P massacre de plus d'un militer de Palestiniens des camps milices réactionnaires libanaises, le de Sabra et Chatila, entre le 16 et le 18 septembre 1982, s'inscrit dans la logique de l'agression déclenchée depuis plus de trois mois par Israël au Liban.
Menahem Begin a obtenu le retrait res combattants palestiniens. Mais il ne pouvait s'en contenter. Toute concentration de population palestinienne constitue un foyer de résistance potentielle contre les humiliations et les crimes infligés par l'Etat sioniste.
Prenant prétexte de l'assassinat de Bechir Gemayel, le gouvernement israélien a foulé aux pieds les accords signés il y a moins d'un mois, et envoyé ses troupes à Beyrouth-Ouest. Il l'a fait sous prétexte de garantir l'ordre et la sécurité. En réalité, l'armée sioniste a ouvert la voie aux bourreaux et au « po-
D'après l'un de ses porte-parole, l'armée d'Israël est entrée à Beyrouth-Ouest parce qu'il convenait de « nettoyer la ville de tous les éléments facteurs d'instabilité ». Il fallait, en d'autres désarmer les forces progressistes libanaises, frapper leurs militants et leurs dirigeants. Les troupes sionistes ont accompli cette sale besogne en ratissant les quartiers, les maisons et les camps de réfugiés, avec de véritables listes de proscription préparées par leurs services de renseignement.
Il est impossible d'estimer avec exactitude le nombre de personnes arrêtées et envoyées vers des destinations inconnues. Mais cette entreprise indique d'ores et déjà le type de régime que l'Etat sioniste entend voir s'installer à Beyrouth.
La répression contre les progressistes libanais a cependant été reléguée au second plan par le massacre des Palestiniens, perpétré par les milices réactionnaires libanaises, avec l'aval de l'armée israélienne qui leur a ouvert l'accès des camps et connaissait parfaitement leurs intentions.
ISRAEL ET L'IMPÉRIALISME RESPONSABLES DES MASSACRES DES PALESTINIENS La preuve est aujourd'hui tragiquement faite du rôle nécessaire que jouait l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) pour l'autodéfense des camps de réfugiés. Son retrait a laissé des dizaines de milliers de Palestiniens à la merci de leurs pires ennemis.
La preuve est également faite du contenu véritable du plan Habib et du rôle de la Force internationale d'interposition. Le départ des unités combattantes de l'OLP a laissé l'armée sioniste maîtresse du terrain. Dès que la Force internationale d'interposition eut tourné les talons, Ariel Sharon saisissait la première occasion pour pousser son avantage militaire.
Il importe peu de savoir si les auteurs du carnage de Sabra et Chatila sont les phalangistes de Bechir Gemayel ou les mercenaires du commandant Saad Haddad. La tuerie s'inscrit dans la logique d'une guerre d'extermination menée sioniste, qui n'hésite pas à se servir de tels monstres comme instruments et alliés. Personne ne peut être dupe : le sang de ce massacre souille directement les mains de Begin, de Sharon et de leurs parrains impérialistes, au premier rang desquels se trouve l'impérialisme américain. Tous savaient pertinemment qu'un massacre était possible, et même probable, et ils en connaissaient les auteurs potentiels.
Ils n'ont rien fait pour l'éviter. Ils ont au contraire facilité la tâche des assassins. Après quoi, les larmes de crocodile
EDITORIAL peuvent toujours couler à Washington, Paris, Rome, Ryad, Damas, et même Moscou dont le silence et la passivité ont largement contribué à l'isolement des Palestiniens.
La crise ouverte par l'assassinat de Bechir Gemayel et le massacre des Palestiniens montrent cependant que les impérialistes et les sionistes auront du mal à parachever les victoires remportées sur l'OLP et le Mouvement national libanais (MLN). La stabilisation d'un Etat fort au Liban, voulu par les sionistes, et la solution néo-coloniale d'un mini-Etat palestinien, souhaitée par certains secteurs impérialistes, ne sont pas pour demain. Des forces centrifuges multiples sont à l'œuvre, qui ne s'accordent pas toujours avec les besoins et les volontés d'Israël ou de Washington. De plus, les désaccords subsistent entre les projets d'Israël, ceux des Etats-Unis, et ceux avancés
LA SOLIDARITÉ : DE L'INDIGNATION A LA MOBILISATION Le projet de recomposition de l'Etat libanais autour de la famille Gemayel et des phalanges qu'elle a constituées, peut être remis en queston, y compris dans le cas où Amine Gemayel prendrait la relève de son frère Bechir à la présidence de la République du Liban. Il est vrai que les réactions à l'assassinat de ce dernier sont révélatrices de la régression politique et des pressions qui se font dans le sens de l'unité nationale, par-delà des intérêts sociaux contradictoires. Presque toutes les forces libanaises, y compris le PC et l'OACL (Organisation d'action communiste libanaise), ont participé au deuil consécutif à l'assassinat de Bechir Gemayel ; de tous les horizons politiques se sont élevées des louanges pour le défunt bourreau des Palestiniens de Tall el-Zaatar, pour celui qui a liquidé ses rivaux au sein même du camp chrétien. Les mêmes révoltants hommages se sont fait entendre au niveau international. Mais il y a encore loin de ces réactions à la recomposition d'un puissant appareil
Pour le mouvement ouvrier et anti-impérialiste du monde entier, la réaction d'horreur devant les massacres de Sabra et Chatila, ne doit pas s'exprimer par la seule indignation muette et résignée, mais par une relance de la mobilisation et de la solidarité. Partis politiques, syndicats et organisations de masse doivent agir d'urgence pour s'opposer à l'entreprise sioniste et empêcher de nouveaux massacres.
- Armée sioniste hors du Liban ! - Soutien total aux réfugiés palestiniens et aux progressistes libanais : il faut leur assurer les moyens de leur auto-défense face aux troupes sionistes, aux milices phalangistes et aux mercenaires du boucher Haddad !
- Libération immédiate des prisonniers palestiniens et libanais!
- Non à la liquidation des droits démocratiques au Liban : droits d'information, d'organisation, de réunion ...!
- Soutien aux mouvements de résistance dans les territoires occupés de Cisjordanie et de Gaza, et au mouvement antiguerre israélien !
19 septembre 1982.