Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER UNION SOVIETIQUE

Voyage au centre de la dissidence

· Inprecor n° 139, 20 décembre 1982 · p. 11-14 · 3 578 mots

URSS et Russie Stalinisme

L'après Brejnev va-t-il connaître une relance de l'opposition démocratique

'ACCESSION au pouvoir de Youri Andropov ponctuerait-elle un double décès celui, bien réel.

/ Ilitch Brejnev ; celui, symbolique, de la dissidence ? Nul doute que l'ère Brejnev, durant laquelle Andropov a officié comme patron du KGB (1), puisse se targuer, dans les futurs manuels officiels, d'un bilan globalement positif : celui de la répression. Celle-ci a été la plus massive et la plus brutale qu'ait connu la période post-stalinienne, les formes organisées de la dissidence (2) attesterait de sa redoutable efficacité.

De là à tirer un bilan posthume de la dissidence, à faire de l'histoire de l'opposition une histoire de sa répression, la tentative est forte et apparaît logique ... Cependant, si le problème est de comprendre la relative (et temporaire) efficacité de la répression, s'il est de cerner la nature du phénomène dissident, rien n'est plus erroné qu'une telle démarche.

L'histoire de la répression enseigne que si celle-ci peut être efficace, ce n'est pas seulement parce qu'elle enferme les opposants en camp ou en hôpital psychiatrique, mais aussi parce qu'elle influe sur leurs positions, parce qu'elle agit comme un facteur de détermination de leurs orientations. En bref, sa réussite est d'avoir, pour un temps, isolé les opposants, physiquement mais aussi politiquement, du rest

C'est précisément le XXe Congrès qui marquera l'acte de naissance de cette opposition : si elle élargit la critique du culte de la personnalité à une critique du stalinisme, elle restera néanmoins très marquée par cette origine et par la problématique du congrès lui-même.

Pour l'essentiel, à cette époque, les opposants, d'obédience marxiste, prennent le khrouchtehévisme pour support :

le pouvoir est rarement attaqué de front, les fondements du régime ne sont guère remis en cause. Leur problématique initiale - comment concilier marxisme et humanisme - débouchera rapidement sur le problème des libertés démocratiques, mais jamais ces remises en cause, nées du

XXe Congrès, répercutées et élargies par une grande partie de l'intelligentsia, porteront sur le problème des rapports économiques et sociaux, pourtant aussi issus du stalinisme. Le thème du

Goulag (4) devient dominant dans la vie sociale, et les mémoires, les récits de ceux qui reviennent des camps, donnant naisà une autre mémoire historique, vont fournir un ersatz de critère politique et moral que le stalinisme avait fait disparaître. Sans doute est-ce cela qui explique que la revendication initiale porte sur l'assouplissement de la censure. Pour les opla littérature joue un rôle fondamental de moyen d'expression politique, qui nulle part ailleurs ne leur est

En définitive, ce courant de dégel demandait la possibilité de rendre publies tous les « méfaits » du stalinisme, bien plus que des organes politiques visant à de Leonid société soviétique, processus que le et le laminage de toutes

Get parfois là où on l'attend le moins ... e de la société. Congrès.

Men permanence les libertés démocratiques. même limitées à une demande de garanties, de telles revendications avaient une logique, une dynamique inacceptables pour la bureaucratie. Celle-ci a très vite perçu qu'interroger le passé débouchait immanquablement une remise en cause de ses pratiques actuelles, de même que les revendications démocratiques débouchaient directement sur une remise en cause de son monopole idéologique et politique, condition de sa

DE LA VOLONTÉ DE REFORME

A LA DÉMARCHE JURIDIQUE Le verrouillage social que la bureaucratie va progressivement opérer (destitution de Khrouchtchev, fermeture des journaux libéraux officiels, menaces contre les « libéraux » assez efficaces pour les

1. KGB : Komitet Gossoudarstvennoi BeMinistrov (Comité de sécurité de l'Etat auprès du Conseil des ministres), service de contre-espionnage.

2. Du moins celles qui étaient connues de l'Ouest, c'est-à-dire essentiellement les différents comités de défense des droits de l'homme, les embryons de syndicats libres, la Commission d'étude de l'utilisation de la psychiatrie à des fins politiques, le mouvement « féministe » de samizdat, telle la revue Poishi ...

A cet égard, le phénomène oppositionnel est abordé, dans cet article, sous un angle géné-

"dissident » : des composantes nationales et/ou religieuses de à la bureaucratie stalinienne ?

L'histoire de l'opposition, elle, nous enseigne que le « phénomène dissident » ne réside pas dans un nombre variable et limité (3) d'individus porteurs d'une conscience radicalisée (ce qui le rendrait facile à éliminer), mais dans le fait qu'il est le reflet de processus sociaux réels et profonds à l'œuvre dans la dégel post-stalinien a révélé. A ce titre, il ne peut être durablement écrasé et les événements depuis le XXe Congrès du Parti communiste d'Union soviétique (PCUS), en 1956, l'attestent : malgré la répression, l'opposition, quelles que soient ses formes, ressurgit toujours,

Cependant, le visage qu'elle donne à voir aujourd'hui, les problèmes de survie auxquels elle se trouve confrontée méritent d'être étudiés. Pour comprendre l'impasse dans laquelle est arrivé le mouvement des droits de l'homme en URSS sous le brejnévisme, pour tenter de cerner les aspects qu'une nouvelle opposition est susceptible de présenter sous l'« andropovisme », il semble nécessaire de remonter à ses origines, de retracer son évolution. Dans toutes ses phases, la lutte de ces op posants a montré que leur histoire est essentiellement celle de leur rapport avec le pouvoir — et non avec les masses →, et surtout celle des immenses illusions nées avec le XXe faire rentrer dans le giron du pouvoir), la nouvelle ère d'arrestations et de procès qu'elle va inaugurer, vont, au fur et à mesure de leurs étapes, entamer les illusions nées du XXe Congrès. La seconde moitié des années 1960 verra une rupture progressive, au sein de l'opposition, avec l'idée de la possibilité de réformer le parti, de mener une lutte à l'intérieur des institutions, par des canaux officiels.

Sans qu'aucun bilan théorique n'ait jamais été tiré de cette démarche « réfor miste », c'est de cette évolution qu'est né le mouvement de défense des droits de l'homme. Avec le recul, sa naissance apparaît plus comme un déplacement tactique que comme une rupture de la problématique oppositionnelle. On y retrouve les mêmes caractéristiques de fond : l'interlo cuteur est toujours le pouvoir et non les masses ; l'arme préférée, la « publicité »,

« légalité » ; les libertés démocratiques doivent toujours être octroyées,

Popposition n'est pas abordé, de même que certaines manifestations sein de la classe ouvrière (grèves.

absentéisme, alcoolisme, etc.)

qui, elles, apparaissent plus comme des sympmanifestations d'opposition et de remise en cause politique véri-

3. Si l'on veut citer un chiffre, on peut prendre comme indicateur celui de la répression :

sur les deux millions de détenus que compterait apparaissent comme des « politiques », dont le membres de sectes religieuses non officielles.

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mais désormais grâce à une pression extérieure. On voit, sous l'effet du slogan unique « Respectez la Constitution /», le « légalisme oppositionnel » des années 1960 se transformer en « constitutionnalisme » au cours des années 1970. Les opposants ne cherchent plus à amender le régime, ils réclament l'application intégrale de la loi et considèrent, à cet égard, qu'ils représentent la légalité contre un adversaire qui substitue l'idéologie au droit.

Cette orientation, déterminée en dernière analyse par la répression, marque une réduction sensible de la problématique oppositionnelle née du XXe Congrès : le terrain politique, idéologique est abandonné au profit du seul terrain juridique. Pour le mouvement, désormais, la lutte doit se limiter à la dénonciation des exactions, des violations par le pouvoir, de ses propres lois. Les faits eux-mêmes sont révélateurs : les groupes de défense des droits de l'homme déclarent n'avoir en vue aucune activité politique, ne posséder ni programme ni statuts, ni structure organisationnelle. Ils affirment au départ vouloir « prêter concours aux autorités pour la création et l'application de garanties des droits de l'homme ».

Cependant, la « problématique des droits de l'homme », de la dissidence, restera marquée avant tout dans son histoire par un processus d'autonomisation croissant, par une déconnection d'avec le reste de la société. Différents facteurs peuvent expliquer qu'elle ait perdu peu à peu le soutien passif dont elle pouvait bénéficier au cours des années 1960. Tout d'abord, ce mouvement, qui se donnait pour vocation de défendre tous ceux qui étaient victimes des exactions du pouvoir (que ce soit dans le domaine économique, politique ou religieux) a été, sous les coups de la répression, contraint à l'autodéfense. Mais surtout, la « professionnalisation » du dissident, l'aspect pernicieux de formes répressives telles que le licenciement (et a fortiori l'exil et la perte de la nationalité) ont conduit à une désinsertion sociale du mouvement dans son ensemble, ce qui, en retour, ne pouvait que trouver un reflet dans ses orientations. Ces différents phénomènes — déterminés par la répression - ont donné lieu à une radicalisation (dans le mauvais sens du terme), à un durcissement, qui s'exprimait chez certains courants par une sorte de « satanisation » du pouvoir, perception qu'incontestablement les masses ne partageaient pas. Jusqu'au milieu des années 1970, la période brejnévienne reste celle d'une amélioration indéniable du niveau de vie. Enfin, un dernier fac teur, qui lui ne relève pas de la répression,

Défilé militaire d'anniversaire de la révolution de 1917. (DR) a contribué à aggraver ce phénomène de désinsertion sociale. Le coup de fouet donné au mouvement des droits de l'homme par la signature des Accords d'Helsinki, en août 1975, a signifié implicitement que les conquêtes dépendaient essentiellement, pour ne dire exclusivement, de l'Ouest, celuici étant censé jouer le rôle du pôle extérieur pour faire pression sur les autorités soviétiques.

La fin des années 1970 verra, cependant, avec l'émergence d'un embryon de mouvement démocratique, un nouveau moment de la problématique dissidente. Le terme semble en effet plus adéquat que celui de mouvement de défense des droits de l'homme, pour exprimer la différenciation des activités qui commencent à s'opérer au sein de la dissidence. L'évolution que marquait le dévelop pement de tendances associatives telles que le SMOT (5), l'Almanach : Femmes et Russie, le Comité de défense des invalides ... ont rendu encore plus néces-

5. SMOT : initiales russes de l'Union interprofessionnelle libre des travailleurs, syndicat indépendant créé à Moscou en octobre 1978.

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saire la répression. Tout d'abord parce que ces tendances n'avaient plus pour objet une « vague » défense des droits de l'homme, mais la défense concrète de catégories de faisaient donc apparaître des revendications également plus concrètes, susceptibles d'éveiller un intérêt plus étendu. Enfin et surtout, parce que consciente ou non, leur logique était celle de l'organisation - porteuse d'une alternative politique - d'une alternative de société.

Ainsi, l'évolution qu'a subi l'opposition, la situation à laquelle elle se trouve confrontée aujourd'hui, les aspects spécifiques qu'elle montre pousse à s'interroger : comment comprendre le type de discours qu'elle véhicule, et d'où aucune alternative politique ne semble se dégager, comment expliquer sa marginalité, le fait qu'aucun lien, aucune jonction ne puissent être matérialisés entre ces intellectuels opposants une contestation sociale larvée plus générale (notamment au sein de la classe ouvrière) ? Ces questions apparaissent comme fondamentales si l'on veut éviter toute conception policiè. re de l'histoire : la répression seule reste impuissante à expliquer le laminage de la dissidence traditionnelle, connu au cours de la dernière décennie.

LES RAISONS

DE LA MARGINALITE DE LA « DISSIDENCE » Evoquer le poids spécifique du stalinisme au sein de la société soviétique peut sembler relever du lieu commun, cependant, c'est bien là que se situent les fondements de la relative stabilité du régime. Ce « passé qui pèse lourd » se traduit par deux phénomènes fondamentaux qui, à leur tour, peuvent expliquer les « faiblesses » internes de la dissidence.

La non-remise en cause de l'équation « URSS égale socialisme », l'absence d'alternative et de cadre de référence idéologique qu'elle implique, apparaissent à la base de phénomènes politiques et sociaux spécifiques. Le dévoiement absolu du langage politique que le stalinisme a institué symbolise cet état de fait. C'est ainsi faut comprendre non-conformistes l'essor de la religion, les discours « métaphysiques » de nombreux dissidents, le primat de la morale sur la politique (qui a un fondement des plus objectifs: comproblème du Goulag en termes éthiques ?). Ils appamodes d'expression Aujourd'hui, la religion sensiblement comme une voie de radicalisation pour la jeunesse, quitte à être relativisée par la suite. Une telle compréhension de ces phénomènes implique de ne pas rejeter a priori de tels courants, qui seraient qualifiés, en société capitaliste, de réactionnaires ou d'apolitiques, et implique également de les approcher avec d'autres critères. De même qu'on a appris, par rapport à la bureaucratie, à dissocier son discours apparent (pseudo marxiste)

de sa nature et de son orientation, il faut, pour la dissidence, faire une différence entre son discours apparent et la dynamique de ses activités. Il faut voir ce qu'il y et a derrière discours oppositionnel latent, saisir sa signification et sa dynamique virtuelles, comprendre le rôle potentiel de ces phénomènes anti-normes qui ne peuvent être intégrés par le pouvoir, car ils débouchent sur des remises en cause plus larges et ils tendent à restituer très vite, dans ces sociétés, la dimension politique du quotidien.

Le problème de l'absence de cadre de référence idéologique se trouve démultiplié au niveau de la dissidence strictement dite. Il souligne deux phénomènes, deux types de réaction au discours « marxiste » de la bureaucratie. L'un d'eux s'exprime par un refus absolu de faire de la politi-

« de faire de l'idéologie », et les manifestations en sont nombreuses, que soit l'aspect « métaphysique » discours, que ce soient les volontairement « apolitiques » du mouvement des droits de l'homme, ou encore le mode de défense au cours des procès, où l'on oppose systématiquement le droit à l'idéologie. L'extrême confusion idéologique qui caractérise pour une grande partie le discours dissident apparaît comme l'autre expression de ce problème ; il relève souvent d'un simple réflexe d'inversion par rapport à l'idéologie officielle et y prend le contre-pied systématique de l'apparente glorification du marxisme, des travailleurs, de 1917, de

Cependant, la dynamique de « idéologie » contestataire, du seul fait qu'elle sorte effectivement des cadres officiels de discussion, qu'elle fournit (par le biais du samizdat) un cadre de débat inexistant ailleurs, qu'elle introduise des du système, entame la croyance généralisée en l'imAlors qu'il concentrait tous les pouvoirs. (DR)

C'est également le manque frontations, comme le montre Petr Uhl, qui favorise les illusions sur le monde occidental et les programmes de régénération morale. « En fait, l'absence de discussion, l'interdiction de confronter ses opinions et de proposer des conceptions conformes aux intérêts des travailleurs créent dans une grande partie de la population un climat propice à l'idéologie de droite. (6) »

Enfin, un autre aspect du poids spécifique du stalinisme en URSS doit être évoqué, car il donne lieu à un phénomène fondamental, qui accuse une très forte avec les démocraties populaires. La répression de masse qu'a connue l'URSS dans les années 1930 et 1940, ses camps et ses millions de morts constituent de façon logique une interrogation, un moment essentiel de la réflexion opposià l'ampleur du phénomène - qui a concerné tout un chacun dissident véhicule pas un homme ni le parti ou les organes répressifs qui peuvent de l'ennemi politique est très sensithéoriques oppositionnelles. Celles-ci montrent qu'il n'y a pas, ou très peu, de conscience de « là où se situe l'ennemi ». C'est pourquoi il semble difficile aujourd'hui encore de parler (tout du moins à partir des informations disponibles) d'une opposition antibureaucratique (consciente) en URSS.

LA FAIBLESSE DU COURANT MARXISTE DISSIDENT L'évocation de tels phénomènes mène à s'interroger sur la faiblesse du courant marxiste dissident et sur perte d'influence très nette qu'il a surapidement quelques à l'origine. Tout d'abord, c'est courant qui a entretenu souvent des illusions sur le pouvoir,

Run exemple le fait qu'il le débat essentiellement dans les termes d'une conciliation entre marxis-

Get humanisme, qu'il n'ait jamais remis en cause, face au stalinisme, le problème des rapports économiques et nul doute joué un rôle important. Enfin notamment la Pologne), les opposants marxistes n'ont pas été interpellés par des d'opposition ouverte au sein de la classe ouvrière.

Ce problème amène à évoquer le grand fondement de la L'atomisation de la société, le sonnement extrême pour ne

Centre la classe ouvrière et les autres couches sociales des faits connus et caractéristiques, et peuvent expliquer en partie qu'il n'y ait pas eu de liens entre l'opposition et la classe ouvrière.

6. « Le socialisme emprisonné », Editions Stock 2/La Brèche, Paris, 1981.

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se qui eux se trouve encore aggravé férents facteurs.

tactique pression : contre les opposants, il utilise les intellectuels existent pour justifier la tout de la classe formation pelons que la révolte ouvrière de Novotcherkass sang, n'a été connue qu'en 1973.

Le problème de l'information paraît done comme un pour maintenir cette poids

Les cloisonnée.

dimensions organisation sont telles et son population dans sa reste, jorité, étrangère réalités aux que celles de sa région.

Enfin, des facteurs dissidence apparaissent à la fois comconséquences d'un tel me causes et phénomène et ont déjà été évoqués.

Ses débats évacuent les problèmes économiques et sociaux, ses activités de défense ont tourné à l'autodéfenénergie s'est concentrée se, son que uniquement

« l'Ouest » sur dernières des années, cours sertion sociale va croissant, etc.

Cette traduit coupure se d'hui par un processus re : si, à partir d'interrogations historiques et culturelles, tellectuelle est devenue ment antistalinienne, il semble qu'on depuis dans la assiste peu, ouvrière, à l'émergence d'une de « stalinisme populaire » sur le mode de :

« A cette époque, il n'y avait pas de hausse des prix et les gens travaillaient... »

LA SITUATION ACTUELLE :

UNE NOUVELLE DONNE

Le tableau ici tracé peut donner que I'« andropovisme » croire assuré d'une relative tranquillité. De

ME d'être prudent sionner en URSS. Le blocage de l'inpropagande du pouvoir porte incontestablement ses fruits (particulièrement ses arguments « alimentaires » pour faire de la

Pologne un bouc émissaire). Si un début de contestation se fait jour à propos de essentiellement apfacteur de société du pays la que grande maautres internes à la presau désinsa aujourcontradictoil'opposition inmajoritaireclasse sorte

Ouvrière soviétique du bâtiment. Que lui proposent les dissidents ? (DR)

baltes et donne davantage lieu à l'expression sentiments peu susceptibles de s'étendre ailleurs.

d'autres pourraient troubler ce qu'on a appelé la stabilité de l'ère éonomique, sensible en URSS depuis la seconde moitié des années 1970, entraîne est visiblement une remise en cause de l'équilibrairie diffusion

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Concernant afghan, il sur les réperseraient censés occasouvent efficace, la des prix) et une il

Afghanistan, émane des

Républiques en mains.

Enfin, privilégiait nationalistes, interlocuteur, qui facteurs

Brejnev. La crise de s'orienter

*** libre savant qui est à l'origine d'un certain consensus au sein de la population et notamment au sein de la classe ouvrière. L'expérience montre que s'il y a un fac teur qui amène les travailleurs à sanctionner le pouvoir, c'est la remise en cause du minimum de garanties considérées comme un dû, comme un acquis, c'est-à-dire un approvisionnement alimentaire minimal (et dans une certaine mesure la stabilité faible productivité du travail, un certain « droit à la paresse » seule concession faite aux travailleurs. Or, la crise économique se traduit notamment par des pénuries de plus en plus fréquentes des produits de base et par des mesures coercitives visant à pallier la faible productivité du travail. Ainsi, l'organisation du travail en brigades doit être généralisée à toute l'industrie d'ici 1985 ; salaires et gratifications dépendent désormais du travail non d'un seul travailleur mais de tous les membres de la brigade. Chacun a donc intérêt à surveiller étroitement le travail de ses collègues.

Dans cette nouvelle conjoncture, les foyers isolés de mécontentement risquent de se multiplier, cependant, un « embrasement à la polonaise », le fait que l'amélioration du niveau de vie ne soit plus octroyée mais fasse l'objet d'une revendication des travailleurs, sont impensables, si l'information n'est pas libérée de son carcan. C'est là que l'on prend conscience de la force potentielle de ces petites revues samizdat qui circulent de mains l'apparition d'une nouvelle génération dans l'opposition (dont il a été rendu compte dans Inprecor numéro 131 du 26 juillet 1982) peut constituer, si elle se développe, un facteur de poids dans cette nouvelle conjoncture socio-économique. Cette nouvelle génération a tiré un bilan critique de la tactique légaliste de la dissidence, qui se prétendait apolitique et le pouvoir comme unique s'est trouvée coupée des masses et dans une situation dépendance quasi totale vis-à-vis de la presse occidentale. Ces oppositionnels qui se situent, eux, dans une perspective de critique socialiste du régime, ont tracé le cadre d'une nouvelle orientation.

Rappelons simplement que ses gran des lignes marquent une volonté affirmée

Men direction des masses, d'élaborer des programmes sociaux concrets, de rassembler les partisans de la démocratie et du socialisme.

Une telle orientation, si elle peut être développée et concrétisée, marquerait la première véritable rupture au sein de la problématique oppositionnelle depuis le XXe Congrès. Elle équivaudrait à une réinsertion sociale et politique de l'opposition dans la vie sociale, susceptible, l'avenir, d'entrer en résonance avec les manifestations de mécontentement que fait naître la crise économique.

Gageons que si I'« andropovisme » inaugure un nouveau type de maladie, ce ne sera pas celle de l'immobilisme.

Vera LILIENSTEIN Décembre 1982.

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