Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

CHINE

Les attendus du jugement de Xu Wenli

Inprecor n° 138, 6 décembre 1982 · p. 33-34 · 821 mots

Chine

Les attendus du jugement de Xu Wenli C'est au mois de juin 1982 que Xu Wenli, arrêté en avril 1981, a été jugé par la Cour populaire municipale de Pékin (cf. Inprecor numéro 132 du 13 septem-

Les chefs d'inculpation portés contre cet ouvrier électricien de 38 ans viennent d'être publiés par une revue de Hong Kong et ont été repris par October Review, publication marxiste révolutionnaire également publiée à Hong Kong. Le comité de rédaction de cette revue lance d'ailleurs un appel international pour la défense de Xu Wenli et des autres prisonniers d'opinion de la République populaire de Chine (RCP). lutionnaire en vue de renverser la dictature démocratique du peuple chinois et le système socialiste ». Toujours selon l'acte d'aceusation officiel, il aurait, avec d'autres accusés, « tenu une réunion durant trois nuits consécutives, du 10 au 12 juin 1980, dans un hôtel de Pékin ». Pendant cette réunion, « l'accusé Xu Wenli a émis des calomnies en expliquant que notre pays de dictature démocratique du peuple était une "dictature du parti unique", et a cherché à former une organisation contrecommunistes chinois" et à lancer action nationale", de style "insurrectionnel", pour briser la "dictature du parti unique" à l'aide de ce parti prolétarien nouvellement formé. considération que "les conditions n'étaient pas mûres et qu'une préparation idéologique et organisationnelle était d'abord nécessaire"».

Ils sont aussi accusés d'avoir publié une revue, Correspondance et Etudes (qui a succédé à la Tribune du 5 avril fondée en 1978) et dont Xu Wenli était l'animateur, chacun des accusés étant de la diffusion de cette publication pour une province. Xu Wenli, « responsable pour Pékin, était coordinateur, chargé de la correction des manuscrits, de la couverture et des illustrations. En même temps, des méthodes et des moyens d'action contre-révolutionnaires étaient employés pour corrompre l'opinion publique, tenter le peuple et recruter des complices. De juillet 1980 à février 1982, six numéros de Correspondance et Etudes ont été publiés et chaque numéro distribué à plusieurs centaines d'exemplaires dans 18 capitales provinciales du pays. Ils y accusent ouvertement notre pays socialiste d'être "'un capitalisme d'Etat sous la dictature d'une dictature bude privilégiés", "cela conduira inévitablement à une seconde révolution"».

Toujours selon l'acte d'accusation, Xu Wenli a levé la bannière de la « construction démocratique du pays et de l'unification pacifique du pays». De l'hiver 1980 au printemps 1981, il « s'est associé avec Liu-E-an, Sun Weinbang, etc., pour bâtir une organisation clandestine : "l'Association pour la promotion de la démocratie et de l'unification en Chine". L'accusé Xu Wenli a rédigé un "programcontre-révolutionnaire et décidé d'envoyer des gens à Hong Kong pour collaborer avec des éléments anti-chinois et anticommunistes. Il a personnellement écrit des lettres à des éléments anti-chinois et anticommunistes pour comploter sur la tactique et le plan opérationnel de l'Association pour la promotion de la démocratie et de l'unification en Chine. Il projetait d'établir "le centre de cette organisation à Hong Kong, qui aurait compris "quatre divisions : la Chine continen-

Hong Kong, Taïwan et l'outremer" et des "branches devaient être mises en place dans d'autres régions". Il voulait faire de cette organisation une "entité po-

"par la force", contraindrait le Parti communiste à faire des conces-

; organiser un "gouvernement pro visoire" "faire un référendum" et "former un nouveau gouvernement"».

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Les « crimes » commis par Xu Wenli et ses « complices » ayant été « confirmés par des faits clairs et évidents, de vraies preuves basées sur des témoignages, des déclarations de complices dans le même cas, la possession de matériel technique (1) qui a été saisi », citons les « crimes » commis par les accusés :

* L'accusé Xu Wenli a même effectué un prétendu sondage d'opinion, a fait des discours, écrit des articles, affiché et distribué des tracts, déformé les faits, confondu le vrai et le faux, excité les masses, s'est opposé aux justes verdicts des institutions judiciaires contre des éléments contre-révolutionnaires et au traitement correct de criminels ayant enfreint les lois. Il a même envoyé des articles calomniant les institutions judiciaires à des journalistes étrangers, à des ambassades étrangères en Chine, et les a répandus au-delà des mers par courrier ou porteur, il a en conséquence semé la confusion dans l'opinion publique, troublé l'entendement des gens et fourni des prétextes à des attaques et des calomnies sur la Chine de la part de forces anti-chinoises et anticommunistes. » Bref, il a « ouvertement appelé à une réforme du système social chi-

N'était-ce donc pas suffisant pour le condamner à 12 ans d'emprisonnement et à 3 ans de privation de ses droits civiques ?

1. Il s'agit de matériel de ronéotypie, d'endifférentes publiées à Hong Kong (environ 170 numéros en tout), de plusieurs livres publiés à Hong Kong, d'un recueil de publications clandestines chinoises publié à Talwan, d'une copie des discours de Wang Xizhe (auteur d'un célèbre dazibao sur la « légalité socialiste »), de cahiers de notes et de cas-

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