Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

LIBAN

Appel aux combattants des forces communes palestino-progressistes

· Inprecor n° 130, 12 juillet 1982 · p. 5 · 852 mots

Liban Palestine et Israël

Aux combattants des forces communes et aux masses résistantes

Appel du Groupe communiste révolutionnaire (GCR)

lestinienne et des organisations libanaises qui combattent ES débats sont vifs au sein des forces de la résistance pa-

/à leurs côtés contre l'invasion sioniste, au sujet des pré tentions impérialistes visant à leur désarmement et à la constitution d'un Etat fort au Liban.

Le document de nos camarades du Groupe communiste révolutionnaire (GCR), section libanaise de la IVe Internationale, que nous publions ci-après, constitue un élément de ces

Le sort que l'on nous prépare dans des négociations secrètes que mènent les directions traditionnelles, et notamment la direction de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), avec l'ennemi sioniste et son parrain américain par l'intermédiaire de l'envoyé spécial de ce dernier, Philip Habib, ne saurait être autre chose qu'une reddition honteuse, contrairement à la formule en cours aujourd'hui, « la reddition honorable ».

Sinon, pourquoi les directions concenées n'ont-elles pas négocié publiquement ? Pourquoi n'ont-elles pas révélé la véritable teneur de ce qu'elles proposent et des propositions qu'elles acceptent dans leurs négociations directes et indirectes avec Philip Habib ? Pourquoi ces directions se voient-elles obligées à chaque fois de démentir ce que les médias publient sur leurs positions ? Pourquoi sont-elles obligées de publier des communiqués affirmant leur détermination à résister jusqu'au dernier combattant ? Et d'ailleurs, si ces directions étaient réellement décidées à combattre jusqu'au dernier combattant, pourquoi donc avanceraient-elles chaque jour de nouvelles propositions ou plutôt de nouvelles concessions à M. Habib ?

Ces directions croient-elles que les combattants sont naïfs au point d'être convaincus que ces négociations ne sont qu'une tactique au service d'une ligne patriotique dure ?

Les directions qui négocient ne trompent qu'elles-mêmes. La vérité est évidente : négocier avec l'ennemi sur les condirecul devant le chantage sioniste.

Si la position des directions concernées était une position patriotique dure, les négociations se seraient terminées depuis longtemps, ou plutôt, elles ne se seraient pas poursuivies un seul jour.

Camarades et frères combattants. Parler d'un choix nécessaire entre la reddition, fût-elle « honorable » ou pas, et le suicide, fût-il « martyre » ou pas, est un langage défaitiste, capitulard et démoralisant servant objectivement la guerre psychologique que l'ennemi sioniste mène contre nous depuis le début de son aggression. Le choix réel est entre la capitulation - à laquelle nous invitent les ennemis et sur laquelle négocient les directions — et la résistance, seule capable de mettre en échec les objectifs de la campagne sioniste pour la liquidation de notre mouvement armé.

Camarades et frères combattants, Beyrouth est une forteresse que la plus puissante armée du monde aurait du mal à occuper. Beyrouth est une forteresse que l'ennemi sioniste ne peut imaginer sérieusement occuper militairement. L'ennemi peut détruire des immeubles mais il ne pourra pas entrer dans notre ville et détruire notre résistance. C'est une tâche que l'armée sioniste est incapable de réaliser, car elle exige un prix énorme que cette armée ne peut sup-

LIBAN de nos deux peuples discussions, qui exprime une sensibilité largement présente dans les rangs des combattants de l'OLP.

Depuis le début des combats, nos camarades ont occupé un local à Beyrouth-Ouest et sont mobilisés de façon permanente avec les forces palestiniennes et libano-progressistes pour la défense de la ville. Ils viennent d'assurer la publication d'un numéro de leur journal et organisent des conférences-débats sur les problèmes de la lutte au Liban et de ses implications internationales. porter : aussi bien le prix en vie de soldats que le prix en termes de conséquences à l'échelle internationale et dans le monde arabe qui découleraient inévitablement de toute bataille prolongée contre Beyrouth patriotique.

Telle est la vérité et, en tout réalisme, la seule voie pour mettre en échec les objectifs de la campagne ennemie est de proclamer :

- notre refus de toutes ses conditions ; - notre refus de toute solution autre que le retrait total et inconditionnel de l'ennemi du territoire libanais ;

- notre refus de négocier avec l'ennemi, et notamment le refus de négociations secrètes dans notre dos ;

— le refus de l'entrée dans Beyrouth de l'armée de la « légalité » libanaise traître, cette armée qui s'est fraternellement mêlée à l'armée sioniste et aux bandes (phalangistes) de Bechir Gemayel ;

- la formation d'un gouvernement de Résistance nationale autre que le gouvernement traître de Sarkis, d'un gouvernement formé de représentants des partis disposés à continuer le combat, en fait et non seulement en paroles, contre l'ennemi sioniste:

— l'organisation de la résistance de notre ville et l'unification de nos forces militaires dans le cadre d'une garde nationale de la résistance.

C'est dans cette voie, camarades et frères combattants, et dans cette voie seulement, que nous pourrons faire avorter la campagne Begin-Sharon-Reagan-Gemayel, et imposer à ceux qui prétendent être solidaire de nous dans le monde de traduire cette solidarité en actes.

Il faut rappeler aussi aux organisations qui négocient, que si elles sauvent leurs têtes des mains de Sharon, elles ne pourront les sauver des bras des combattants patriotiques de notre pays.

Jusqu'à la victoire toujours! GROUPE COMMUNISTE REVOLUTIONNAIRE (GCR), Beyrouth-Ouest, mardi 29 juin 1982.

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