Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

BELGIQUE

Importantes élections municipales

Inprecor n° 133, 27 septembre 1982 · p. 34 · 600 mots

Belgique

Importantes élections municipales Le 10 octobre, la population belge est à nouveau appelée aux urnes, cette fois-ci pour des élections au niveau des communes. Une tradition « communaliste » séculaire imprègne profondément l'ensemble des structures politiques belges, et les changements se frayent plus facilement un chemin sur ce terrain-là. D'autant plus que cet appel aux urnes suit de quelques mois la montée ouvrière de l'hiver 1981-1982, le mouvement social le plus important que la Belgique ait connu depuis la grève générale de 1960-1961. (Cf. Inprecor N. 96 du 2 mars 1981).

Tout cela pèse sans doute trop peu pour renverser le cours « thatchérien » qu'annonce le gouvernement bourgeois Martens-Gol, mais assez pour susciter un large intérêt pour les militants ouvriers politisés.

La Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT), section belge de la IVe Internationale mène depuis des mois une campagne active. En février 1981, elle avait, comme à l'accoutumée, lancé un appel à la constitution de listes unitaires autour de deux axes :

1) une plate-forme anti-austérité ; 2) un ensemble de revendications au niveau de la commune, sous l'appellation « Une commune au service des tra-

Jusqu'à l'été 1982, les négociations avec le Parti du travail (PTB), pro-chinois, et le Parti communisde plus incapables de rompre la barrière du sectarisme de ces deux organisations.

Et puis des ouvertures sont apparues qui, comme dans un jeu de dominos se sont enchainées les unes avec les autres. Lors du dépôt des listes (10 septembre), la LRT a réussi à impulser 14 listes unitaidans les principales villes du pays. Les accords, ont, en général, été passés entre la LRT et le PCB comme à Anvers, Gand, Bruges, Malines, Sint-Niklaas,

(Molenbeek, Saint-Gilles, Saint-Josse). Dans beaucoup de cas ces listes comportent une part importante de récents mouvements de (syndicalistes, mouvement anti-missiles) et attirés par la retournement spectaculaire du PC s'est opéré tout à fait pragmatiquement : il ne traduit nullement une nouvelle orientation politique de sa part, mais plutôt une nouvelle manifestation de sa crise profonde. (Cf. Inprecor N. 125 du 3 mai 1982).

A Scarbeek, une liste « Démocratie sans frontières » a provoqué une dynamique unitaire qui va bien au-delà encore. Autour du comité antiraciste local, dans une des communes les plus anti-immigrés de Belgique, se sont regroupés la LRT, le PCB, le PTB, Pour le socialisme (PLS) organisation centriste, des représentants du mouvement ouvrier chrétien, des personnalités indépendantes.

A Herstal (Liège), le PTB (qui refuse l'unité ailleurs) participe à un cartel avec la LRT, PLS et le RPW (scission ouvrière du Rassemblement wallon).

Du côté flamand, l'aspect le plus inattendu, c'est que le Parti socialiste (Socialistiche Partij - SP) qui a une existence politique autonome par rapport au Parti socialiste francophone, a essayé de se tourner prudemment vers la Sous l'égide du président de la fraction parlementaire du SP flamand, s'est formé un cartel entre le SP, la LRT, le PCB et des indépendants. Si la plate-forme commune reste faible quant aux revendications immédiates, l'opportunisme électoral du SP de Leuwen (Louvain) l'a amené à dénoncer les banques et les holdings comme fauteurs de la crise et à refuser l'austérité pour les travailleurs (en contradiction avec la ligne nationale de ce parti), à soutenir politiquement et financière ment la FMLN du Salvador et à refuser inconditionnellement l'installation de nouveaux missiles de l'OTAN.

Décidément, quelque mence à bouger dans les partis ouvriers, au moment où le gouvernement lance une nouvelle attaque contre la classe ouvrière et où le mouvement syndical s'apprête à riposter. C'est d'ailleurs l'axe politique essentiel de la campagne « électorale » que mène la LRT dans l'ensemble du pays.

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