Malgré l'érosion de sa popularité, le PRD a de nouveau remporté les présidentielles
SAINT DOMINGUE
Lusique denichie te dimanche u madie ne ES résultats des élections générales qui ont eu lieu en Ré
quent tout d'abord que la situation reste caractérisée par une polarisation entre les deux principaux partis — le Parti révolutionnaire dominicain (PRD) et le Parti réformiste (PR) du très réactionnaire ex-président (1966-1978) Joaquin Balaguer - qui ont recueilli ensemble 85 % des voix environ. Ce pourcentage élevé reste, toutefois, inférieur à celui des élections de 1978 où PRD et PR avaient obtenu à eux deux 94 % des suffrages. Cette fois-ci, c'est surtout la bonne performance du Parti de la libération dominicaine (PLD), dirigé par Juan Bosch, qui a probablement pris des voix des deux côtés, qui explique ce résultat. Ce qui implique, par ailleurs, que le parti gouvernemental est désormais minoritaire par rapport à l'ensemble des formations de l'opposition, droite et gauche confondues.
Mais, grâce à la loi électorale, il n'y a pas eu d'évolution parallèle au niveau parlementaire. En effet, le PRD non seulement conserve la majorité absolue des sièges à la Chambre des députés, mais il arrache également la majorité au Sénat, dont le contrôle était auparavant assuré par le PR. Le PLD obtient 7 députés, alors que les deux listes de gauche se réclamant du mouvement ouvrier n'ont finalement obtenu aucune représen-
Les résultats de la gauche sont nettement inférieurs aux prévisions. Aux présidentielles, la Unidad Socialista (US) a obtenu 18 495 voix et la Izquierda Unida (IU) 14 941. Aux élections parlementaires - dont les résultats détaillés n'ont toujours pas été publiés - la performance a été légèrement supérieure : environ 50 000 voix au total. Un tiers des électeurs de la gauche ont fort probablement voté pour le candidat du PRD à la présidence, Salvador Jorge Blanco. Ils ont été encouragés à voter de la sorte par l'attitude prise aussi bien par le Parti communiste dominicain (PCD) que par l'Union patriotique antiimpérialiste (UPA) - dans une moindre mesure par Rafael « Fafa » Taveras, membre du Noyau communiste des travailleurs (NCT) - qui ont accepté l'idée d'un voto fraccionado, à savoir un vote différent à l'élection présidentielle par rapport aux élections parlementaires. signatures ont été récoltées pour la présentation des listes, il est évident que de nombreux électeurs ont surtout voulu évi-
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- REPUBLIQUE RÉPUBLIQUE
- D'HAITI DOMINICAINE - Mer des Caraibes 100 km 3 ter un succès du parti de l'ancien président Joaquin Balaguer en soutenant le PRD. D'autres ont voté pour le PLD, qui pouvait jouir du prestige de l'ancien président Juan Bosch, vainqueur des élections de fin 1962 et renversé quelques mois plus tard par un coup d'Etat militaire.
Les bilans faits par les organisations de gauche soulignent, en général, la persistance des illusions dans le PRD de larges secteurs de masses, malgré l'usure que celui-ci a subie par un exercice du pouvoir qui n'a presque rien apporté depuis 1978 aux ouvriers et aux paysans. Ces illusions ont été stimulées par une candidature comme celle de Salvador Jorge Blanco, qui s'est présenté comme exempt de toute responsabilité dans la gestion du président sortant Antonio Guzman (décédé récemment d'une balle dans la tête dans des circonstances suspectes). Par ailleurs, les masses craignaient notamment un retour éventuel du très réactionnaire Joaquin Balaguer ou, à moyen terme, un coup d'Etat, et ont estimé qu'une victoire du PRD leur donnait plus de garanties de pouvoir maintenir les droits démocratiques élémentaires qu'elles avaient arrachés. Dans ce contexte, la gauche dans son ensemble n'est pas apparue comme une alternative crédible.
Cela d'autant moins qu'elle s'est présentée divisée non seulement entre les deux candidats Narciso Isa Conde et Rafael « Fafa » Taveras, mais aussi entre deux différents bulletins de vote au sein de la même liste. Qui plus est, la propagande pour le voto fraccionado l'a affaiblie politiquement, de même que la différenciation insuffisante par rapport au PLD qui a mené une campagne nationaliste très modérée en attaquant vigoureu-
En dernière analyse, celle-ci a manqué une occasion importante pour mener le combat - fondamental en République Dominicaine - pour l'autonomie du mouvement ouvrier face à toutes les formations politiques bourgeoises. « Le mouvement ouvrier - ont écrit dans leur premier bilan nos camarades de la Liga comunista revolucionaria (LCR), l'une des deux organisations dominicaines sympathisantes de la IVe Internationale — n'a pas atteint la conscience de la nécessité de créer des organisations politiques de masse indépendantes, différenciées substantiellement du PRD et du populisme bourgeois et petit-
Cette bataille pour l'indépendance du mouvement ouvrier reste plus que jamais à l'ordre du jour. A cette étape, elle devra être menée surtout au niveau du mouvement syndical, pour son unité et son autonomie par rapport au gouvernement et au parti au pouvoir, et au niveau de la solidarité agissante avec la révolution qui monte en Amérique centrale, contre toute agression, menace et manœuvre de l'impérialisme nord-américain et de ses complices.
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Pranda So Marc