L'opposition de gauche au MMM Dans un article intitulé « La gauche après le changement », l'hebdomadaire mauricien Horizons nouveaux (7-14 novembre 1982) analyse ainsi ce qu'il appelle les « organisations de gauche extra-parlementaires » :
« Lalit, né d'une scission des membres de Lalit de Klas d'avec le MMM, après l'alliance de celui-ci avec le PSM, est un petit parti socialiste. Actif, il peut accomplir un travail de formation idéologique, d'éducation politique, de mobilisation populaire, mais il ne peut prétendre, actuellement, à lui tout seul, combler "le vide" laissé par le MMM.
« De toutes les organisations de gauche extra-parlementaires, celle qui parait posséder une "base" considérable est le FNAS. Recrutant ses militants es-
"lumpen proletariat" (et c'est peut-être l'une de ses fai"lumpen" n'a pas de base fixe), ce front "bann dimun miser" (front de tous les pauures) impressionne, d'abord par la bonne volonté, l'énergie, le courage et, dans une moindre mesure, le degré de conscience anticapitaliste (beaucoup ont tendance à réduire le marxisme, ou même le concept de lutte de classes à la seule dichotomie capitaliste/ouvrier) de ses militants, ensuite parce qu'il n'hésite pas à proposer publiquement, et en détail, ses "solutions révolutionnaires" et à utiliser un langage populaire convaincant.
« Mais l'action du FNAS est limitée. Il ne peut, par exemple, s'en prendre ouvertement au MMM, comme le fait Lalit, tout simplement parce que ses dirigeants et un grand nombre de ses militants sont encore au MMM. Alors que Lalit se présente déjà, pour employer les termes de ses dirigeants, comme "l'alternative socialiste" au présent gouvernement "social démocrate", le FNAS n'a d'autre choix que d'accorder un "soutien critique" à l'alliance de gauche au pouvoir. On note cependant que le FNAS fait, en ce moment, de grands efforts pour renforcer sa "base" et se doter de structures, sinon comparables, du moins aussi efficaces que celles du MMM. Prépare-t-il, lui aussi, une rupture avec ce