là, mais elle est rusée », a-t-il expliqué. « C'est ce que j'appellerais une agression rampante, et elle fait cela avec des organisations paravents (comme) le Conseil mondial de la paix (...), mais cela prend aussi la forme de propositions (...) comme ces navires laboratoires qui offrent leur aide aux îles qui ne peuvent pas s'en construire.»
L'ANZUS, ALLIANCE IMPERIALISTE Le Traité de sécurité militaire dans le Pacifique, ANZUS (Australian, New-Zealand, United States), signé à San Francisco le ler septembre 1951, est l'élément central de la politique impérialiste de la Nouvelle-Zélande, à travers lequel elle apporte son soutien à la machine de guerre nucléaire des Etats-Unis. Pour justifier sa décision d'accueillir le Truxtun en Nouvelle-Zélande, Robert Muldoon a déclaré qu'« en fonction du traité ANZUS, nous sommes obligés d'aider nos alliés ... ».
Le traité de l'ANZUS assigne en effet une zone particulière de surveillance à la Nouvelle-Zélande. Rapportant une discussion avec l'ambassadeur US en Nouvelle-
Monroe Browne, le New Zealand Herald du 26 mars dernier écrivait : « D'après l'ANZUS .... la Nouvelle-Zélande doit fournir une "présence" dans une vaste zone placée sous sa responsabilité, qui va des îles Cook aux Fidjis et à Ton-
Dans ses déclarations au Comité des Affaires militaires de la Chambre des représentants US, l'amiral Long s'est félicité du « soutien important » que la Nouvelle-Zélande et l'Australie fournissent à la machine de guerre américaine. « L'Australie et la Nouvelle-Zélande jouent chacune un rôle clé dans le développement politique et économique des nouvelles nations insulaires du Pacifique », a-t-il déclaré. « En outre, l'Australie et la Nou-
PHILIPPINES INDONESIE"** Miles 1,000 velle-Zélande ont des rapports étroits avec les Etats de l'ASEAN (Association des nations du Sud-Est asiatique : Thailande,
Malaisie, Indonésie, Philippines), et maintiennent une présence dans leur zone qui contribue à la défense de la
Get des intérêts occidentaux. Nous devons les encourager à maintenir cette présence, à partager une plus grosse part du fardeau en termes de soutien à la nation visiteuse, de sauvetage en mer et dans les airs, de surveillance et de facilités d'accès aux ports et aux installations. »
LES MEFAITS DE L'IMPERIALISME NEO-ZELANDAIS Les impérialistes néo-zélandais participent activement à la défense des inté rêts impérialistes. Outre la décision d'accueillir les navires nucléaires, d'autres méfaits ont été commis au cours des quatre premiers mois de 1982 :
— L'envoi de troupes de Nouvelle-Zélande dans la force « de paix » du Sinai dominée par les USA (y compris un contingent de Fidjiens entraînés par des officiers néo-zélandais).
- Des exercices aériens en Malaisie, dans le cadre de l'accord de défense qui lie la Grande-Bretagne, l'Australie, Nouvelle-Zélande et deux anciennes colonies britanniques, Singapour et la Ma-
- La participation du navire de guerre néo-zélandais Canterbury aux côtés de navires japonais, australiens, canadiens et américains, aux exercices militaires RIMPAC au large de Hawaï.
participation de 650 soldats néo-zélandais stationnés à Singapour ainsi que d'une compagnie de troupes territoriales venant de plusieurs bases de Nouveldes exercices anti-guérilla menées en mars 1982 sur les côtes de Ma-
- La récente signature d'un accord avec les Etats-Unis sur la d'équipements américains en cas de guerre, ce qui signifie la poursuite de l'intégration de l'armée néo-zélandaise à celle des USA. La standardisation des équipements est une partie nécessaire de cet accord et elle permet aux forces de Nouvelle-Zélande de participer plus facilement aux aventures militaires américaines à l'étranger.
Le nombre d'exercices militaires praOCEAN PACIFIQUE «MARIANNES
ILES MARSHALL S ILES CAROLINES
ILES GILBERT PAPOUASIE NOUVELLE •GUINEE tiqués en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique, ainsi que la nature de l'équipement et de l'entraînement des troupes néo-zé landaises montrent bien qu'elles forment en fait une force expéditionnaire chargée de combattre les rebellions dans d'autres pays et non pas de défendre les côtes de
Etant donné l'intensification de la lutte de guérilla contre la dictature de Ferdinand Edralin Marcos aux Philippines, au pouvoir depuis le 31 décembre 1965, on doit s'inquiéter du fait que les forces aériennes de Nouvelle-Zélande aient pris part aux exercices annuels Cope Thunder aux côtés de l'aviation américaine et philippine, pour la première fois l'an
Afin de financer ces exercices et le nouvel équipement militaire, le budget de la « Défense » a augmenté de 22% l'an passé, pour atteindre 600 millions de dollars néo-zélandais (1 dollar néo-zélandais valait 4,32 FF en 1982).
La Nouvelle-Zélande contribue directement aussi au renforcement de la force nucléaire américaine, malgré les dénégagouvernement. Le complexe Black Biron Transit Circle, en construc tion près de Blenheim, servira à établir les plans du système astral de l'hémisphère Sud. Les informations recueillies serviront à aider le système hautement sophistiqué de guidage des missiles marins Trident et des autres vaisseaux nu-
Actuellement, le gouvernement dépense 41,2 millions de dollars néo-zélandais pour un programme de perfectionnement des capacités de surveillance et des systèmes d'assistance en cas de sur mer des 5 avions PC3 Orion de l'avia-
Nouvelle-Zélande. La firme Boeing de Seattle en est le principal béné-
La Conférence internationale d'Okinawa contre les bases militaires, qui s'est tenue en avril 1981, relevait que « le déploiement d'avions PC3 Orion dans l'océan Pacifique et l'océan Indien est un des principaux éléments de la capacité de première frappe des forces nucléaires des Etats-Unis ».
véritable raison de la présence nucléaire américaine croissante dans le Pacifique a été exposée par l'amiral Long quand il a déclaré que « la région demeure critique du point de vue d'intérêts vitaux des Etats-Unis et de ses alliés, tant dans le domaine politique, économique
Mais les « intérets » des impérialistes vont à l'opposé de ceux des travailleurs de tout le Pacifique. Notre intérêt, à nous, c'est de briser l'alliance ANZUS et la machine de guerre nucléaire. C'est pourquoi nous devons soutenir la campagne pour un Pacifique indépendant et dénucléarisé. Nous devons aussi exiger la réduction du budget militaire en faveur des dépenses sociales que le gouvernement Muldoon ne cesse de réduire.
«SOCIALIST ACTION » volume 14, numéro 7 (281) Auckland, 23 avril 1982.