Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

LIBAN

Solidarité internationale avec le peuple palestinien

Inprecor n° 133, 27 septembre 1982 · p. 36, 35 · 1 786 mots

Palestine et Israël Liban France Grande-Bretagne

LIBAN • ESPAGNE :

A la mi-août, au plus fort de l'agression israélienne contre le Liban, la Ligue communiste d'Espagne (MCE) ont appelé à une manifestation qui a rassemblé environ 1 500 personnes à Madrid, ce qui est assez important, étant dorné qu'il n'y a guère de traditions de manifestations de masse sur la solidarité avec la lutte des Palestiniens. Sur les banderoles on pouvait lire : « Palestine vaincra ! » et « Solidarité avec le peuple palestinien ! ».

A Barcelone, le 11 septembre, jour de la fête nationale de Catalogne, les mêmes organisations ont tenu un meeting de plusieurs centaines de personnes.

Des meetings de moindre importance se sont tenus avec la participation de l'UCD (Union du centre démocratique), parti au pouvoir. Le Parti communiste et le Parti socialiste, ainsi que les deux principales condéférations syndicales, Commissions ouvrières (CO) et l'Union générale des travailleurs (UGT), n'ont participé qu'à des initiatives en commun avec les partis gouvernementaux. L'Espagne à ceci de particulier que la dictature avait refusé de reconnaître l'Etat d'Israël lors de sa création. Cette situation s'est perpétuée, et il n'y a pas de liens diplomatiques entre l'Espagne et Israël. Par contre, l'OLP a une représentation officielle de haut niveau à Madrid.

SUISSE : Le vendredi 6 août, à Genève, une vingtaine de membres du PSO (Parti socialiste ouvrier, section suisse de la IVe Internationale) ont organisé un piquet de protestation devant le siège de la compagnie aérienne israélienne El Al, distribuant un tract exigeant le retrait des troupes israéliennes du Liban.

Le jeudi 12 août, un piquet unitaire rassemblant diverses organisations de gauche, se tenait devant les locaux de l'ONU.

Le mercredi 18 août, une manifestation unitaire - appelée entre autres par l'Association Suisse-Palestine, tous les partis de gauche, les fédérations syndicales et l'ensemble des organisations de solidarité internationale de la place - rassemblait 700 personnes environ. A cette occasion, les trois partis de la gauche genevoise, PS, PdT (Parti du travail - communiste) et PSO, ont publié une déclaration commune. Celle-ci indique notamment: « On ne saurait passer sous silence

La solidarité internationale

avec le peuple palestinien

la responsabilité directe des Etats-Unis dans cette tragédie, car ce n'est que par leur soutien militaire et financier qu'une telle politique est possible pour l'Etat d'Israël. On ne peut également que déplodes pays arabes et de l'URSS, et les murmures inaudibles des travaillistes israéliens, qui n'ont pas pris leur place dans le vaste mouvement populaire d'opposition qui se développe heureusement en Israël même contre cette politique suicidaire. »

Dans d'autres villes aussi, les mobilisations ont été nombreuses, en solidarité avec la lutte du peuple palestinien et en soutien à l'OLP. Ainsi, à Zürich, un piquet unitaire d'une quarantaine de personnes est venu manifester devant les locaux de El Al et deux manifestations se sont déroulées dans cette ville. Deux manifestations ont également eu lieu à Bâle, une à Berne, à Lausanne et à la Chaux-de-Fonds. Ce sont plusieurs milliers de personnes qui se sont ainsi mobilisées à travers la Suisse, de façon unitaire.

Des meetings se sont tenus et d'autres sont en préparation, en particulier à Zürich, avec un représentant de l'OLP et la participation d'un écrivain israélien opposant à la politique de Begin.. Par ailleurs, les militants du PSO ont lancé un appel public en soutien au peuple palestinien, déjà signé par des artistes très connus et par certains des principaux dirigeants du mouvement ouvrier, syndical et politique, dont le président de l'Union syndicale suisse (USS).

→ FRANCE:

Dès le début de l'invasion israélienne du Liban, un mouvement de solidarité avec les peuples palestinien s'est exprimé en France.

A Paris, trois manifestations de rue ont eu lieu en juin. Les deux premières étaient convoquées principalement par les organisations immigrées arabes (tunisiennes, algériennes, marocaines), par les comités de solidarité avec le Liban et la Palestine, par les organisations d'étudiants iraniens, et par les organisations révolutionnaires (LCR, Lutte Ouvrière, PCI).

La troisième, le 21 juin, était également convoquée par les syndicats, qui participation modeste délégations plutôt soir-même, la LCR tenait un meeting à la salle de la Mutualité, consacré pour une part importante à la défense de la résistance pales-

Un représentant de l'OLP et un représentant de la Ligue tunisienne des droits de l'homme y prirent la parole. Des initiatives analogues ont eu lieu dans de nombreuses villes de province.

Fin juillet, un nouveau rassemblement unitaire a réuni plus de 2 000 personnes, à l'appel d'un large cartel d'organisations immigrées, pour entendre notamment le rapport d'une délégation de juristes français à Beyrouth. Le 6 août, deux nouvelles initiatives eurent lieu. Une manifestation devant l'ambassade d'Israël appelée par le Parti communiste, la CGT et la LCR ; puis un rassemblement devant l'ambassade américaine à l'appel de l'Association médicale franco-palestinienne, soutenu par les comités de solidarité et par la LCR et le PCI. Une délégation de personnalités, dont Ahmed Ben Bella, était reçue à l'ambassade.

Le PC, la CGT et huit autres organisations démocratiques avaient prévu une nouvelle manifestation le 10 août. La veille se produisait l'attentat criminel de la dans le quartier juif de Paris, qui faisait six victimes. Aussitôt, le de l'Intérieur, Gaston Defferre, demandait aux organisateurs de renoncer à leur manifestation pour ne pas entrer dans une escalade de provocations. Le PC acceptait aussitôt d'annuler son initiative. Pourtant, les bombardements et le siège de Beyrouth continuaient. La LCR, seule organisation française, appelait a une nouvelle manifestation le 18 août, avec un comité de soutien (le CEDETIM) et neuf organisations d'immigrés. Ce fut la première manifestation interdite par le gouvernement socialo-communiste. Malgré cette interdiction, deux cent manifestants environ se regroupaient dans les quartiers de Paris où les immigrés vivent

MEXIQUE:

Lẹ 6 août à 18 h 30, un meeting de solidarité avec la lutte des Palestiniens au Liban et avec les progressistes libanais contre l'invasion israélienne, a eu lieu à

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centaines de personnes affluèrent au local du Syndicat mexicain des électriciens (SME), venues à l'appel de l'Association mexicaine d'amitié avec le peuple palestinien (AMAPP). L'ambiance était combative. Le docteur Ahmad Sobeh, représentant de l'OLP à Mexico, le président de l'AMAPP, des représentants officiels de la République populaire de Chine, d'URSS, du Vietnam, étaient présents. Le Front Farabundo Marti pour la Libération nationale du Sal-

Front démocratique (FMLN-FDR) était également représenté, ainsi que des partis mexicains comme le Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT, section de la IVe Internationale), et des organisations latino-américaines. Des messages syndicaux furent lus.

Plusieurs israéliens opposés à la politique de Begin parlèrent du mécontentement croissant à l'intérieur même d'Israël et dans l'armée sioniste. Les menaces proférées anonymement contre des dirigeants de la communauté juive de Mexico participant à la solidarité avec la lutte du peuple palestinien ont été dénoncées.

Ahmad Sobeh prit la parole en dernier. Il souligna que l'objectif politique d'Israël était d'en terminer avec l'OLP et avec la lutte de libération nationale du peuple palestinien, mais que cela avait lutte est considérée maintenant de façon mondiale comme une lutte juste, et l'OLP est de plus en plus reconnue comme la représentante officielle de son peuple. Ahmad Sobeh a soigneusement différencié le sionisme du judaisme, et s'est prononcé contre l'anti-

Ce meeting a apporté la démostration de la sympathie que s'est gagnée au Mexique la lutte du peuple palestinien. (D'après Bandera Socialista du 12 août 1982).

• BELGIQUE:

Deux jours après l'invasion du Liban par l'armée israélienne, 5 000 manifestants, regroupant tous les courants du mouvement ouvrier, de l'extrême gauche à la social-démocratie, avec une majorité de participants arabes et un petit groupe de Juifs progressistes, s'est tenue à Bruxelles. Ce dernier groupe a lancé, à l'échelle nationale, une pétition contre l'in-

Le 14 août, une nouvelle démonstration de solidarité, appelée cette fois principalement par les organisations de jeunes du mouvement ouvrier, sour une forme plus animée, avec musique, productions artistiques, etc. De l'argent et du sang ont été collectés. Plusieurs milliers de personnes y ont assisté.

A Liège, un cortège avait été prévu, pour le 19 août, à l'initiative, ici encore, de l'ensemble des partis et syndicats ouvriers, mais le bourgmestre (maire) de la ville a interdit le défilé. Seul un rassemblement a été autorisé, l'argument du bourgmestre étant que la question était déjà virtuellement réglée. Il faut dire que la communauté juive de Liège est très influente dans cette ville que gère la social-démocratie. Le rassemblement autorisé a rassemblé quelques centaines de personnes. La LRT (section de la IVe Internationale) et le groupe « Pour le socialisme » ont quelque peu débordé le cadre prévu. Un représentant de l'OLP a pris la parole, comme lors de toutes ces mani-

Des manifestations ont eu lieu, le 11 septembre, dans plusieurs villes des Etats-

: 3500 personnes dont la moitié de Palestiniens et d'Arabes; plusieurs centaines à San Francis co. Les orateurs de l'OLP, du Parti politidu Salvador, clairement fait, dans leurs interventions, la relation entre l'aide des USA à Israël et celle aux dictatures d'Amérique centrale et ont dénoncé le danger de guerre

Les manifestants demandaient la fin de l'occupation du Liban par Israël, le retrait des soldats US du Liban, l'embargo sur les livraisons d'armes à Israël, et le refus de voir l'Etat sioniste imposer un gouvernement fantoche aux Libanais.

Ces corteges se sont rassemblés à l'appel de la Coalition du 29 novembre d'après la date choisie par les Nations unies comme journée internationale de solidarite avec le peuple palestinien), et d'un large éventail de groupes et de personnalités.

• GRANDE-BRETAGNE :

De nombreux comités de solidarité avec la Palestine se sont formés dans plusieurs régions de Grande-Bretagne. Ils ont organisé des meetings et des manifestations à l'échelon local.

Une manifestation rassemblant 7 000 s'est déroulée le 31 juillet à Londres. Elle était organisée par le Comité d'urgence de la Chambre des députés contre l'invasion, qui comprend des parlementaires conservateurs, l'aile droite du Parti travailliste (LP - La-

L'Union générale des étudiants palestiniens, le Comité de solidarité avec la Palestine, l'OLP et les Femmes pour le Comité Palestine ont tous organisé des rassemblements, des piquets, etc.

L'événement le plus important fut la formation, au sein du Parti travailliste, du Comité du Parti travailliste pour la Palestine, soutenu par les députés de la gauche du LP. Ce comité a tenu plusieurs meetings à Londres avec des orateurs travaillistes de gauche, des représentants de l'OLP et des Israéliens antisionistes. De nombreuses réunions locales du LP ont également eu lieu. Ce Comité organisera un rassemblement lors du Congrès du Parti travailliste à la fin septembre. L'IMG (IVe Internationale) a participé à l'ensemble de ces mobilisations

Un fort groupe de pression pro-sioniste existe dans le mouvement ouvrier britannique. Il soutient fortement l'Histadrouth et le Parti travailliste israélien. Il est donc difficile d'organiser la solidarité avec les Palestiniens.

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