Résolution du Comité exécutif international (CEI) de la IVe Internationale du 27 mai 1982
- Un effort a également été fait pour leur champ d'activité, les préparant ainsi
1. Le rôle de la jeunesse dans la lutte des classes
Au cours de la dernière période, la IVe Internationale a fait des progrès dans deux domaines de la construction du parti :
- Un effort a été entrepris pour implanter sérieusement nos organisations dans la classe ouvrière, et ses conséquences organisationnelles ont produit le tournant vers l'industrie ;
C'est la classe ouvrière, à la tête de ses alliés, qui joue le rôle principal dans la lutte des classes. Dans ce cadre, la jeunesse issue de ces couches joue un rôle crucial. L'expérience contemporaine, et pas seulement historique, le confirme.
Ce rôle clé de la jeunesse de la classe ouvrière et des couches opprimées se reflète directement dans la construction du parti révolutionnaire lui-même. Bien qu'un parti révolutionnaire ait dans sa direction et parmi ses cadres des éléments plus expérimentés, la majorité de ses membres seront des jeunes. Bien qu'il ne faille évidemment pas faire d'analogies trop précises, il faut noter que la moyenne d'âge dans le Parti bolchevique en 1917 était de 23 ans, dans le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) au Nicaragua, en 1979, elle était de 24 ans, et le Parti communiste allemand (KPD), quand il était un parti révolutionnaire de masse, avait une moyenne d'âge qui se situait entre 20 et 25 ans.
C'est également la jeunesse qui a déclenché, dans les années 1960, la nouvelle vague de politisation dans les pays impérialistes, en particulier à partir de la solidarité avec la révolution coloniale. Après la grève générale de mai-juin 1968 en France, cette politisation a touché de plus en plus de couches de la classe ouvrière et a grandement élargi l'éventail des problemes pris en compte. Dans la révolution coloniale et dans les mouvements d'opposition au sein du mouvement ouvrier, la jeunesse a joué un rôle central. Cette jeunesse forme la colonne vertébrale du renforcement des sections de la IVe Internationale depuis la fin des années 1960 la prise en considération plus générale de l'importance politique de la jeunesse dans les luttes de classe, qui s'est traduit par des mesures organisationnelles visant à se lier à ces jeunes par la construction d'organisations de jeunesse révolutionnaires.
C'est un processus qui doit transformer la IVe Internationale, ses sections et
Cependant, les jeunes se radicalisent très vite et peuvent passer rapidement du manque d'expérience et de l'activité centrée sur un seul thème à l'acceptation du programme révolutionnaire tout entier. D'autre part, le modèle de radicalisation des jeunes diffère par des aspects importants de celui des couches plus âgées et a ses propres rythmes et ses propres modalités. D'où la nécessité d'un type d'organisation différent du parti pour attirer le plus grand nombre de jeunes à la politique révolutionnaire, c'est-à-dire une organisation qui ne réclame pas le même ni-
Combattants du FMLN. (DR)
DOCUMENT IVe INTERNATIONALE à leurs tâches futures. Ces deux mesures organisationnelles ne sont pas séparées mais reliées entre elles.
L'objectif de ce texte est d'indiquer la démarche que nous devons suivre dans les pays impérialistes sur la question de la jeunesse. veau d'expérience politique et qui n'a pas les mêmes exigences que le parti en ce qui concerne l'adhésion, et qui soit large. ment ouverte aux jeunes en cours de radicalisation. Aujourd'hui, la IVe Internationale bénéficie d'importantes possibilités de construction de telles organisations de jeunesse révolutionnaires dans les pays impérialistes.
La question de la construction des organisations de jeunesse révolutionnaires est indissolublement liée à la question de la construction du parti révolutionnaire. Une fois achevée la création de l'organisation de jeunesse, le parti n'est pas déchargé pour autant de l'activité dans ce secteur. Au contraire, les responsabilités du parti en sont accrues. Pour la première fois, les problèmes posés par l'existence d'une organisation de jeunesse doivent être affrontés dans la pratique. Aucun des principaux problèmes auxquels est confrontée l'organisation de jeunesse ne peut être résolu par cette organisation seule, car ce sont des problèmes que le parti doit résoudre. Toutes les erreurs et les faiblesses du parti réapparaîtront dans l'organisation de jeunesse une échelle encore plus grande que dans la section concernée de la IVe Internationale elle-même.
Une organisation de jeunesse n'est possible que si le parti lui attribue des ressources importantes et si elle est conçue comme une des principales priorités de la section. L'adoption de ce texte indique donc que la IVe Internationale considère que ses sections dans les pays impérialistes doivent faire de la construction des organisations de jeunesse révolutionnaires une tâche hautement prioritaire.
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II. La construction du parti révolutionnaire aujourd'hui
La stratégie et la tactique de construction du parti révolutionnaire et des organisations de jeunesse ne sont pas valables ad vitam aeternam, mais découlent de la situation objective et des classe ouvrière. Dans la actuelle, celles-ci peuvent être brièvement résumées comme suit :
La) La situation actuelle est incontestablement une situation de crise internationale du capitalisme, de l'impérialisme et du stalinisme. Les luttes révolutionnaires en Amérique centrale et dans la Caraïbe, en Pologne, et le mouvement contre les missiles et les armes nucléaires en apportent une confirmation dramatique. Il faut intégrer cette crise internationale de plus en plus directement à nos perspectives dans tous les pays, car elle est décisive pour la construction de la IVe Internationale et de ses partis nationaux ;
Mb) Dans ce cadre, l'offensive économique de la bourgeoisie ira s'approfondissant et s'élargissant. La première récession généralisée de l'après-guerre, 1975, et la deuxième, celle de 1979-1981, ne sont que les premières phases d'une crise grandissante. Le capitalisme sera de plus en plus contraint de mener une offensive continue et intense pour impod'« austérité » affaiblir et détruire les organisations des secteurs les plus importants de la classe
Gc) Nous sommes en présence d'une crise sociale générale et permanente du d'une crise qui - sous une forme différente - affecte les Etats ouvriers bureaucratisés. Elle frappe les couches les plus opprimées de la société (femmes, Noirs, jeunes) particulièrement sévèrement, mais ses effets touchent l'ensemble de la classe ouvrière ;
Pd) L'issue de toutes ces luttes se décidera de plus en plus directement au niveau politique. Des crises politiques en tout genre et des manœuvres politiques de grande envergure caractériseront de plus en plus la prochaine période. Elles poseront des tâches de plus en plus ouverte. ment et directement politiques à la classe
Dans ce cadre, la lutte dans les pays impérialistes sera longue et difficile. Nous ne nous trouvons qu'au tout début des grandes luttes qui se dérouleront dans les centres impérialistes. Seules les forces les plus importantes de chaque camp peuvent esperer remporter la victoire dans cet affrontement. Ni les unes ni les autres ne peuvent y parvenir sans développer une stratégie politique d'ensemble la plus efficace et sans mettre en mouvement les forces sociales disponibles les plus puissantes : en d'autres termes, l'Etat bourgeois et la réaction d'une part, le prolétariat industriel et ses organisations de l'autre. C'est ce cadre politique et les conclusions sociales qu'on peut en tirer qui déterminent les tâches de construction du parti révolutionnaire. Comme composante de celles-ci en découlent les tâches de construction de l'organisation de jeunesse révolutionnaire.
l'histoire qu'une nouvelle vague de radicalisation commence en dehors du cœur de la classe ouvrière, parmi les les employés et les couches intellectuelles. Ce fut le années 1960 avec les mouvements solidarité avec la révolution coloniale. La dynamique de cette radicalisation l'a conduit cependant à toucher de plus en plus les couches les plus décisives de la classe ouvrière industrielle, poussant cette dernière à devenir de façon croissante l'épine dorsale des luttes sur toutes les questions politiques.
Dans ce cadre, celui de l'intensification des crises et des développements politiques, la situation internationale actuelle se caractérise donc également par une tendance de plus en plus forte de la classe ouvrière à jouer le rôle dirigeant dans les luttes de classe, de façon conjoneturelle aussi bien que de façon historique. Telle a été la tendance dans les pays impérialistes depuis la grève générale de mai-juin 1968 en France. De là découle la principale tâche organisationnelle de la IVe Internationale dans cette période, qui est le tournant pour s'implanter dans la classe ouvrière industrielle, avec les implications tactiques qui en découlent : parmi celles-ci, la nécessité de transférer des forces vers l'industrie afin de gagner une majorité de nos membres dans la classe ouvrière indus-
Cette situation politique et cette dynamique sociale dictent le type de parti que nous devons construire : des partis dont la base sociale se situe à l'intérieur de la classe ouvrière, mais capables d'intervenir sur tous les problèmes de la lutte
Si la nouvelle radicalisation a déja pénétré la classe ouvrière industrielle, ce processus reste nécessaire. ment très inégal. Les défaites imposées par le stalinisme, la longue vague d'expansion capitaliste d'après-guerre, le poids toujours imposant des appareils réformistes impliquent que les masses, et même la plupart des cadres organisateurs anciens de la classe ouvrière dans les Etats capitalistes, continuent dans tous les pays, à quelques exceptions près, à entretenir des illusions réformistes. Celles-ci ne seront surmontées qu'au travers d'une série de luttes massives à une échelle bien plus grande que celle que nous avons déjà con-
La dynamique de la lutte de classe mène cependant inévitablement vers un conflit grandissant entre orientation des masses et celle des directions réformistes. Cela implique, pour le parti révolutionnaire, les tâches de construction d'une aile gauche « lutte de classe ». Cependant, ce processus a trait à une période prolongée de la lutte de classe, dont nous ne connaissons aujourd'hui que les
7 Ce processus de radicalisation de la classe ouvrière et de différenciations au sein du mouvement ouvrier ne se produit pas de manière graduelle ou égale. Il se développe abruptement sur des thèmes particuliers dans des couches particulières, ou à l'occasion de luttes spécifiques. D'autre part, l'âge en détermine une inégalité fondamentale. L'expérience contemporaine et historique a reconfirmé que les jeunes ouvriers constituent la couche qui agit de façon décisive pour intervenir dans les problèmes de la lutte de classe et pour repousser la ligne des direc-
Cela indique clairement quelle est la couche décisive pour la construction de partis révolutionnaires aujoud'hui. Les organisations révolutionnaires de la IVe Internationale recruteront des militants ouvriers expérimentés, à titre individuel, de 30 ans ou plus, et chacun de ces militants est d'une importance énorme mais, dans la période qui s'ouvre, il n'y aura pas de recrutement important dans cette couche. L'écrasante majorité de ceux qui peuvent être gagnés et seront gagnés à une organirévolutionnaire, sont beaucoup plus jeunes, entre 15 et 30 ans. Aujourd'hui, la construction de partis socialement implantés dans la classe ouvrière et capables d'intervenir sur tous les problèmes de la lutte de classe implique avant tout une orientation vers le recrutement de jeunes ouvriers. pective fondamentale sur laquelle les sections de la IVe Internationale doivent se baser est donc de recruter ces couches, ouvrier, et de créer une aile gauche « lutte
C'est en partant de ce point de vue sur la dynamique de la radicalisation et de la recomposition au sein de la classe ouvrière qu'il est possible de comprendre les tâches actuelles de construction du parti révolutionnaire et de l'organisation de jeunesse. Cela signifie que le parti doit concentrer et orienter son activité, surtout dans les usines, vers la jeunesse ouvrière. Cette orientation se fonde sur la perspective de deux procesreflètent le même phénomène a) Il y a un processus continu, et qui ira s'accélérant à l'avenir, par lequel les jeunes ouvriers se distinguent et recomposent les directions de base de la classe ouvrière dans ses luttes quotidiennes. C'est là un produit inévitable de l'aiguisement et de l'intensification acs conflits entre
III. La nécessité de l'organisation
Il faut mettre cette évolution dans les usines et les syndicats en parallèle avec les processus similaires qui se déroulent au dehors, sous des formes différentes et dans lesquels des couches jeunes et particulièrement opprimées sont forcées d'entreprendre des luttes sérieuses pour la défense de droits même restreints, pour récupérer les aides sociales minimales qui leur sont retirées, pour s'opposer à l'oppression de l'Etat, etc. Ce processus fait aussi surgir des militants jeunes, dans les luttes et mouvements des Noirs, des femmes, des nationalités opprimées et autres couches ;
Mb) Il arrive périodiquement que des mouvements basés principalement dans la jeunesse débordent complètement les directions réformistes. Les révoltes de la jeunesse en Grande-Bretagne au cours de l'été 1981, les luttes pour le logement en Allemagne de l'Ouest en 1980, représentent des exemples extrêmes de ce phénomène.
Mais le « front uni » avec des secteurs réformistes de gauche peut souvent être imposé par le poids des forces sociales impliquées, ce que nous nous efforçons d'obtenir. Mais, même dans ce cas, la jeunesse représente de loin la composante la plus active et la force dynamique, force qui tend souvent à prendre des formes d'organisation spécifiques au sein du mouvement général. Ce fut le cas par exemple lors des grandes actions de la « Ligue antinazie » en Grande-Bretagne en 1977-1979, et c'est généralement le cas dans le mouvement contre la remilitarisation et les armes nucléaires, ainsi que dans le mouvement de solidarité avec l'Amérique centrale, dans les pays impérialistes aujourd'hui.
La question de la construction de l'organisation de jeunesse révolutionnaire se pose dans ce processus de recomposition du mouvement ouvrier et de la direction de la classe ouvrière, à partir de deux poins de vue essentiels :
- Le premier est qu'il faut intervenir dans le processus par lequel des couches importantes de jeunes débordent, entrent en conflit et rompent avec les directions réformistes, et y recruter ;
- Le deuxième concerne la tactique de la construction du parti révolutionnaire.
Les deux sont liés par la dynamique fondamentale de la lutte de classe et le mode de radicalisation.
Il faut comprendre que ce processus signifie que la jeunesse, plus que tout autre secteur de la société, tend à se radicaliser autour des questions politiques les plus urgentes. Elle engage l'action politique plus volontiers parce qu'elle est moins influencée et contrôlée que les autres couches par les appareils des bureaucraties réformistes ou par les institutions de l'Etat bourgeois. C'est cela qui ouvre la possibilité d'introduire les questions politiques les plus brûlantes directement dans la classe ouvrière à travers les jeunes ouvriers, et de recruter dans cette couche. Ce processus contribue aussi à la formation d'une force réelle à partir de laquelle on peut intervenir dans les différenciations au sein des organisations réformistes, intervention qui ne peut être efficace au simple de jeunesse révolutionnaire 1O La construction d'organisations de jeunesse en solidarité politique avec les sections de la IVe Internationale est une composante importante des tactiques qui permettent de construire le parti révolutionnaire dans le cadre décrit ci-dessus. On ne peut se contenter d'un re. crutement direct au parti même si, bien sûr, beaucoup seront directement recrutés dans la section. L'organisation de jeunesse est la réponse simultanée à deux questions. Premièrement, elle permet de toucher des couches plus larges de la jeunesse et de la classe ouvrière. Deuxièmement, c'est un terrain pour le recrutement des meilleurs éléments de la jeunesse combative au parti.
L'évolution de la radicalisation dans la période récente a posé la question de la construction d'organisations de jeunesse, avec une insistance accrue et dans un contexte nouveau. Vers le milieu et la fin des années 1960, des organisations de jeu-
Jeunes guérilleros à l'entrainement au Salvador (DR) plan propagandiste mais qui exige une vé. ritable organisation pour ce travail. Ces tâches constituent aujourd'hui la base de la construction des partis révolutionnaires et le cadre pour la construction des organisations de jeunesse. nesse soutenues par la IVe Internationale existaient en Amérique du Nord (Young Socialist Alliance - YSA), en France avec la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), et un mouvement dans ce sens se profilait en Italie (Falcemartello). Mais il n'y en avait pas dans la plupart des pays d'Europe occidentale.
Cette situation fut changée par le IXe Congrès mondial, de 1969, qui a pris la décision générale de construire des organisation de jeunesse. Toutefois, cette décision ne fut appliquée que pendant une brève période dans la plupart des pays européens. En général, les vieilles sections de l'Internationale fusionnèrent avec les organisations de jeunesse pour créer des qualitativement nouvelles C'est seulement vers la fin des années 1970 qu'un certain nombre de sections de la IVe Internationale en Europe de
l'Ouest commencèrent à construire, de leur propre initiative, des organisations de jeunesse indépendantes. C'est à juste titre que ce cours est de plus en plus fréquent
Les résultats obtenus dans différents pays confirment de façon éclatante que c'est là une orientation correcte pour la construction des organisations de la IVe Internationale aujourd'hui. d'organisations de jeunesse donc aujourd'hui avec les possibilités conjoncturelles de démontrer que les sections de la IVe Internationale dans les pays impérialistes doivent faire, à l'heure actuelle, de la construction d'organisations de jeunesse indépendantes, une de leurs principales tâches prioritaires. 1 1 l'expérience des tentatives de solu- Cette importance est confirmée pa autres que la construction d'organisations de jeunesse organisationnellement indépendantes. Dans les cas où celles-ci n'existent pas et où il y a simple. ment un « secteur jeunes » du parti, d'importants problèmes se sont posés. Quand l'orientation organisationnelle du parti plus presqu'exclusivement tournée vers la jeunesse, comme cela avait été le cas à la fin des années 1960, et quand le parti commence à faire de son activité dans le mouvement ouvrier son centre de gravité, il existe le risque sérieux que le travail jeune ne soit marginalisé dans le parti. Cela crée des difficultés non seulement pour la centralisation et la direction du travail jeunes, mais aussi pour la capacité de saisir les nouvelles opportunités offertes par la radicalisation de la jeu-
Le fait qu'un secteur jeunes du parti ne saurait suffire sera d'autant plus évident que le parti se tourne vers l'industrie. Toutes nos informations montrent que le tournant vers l'industrie et la construction de l'organisation de jeunesse sont indissolublement liés. Un tournant vers l'industrie qui ne serait pas accompagné de la construction d'organisations de jeunesse ne réussirait pas à utiliser toutes les possibilités de construction du parti qui existent. Mais la construction d'une organisation de jeunesse dans la jeunesse ouvrière est impossible si les partis eux-mêmes ne se tournent pas vers l'industrie.
Dans le cadre des tâches politiques des sections, la construction d'organisations de la jeunesse révolutionaire comprend deux aspects décisifs : agir et former des militants, et appliquer une tactique de construction du parti.
1.- L'organisation de jeunesse, l'action et la formation des militants.
La) Une organisation de jeunesse qui est indépendante organisationnellement du parti mais politiquement en solidarité avec lui, peut attirer des jeunes, ouvriers et des jeunes scolarisés qui ne sont pas encore décidés à adhérer au parti révolutionnaire ou qui n'ont pas encore adopté la perspective de devenir des révolutionnaires à vie, mais qui sont disposés et prêts à participer à un large éventail d'actions politiques décidées par leur propre organisation et coordonnées avec le parti révolutionnaire et ses membres ;
Mb) La jeunesse, justement parce qu'el. le est jeune, parce qu'elle n'a pas connu les défaites, les désillusions du passé, est plus combative, plus disposée à se battre que les couches plus âgées. C'est pourquoi il lui faut une organisation qui corresponde à cette disposition instinctive à
L'organisation avant tout une organisation d'action, de combat. Le meilleur moyen d'apprendre le marxisme n'est pas d'apprendre cœur des livres sur l'histoire du mouve. ment ouvrier, mais de s'engager dans la lutte. On apprend par l'action. La jeunesse doit avoir le droit de faire ses propres erreurs, parce que c'est seulement en pre. nant des initiatives et des responsabilités, et en déterminant leurs propres tactiques, qu'il y aura des jeunes qui pourront deve.
2.- L'organisation de jeunesse une tactique de construction du parti.
Les tâches de l'organisation de jeunesse décrites ci-dessus ne diminuent nullement mais, au contraire, sont liées au fait qu'un de leurs buts principaux est de recruter des jeunes au parti révolution-
Il serait bien sûr possible d'entrer en contact avec un certain nombre de jeunes très combatifs et de tenter de les recruter directement au parti par un travail de contact individuel sérieux. Mais les sections ont à faire face à une autre situation. Il ne s'agit pas d'un nombre relativement restreint de jeunes individus récep tifs à nos idées, prêts à se battre, dégoûtés par la société capitaliste, et désireux de la transformer. Il y a un phénomène de dans la jeunesse qui offre la possibilité gagner des couches significatives au marxisme révolutionnaire et au parti.
June réponse organisationnelle différente que le simple travail de « contact individuel ». Si le parti prend l'initiative de construire une organisation de jeunesse indépendante, d'une réelle indépendance organisationnelle, y compris dans certains cas contraire au parti, c'est précisément parce que c'est la seule forme d'organisation qui corresponde aux besoins des jeunes.
Dans ce cadre, une organisation ne forme pas seulement les jeunes à la lutte de classe, mais aussi à l'activité que membre du parti révolutionnaire :
de jeunesse contribue directement à la formation, en enseignant le marxisme, ses principes et ce qui constitue notre programme. Nous expliquons à tous les jeunes dégoûtés par cette société que c'est seulement sous le drapeau du socialisme révolutionnaire que l'on pourra mettre fin à ses ravages.
Mb) L'organisation de jeunesse est une école de formation parce que sa solidarité avec le parti fournit aux jeunes l'occasion de rencontrer, de d'écouter ses membres, c'est-à-dire des cadres aguerris, classe, des révolutionnaires profesCela ne change en rien l'autonomie organisationnelle de l'organisation de jeunesse, mais indique
Gc) Nous construisons des organisations politiquement bien définies de la jeunesse et non des « mouvements ». La nécessité d'un programme et de structures claires, implique que nous nous battions pour que ces organisations de jeunesse, même lorsqu'el les comprennent d'autres forces, adoptent politique avec les sections de la IVe Internationale elle-même ;
Pd) De tout cela découle la conception juste de la différence entre l'organisation de jeunesse et le parti.
Pour jouer son rôle d'avant-garde politique dans la lutte, le parti révolutionnaire, soumis aux pressions de la société capitaliste, exige de ses membres un niveau de compréhension et d'activité bien défini et bien plus élevé qu'un parti réformiste, une compréhension des positions programmatiques fondamentales du mar xisme et de leur application. Il faut du pourquoi le parti garde soigneusement ses « frontières ».
Néanmoins, l'organisation de jeunesse est une organisation d'un type diffé rent. Une organisation de jeunesse doit être capable de s'adresser à une couche large de jeunes en révolte contre plusieurs aspects de la société capitaliste, mais qui ne comprennent pas forcément toutes les modalités qui relient ces aspects. Cette explication de la nature d'ensemble du capitalisme et toute la stratégie contre lui est une tâche à réaliser à l'intérieur de l'organisation de jeunesse et non une précondition à l'adhésion. Comme le disait le Congrès de fondation de la IVe Internationale en 1938: « L'organisation de jeunesse (...) comme elle décide par elle-même ses actions en conformité avec le programme et qu'elle assume la tâche d'enseigner ce programme à la jeunesse laborieuse, ne pose aucune condition à autre qu'un accord général. poursuivis par la IVe Internationale et avec ses méthodes de lutte. Elle l'expression de la révolte instinctive des jeunes ouvriers contre la surexploitation, des jeunes paysans enchaînés à la terre, des jeunes intellectuels des millions de jeunes chômeurs déclassés, et l'expression de leur soutien enthousiaste à la révolution. Dans ce sens c'est une organisation plus large que le parti. »
La distinction organisation de jeunesse/parti ne doit donc pas être conçue en premier lieu comme une différence d'âge, mais de type d'organisation.
IV. Une organisation de jeunesse militante 1 3 Il est impossible de séparer la construction de l'organisation de la jeunesse de la construction du parti révolutionnaire. La stratégie de la construction du parti constitue le cadre dans lequel l'organisation de jeunesse opère. En effet, les considérants qui président à la construction du parti se manifestent le plus dramatiquement au sein de l'organisation de jeunesse.
Nos tâches et nos priorités dans la construction du parti révolutionnaire découlent du fait que des problèmes politiques nationaux et internationaux de plus en plus centraux domineront la situation. Le parti se construira surtout au tralisées sur les problèmes les plus centraux de l'actualité. Cela se traduit dans une approche qui n'est pas seulement organisationnelle mais aussi politique, construction d'un parti engagé dans des
Naturellement, dans certains teurs, certaines usines, ete., les sections de la IVe Internationale peuvent étre amenées à avoir des mandats de dirigeants qui les entraînent à devoir donner des réponses sur tous les problèmes. En fait, les developpements tres inegaux des situations et des sections de la IVe Internationale signifient que ces dernières peuvent, bien sûr, avoir des tactiques spécifiques selon les différents secteurs. Il est cependant erroné de concevoir la construction du parti secteur par secteur, surtout sous forme de prise en charge des problèmes spécifiques à tel secteur de travail. 14 Cet aspect de la construction des partis révolutionnaires qui passe par des campagnes politiques s'applique avec une force particulière aux organisations de jeunesse. Au centre du travail de la construction d'organisations de jeunesse, il doit y avoir les campagnes polititraversent la société guerre, les effets directs et indirects de la militarisation, l'austérité, la répression droits démocratiques affectent toutes les couches de la jeunesse. C'est pourquoi il est de plus en plus possible et nécessaire que nos organisations de jeunesse et que nos sections mettent en œuvre des campagnes s'adressant à toutes ces couches de la jeunesse et en particulier aux jeunes ouvriers. Là où nous avons établi des sections et des organisations de jeunesse qui n'en sont qu'au tout début du processus d'application du tournant vers l'industrie, cela peut prendre la forme, dans un certain sens, d'un double tournant: des sections vers la jeunesse, y compris en utilisant l'implantation ouvrière déjà acquise pour cela, et un tournant des organisations de jeunesse vers la jeunesse ouvrière. Là où nos organisations en sont plus loin dans le tournant vers l'industrie, cela participe de l'orientation prioritaire commune de construction du parti par une orientation
Ce genre de campagnes doit être mené en même temps qu'une activité permanente dans certaines structures de masse qui organisent la jeunesse (syndicats, secteur jeunes des syndicats, syndicats étudiants, etc.). Ce genre de travail exige bien sûr des tactiques spécifiques, mais il doit prendre comme point de départ la dans l'ensemble de la société et non les problèmes qui sont conçus comme « internes » à ces struc-
Enfin, cette centralité des campagnes politiques dans la construction des organisations de jeunesse traduit le fait que les jeunes, encore plus que leurs aînés, sont orientés vers l'action. Encore plus directe.
ment que dans le cas du parti « adulte », un haut niveau d'activité au travers de campagnes est décisif pour la construction de l'organisation de jeunesse.
Manifestation de la JCR de France. (DR) 15 La nature de la crise où se débat la société, les tâches de construction du parti révolutionnaire, et les besoins objectifs des jeunes, déterminent le type de campagnes que nos sections et nos organisations de jeunesse doivent mener en priorité. Il faut que ces campagnes correspondent aux questions de la lutte de classe objectivement les plus centrales et les plus importantes : l'austérité, la militarisation, la division au sein du mouvement ouvrier, la lutte anti-impérialiste, le racisme, etc. Naturellement, les tactiques que l'organisation de jeunesse adopte et l'importance respective qu'elle donne à ces questions peuvent être différentes de celles du parti, mais les thèmes essentiels de la situation politique à laquelle les deux organisations doivent apporter des doivent être essentiellement Les différences entre l'activité du parti et celle de l'organisation de jeunesse sont des différences de tactique et de poids respectif accordés à ces thèmes à des moments donnés (par exemple, à la fin de 1981, la Ligue communiste révolutionnaire - LCR - a fait campagne en
France, centralement, pour la semaine de 35 heures, tandis que les Jeunesses communistes révolutionnaires - JCR - la faisait pour le service militaire à 6 mois). Ces différences découlent essentiellement des différences de mode de radicalisation des jeunes comparés à celui de leurs aînés, que nous avons déjà exposées. Mais les deux organisations doivent faire divers aspects questions politiques les plus centrales qui
• Ces considérations générales sur le caractère des organisations de jeunesse s'appliquent aussi à leur lancement, étape que plusieurs de nos sections sont encore en train de franchir. Il n'y a bien sûr pas de schéma précis pour commencer la construction d'une organisation de jeunesse révolutionnaire. La tactique concrète doit être établie en fonction des situations prévalant dans chaque pays où le travail est engagé. Néanmoins, existe des modèles fondamentaux pour engager ce travail qui découlent des considérations générales et reflètent - expérience concrète de la plupari des sections. Il en est deux essentieis : le premier consiste dans le lancement d'un journal de la jeunesse qui n'acquiert une réelle efficacité que lorsqu'il devient un journal national; le deuxième est la constitution de groupes (cercles) autour du
En général, c'est cette combinaison d'un journal national et de groupes locaux, c'est-à-dire une première accumulation de cadres, qui crée le cadre organisationnel sur lequel l'organisation de jeunesse peut être construite.
Cependant, en liaison avec ces mesures organisationnelles, il faut en général que deux préconditions politiques essentielles soient remplies avant de lancer réel-
- La première est que les membres de la nouvelle organisation doivent être capables de communiquer entre avoir eux-mêmes un sentiment d'identité politique comme organisation nationale. Pour cela, il faut d'abord des campagnes politiques centrales clés comme celles que nous avons exposées, appliquées à l'échelle nationale et des activités à caractère national : rassemblements, réunions nationales, ete. Celles-ci permettent aux jeunes qui y participent d'acquérir le sentiment de vraiment appartenir à une organisation ;
- En deuxième lieu, l'organisation doit posséder et discuter un programme. Cela est indispensable pour créer une homogénéité politique à partir de jeunes qui ont été attirés à travers diverses campagnes et qui ont des expériences différentes. C'est au cours de ce processus que l'ol'organisation choisit pour ainsi dire son drapeau et que ses cadres commencent à acquérir le sens de l'identité historique et politique de l'organisation, de la IVe Internationale dans le cas qui nous concerne.
Finalement, le lancement réel de lorganisation considéré comme une initiative majeure de l'organisation et du parti.
V. L'organisation de jeunesse révolutionnaire et le tournant vers l'industrie
17 • La construction d'une organisation de jeunesse révolutionnaire est un objectif permanent et à long terme du parti révolutionnaire, mais elle prend différentes formes et différents degrés de priorité selon les diverses phases de la lutte de classe et du développement des organisations révolutionnaires.
Aujourd'hui, si nous considérons les tâches auxquelles nos sections ont objectivement à faire face, le tournant vers l'industrie et les nécessités découlant de la construction du parti, nous pouvons voir clairement quelles sont nos priorités dans la construction de l'organisation de jeunesse. Nous construisons une organisation de jeunesse qui est ouverte et qui se veut ouverte à toutes les couches de jeunes, quelle que soit leur origine sociale, qui acceptent son programme. Néanmoins, il y a des priorités dans ce cadre. Nos partis et nos organisations de jeunesse doivent aujourd hui etre orientes avant tout vers les jeunes travailleurs. Pour bien saisir cette question, nous devons analyser les condi. tions générales de construction du parti révolutionnaire l'organisation de jeunesse dans la période actuelle. 18 Depuis la Seconde Guerre mondiale, le capitalisme a subi dans les pays impérialistes d'importantes transformations sociales qui ont touché principalement la situation des jeunes. La plus importante d'entre elles, découlant du besoin du capitalisme d'une force de travail plus qualifiée et de l'expansion massive du secteur étatique, fut l'extension considérable du système d'éducation et l'incorporation évidente de nouvelles couches dans le mouvement ouvrier (sauf aux Etats-Unis où ce phénomène est plus
Cette incorporation de nouvelles couches d'employés et de fonctionnaires dans le mouvement ouvrier en est un renforcement important et permanent. Les couches étudiantes également n'ont pas seulement un poids numérique accru ; comme elles ont intégré un éventail social beaucoup plus large de carrières qu'auparavant, elles ne redeviendront pas à nouveau cette force politique élitiste essentiellement de droite qui existait avant la Seconde
Cependant, ces transformations sociales, si elles ont changé l'élément quande la classe ouvrière, n'ont pas joué sur ce qui constitue ment les forces décisives de la lutte de classe. C'est toujours l'Etat bourgeois central et ses appareils politiques d'un côté, et de l'autre les secteurs les plus forts de la classe ouvrière qui sont capables, et eux seuls, de polariser réellement et de diriger les autres couches sociales. Cela se vérifie de façon éclatante avec l'intensification de la lutte de classe et la polarisation des
Cela ne signifie pas que ces couches de jeunes qui sont dans le système d'éducation ne s'engagent plus dans les luttes, mais qu'elles le font de plus en plus comme composantes de luttes plus générales dont les forces dirigeantes se trouvent souvent ailleurs. En même temps, la profondeur de la crise économique, sociale et politique, porte de façon croissante la radicalisation au cœur même de la classe ouvrière. Ce schéma de développement de la lutte de classe et de la classe ouvrière, et les tâches de construction de nos organisations qui en découlent, se reflètent dans le changement du schéma de la radicalisation de la jeunesse elle-même au cours des dernières années.
• Ce nouveau modèle de la radicalisation de la jeunesse est bien entendu inégal et diffère dans ses formes pré. cises d'un pays à l'autre. Cependant, son cours général est très clair.
Bien qu'il continue à y avoir, dans la plupart des pays, radicalisation certaines couches d'étudiants, la radicalisation de la jeunesse n'est plus aujourd'hui conduite par ces couches. C'est là un changement clé que l'on peut noter depuis les années 1960 et d'après les dernières expériences majeures de la plupart des sections dans la construction d'organisations de jeunesse. Cela met en relief le fait que la majorité de la jeunesse n'est pas seulement un allié, mais aussi une composante de la classe ouvrière. Une jeune militante sandiniste. (DR) 20 Cette composition sociale élargie de la jeunesse radicalisée n'est cependant pas, en elle-même, la seule raison ou une raison suffisante pour comprendre pourquoi c'est d'abord vers les jeunes ouvriers de l'industrie que la IVe Internationale se tourne comme couche la plus décisive. Dans aucun pays la majorité des jeunes ne se trouve dans l'industrie. Au contraire, dans quelques cas, ceux qui sont dans l'industrie ne forment qu'une petite minorité de la jeunesse.
Mais l'importance d'un tient pas simplement, ni même premièrement, à son importance numérique, mais à son poids social et politique. Pour prendre un exemple extrême, les millions de retraités âgés dans un pays comme la Grande-Bretagne n'ont pas, même de loin, le même poids dans la lutte de classe que 250 000 mineurs. C'est le poids social, la capacité à lutter et à s'organiser qui sont décisifs. C'est pourquoi, par exemple, ce sont les luttes, ou l'absence de luttes, de la classe ouvrière industrielle en Europe qui ont été décisives pour déterminer les rapports de forces entre les classes sur ce continent, depuis 1968. Voilà pourquoi la classe ouvrière industrielle, et surtout les jeunes ouvriers, constituent la couche décisive pour la construction du parti et deviennent l'axe directeur de la construction des organisations de jeunesse.
Cela ne signifie naturellement pas que notre organisation de jeunesse devrait être ou sera construite seulement chez les jeunes ouvriers de l'industrie. Une grande partie de la jeunesse sera toujours dans le système éducatif, en apprentissage, dans des secteurs extérieurs à la classe ouvrière industrielle, et nos organisations sont ouvertes à tous ceux qui acceptent leur programme. Nous batissons une organisation de jeunesse largement ouverte qui comprendra donc de nombreuses couches de la jeunesse et non pas un « petit parti de jeunes ». Cependant, cela ne change rien au fait que le secteur décisif que nous voulons gagner est celui des jeunes ouvriers et que, pour y parvenir, de même que pour le parti lui-même, des mesures spécifiques et particulières doivent être prises. 2 1 Même si l'expérience montre qu'au moins dans les pays où la lutte de classe est la plus développée, il existe aujourd'hui d'importantes possibilités de construire une organisation révolutionnaire de la jeunesse au sein de la jeunesse ouvrière, ces opportunités ne pourront pas être mises à profit seulement de façon spontanée. Cela est d'autant plus le cas étant donné la composition sociale de nos organisations au moment où elles entreprennent le tournant vers l'industrie. L'expérience d'un certain nombre de pays montre qu'une organisation de jeunesse active peut très rapidement attirer à elle des jeunes travailleurs. Mais, si nous ne prenons pas des mesures conscientes, nous retomberons vers ces couches qui ont été la base traditionnelle de nos sec-
L'expérience montre également que des efforts conscients doivent être faits pour maintenir ou transformer la composition sociale de l'organisation. Toute organisation laissée à son développement spontané recrute selon sa propre image sociale : une organisation essentiellement étudiants, une organisation essentiellement composée d'employés recrutera des employés, etc. Pour être capable d'attein-
dans le tournant vers l'industrie dre la jeunesse ouvrière, une organisation doit prendre des mesures mutation de camarades d'autres secteurs de travail vers le travail parmi — ou dirigé vers — la jeunesse ouvrière, camarades entrant dans l'industrie ou se déplaçant vers VI. Organiser l'organisation de jeun
22 Pour gagner des couches de jeunes
travailleurs de l'industrie, le rôle décisif pour l'organisation de jeunesse, comme pour toutes les autres questions, est joué par le parti. Dans le parti révolutionnaire, c'est la question de savoir si la direction fait et dirige le tournant qui décidera si cette politique menée à bien ou non. En ce qui concerne l'organisation de jeunesse, c'est surtout le parti dans son ensemble, ainsi que ses organismes élus, qui constituent la direction de l'organisation. Savoir si l'organisation de jeunesse sera capable de s'orienter vers les jeunes ouvriers dépendra de la façon dont le parti dans son ensemble, et les membres du parti à l'intérieur de lorganisation jeunesse, sauront mener à bien cette tâche.
Ce dernier point est d'une extrême importance, car une situation très dangereuse naîtrait si une partie du parti faisait le tournant vers l'industrie et si une autre construisait lorganisation de Jeunesse dans des secteurs très différents. Ce qui arriverait alors serait que les relations entre le parti et l'organisation de jeunesse deviendraient tendues à l'extrême.
Cela implique également que le tournant soit un processus organisé. Comme pour une section, une situation ou le tournant est laissé à la responsabilité individuelle des camarades restera sans résultats. Il faut des mesures spécifiques dans l'organisation de jeunesse elle-même et des liens clairs entre l'organisation de jeunesse et la section.
23 fc a bien sur de pritieren ces tie le.
tournant du parti et le tournant de l'organisation de jeunesse.
de la jeunesse se trouve dans la filière scolaire ou en apprentissage, et il y a des limites d'âge légales à l'entrée des jeunes dans le travail, ete. Certaines de ces couches sont très importantes et sont de composition ouvrière. Par exemple, en France, il y a 600 000 jeunes dans les colléges techniques dont 80 % feront partie de la classe ouvrière. Etant donné qu'il continue d'y avoir une radicalisation significative chez les étudiants et lycéens, l'organisation de jeunesse à construire devra avoir une présence dans ces couches de la jeunesse, c'est-à-dire qu'elle sera une organisation de toute la jeunesse. Mais cependant cela ne modifie en rien le fait que notre objectif est de donner clairement la priorité à la jeunesse ouvrière et d'y recruter une grosse majorité de nos organisations.
Etant donné la composition sociale actuelle des sections, des mesures partides régions industrielles où existent d'importantes concentrations d'ouvriers, etc.
Cela fournit donc les éléments de base que nous aurons à combiner pour bâtir organisations de jeunesse aujourd'hui : campagnes politiques centrales culières doivent être prises dans ce sens. Chaque pays demande une combinaison spécifique de ces éléments, mais des lignes générales peuvent être indiquées :
La) Par-dessus tout, la construction de l'organisation de jeunesse et le tournant vers l'industrie doivent être considérés comme les composantes d'une perspective intégrée de construction du parti. Il ne s'agit pas de tâches différentes, mais de différentes tactiques pour la même tâche de construction d'un parti implanté dans la classe ouvrière et capable de répondre à tous les problèmes clés de la lutte de classe. Cela veut dire que la section et l'organisation de jeunesse doivent avoir des tactiques et des formes organisationnelles spécifiques mais que les mêmes problèmes politiques doivent être affrontés et faire l'objet de campagnes, de façon différente, pour toutes les deux. Cela veut dire aussi qu'ils doivent être essentiellement construits dans le même milieu : au sein de la classe ouvrière. Les jeunes dans la section et l'organisation de jeunes peuvent jouer un rôle dirigeant dans le tournant vers l'industrie. Cependant, si l'on veut recruter ces jeunes pour l'organisation et si l'on veut garder les jeunes ouvriers recrutés dans l'organisation, alors le parti doit lui-même faire le tournant vers l'industrie.
Mb) Les membres du parti dans l'organisation de jeunesse doivent participer au tournant vers l'industrie. Une crise majeutournant vers l'industrie mais que l'orga. nisation de jeunes continue à se bâtir essentiellement parmi les étudiants et les couches lycéennes. Dans ce cas, l'organiextérieure par rapport à l'élaboration et aux préoccupations du parti, aucune attention sérieuse ne lui sera prêtée et une crise de direction se développera.
Gc) Comme pour le parti et en liaison entre les deux, le tournant doit être un processus organisé. Cela implique des mesures spéciales dans l'organisation de jeunesse et des structures (par exemple des commissions embauche) dirigeant le tournant dans le parti. Des mesures exceptionnelles comme des conférences de jeunes ouvriers ou de ceux qui sont prêts à faire le tournant peuvent être utiles dans l'organisation de jeunesse. Une situation où le tournant est considéré comme de la responsabilité individuelle des camarades ne donnera rien.
La situation des organisations de réformistes montre une grande inégalité selon les pays et on ne peut adopter d'orientation tactique gépouvant toucher toutes les couches de la jeunesse ; mesures organisationnelles spécifiques pour faire pénétrer ces campagnes chez les jeunes ouvriers et les enrichir. C'est sur cette base que nous construirons des organisations de jeunesse. esse
Les lignes directrices suivantes peuvent cependant être indiquées :
- Dans les pays européens où il y a des partis communistes de masse, les organisations de jeunesse de la social-démocratie ont, pendant une longue période, été moribondes et n'offraient pas de champ d'intervention significatif. Dans ces pays, il n'y a pas aujourd'hui d'ouvertures importantes dans les organisations de jeunesse des partis réformistes. La construction •d'organisations de jeunesse ouvertes et indépendantes est la tache cruciale ;
- La situation est plus compl* dans les pays où des partis socio x-démocrates de masse dominent le mouvement ouvrier. Les organisations de jeunesse de ces partis ont été grandement affaiblies par la montée qui a conduit à 1968 et qui s'est alors développée. Mais, dans la pludes pays, ils avaient quand même maintenu un minimum de forces et donc une certaine capacité à se reconstruire dans la période de crise du centrisme de gauche qui a suivi les années 1970. Il y a toujours un rapport de forces qualitativement différent entre les forces indépendantes révolutionnaires et centristes et les organisations de jeunesse réformistes qui existaient avant 1968, mais ces dernières ont gardé une certaine importance et ont connu une certaine renaissance dans quelques cas. Cela pose d'une façon neuve la question du travail systématique en direction de ces organisations ou en leur
C'est particulièrement clair en Grande-Bretagne où la radicalisation de la jeunesse des années 1960 fut d'une envergure moindre que dans d'autres pays d'Europe occidentale et où le Parti travailliste bénéficie historiquement d'une position hégémonique incontestable dans la classe ouvrière. Là, une renaissance véritable de la Jeunesse socialiste du Parti travailliste s'est produite en 1970 et après. Cela crée aujourd'hui un terrain important d'intervention pour les marxistes révolutionnaires en Grande-Bretagne.
En Allemagne occidentale, le poids des organisations centristes créées à partir de la radicalisation de la jeunesse fut plus grand qu'en Grande-Bretagne. C'est le phénomène des « listes alternatives » qui attirent aujourd'hui surtout les jeunes en Allemagne de l'Ouest. Les organisations de jeunesse du SPD, cependant, les Falken (Faucons) en particulier, possèdent dans certaines régions des forces significatives parmi les jeunes radicalisés. Travailler dans ces organisations sur des bases décidées localement est, pour les marxistes
L'organisation de jeunesse révolutionnaire britannique contre la guerre de Margaret Thatcher aux
REVOLUTION YOL
THATCHEFOU
REAGAN OUST
révolutionnaires, une des tâches de leur
Men Allemagne occidentale ans d'autres pays, une certaine a ention doit etre accordee aux develor pements qui se produisent dans les organisations de jeunesse réformistes. La crise prolongée qui frappe des couches de jeunes dans la classe ouvrière, dans quelques pays conduit à une participation accrue aux organisations de jeunesse réformistes. 25 Dans le cadre de notre orientation générale vers les jeunes travailleurs, deux aires spécifiques se dessinent, qui posent des tâches et des problèmes
La) Dans certains pays, nos organisations de jeunes peuvent donner la priorité au travail en direction des travailleurs immigrés. L'expérience de plusieurs pays d'Europe occidentale montre que, comme on pouvait s'y attendre, la jeunesse forme la couche la plus combative chez les travailleurs immigrés. L'organisation de jeunesse, dans les pays où la question légale n'est pas la question décisive (par exemple en Grande-Bretagne), peut être un instrument particulièrement adéquat pour intervenir dans ce secteur. Cela varie selon les pays. Il faut juger concrè-
Mb) Travail de soutien aux mobilisations de soldats. Il y a une expérience dans ce domaine dans plusieurs pays. Ce travail a connu un renouveau autour de la question de la lutte contre les missiles et les armes atomiques (Pays-Bas) et de la revendication de la réduction de la durée du service militaire (France). 2 6 la construction d'une organisation révolutionnaire de la jeunesse ouvre des opportunités particulièrement importantes pour le recrutement de jeunes femmes au mouvement révolutionnaire. Comme pour toutes les couches op-
REVOLUTION YOUTH
BRITAIN OUT
SOUTH ATLAN
primées, c'est lorsqu'elles sont jeunes que les femmes s'engagent plus facilement dans la lutte organisée contre la société capitaliste et ses effets à leur encontre.
Dans tous les pays, il y a d'importantes lois spécifiques qui renforcent le rôle répressif de la famille et qui répriment sexuellement les jeunes. Par exemple, en Grande-Bretagne, les lois interdisant toutes relations sexuelles avant 16 ans; en France, le droit à l'avortement est interdit aux femmes au-dessous de 18 ans. Les femmes jeunes sont systématiquement privées de la possibilité d'aequérir une formation professionnelle, de autres besoins nécessaires à leur épanouissement personnel. Ce ne sont pas seulement les jeunes femmes, mais aussi les jeunes gens qui se sentent concernés et peuvent se mobiliser sur le problème de l'oppression des femmes. De même, des jeunes femmes radicalisées autour de ces questions peuvent être rapidement gagnées à étendre leur politisation à la remise en cause de tous les aspects du capita-
Cela entraîne des opportunités immenses, non seulement pour recruter des femmes jeunes mais aussi pour former chez elle des cadres et des dirigeantes. En France par exemple, la proportion de femmes dans l'organisation de jeunesse (JCR) était, en 1980, de 40 %, alors que dans la LCR (section), elles n'étaient que moins de 25 %. Dans Revolution Youth en Grande-Bretagne, 45 % du Comité national et 50 % du Bureau politique élus après le Congrès de 1980 étaient des fem-
Ce recrutement de jeunes femmes n'est pas seulement important en lui-même, mais pour tout l'avenir de nos organisations. Il donne la possibilité de former toute une couche de femmes cadres et dirigeantes pour l'organisation. Dans les cas où des crises ou des développements négatifs dans les sections ont conduit à de très importantes pertes de camarades femmes de l'organisation, le travail jeune est de loin le moyen le plus important pour redévelopper le travail de l'organisation sur la libération des femmes et pour gagner une couche de militantes. 27 C'est dans ce cadre général que se pose aujourd'hui le travail de la IVe Internationale parmi les étudiants. Ceux-ci continuent à être soumis à de dures attaques dues à la crise économique, au manque de débouchés à la fin de leurs études, et aux contradictions économiques, sociales et poli iques qui affectent la société en général. Des couches d'étudiants seront donc encore entraînées à l'action, à la fois autour de leurs intérêts étroitement estudiantins et, de façon plus importante, autour des grands problèmes sociaux et politiques, nationaux et internationaux du jour.
Cependant, comparé avec la période de la fin des années 1960, les étudiants sont plus conscients du rapport de forces défavorable qui existe entre eux comme groupe social et la bourgeoisie. C'est pourquoi ils se tournent davantage vers des organisations politiques basées sur le mouvement ouvrier et la classe ouvrière pour trouver une direction, et cherchent pour lutter à se lier aux organisations de masse, aux mouvements des femmes et des opprimés. Les étudiants sont moins enclins, en général, à lancer eux-mêmes des luttes et dépendent plus de la dynamique politique des luttes lancées par le mouvement ouvrier, que du temps de la radicalisation de la fin des années 1960 et du début des années 1970.
Cette situation implique naturellement que les révolutionnaires participent à toutes les luttes étudiantes de même qu'à celles qui se développent au sein de la jeunesse scolarisée, en mettant l'accent particulièrement sur les lycées et les écoles techniques et professionnelles, tout en intégrant ce travail à notre travail politique général.
Cela n'implique pas que nous nous écartions du travail politique en direction des étudiants, sauf dans la toute première période du tournant, quand une certaine désorganisation existe. Au contraire, notre ligne politique, nos campagnes axées sur les problèmes politiques principaux de la société, et le fait d'être une organisation ancrée dans le mouvement syndical et la classe ouvrière industrielle, rendront notre organisation plus attrayante pour les étudiants révolutionnaires au cours des grandes luttes qui s'annoncent. Si, au contraire, nous n'étions pas capables de construire de véritables organisations ouvrières, la capacité de la IVe Internationale d'attirer des étudiants diminuerait autant que l'impact de notre orientation politique générale. Une organisation implantée dans la jeunesse ouvrière et le mouvement syndical sera au contraire de plus en plus attrayante pour les étudiants et, à long terme, sa capacité d'attirer des étudiants augmentera.
VIl. Les relations
Centre le parti 28 Les positions prises par le parti et attitude constituent le facteur le plus décisif qui agit sur tous les aspects de la construction et du fonctionnement des organisations révolutionnaires de jeunesse. Elles dépendent bien sûr surtout des questions politiques mentionnées plus haut et de la justesse de la ligne adoptée par le parti dans chaque situation organisationnelles importantes découlent de ces positions et peuvent favoriser ou retarder la solution des problèmes et des tâches politiques. Ces dernières, varient largement selon la situation, l'étape de construction de l'une et l'autre organisation, etc., mais on peut néanmoins distinguer certains problèmes généraux.
La) L'attitude des membres du parti à l'égard de la jeunesse est très importante et il ne faut pas la sous-estimer. Le parti doit maintenir les principes de l'indépendance organisationnelle et du droit pour les organisations de jeunesse de prendre leurs propres décisions, comme étant les meilleurs instruments d'éducation politique. « Le jeune ouvrier a besoin d'être dirigé par le parti. Mais il ne doit pas s'agir de direction par commandements. Quand la coercition remplace la persuasion jusque dans les moindres occasions, l'organisation perd son souffle vital et, avec lui, ses membres. » (Les Bolcheviks léninistes et l'organisation de jeunesse révolutionnaire.) Cela doit se traduire par des mesures organisationnelles, sinon cela ne relèverait que de la « bonne volonté » des camarades du parti.
Mb) Avant tout, il faut que les rapports entre l'organisation de jeunesse et le parti soient transparents et ouverts. Une intervention politique très rigoureuse du parti vaut mieux que les manœuvres de couloirs, les rapports de clique, l'inégalité des critères de transmission de l'information, ete. Les jeunes ne sont pas fragiles, sont parfaitement capables de soutenir et de profiter largement de la critique rigoureuse de leurs propres erreurs, ces, etc., à condition qu'elle soit réellement conçue dans le but de convaincre et non de détruire ou de manipuler. Ces derniers procédés engendreraient en effet la maladie fatale du cynisme, véritable antithèse de la jeunesse, maladie qui affaiblit et ruine les organisations. C'est à partir de cette constatation qu'il faut établir tous les rapports entre le parti et l'organisation de jeunesse, depuis les questiosn de droit formelles comportements individuels.
Gc) Ce qui compte le plus, c'est que VIII. Développement international du 29 le but organisationnel final de no.
tre travail dans la jeunesse est de créer une Internationale révolutionnaire de la jeunesse (IRJ). Cependant, nous sommes encore aujourd'hui loin du but, et ce qui est à l'ordre du jour, ce sont des pas en avant bien plus limités sur organisationnelles et la jeunesse l'indépendance organisationnelle de l'organisation de jeunesse soit réelle et non fictive ou formelle. Cela implique que le parti ait le droit de tenter de convaincre l'organisation de jeunesse d'adopter une ligne donnée au moyen d'une argumentation politique. Mais il n'a pas le droit d'imposer une ligne à l'organisation de jeunesse. Celle-ci se gouverne seule et en tous points. « Le Congrès de l'organisation de jeunesse est souverain. Dans le cas de divergences politiques entre l'organisation de jeunesse et le parti, celui-ci ne peut bureaucratiquement imposer sa ligne à l'organisation de jeunesse. Dans une tella tâche de la direction du parti est de s'adresser aux militants de la de leur montrer en quoi leurs positions sont erronées, et de les conduire à changer leurs positions par une décision libre. » (Les Bolcheviks léninistes et l'organisation de jeunesse révolutionnaire.)
Pd) Ce qui importe le plus pour les rapports entre le parti et la jeunesse, étant donné notamment le caractère réel de l'indépendance organisationnelle de la jeunesse, c'est que la section engage réel.
Get en pratique des ressources considérables dans la construction de l'organisation de jeunesse. Si le parti est perçu comme la force décisive qui contribue - réellement et dans la pratique - à la construction de l'organisation de jeunesse, à sa ligne et à ses activités politiques, des rapports corrects entre le parti et la jeunesse peuvent s'établir. Si, au contraire, le parti n'est pas sérieusement investi dans la construction de l'organisation de jeunesse, cela sera inévitablement perçu par les militants de la jeunesse. Dans ces conditions, des attitudes et des courants d'opposition au parti, pouvant se manifester par le refus de l'affiliation de l'organisation de jeunesse au parti, se présen-
Be) Dans ce cadre, les liens entre le parti et la jeunesse doivent se situer au niveau des organisations et non des indivi-
Un système qui dépendrait du fait que certains membres de l'organisation de jeunesse sont aussi membres de la section, et du fait que des dirigeants individuels de l'organisation de jeunesse sont aussi membres des organes dirigeants de la section, ne saurait suffire. Cela veut dire qu'il faut adopter une démarche qui comprend la participation de l'organisation de jeunesse au Bureau politique et au Comité central des sections, droit de parole, ou droit de parole et de vote, la présence d'observateurs officiels du parti aux réunions de la direction de l'organisation de jeunesse, etc. Il faut appliquer des mesula voie de cette perspective finale. Ces pas les plus importants sont les suivants :
Accroître l'activité interne et l'éducation sur la question du travail jeune et les organisations de jeunesse.
Cela doit être entrepris surtout au nires semblables au niveau des sections, directions de ville, commissions embauche et des autres structures qui en éprouveraient le besoin.
Of) Cette option en faveur de la transparence s'applique aussi a la question de la discipline des membres du parti dans l'organisation de jeunesse. Il faut clairement affirmer que les membres du parti se placent sous la discipline du parti dans toutes les activités qu'ils entreprennent, y compris le travail dans l'organisation de jeunesse. Cependant, il faut avoir le moins possible recours à cet aspect formel de la discipline car, en un certain sens, chaque une défaite, même si on peut prévoir que
Dans chaque cas, la décision concrète doit être prise par le parti, étant entendu que ses membres au sein de l'organisation de jeunesse sont toujours sous sa discipline, mais que ce recours ne doit être utilisé que le plus rarement possible et réservé aux questions les plus cruciales.
Eg) L'organisation de jeunesse être étroitement liée au parti en ce qui concerne la question du tournant vers l'industrie et du travail dans les syndicats. Il y a, naturellement, des problèmes particuliers à l'organisation de jeunesse. En général, il est nécessaire d'avoir un système où des représentants de l'organisation de jeunesse siègent en tant que tels dans les commissions embauche du parti dans les diverses régions. De même, il n'est peutêtre pas utile, en général, que l'organisation de jeunesse ait ses propres fractions syndicales mais, soit des fractions syndicales conjointes devraient se tenir, soit, lorsque cela paraît plus approprié, des camarades de l'organisation de jeunesse devraient être invités aux fractions syndica-
Th) L'indépendance de l'organisation de jeunesse par rapport au parti doit être réelle. Cela signifie que, bien qu'il y aura aide matérielle du parti à l'organisation de jeunesse, en particulier à l'étape initiale, cette dernière doit, dès le début, pour avoir une indépendance réelle, pour former des cadres et une direction véritable, posséder ses propres finances, contrôler pour payer ses propres permanents, ete.
L'appui principal que le parti devra donner à l'organisation de jeunesse viendra de la construction, par ses militants, dans leur propre activité, de l'organisation de jeunesse : vente de son journal, organisation de ses réunions, etc. Il ne s'agit pas de lui fournir de façon centralisée des subsides, des permanents, etc. Il y aura toujours un certain apport de cette nature, mais il devra rester réduit si l'organisation de jeunesse veut avoir un équilibre interne autonome. travail jeune veau des sections nationales, mais cela peut être aidé de façon significative par l'Internationale à travers des rencontres internationales, du matériel publié centralement, et surtout par l'adoption d'une nouvelle résolution internationale sur la question et par le débat qui l'a précédée
centralisé contre la guerre et la au Comité exécutif international (CEI) et au Congrès mondial.
Mb) Travail international systématique en direction des jeunes et des organisations de jeunesse.
Les traditions internationalistes des jeunes sont parmi les éléments les plus importants, les plus progressistes et les plus forts de leur politisation. Cela s'était développé même du temps de la lle Internationale, et cela s'est accru pendant la Première Guerre mondiale, à laquelle la plupart des organisations de jeunesse des partis socialistes se sont opposées, s'est perpétué avec l'Internationale communiste de la jeunesse.
Aujourd'hui, les par ce champ d'activité sont importantes. Les organisations qui mènent la lutte révolutionnaire lorsqu'elles existent, leurs organisations de jeunesse, sont extrêmement ouvertes au contact avec des organisations de jeunesse révolutionnaires et, dans quelques cas, plus directement qu'avec tions. Les organisations de jeunesse qui l'ont essayé ont sous l'impact des événements de Pologne. IX. Priorité aujour remilitarisation impérialistes 30 Une organisation revolutionnaire de la jeunesse se fonde sur un programme de lutte contre tous les aspects de l'exploitation humaine et de l'oppression. Elle doit faire de la propagande contre le racisme et l'oppression des feml'oppression contre toutes les atteintes aux droits dé. mocratiques. Les organisations de jeunesse en solidarité avec la IVe Internationale ont le même programme fondamental. Dans chaque situation, les thèmes centraux de ces problèmes doivent être transformés en campagnes politiques centrales de l'organisation. Cette priorité doit, bien sûr, être établie en fonction des conditions concrètes du moment. Cependant, l'importance de certains d'entre ces thémes découle de la situation politique internationale et ceux-ci doivent faire l'objet d'un travail et d'initiatives coordonnés et centralisés à l'échelle internatio-
Dans la situation actuelle, l'axe déterminant autour duquel ce genre de travail doit se développer est la campagne contre la remilitarisation impérialiste et l'intervention impérialiste en Amérique centrale. Cela correspond à une importante nécessité objective - la poussée de remilitarisation est, avec l'austérité, un des deux principaux axes de la contre-offensive impérialiste - et à l'état de nos forces. Il doit être le travail prioritaire de nos organisations de jeunesse les pays impérialistes aujourd'hui.
Les sections et les organisations de jeunesse de chaque pays auront naturel. lement d'autres priorités qui s'ajouteront
Les axes précis de la lutte contre la
Etant donné le rôle éminent joué par les jeunes dans tous les mouvements de rénotre travail contacts dans ce champ d'activité est l'une des tâches les plus importantes des organisations de jeunesse de la IVe Inter-
Gc) Des rencontres internationales réTout en tenant compte d'éléments contraignants comme les finances, l'expérience montre que de telles rencontres internationales devraient être régulières et soigneusement préparées, afin de limiter l'élément de simple échange d'expériences nationales au cours de la réunion, et de permettre le maximum de discussion à un
Pd) La coordination par l'intermédiaire du Bureau du Secrétariat unifié.
Il n'est pas réaliste, à l'étape actuelle, de croire que la coordination du travail jeunes puisse être menée à bien par les organisations de jeunesse elles-mêmes. Pour le proche avenir, le travail jeunes doit continuer à être coordonné par le centre international et le Bureau du Secrétariat unifié (SU). d'hui au travail guerre et la remilitarisation impérialiste ne seront évidemment pas les mêmes selon les situations et les différents pays (par exemple, pour la solidarité avec le Salvador et pour le désarmement unitatéral en Grande-Bretagne, contre l'adhésion à l'Organisation du Traité de l'Atlantique-Nord - OTAN - en Espagne, contre Unis), mais les thèmes fondamentaux sont dictés par la nature de la politique impérialiste.
L'objectif de la mobilisation impérialiste actuelle n'est pas une attaque micontre les Etats ouvriers d'Union soviétique et de Chine, ce qui ne veut pas dire que les Etats ouvriers cubain et vietnamien ne soient pas aujourd'hui l'objet de menaces militaires. Les Etats-Unis et leurs alliés ont engagé et préparent surtout une contre-offensive contre la révolution coloniale. En même temps, ils cherchent à établir une supériorité militaire par rapport à l'Union soviétique dans le but de s'en servir pour menacer celle-ci et l'empêcher d'accorder une aide matérielle et militaire aux processus révolutionnaires en cours. Notre travail et nos initiatives doivent œuvrer dans deux diprincipales, qui sont bien sûr a) La solidarité directe avec les luttes menacées ou Elle comprend, notamment et en général, la solidarité avec le Salvador, le Nicaragua, Grenade, Cuba, le Vietnam, mais aussi la lutte contre l'impérialisme français en Afrique, la solidarité généralisée avec la lutte en Afrique australe, contre l'occupation britannique en Irlande du
Nord, etc. Etant donné la nature ralisée de la contre-offensive impérialiste et la progression des luttes de la révolution coloniale en cours, on peut affirmer avec certitude qu'il y aura de nouveaux événements qui exigeront un travail de solidarité de nos sections, et l'Internationale tout entière doit être prête à mener des campagnes de riposte immédiates ainsi que des campagnes à long terme sur ce terrain.
Mb) La lutte directe contre la remilitarisation dans les pays impérialistes.
Cela comprend notamment la lutte contre les armes nucléaires (USA, Grande-Bretagne, France), contre le déploiement des missiles Cruise et Pershing et la bombe à neutrons (Allemagne de l'Ouest, France, etc.). Nous devons en particulier nous efforcer de lier cette lutte à la lutte contre l'austérité au moyen de mots d'ordre, de thèmes et de campagnes du type « Oui à l'emploi, non à la bombe ! », qui revendiquent que le budget militaire soit • supprimé ou que des articles spécifiques de ce budget (comme le programme Trisous-marin nucléaire en France, les missiles MX, etc.) soient éliminés pour être remplacés par un programme géant de dépenses publiques pour la création d'emplois et le progrès social. Nous devons faire campagne pour la plénitude des droits civiques et politiques dans les forces armées, etc.
En ce qui concerne la centralisation immédiate de ces campagnes, il n'y a pas, pour des raisons objectives aussi bien que matérielles), de coordonnées à prendre. On peut néanmoins prendre certaines immédiates : 1) mettre régulièrement à l'ordre du jour des rencontres internationales des jeunesses la contre la remilitarisation ; 2) l'échange d'informations et d'articles de presse, la sortie de tracts communs, etc., organisés centralement, internationalement et bilatéralement ; 3) l'organisation bilatérale d'échange d'orateurs, de messages de solidarité, etc. A une étape ultérieure, il sera peut-être possible de prendre des audacieuses (meetings internationaux, campagnes internationales contre la remilitarisation, etc.). Mais il avec ce qui est faisable, ce qui nous aidera à homogénéiser notre travail et à faire progresser notre niveau de conscience, y compris à l'échelle internationale, sur ces
Nous pourrons ainsi assumer des tâches objectives importantes, donner une impulsion à notre menter la capacité d'attraction de organisations de jeunesse nationales en leur donnant un profil international, et nous servir de ce profil pour affermir aussi les liens et la solidarité entre nos sections et nos organisations de jeunesse. •
Comité exécutif international (CEI) de la IVe INTERNATIONALE 27 mai 1982.