Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

RFA

Manifestations massives contre l'austérité et le gouvernement

Inprecor n° 137, 22 novembre 1982 · p. 35 · 533 mots

Allemagne Syndicalisme

Mobilisations massives contre l'austérité nouveau gouvernement

D'importantes mobilisations de masse se sont tenues ces dernières semaines dans plusieurs villes d'Allemagne de pour protester contre le programme économique et social du nouveau gouvernement de Helmut Kohl dirigé par démocratie-chrétienne (CDU-CSU) : plus de 200 000 personnes le 23 octobre entre Francfort, Nuremberg et Dortmund, 200 000 aussi le 30 octobre entre Stuttgart et Hanovre, et plus de 100 000 personnes le 6 novembre entre Hambourg et

Was Tun, le bimensuel du Gruppe Internationale Marxisten (GIM), section allemande de la IVe Internationale, note, dans son numéro du 4 novembre 1982, que ces manifestations représentent sans

Run tournant historique RFA. En effet, de telles manifestations organisées par le mouvement syndical n'avaient pas eu lieu depuis 1952, date à laquelle les syndicats appelèrent à protester contre la Loi d'organisation des entreprises de Konrad Adenauer, pilier de la reconstruction capitaliste ouest-allemand. Effrayés à la fois par la dynamique de ces mobilisations et par la sévère réaction du gouvernement démocrate-chrétien de Konrad Adenauer, les dirigeants syndicaux suspendirent alors

De cette expérience, comme de la victoire démocrate-chrétienne qui s'ensuivit l'année suivante, les directions syndidéduisirent qu'il fallait à tout prix éviter de telles mobilisations, suivant des lors cette ligne de conduite pendant trente-trois ans. C'est la crise économique croissante et le programme d'austérité du gouvernement démocrate-chrétien de Helmut Kohl qui leur auront donc finalement forcé la main.

A Dortmund, 100 000 personnes ont participé à cette manifestation, avec d'importants contingents de jeunes, de femmes et de militants d'extrême gauche. Was Tun indique néanmoins que « la maétait essentiellement composée de militants syndicaux plus âgés ». A Francfort, un cortège de 60 000 personnes s'étirait sur plus d'un kilomètre. Un délégué syndical, Heinz Schwabe, déclara : « Nous ne pouvons plus attendre que les autres nous aident, nous devons nous aider nous-mêmes. On doit mobiliser les travailleurs dans les usines non seulement en défense de leurs emplois, mais aussi en défense de l'emploi des autres, en défense de nos acquis sociaux. »

A Nuremberg, en Bavière, il y a eu 60 000 manifestants et à Stuttgart, environ 150 000. Le dirigeant de la grande confédération syndicale DGB, Siegfried Pommerenke, a obtenu de vifs applaudissements lorsqu'il s'en est pris au programme militaire du Parti social-démocrate (SPD) et des démocrates-chrétiens. Le budget de la Défense pour 1983 est en hausse de 4,4 %. «En finir avec la cécision de T'OTAN de participer à la course aux armements », proclama-t-il sous les applaudissements. Was Tun note, à propos de toutes ces mobilisations, qu'elles ne « doivent pas être une fin, mais un commencement. Ces manifesta tions ne seront pas, à elles seules, suffisantes pour faire aboutir les revendications de la DGB contre les limitations salariales, les coupes dans les budgets sociaux, ou celle sur la semaine des 35 heures. Cela nécessitera l'utilisation de l'arme la plus puissante des travailleurs, la grève.

de nouvelles actions syndicales peuvent empêcher les politiciens du capital de rester en poste à Bonn. Et c'est seulement s'il y a un plan de lutte contre le gouvernement de Helmut Kohl et les capiles élections législatives prévues pour le mois de mars 1983 pourront amener une nouvelle majorité électorale pour la gauche. »

Une erreur sur cette page ?