Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

CEYLAN

Vie sauve pour Kuttimani et Jegan

Inprecor n° 135, 25 octobre 1982 · p. 34-35 · 1 181 mots

IVe Internationale Inde et Asie du Sud

Vie sauve pour Kuttimani et Jegan Deux jeunes nationalistes tamils, Kuttimati et Jegan, ont été condamnés à mort à Ceylan, par un tribunal qui s'est torture, et en vertu d'une loi d'exception, de prévention (Prevention of Terrorism Act).

Cette attaque contre les Tamils, qui représentent 11% de la population de l'ile et sont installés dans les régions de plantations de thé dans le nord du pays, constitue aussi une atteinte aux libertés démocratiques en général, combinée à celles menées par le gouvernement du Parti national unifié (UNP) contre les travailleurs, les paysans et le peuple (RMP), section ceylanaise de la IVe Internationale, a lancé une campagne de masse pour sauver la vie de Kuttimati et Jegan, ainsi que pour obtenir la libération de tous les prisonniers politiques. Pour relayer cette campagne, des télégrammes et des motions de solidarité doivent être adressés au ministre de la Défense, J. R. Jayewardene, Colombo, Sri Lanka.

La déclaration que nous publions ci-dessous a été adoptée par le Bureau du Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale, le 12 octobre dernier.

La sentence de mort prise par un tribunal ceylanais à l'encontre de deux jeunes nationalistes tamils, Kuttimani et Jegan — qui ont été traînés en justice sur la base de la très draconienne Loi de prévention du terrorisme (Prevention of Terrorism Act), est la dernière en date d'une longue série d'attaques contre la nation tamil par les gouvernements ceylanais

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successifs. L'oppression, depuis des dizaines d'années, des personnes de langue tamil a conduit à l'apparition d'un mouvement réclamant l'établissement, pour les mils, d'un Etat séparé appelé Eelam, dans leurs régions traditionnelles. Le harcèlement continuel et l'occupation virtuelle des régions tamiles par les forces de sécurité de l'Etat, comme les fréquents pogroms racistes contre la population de langue tamil, ont entraîné la croissance d'un mouvement de résistance qui revendique pour les Tamils le droit à l'autodéfense pour se protéger contre la violence

La menace de mort qui plane sur Kuttimani et Jegan constitue un exemple visant à intimider et à terroriser ceux et celles qui soutiennent ce droit à l'autodéfense et le droit à l'autodétermination de la nationalité tamil au Sri Lanka.

Ce procès est un cas typique de coup monté. Les deux accusés se sont vus interdire le droit à un jury, droit officiellement reconnu à toute personne vivant au Sri Lanka, et cela même en cas de crime grave. De plus, leur condamnation est entièrement fondée sur les « aveux » qu'on leur a arrachés sous la torture, lors de leur détention dans un camp militaire.

Lors de leur procès, des témoins ont déposé sur la manière dont ils ont été soumis à la torture par la police et l'armée. On les a battus à plusieurs reprises, pendus par les pieds, des tiges de métal leur ont été introduites dans l'anus, on les a forcés à respirer des matières toxiques, etc. Malgré cela et malgré le fait que la Cour d'appel avait, dans un jugement précédent, accepté la révélation selon laquelle la violence avait été employée contre les suspects détenus en vertu de la Loi de prévention du terrorisme, cette fois-ci la Cour a considéré qu'il « n'apparaissait pas » que les deux accusés aient été brutalisés ou torturés. Nul n'ignore que la torture et les méthodes d'interrogatoire au « troisième degré » sont utilisées par la police ceylanaise.

Même le juge a dû admettre que ces deux jeunes avaient été détenus dans un « endroit isolé et au secret, privés de tout contact avec leurs amis, leur famille ou leurs avocats », et « au milieu de soldats dont certains étaient armés », ignorant «jusqu'à quand vue ». Il alla même jusqu'à demander si ces faits en eux-mêmes ne rendaient pas les dépositions des plaignants irrecevables pour leur défense. Mais il a conclu en disant que les dispositions de la Loi

INTERCONTINENTAL PRESS

ABONNEZ-VOUS pour la prévention du terrorisme ne lui permettaient pas de rendre un tel juge-

Les Tamils du Sri Lanka ont été assujettis à une longue série de mesures ré pressives. Cela a commencé en 1948, lorsque 1,2 million de travailleurs des plantations ont été « désafranchis » et privés du droit de vote, et que le cingalais, la langue de la majorité, a été imposée comme langue officielle. Dans les dernières années, la fréquence et l'intensité des pogroms anti-tamils ont augmenté. Par deux fois dans les cinq dernières années - en août 1977 et de juin à août 1981 — le peuple

REL

LAMPAIEN FOR THE

EELAM POLITICAL PRIE

Manifestation de soutien c tamil a été brutalement attaqué, tandis que leurs propriétés étaient pillées par des gangs de racistes, organisés et encouragés dans leurs actions par les dirigeants du Parti national unifié (UNP) au pouvoir au

La IVe Internationale attire particulièrement l'attention sur le fait que ces attaques racistes en particulier, et le chauvinisme ceylanais en général, se sont développés de façon significative depuis que le parti traditionnel de la classe ouvrière au Sri Kanka, le Lanka Sama Samaja Party, a perdu son indépendance dès lors, adopté une perspective de collamême son mot d'ordre toyenneté pour les travailleurs tamils des plantations, et la parité des statuts pour les deux langues, cingalaise et tamil.

La politique de discrimination raciale et de répression poursuivie par le gouvernement UNP aujourd'hui est à inscrire dans le cadre des attaques contre les travailleurs cevlanais. les paysans et les masses opprimées en général. Le gouvernement cherche en même temps à opposer les travailleurs et les paysans ceylanais et tamils les uns aux autres, et à éroder les droits démocratiques, afin de favoriser les intérêts de l'impérialisme et du capitalisme dans la région.

Le Revolutionary Marxist Group (Parti marxiste révolutionnaire - RMP), section ceylanaise de la IVe Internationale s'est, de façon systématique, toujours opposé à la politique raciste des gouvernements capitalistes qui se sont succédés au Sri Lanka, et a clairement pris position pour le droit à l'autodétermination de la nation tamil, y compris le droit à l'indépendance. De plus, le RMP reconnaît le droit à la nation tamil opprimée de prendre toutes les mesures qu'elle jugera utiEASE OF

ONERS IN SRI LANKA

Kuttimani et Jegan en Grande-Bretagne. (DR) les pour assurer sa défense contre la violence raciste.

Le Secrétariat unifié de la IVe Internationale s'élève contre les condamnations à mort qui pèsent sur Kuttimani et Jegan, et réclame du gouvernement ceylanais l'annulation immédiate de la sentence de mort contre les deux jeunes tamils, la libération des prisonniers politiques et l'abrogagation de la Loi de prévention du terrorisme.

Les partis et les politiciens bourgeois tamils, comme le Tamil United Liberation Front (Front de libération unifié tamil) ont fait la démonstration de leur incapacité face à la répression accrue à laquelle est soumise la population de langue tamil, ont egalement sacrifié les intérêts des masses tamils au profit de leurs intérêts parlementaires. Cela fait peser une lourde responsabilité sur les épaules des travailleurs et des paysans du Sri Lanka dans la lutte contre la discrimination et la répression dirigée contre la population de langue tamil.

Bureau du Secrétariat unifié (SU) de la IVe INTERNATIONALE 12 octobre 1982.

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