- ADAM SZULECKI est décédé le 9 mai 1982 à Varsovie à la suite de coups administrés par les ZOMO. Le 3 mai, alors qu'il revenait de son travail, les ZOMO l'ont arrêté puis entraîné dans un panier à salade. Là, ils l'ont matraqué à la tête et l'ont conduit en état d'inconscience à la préfecture de police, rue Cyryla i Metodego,
- ANDRZEJ FLAK, 26 ans, mort le 25 mai à la suite de blessures infligées par les ZOMO. L'autopsie effectuée à l'Académie de Médecine de Varsovie fait état d'un éclatement de la rate et de la présence de sang dans la cavité abdominale.
- ANDRZEJ URBANOWICZ, de Augustow, étudiant à Varsovie, a été arrêté le 6 juin. Le 16 juin, le cercueil plombé contenant son corps a été envoyé à sa
- WLODZIMIERZ LISOWSKI décédé le 13 juillet 1982 à l'hôpital de Cracovie, à la suite de l'éclatement du foie survenu après les coups de matraque qu'il a reçus le 13 mai sur la place du Marché à Cracovie. Il a été officiellement annoncé que la cause du décès était le can-
- WROCLAW. - Dans la nuit du 13 au 14 juin, je rentrai chez moi, à Wroclaw. Vers une heure du matin, j'ai été arrêté par une patrouille de soldats à un
Ayant vérifié mes papiers, les soldats m'ont conduit à un biszynska, en m'assurant qu'il gissait que d'une formalité et que je ne courais aucun risque. Arrivés à la camionnette, j'ai été couvert de terribles coups de matraque par les ZOMO. Jeté dans la camionnette, j'ai trébuché dans l'obscurité. Il y avait beaucoup de monde, plus de 10 personnes : des jeunes filles, des femmes, des hommes. Mon dos me brûlait, j'ai été épouvanté par la rage bestiale des ZOMO. On nous a transportés à la prison de la rue Lakowa. Là, nous avons tous traversé une « haie d'honneur ». Une des filles a été frappée si fort à l'aine qu'elle a perdu connaissance en vomissant. J'ai vu un des matraqueurs lui donner des coups de pied et dire : « Regardez cette putain, cette chienne ! » J'ai aussi vu des ZOMO sortir du car le corps d'un jeune homme - celui sur lequel j'avais trébuché auparavant — et le jeter sur le béton de la cour de la prison. Je n'oublierai pas cette image : le corps massacré, un œil pendant sur la joue. Il était mort. Malgré cela, un ZOMO s'en est approché et lui donnait des coups de pied en disant : « Alors, tu faisais le héros, et maintenant, tu as la trouille de te lever ? » On nous a alignés le long du mur, les bras levés. Des ZOMO
Nouvelles de Pologne nous surveillaient assis dans des fauteuils. La plupart d'entre nous souffraient de graves lésions à la tête, souvent aux yeux,
(Relation d'un témoin, Z dnia na dzien, bulletin de Wroclaw). - OSWIECIN. - Au commissariat local de la milice, le passage à tabac se fait d'une façon bien organisée. Un des agents tape sur le dos, par derrière ; un autre par devant, sur les jambes. Si le « client » tombe, on le remet sur pieds, également l'aide d'une matraque (enfonce dans la bouche).
(Service d'information, Malopolska, numéro 13.) - PRUSZKOV -. Le 30 mai 1982, la milice a tabassé à Pruszkov le père Stanislaw Jurkiewicz, vicaire de la paroisse de Zbikow. Lorsqu'il tomba sous les coups portés au ventre, la police continua de s'acharner sur lui jusqu'à ce qu'il perde connaissance. Le procès-verbal explique que le prêtre a été arrêté pour tapage nocturne (il aurait tapé des pieds, agité les mains et poussé des cris en état d'ébriété).
(Information Solidarnosc, numéro 62.)
- OPOLE.- L'avocat Piatkowski, qui avait défendu Mariusz Przybylski en première instance devant d'Opole, a été interné avant la date du procès en appel de son client auquel la Cour suprême a attribué un avocat d'offi-
(Tygodnik Mazowsze, numéro 18.) - RDA.- Le 7 juin, la police a arrêté 30 ouvriers polonais travaillant en Allede l'Est, pour avoir trouvé chez eux des tracts de Solidarité. Quatre d'entre eux ont été condamnés à des peines de 4 à 6 ans de prison.
(Tygodnik Wojenny, numéro 21.) - KWIDZYN.- Le 14 août, 100 personnes environ ont été brutalement battues dans la prison de Kwidzyn. Quand on a refusé à certains internés le droit de recevoir la visite de leurs familles, tous se sont mis à taper sur leurs gamelles, puis ont rompu la grille qui sépare leurs baraquements du bâtiment administratif. Un groupe composé de plusieurs dizaines d'employés de la prison de Sztuma, située dans les environs, fait irruption dans le camp Ils sont armés de matraques et de canons à eau. Ils commencent par frapper devant les baraquements, quelques internés sont battus jusqu'à perte de connaissnce. Ensuite, on les pousse dans les cellules et puis on fait sortir une à une les personnes indiquées par les gardiens du camp pour les faire passer dans le couloir par une « haie d'honneur ». Un exemple de leur brutalité : ils obligent un interné, Z. Golawski, à gratter avec ses ongles une inscription du mur de sa cellule. On le menace de battre son père tant que l'inscription n'aura pas disparu. Quelques personnes matraquées sont traînées dans le réfectoire. Là, ils se voient infliger des coups de pied sur la tête, dans le ventre, la poitrine. Ils détruisent tout l'ameublement des cellules, les affaires personnelles des détenus sont détruites ou emportées. Une fois que tout est fini, les internés doivent rester enfermés dans leurs cellules et le droit de visite est suspendu. 5 personnes ont été évacuées en ambulance, alors qu'au camp une dizaine encore devait être immédiatement hospitalisées. Une cinquantaine de personnes sévèrement battues n'ont pas reçu la moindre visite médicale. La majorité des internés a entamé une grève de la faim à laquelle devaient se joindre tous les autres, août. Ils demandent une commission de l'épiscopat et de la Croix-Rouge, ainsi que la punition des gardiens.
(Information Solidarnosc, numéro 62.)
- BYDGOSZCZ.- Au mois de juin, une prisonnière, Krystyna Szycht, a été sauvagement battue à la prison de Fordon à Bydgoszez. Une autre a subi des sévices (brûlures de cigarettes sur les mains). Leur tortionnaire est le lieutenant Szweda, un sadique connu des prisonniers. Le 7 juin, les trente et quelques prisonnières ont envoyé une protestation au procureur militaire. Le 16 juin, elles ont proclamé une grève de la faim d'un mois.
(Gdansk, numéro 7, 28 juin 1982.) - ZGIERZ.- Lettre adressée à l'Association psychiatrique internationale.
déclarons avoir été transportés le 18 août 1982 par la police, de l'hôpital municipal de Lowiez au service psychiatrique de l'hôpital de voïvodie de Zgierz (Dr Franc) et placés dans la section de désintoxication des alcooliques (Dr Skude cet hôpital. Nous prions l'Association psychiatrique internationale d'intervenir au plus vite. A notre connaissance, c'est là le premier cas d'utilisation d'un tel procédé de répression à l'encon-
Nos traitements — en chirurgie, médecine générale et laryngologie - ont été interrómpus. Aucun d'entre nous n'a jamais eu besoin d'aide psychiatrique.
Les signataires : Jacek Bartyzel, Tomasz
Myslek, Marek Niesiolowski, Wlodzomierz Gromiec Zgierz, 19 août 1982. BIALYSTOK-STAROSIELCE.Wieslaw Jakubowicz, ingénieur de l'entreprise de construction ferroviaire de Bialystok-Starosielce, a été licencié de son travail par le directeur Makara pour « attaque ouverte contre le parti ». Wieslaw Jakubowicz avait refusé de renforcer l'enceinte de l'entreprise - ce qui devait empêcher les ouvriers de sortir sans contrôle de l'usine c'était la tâche de la police industrielle. Le chef de cette dernière est le premier secrétaire du Parti ouvrier unifié polonais (POUP) de l'entreprise ...