Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ZIMBABWE

Une nouvelle étape de la crise du nationalisme

· Inprecor n° 139, 20 décembre 1982 · p. 28-30 · 3 183 mots

Afrique australe Syndicalisme Grande-Bretagne

dans la crise du nationalisme

La marche de la ZANU vers le parti unique et l'attitude du gouvernement de Mugabe envers les travailleurs

ZIMBABWE

PRES les accords néo-coloniaux adoptés lors de la confé-

A 1980 (), des tectons se, ele parti patent - rat

1980 (1), des élections auxquelles participaient les organisations nationalistes qui jusque-là menaient la lutte armée, la ZANU-PF de Robert Mugabe et la ZAPU de Joshua

Nkomo (voir encadré), se sont déroulées au Zimbabwe en février 1980. Leurs résultats largement favorables à la ZANU-PF de Robert Mugabe ont permis à ce dernier de se hisser à la tête de l'Etat indépendant du Zimbabwe.

Mais menant une politique visant à se fondre dans le cadre de l'Etat colonial et à éviter toute mobilisation mettant en cause les intérêts impérialistes et ceux des colons blancs dans ce pays, le gouvernement de Robert Mugabe suscita la désillusion. La fusion, notamment des forces armées de guérilla et de l'armée coloniale rhodésienne, dans un même creuset, se heurta à de nombreux problèmes.

Tout cela attisa les divisions entre les deux principales formations nationalistes et leurs branches armées respectives, la

ZIPRA et la ZANLA. Dès le début 1981, de sérieux affrontements, consécutifs à l'éviction de Joshua Nkomo de son poste

Perry FREEMAN

A la fin de l'année 1981, le Premier ministre et dirigeant de la ZANU-PF, Robert Mugabe, semblait avoir réussi à imposer une certaine stabilisation d'un pays pourtant déchiré par plusieurs années de guerre de libération nationale. Le parti de

Mugabe, la ZANU-PF, proclamait certes à grands cris sa préférence pour l'instauration d'un système de parti unique, mais cet objectif était annoncé comme devant être atteint au travers de discussions avec l'autre principale formation nationaliste, la ZAPU de Joshua Nkomo. A cette époque, il n'etait pas du tout question que ce systeme de parti unique soit impose contre les vœux de la ZAPU, et Joshua Nkomo lui-même semblait répondre favorablement aux ouvertures de Robert Mugabe. Le problème fondamental auquel le gouvernement devait faire face dans le domaine de la sécurité, à savoir l'intégration au sein d'une seule et unique force armée de la ZANLA, de la ZIPRA et des ex-unités rhodésiennes blanches (voir encadré), semblait même être en voie de se résoudre sans encombre. On n'avait plus alors assisté à la répétition des combats entre les différentes fractions nationalistes qui avaient fait de nombreuses victimes en décembre 1980 et février 1981.

LA RUPTURE DE L'ALLIANCE

GOUVERNEMENTALE

Mais soudain, au début de l'année

1982, le gouvernement annonçait la découverte de caches d'armes appartenant

Un nouvelle étape

vernement de Robert Mugabe créa, le parti unique. (2) » dans ce domaine. à la ZAPU dans divers points du pays, et tout particulièrement autour de wayo, au coeur du Matabeleland, région d'où Nkomo tire traditionnellement la majeure partie de son influence. Mugabe accusa alors Nkomo de comploter contre le gouvernement, affirmant même qu'il avait constitué ces caches « afin de déclencher une guerre pour renverser le gouvernement légitime composé en majorité de membres de la ZANU ». Nkomo, alors ministre sans portefeuille dans le vernement de Mugabe, ainsi que trois autres ministres de la ZAPU, étaient voyés du gouvernement de coalition, la mi-février. Au mois de mars 1982, le général Lookout Mafela Masuku, commandant adjoint de l'actuelle armée du Zimbabwe, et le général en retraite Dumise Dabengwa, ancien chef des services de renseignement de la ZIPRA de Nkomo, tous deux membres influents de la ZAPU, étaient jetés en prison sans jugement, er compagnie d'autres parti. Le gouvernement adopta alors une attitude franchement hostile à la ZAPU.

Pratiquement au même moment, la situation commença à se dégrader dans le Matabeleland: Une vague soudaine d'attaques contre des véhicules gouvernementaux, ferlé sur la région. Les désertions de l'armée se sont multipliées. Pour venir à bout de la situation, le gouvernement a lancé de vastes opérations de sécurité dans cette région. Celles-ci s'accompagnèrent de perquisitions maison par maison, de barrages de routes dans Bulawayo et de véritables de ministre de l'Intérieur, faisaient des centaines de morts dans la région de Bulawayo. A cette époque, Joshua Nkomo intervint comme un élément modérateur pour rétablir le calme dans son fief du Matabeleland. Le gouvernement de Robert Mugabe n'hésita pas à envoyer contre les protestataires des régiments commandés par des Blanes. Après cet épisode sanglant, le gouà la fin de l'année 1981, une force militaire essentiellement composée de ses partisans et entraînée par des Nord-Coréens, la « cinquième brigade ».

Ainsi se profilaient les conditions d'une division encore plus grande entre les formations nationalistes. A l'époque, Nkomo affirmait, à propos de cette « cinquième brigade » : « C'est l'armée de la ZANU-PF. Elle servira a imposer, le cas échéant,

Derrière la division des formations nationalistes et leurs affrontements sanglants, derrière la rupture de l'alliance gouvernementale et la marche vers un système de parti unique, c'est tout le problème de l'attitude des directions nationalistes par rapport au mouvement de masse qui est posé.

L'article que nous publions ci-après tire un premier bilan opérations anti-guérilla dans les zones ru-

La rupture de l'alliance entre la ZA-

NU-PF et la ZAPU doit être perçue comme un changement délibéré de politique de la part de Robert Mugabe, et non pas comme le simple résultat de la « découverte » accidentelle d'un complot. Il est hors de doute que toutes les fractions nationalistes impliquées dans la guerre du

Zimbabwe ont caché des armes une fois le conflit terminé, en « prévision » de l'avenir. La ZAPU, en particulier, voulait

: défendre contre une dissolution prévisible imposée par une ZANU-

PF supérieure en nombre. De plus, une bonne part de ces armes étaient destinées et avaient déjà été vendues à l'African

National Congress (ANC, Congrès national africain) d'Afrique du Sud - avec lequel la ZAPU a des liens étroits — pour ses opérations de guérilla contre le régime raciste sud-africain.

1. La conférence de Lancaster House s'est ouverte le 10 septembre 1979 sous l'égide du des Affaires étrangères, ministre britannique

Lord Carrington, et en présence des délégations nationalistes, des représentants du régime raciste rhodésien de lan Smith (le Zimbabwe s'appelant Rhodésie avant l'indépendance), et délégués des pays de la « ligne de front ». le regroupement des pays africains les plus directement engagés dans ce conflit armé au cœur de l'Afrique

Les accords alors adoptés australe.

prévoyaient un processus électoral conduisant à une Assemblée nationale où seraient représentées la ZANU et la ZAPU, mais garantissant 20% des sièges à la minorité blanche et le maintien des intérêts économiques des colons et de l'impérialisme.

2. Le Monde du 30 décembre 1981.

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Donc, l'existence de caches d'armes constituées par la ZAPU n'indique pas nécessairement l'existence d'un complot contre le gouvernement. Il est vraisemblable que le gouvernement de Robert Mugabe connaissait d'ailleurs l'existence de ces caches d'armes depuis fort longtemps. Leur « découverte » reflète décision de la ZANU-PF d'abandonner la stratégie d'unification avec la ZAPU par le moyen de la persuasion, au profit de la création d'un système de parti unique sur la base de l'écrasement de son rival. Cette approche présentait de grands avantages pour la ZANU-PF, dont celui de pouvoir, par exemple, écraser les éléments les plus radicaux de la ZAPU.

La perte du contrôle gouvernemental sur le Matabeleland n'est que partiellement lié à l'effondrement de la coalition entre les deux forces nationalistes. Aucune preuve n'existe d'un complot de la ZAPU visant à déstabiliser le gouvernement, et Nkomo lui-même a fréquemment dénoncé les « dissidents » (nom dont sont affublés les bandits du Matabeleland par le gouvernement). Mais il est clair également que nombre de ces « dissidents » sont d'anciens combattants de la ZIPRA qui ont le sentiment que le gouvernement n'a rien fait pour eux et qu'il ne les représente pas. Et beaucoup de paysans dans le Matabeleland sont prêts à leur donner refuge, parce qu'ils partagent l'hostilité des « dissidents » envers le gouvernement. Nombre de « dissidents » ont également des raisons matérielles d'être mécontents. Deux années après la fin de la guerre, beaucoup d'entre eux se trouvent sans

« travail » et certains n'ont pas reçu leur pension de démobilisation depuis dix ou onze mois. L'emploi par le gouvernement de méthodes punitives contre des communautés qui refusent de fournir des renseignements sur les « dissidents » ont aussi certainement eu pour effet d'accroître le mécontentement.

MUGABE FACE A L'HERITAGE

COLONIAL Comment donc le gouvernement de Mugabe en est-il arrivé à se trouver dans une telle situation? Il faut, pour répondre à cette question, rechercher l'origine des problèmes actuels du Zimbabwe dans les circonstances de la venue au pouvoir de la ZANU-PF. Devant la pression combinée de l'impérialisme et des Etats africains de la « ligne de front » fatigués par la guerre - tout particulièrement la Zambie et le Mozambique —, les nationalistes du Zimbabwe ont dû accepter l'indépendance dans le cadre fixé par l'accord de Lancaster House. Descendant en droite ligne des propositions anglo-américaines antérieures, cet accord fut l'enfant chéri du ministre britannique des Affaires étrangères, Lord Carrington. Il garantissait l'accès au pouvoir de la majorité noire au prix d'un risque minime pour les intérêts impérialistes, et sans réelle transformation sociale du pays. Cet accord fournissait des garanties constitutionnelles au maintien de la propriété privée, alors que dans les rares cas où les nationalisations de propriétés terriennes par l'Etat étaient envisagées, l'indemnisation des propriétaires était rendue obligatoire. Etant donné que l'impérialisme utiliserait son poids économique dans le pays pour empêcher toute atteinte aux termes de l'accord dans ce domaine, cela constituait un puissant moyen de surveillance et de dissuasion contre toute tentative de nationalisation de l'industrie ou de l'agriculture. Les structures de l'Etat colonial bourgeois étaient maintenues, l'accord de Lancaster House précisant bien que les fonctionnaires de Ian Smith et de l'évêque Muzorewa (3) conserveraient leur emploi et leurs pensions, et qu'ils dépendraient directement d'une commission de fonctionnaires, afin de prévenir toute « ingérence » politique dans l'administration.

L'« indépendance » de la justice allait être maintenue puisque les juges à la solde de Smith restaient en place. Les combattants de la guérilla membres de la ZANLA et de la ZIPRA devaient être intégrés avec les ex-forces rhodésiennes dans une « armée nationale » apolitique.

Deux années plus tard, malgré un tel carcan, le gouvernement Mugabe a sans aucun doute pu mener à bien un nombre important de réformes sociales et économiques qui lui ont donné une large popularité. Un salaire minimum pour toutes les catégories de travailleurs a été imposé. La gratuité des soins a été accordée aux bas salaires, tandis qu'étaient améliorés les services sociaux dans les campagnes. L'éducation primaire est devenue gratuite et le nombre d'élèves du primaire et du secondaire s'est accru très sensiblement. Le gouvernement a soutenu des campagnes contre le racisme dans les entreprises. On a considérablement accéléré la promotion des Noirs dans les ministères. Une aide matérielle a été apportée aux coopé ratives, bien qu'elles soient en petit nombre. Les terres en friche ou abandonnées des fermes appartenant aux Blancs ont été rachetées pour les paysans. Mais, à un niveau plus fondamental, les vœux de l'accord de Lancaster House ont été exaucés. La mainmise de l'impérialisme sur l'industrie et la banque demeure. Les immenses exploitations agricoles des Blancs restent Premier anniversaire de l'indépendance du Zimbabwe. (DR) intactes et leur existence n'est pas remise en question. Les structures de l'administration sont les mêmes qu'à l'époque de Ian Smith, malgré le changement de personnel (et, dans nombre de cas, le personnel n'a même pas changé). L'intégration des forces armées a progressé et la structure de l'ancienne armée rhodésienne a absorbé celle des armées de la guérilla.

LES LIMITES DU NATIONALISME

PETIT-BOURGEOIS Comment se fait-il que la ZANU-PF n'ait pas pu fournir de solution révolutionnaire à ces problèmes fondamentaux ? Il faut surtout chercher une réponse dans la nature même de la ZANU-PF. Malgré pas mal de verbiage socialiste, elle n'a jamais développé d'analyse permettant de résoudre la question de l'Etat colonial et du capital impérialiste. Ce manque d'analyse révolutionnaire est en gran-

3. Ian Smith, qui a procédé à la déclaration unilatérale d'indépendance contre la Grande-Bretagne, avait constitué, en 1978, un gouvernement comprenant des dirigeants noirs opposés à la guérilla. L'évéque Muzorewa avait accepté de participer a ce gouvernement, qui fut mis en place selon les termes d'un « Réglement interne » visant à exclure les nationalistes armés et à maintenir de fait le pouvoir de la minorité blanche.

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de partie dû à la pratique totalement anti-démocratique poursuivie par les directions nationalistes tout au long de la lutte de libération nationale. Celles-ci ont toujours placé le maintien de leur contrôle sur les masses au premier plan, et ont liquidé physiquement ou fait emprisonner nombre de militants de courants de gauche, dans la ZANU-PF comme dans la ZAPU. Une fois au pouvoir, la ZANU-PF s'est de plus en plus adaptée à la tâche de gestion de l'économie capitaliste. Dans un récent discours, Robert Mugabe a laissé entendre que bien que le Zimbabwe soit un pays socialiste, il ne serait pas nécesMobilisation de soutien à la ZANU-PF de Robert Mugabe. (DR) saire de nationaliser la moindre industrie et qu'il ne saurait y avoir de conflit avec les intérêts de la « communauté des affai. res ».

En résumé, la direction de la ZANU-PF n'a jamais dépassé, en pratique, les limites du nationalisme petit-bourgeois. Alors qu'il était correct d'apporter un soutien inconditionnel à la ZANU-PF et à la ZAPU dans leur lutte contre le régime de Smith, nous ne devons plus avoir d'illusions quant à la nature non révolutionnaire de ces directions.

Mais les critiques de gauche du gouvernement LANU-PF ont à répondre à une objection importante quant à l'appré ciation qu'ils portent sur les actions du ré. gime. On peut leur demander quelle alternative existait. N'ayant eu d'autre choix que d'accepter l'accord de Lancaster House, et étant donné que toute tentative de rompre cet accord aurait conduit à une confrontation de grande envergure avec l'impérialisme. Dans une situation aussi peu favorable, la ZANU-PF pouvait-elle agir différemment ? Une stratégie plus radicale pouwait-elle être adoptée ?

Nous répondrons par l'affirmative. Même dans le cadre de la situation qui a prévalu après la conférence de Lancaster House, il y avait moyen d'étendre la mobilisation révolutionnaire. Ce n'est pas cette voie que le gouvernement a suivie. Au cours de la lutte armée pour des élections libres et démocratiques pour la majorité noire, de puissantes organisations de base se sont développées dans le Zimbabwe rural. Dans la plupart des régions, des comités élus du parti ont assuré le contrôle réel de l'administration au niveau local, prenant totalement en charge fonctions de l'administration raciste du régime. Ils ont mobilisé les travailleurs saisonniers pour qu'ils apportent leur soutien au mouvement nationaliste. Cette mobilisation qui, de par sa nature-même était liée à la lutte pour l'amélioration des conditions sociales des masses, de même qu'au renversement de l'ordre blanc, aurait pu constituer la base d'une mobilisation anti-impérialiste. Mais loin de s'engager sur un tel chemin, la direction nationaliste, obéissant à la logique des accords de Lancaster House, démobilisait le mouvement de masse et remettait bientôt en place l'administration héritée de l'ancien régime, et qui venait d'être chassée des zones rurales.

LE GOUVERNEMENT

MUGABE FACE AUX TRAVAILLEURS La nature du processus en cours au Zimbabwe peut être clairement perçue par la façon dont le gouvernement de Mugabe a réagi face à l'auto-organisation des

Quand une vague de grèves contre les pratiques racistes des directions d'entreprises et contre les bas salaires a éclaté après l'indépendance, la direction de la ZANU-PF a immédiatement répondu en lançant des appels à la reprise du travail. Le ministre de la Sécurité sociale et du travail, Kumbirai Kangai, a fait le premier d'une série de discours en mettant l'accent sur le fait que « le pays » n'avait pas « les moyens » de s'offrir des grèves. En décembre 1981, le gouvernement a utilisé la police contre des enseignants et des infirmières en grève, et a fait licencier les

4. « Il ne peut y avoir aucune pitié pour eux », avait déclaré alors le ministre du Travail du Zimbabwe, cf. Inprecor numéro 122 du E

5. Dans une interview publiée en janvier 1981 à Paris par l'organe économique spécialisé le Moniteur du commerce international, le ministre de la Planification économique et du développement du Zimbabwe, Bernard Chidzero, définissait ainsi l'orientation économique de organisateurs du mouvement. En mars 1981, quand les chauffeurs d'autobus employés par une compagnie publique financée par d'importants capitaux britanniques se sont mis en grève, le gouvernement a fait arrêter un millier de travailleurs et a accordé son soutien à la mise-àpied de 1 800 autres (4).

Un bureau national syndical a été ouvert, non pas à la suite de discussions démocratiques entre les travailleurs, mais à la suite d'une réunion de syndicalistes triés sur le volet, et sous la présidence du ministre du Travail. Le gouvernement a parrainé la mise sur pied de comités de travailleurs dans les usines et sur les lieux de travail, qui peuvent être un point important pour les organisations ouvrières, mais qui ont été averties de ne pas s'intéresser, de près ou de loin, à tout ce qui touche aux salaires. Qui plus est, ces comités n'ont aucun lien les uns avec les au-

Sur la question de la terre, le gouvernement n'a apporté qu'un faible soutien aux nombreux paysans qui occupent les grands domaines agricoles des Blancs. Seule une terre qui est en friche ou qui a été abandonnée peut être reprise officiellement par les paysans, sans compter que ces derniers doivent racheter les terres ou verser une compensation au propriétaire qui est rarement exproprié. Le programme agraire, quoi qu'il en soit, se déroule très lentement, et le mode de réinstallation des paysans est celui de la petite exploitation individuelle.

Alors que la plupart des réformes dans les domaines de la santé et de l'éducation ont amené des améliorations plus que bienvenues dans la vie de la masse de la population, elles ont été administrées par le biais des structures administratives d'une façon qui a sapé l'initiative et l'auto-organisation locales. Le gouvernement essaie de mettre sur pied une sorte de système d'aide sociale de type social-démocrate qu'il n'a pas les moyens de maintenir, par manque de ressources économiques (5). Quoi qu'il en soit, une transformation en profondeur des conditions sociales nécessite une politisation et une activité des masses. Elle ne peut être

La défaite du régime Smith-Muzorewa a constitué une immense victoire historique pour le peuple du Zimbabwe. Mais elle n'a pas intraîné le renversement révolutionnaire de la domination impérialiste. Pour les masses du Zimbabwe, cela reste la tâche de l'avenir.

Perry FREEMAN Londres, septembre 1982. son gouvernement : « Nous sommes décidés à établir ce que nous avons appelé une économie socialiste fondée sur une économie mixte ... En même temps, le gouvernement pense qu'il doit y avoir un espace pour l'initiative individuelle, donc pour l'entreprise privée, qu'il s'agisse de l'activité manufacturière, minière ou agricole. Nous n'avons pas l'intention d'intervenir dans l'activité des mines ... Je sais qu'il y a différentes formes de socialisme, et je ne sais pas à quelle forme nous aboutirons. »

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