Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

SRI LANKA

La victoire des grévistes de Paranthan

Inprecor n° 138, 6 décembre 1982 · p. 33 · 515 mots

Inde et Asie du Sud Syndicalisme

La victoire des grévistes de Paranthan gréviste relativement limitée du prolétariat du Sri Lanka ces derniers mois a néanmoins été marquée par vailleurs de la Paranthan Chemicals Cor-

Les quatre cents grévistes de cette end'Etat installée dans le nord du pays, surtout peuplé de Tamouls, sont partis en lutte le 27 novembre 1981, sur des revendications relatives au respect de leurs droits démocratiques et syndicaux dans l'entreprise. Ils réclamaient notamment le réembauchage des dirigeants et militants syndicaux licenciés pour leur activité syndicale, la restitution des locaux syndicaux situés à l'intérieur de l'entreprise, le droit pour les travailleurs temporaires de se syndiquer et de faire grève, et l'arrêt des discriminations professionnelles à l'encontre des représentants syn-

Lancée dans une période de faible niveau de lutte des travailleurs, dans une région à majorité tamoul où la question nationale tamoul prédomine sur la tradition de grèves ouvrières, la grève de Paranthan, vigoureusement soutenue par le Ceylon Mercantile Union (CMU, syndicat ceylanais des employés de commerce) a abouti, après dix mois de lutte, à une victoire des travailleurs de cette entreprise.

En effet, le 9 septembre 1982, un protocole d'accord était signé, qui donnait satisfaction aux grévistes à peu près sur tous les points. Seule la question des travailleurs temporaires était renvoyée à de nouvelle négociations.

L'importance non négligeable de cette victoire ouvrière tient au fait qu'elle concerne le respect des droits syndicaux des travailleurs dans un secteur qui a du mal à se remettre de l'échec des grèves de juillet et qu'elle est intervenue quelques semaines réélection à la présidence de la République du leader du United National Party (UNP, Parti de l'unité nationale), le très réactionnaire J-R Jayewardene, lors des élections du 20 octobre 1982 (cf. Inprecor numéro 137 du 22 novembre 1982).

Tout au long des dix mois de grève, cette lutte des travailleurs de Paranthan a donné lieu à plusieurs actions de solidarité, qui ont pris une signification particulière du fait qu'elles exprimaient aussi une certaine unité d'action entre des travailleurs cinghalais et les travailleurs tamouls de l'unification du prolétariat du Sri Lanka. Contrairement à ce qu'avait proclamé un député du Tamil United Liberation Front (TULF, Front uni de libération tamoul), qu'aucun travailleur cinghalais ne ferait une seule heure de grève pour un travailleur tamoul, des actions ont été organisées dans toute l'ile le 14 juillet 1982, puis durant une semaine, du 23 au 27 août, par le CMU.

De son côté, le TULF n'a pas tenu un seul meeting de solidarité avec les grévistes ni consenti le moindre soutien financier. En revanche, comme le note le journal du CMU Vanguard, dans son numéro 5 de septembre-octobre 1982, la grève du 14 juillet et les piquets de protestation organisés ce jour-là ont concerné « environ 120 entreprises du secteur public et privé, à Colombo, Ja-ela, Ratmalana, Moratuwa, Galle-Polonnaruwa, Jaffna, etc ». A Paranthan même, les commerçants avaient fermé boutique ce jour-là. Un meeting de 2 000 personnes s'est tenu à Colombo, la capitale, autour du thème : « Une victoire des travailleurs de Paranthan est une victoire de toute la classe ouvrière. »

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