Une fois cette décision prise, la tacti- | italienne, que c'est l'accord accepté par
LE POINT DE VUE DU SWP SUR LE
RETRAIT PALESTINIEN DE BEYROUTH Une déclaration sur le Liban a été publiée dans le numéro du Militant du ler octobre. Son introduction la présentait comme une déclaration commune de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) de France, de la Lega Comunista Rivoluzionaria (LCR) d'Italie et du Socialist Workers Party (SWP) des Etats-Unis.
La mention de la signature du SWP au bas de cette déclaration constituait une erreur éditoriale. Le SWP ne l'avait pas signée, et elle ne reflétait pas le point de vue du SWP. La position du SWP a été plus clairement exprimée par l'article de David Frankel publié en première page du Militant le 8 octobre.
La déclaration commune francaise et italienne implique que l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a commis une erreur en organisant le retrait de ses forces de Beyrouth-Ouest en août dernier, dans le cadre d'un accord qui incluait la présence d'une force multinationale de troupes américaines, françaises et italien-
La déclaration demande : « A quoi a donc servi la force d'interposition envoyée fin août dans le cadre du Plan Habib ? Elle a organisé le départ des unités combattantes palestiniennes, entérinant la présence sioniste au Liban. Elle a cautionné par sa présence l'élection à la présidence libanaise du tueur phalangiste Bechir Gemayel, par un Parlement croupion réuni dans une caserne sous la garde des baïonnettes israéliennes. Elle a démantelé les lignes de défense palestiniennes à Bey-
Une armée impérialiste de 70 000 israélienne, équipée des armes les plus perfectionnées et destructrices, financées ment fournies par l'impérialisme américain - occupait déjà le Liban avant l'arrivée des premiers éléments de la force multinationale. Sa présence était « légitimée » par la force brutale, et c'est cette même puissance militaire qui a permis à l'armée israélienne d'imposer l'élection de Bechir Gemayel à la présidence du Liban.
De plus, il n'est pas vrai que la force franco-italo-américaine ait organisé le départ des combattants de l'OLP et démantelé ses lignes de défense. L'OLP a organisé son propre départ et démantelé ses propres lignes de défense face à l'écrasante supériorité d'une force militaire qui menaçait de pulvériser Beyrouth-Ouest et de tuer des milliers de civils en plus. Pour garantir que ces combattants ne seraient pas massacrés pendant la retraite, l'OLP a proposé qu'une force multinationale vienne à Beyrouth servir de tampon entre les Palestiniens et les troupes israéliennes qui encerclaient la ville.
Bien sûr, et comme toujours, les gouvernements capitalistes français et italiens n'avaient rien de progressiste en tête en acceptant de participer à la force multinationale. Par son attitude politique et sa résistance héroïque cependant, POLP avait augmenté le coût politique pour l'impérialisme de toute agression contre ses combattants pendant la rel'a souligné l'article de David Frankel dans le Militant du 8 octobre : « Une analogie peut être faite avec les organisateurs d'une manifestation progressiste qui, confrontés à une attaque armée de forces de droite supérieures en nombre, appellent la police pour protéger démocratiques des manifestants. Une telle action n'implique aucun soutien politique aux flics, aucune approbation de leur rôle dans la société, et aucun renoncement à la nécessité de l'auto-
L'article soulignait aussi que la seule alternative à la négociation du retrait aurait été pour l'OLP un dernier baroud inutile à Beyrouth-Ouest. « Une telle décision aurait causé des pertes civiles beaucoup plus graves encore que les massacres des camps de réfugiés de Sabra et de Chatila ... La seule chose à laquelle un combat jusqu'au bout aurait abouti, c'est à aider les Israéliens dans leur objectif de destruction de l'OLP et de ses forces. » En conséquence, poursuivait l'article, l'OLP « a correctement rejeté cette ligne suicidaire et a choisi, au contraire, d'organiser et de diriger une retraite ... » que choisie par l'OLP pour procéder à la retraite fut - comme la décision elle-même - dictée par le rapport de forces militaire. Comme l'a expliqué l'article du 8 octobre : « Dans la mesure où les Palestiniens n'avaient pas les moyens de repousser les troupes israéliennes, ils ont proposé une force internationale qui s'interposerait entre leurs forces et les Israéliens, comme la seule façon de garantir qu'ils ne seraient pas attaqués pendant la reCombattants palestiniens. (DR)
La déclaration commune des sections française et italienne de la IVe Internationale affirme plus loin que les troupes américaines, françaises et italiennes, qui sont revenues en septembre après les masà Beyrouth-Ouest, pas davantage les intérêts des peuples palibanais » que celles qui Cela confond le rôle concret d'une force internationale que l'OLP a été obligée d'accepter pour obtenir le retrait de ses forces militaires de Beyrouth, avec une force d'occupation militaire qui restera aussi longtemps que nécessaire pour établir le gouvernement le plus pro-impéanti-palestinien et anti-ouvrier deux d'établir un gouvernement de droite stable au Liban. C'était l'un des objectifs de l'invasion du Liban par Israël, avec le soutien américain. C'est la tâche de la prétendue force d'interposition actuelle que d'aider les tueurs phalangistes qui ont perpétré les massacres de Sabra et de Chatila.
S'il était vrai, comme le sous-entend la déclaration commune l'OLP pour le retrait de ses troupes, plutôt que l'agression américano-israélienne,
qui est responsable du contrôle phalangiste sur le gouvernement et du démantèlement des lignes de défense palestiniennes, alors il en découlerait que l'OLP porte aussi une large part de responsabilité dans les massacres de Sabra et de Chatila.
Mais c'est faux. Une position impliquant que la politique de l'OLP a contribué dans quelque mesure que ce soit au massacre de Beyrouth-Ouest est scandaleuse. La vérité, c'est que la politique de l'OLP cherchait à éviter des massacres bien pires encore.
Nous condamnons la politique de génocide américano-israélienne qui conduit inévitablement à l'holocauste au Liban. Et nous demandons le retrait de toutes les armées impérialistes d'occupation — franitalienne, israélienne et américaine - du Liban.
Cindy JAQUITH et Doug JENNESS «The Militant », New York, 15 octobre 1982.