Une lutte exemplaire qui entre dans sa seconde année
Daie de Bombay sont en grève depuis le lundi 18 janvier EUX cent cinquante mille travailleurs de l'industrie tex-
1982. Les ouvriers de sept premières entreprises avaient commencé la grève dès le mois d'octobre 1981. Le nombre de travailleurs concernés et la durée du mouvement en font déjà l'une des plus importantes luttes jamais menées par le Amar JESANI Kunal CHATTOPADHYAY
L'état d'urgence décrété par le gouvernement d'Indira Gandhi le 26 juin 1975 a marqué la volonté de la bourgeoisie indienne de porter un coup décisif aux luttes ouvrières et aux mouvements de masse afin de procéder plus facilement à la restructuration de son industrie. Mais l'état d'urgence a entraîné un rétrécissement de la base sociale du régime, et des contradictions sont apparues entre les secteurs industriel, commercial et agraire du capitalisme indien. De même, la classe ouvrière, malgré tous les efforts de ses diriréformistes, passivement l'austérité. Au cours de la 1976 - début 1977, les luttes ouvrières se développaient rapidement.
Les élections législatives de mars 1977 — qui ont entraîné la chute du gouvernement Gandhi - ont marqué une étape importante dans cette confrontation sociale et politique. D'un côté, l'opposition bourgeoisie, assistée il est vrai par les staliniens et de nombreux groupes d'extrême gauche, a réussi à présenter l'enjeu de ces élections comme l'affrontement entre l'« autoritarisme » (Indira Gandhi) et la « démocratie ». Par ailleurs, le nombre de grèves et de luttes ouvrières n'a cessé de s'accroître au cours de cette période. Dans une telle situation, le nouveau gouvernement d'abord par Morarji Desai du Parti Janata, puis par Charan Singh) n'a pas réussi à faire passer de nouvelles lois attaquant les droits et le niveau de vie des travailleurs, en particulier de la classe ouvrière organisée. Cela a poussé la bourgeoisie indienne à s'unir à nouveau derrière le Parti du Congrès (I) d'Indira Gandhi.
Le Parti du Congrès (I) est revenu au pouvoir le 14 janvier 1980, en même temps que débutait la nouvelle récession économique mondiale. Face aux difficultés économiques croissantes, la bourgeoisie indienne se devait d'accélérer le processus de restructuration industrielle. Tirant les leçons des problèmes suscités par l'état d'urgence (1975-1977), cette politique a été appliquée petit à petit. Une sé-
La grève des ouvriers
du textile de Bombay
pas seulement là rie de lois ont été introduites, qui visent à légaliser la répression : la Loi sur la sécurité nationale (National Security ActNSA) : la Loi sur le maintien des services publies essentiels (Essential Services Maintenance Act - ESMA) ; la Loi sur les régions troublées (Disturbed Zones Act -DZA), etc. Des travailleurs toujours plus nombreux ont perdu leur emploi à la suite de fermetures d'entreprises, de réductions massives du personnel, de licenciements. L'inflation galopante a réduit brutalement le niveau de vie des travailleurs. Les luttes ouvrières ont, mencé à prendre un caractère défensif.
Le gouvernement est intervenu massivement contre les grèves. Cela a été le cas lors de la grève de soixante-dix-huit jours menée par plus de 100 000 travailleurs du secteur public de Bangalore (Etat de Karnataka) et Haiderabad (Etat de l'Andra Pradesh), du personnel roulant des Chemins de fer (de 50 000 à 75 000 ouvriers en grève durant plus de quarante jours), et des employés d'une grande compagnie d'assurances.
UN ENJEU POUR TOUT LE PROLÉTARIAT INDIEN C'est dans ce contexte que la lutte des ouvriers du textile prend toute sa signification. Des changements structurels importants sont en cours dans cette industrie, en particulier à Bombay. Les patrons de cette branche industrielle cherchent à passer de la production de coton à celle de lin et à introduire une nouvelle vague de mécanisation et d'automatisation. Enfin, les vingt plus grands barons du textile essaient de prendre le contrôle des entreprises moins rentables. Le résultat d'une telle restructuration sera inévitable. ment une réduction massive de l'emploi et un accroissement non moins important de la productivité et de la charge de travail de chaque ouvrier.
Une défaite de la grève actuelle laisserait les travailleurs du textile sans défense face à cette offensive patronale. En revanche, la prolongation de la grève au-delà de tout ce qu'avaient pu penser le gouvernement, les patrons, la gauche réformiste et les divers commentateurs libé-
INDE prolétariat indien (1). Mais l'importance de cette grève n'est Afin d'en saisir les implications, il est nécessaire de revenir sur le climat social et politique en vigueur en Inde depuis quelques années. C'est ce que fait l'article ci-après, qui reprend de larges extraits d'un texte de nos camarades indiens. raux, représente un exemple pour des cercles grandissants de travailleurs et de secteurs opprimés (paysans pauvres, prolétariat rural, etc.). Ainsi, une victoire de la grève entraînerait probablement une riposte d'ensemble de la classe ouvrière tant au niveau économique qu'au niveau
La lutte des ouvriers du textile revêt un caractère politique encore plus clair quand on sait que ce secteur a toujours représenté l'avant-garde radicalisée du prolétariat indien depuis sa naissance et a toujours été la cible de toutes les grandes attaques du capital, qui a cherché à en émousser la combativité en imposant, par une série de mesures légales, un syndicat prêt à toutes les concessions, le Rashtriya Mill Mazdoor Sangh (RMMS).
En réaction à cette situation, les travailleurs ont pris de plus en plus l'habitude de créer des comités d'usine pour mener leurs luttes. En 1969, c'est en s'appuyant sur de tels comités qu'ils ont combattu la direction du RMMS. En 1973-1974, ils ont mené une grève de quarante-deux jours contre un accord salarial insatisfaisant signé par le RMMS. En 1976, sous l'état d'urgence, les travailleurs ont néanmoins lutté contre le décret gouvernemental qui limitait les primes à 4%.
La grève actuelle a intégré les leçons essentielles de toutes ces luttes. Les travailleurs ont tout de suite compris que toute tentative légale de faire retirer sa représentativité au RMMS était vouée d'avance à l'échec, alors que, parallèlement, tous les autres syndicats de gauche tendaient à perdre la confiance des travailleurs, du fait de leur légalisme outrancier. C'est pourquoi les travailleurs du textile ont cherché une autre direction. Les ouvriers des sept premières usines qui ont commencé leur grève dès octobre 1981 n'appartenaient à aucun des grands syndicats. A la fin de l'année, Datta Samant apparaissait comme le dirigeant incontesté des ouvriers du textile.
Après le démarrage de cette grève, une série de questions, telles que la parité
1. Cf. Inprecor numéro 137, du 22 novembre 1982
des salaires avec ceux de l'industrie métallurgique, l'embauche ferme des travailleurs temporaires (qui forment jusqu'à 40% du total de la main-d'œuvre employée dans l'industrie textile de Bombay), se sont trouvées au centre des débats des comités d'usine. Ces comités ont également décidé de tenter à nouveau de déloger le RMMS. Cette tâche exigeait une direction non traditionnelle, au moins en apparence. Datta Samant, qui a dirigé les grèves des ouvriers de la métallurgie entre 1977 et 1980 et se trouvait au sommet de sa popularité après son arrestation, était un choix évident pour les travailleurs.
Datta Samant est un ancien membre du Parti du Congrès. Il n'a jamais refusé de signer des accords avec le patronat, acceptant des licenciements et des hausses de productivité, mais il adopte des méthodes de lutte militantes et préfère l'action directe aux batailles légales.
Il a contribué à élaborer la plate-forme des grévistes qui demandait la parité des salaires avec ceux des travailleurs de la métallurgie - ce qui implique une hausse de 300 à 500 roupies (2) -, le paiement d'une prime de transport et d'une prime de logement, l'embauche ferme des travailleurs à contrats temporaires et, en plus, la reconnaissance de son syndicat,
Maharashtra Girni Kamgar Union (MGKU).
L'AUTO-ORGANISATION
DE LA LUTTE Mais la direction de la lutte a été dès le départ entre les mains des comités d'usine qui ont demandé à Datta Samant de proclamer la date de la grève des usines textiles. Devant les hésitations de Datta Samant qui attendait une réponse positive du gouvernement, les ouvriers se sont réunis dans son bureau au cours de la deuxième semaine de janvier et lui ont présenté ultimatum. Il a donc été contraint d'annoncer le début de la grève pour le lundi 18 janvier. Cela s'est passé à la veille de l'appel à la grève générale lancé par le National Campaign Committee (NCC), formé par plusieurs centrales syndicales traditionnelles, contre la promulgation de la Loi sur la sécurité nationale (NSA), de la Loi sur le maintien des services essentiels (ESMA), etc.
Dès le départ donc, différentes forces étaient à l'œuvre. Le gouvernement de l'Etat de Maharastra (Bombay), le gouvernement central (Delhi) et le syndicat maison RMMS étaient décidés à écraser la grève. Les principales centrales syndicales n'étaient pas décidées à prendre la grève
Elles étaient également très hostiles à Datta Samant, car elles comprenaient bien que s'il menait cette grève à la victoire, elles verraient leur base s'effriter durablement à Bombay et peut-être même dans le reste du pays. En outre, leur attachement au statu quo social leur faisait craindre, plus que tout, l'action directe engagée par les travailleurs du textile.
LES CARACTÉRISTIQUES
DE LA GREVE Au cours des dix derniers mois, la grève a traversé une série d'étapes. Ses traits les plus importants sont les suivants:
Ouvriers indiens du textile. (DR) 1.- Renforcement et extension des "comités d'usine. Dès le début de la grève, les patrons ont obtenu une ordonnance du tribunal interdisant aux ouvriers de s'approcher à plus de 100 mètres des grilles des usines. Les ouvriers ont donc décidé d'organiser des réunions de leurs comités d'usine dans les quartiers, et les travailleurs de plusieurs usines ont commen-
Use réunir régulièrement dans différents points de Bombay. Des centres importants se sont ainsi créés où les ouvriers du textile se réunissent tous les jours pour discuter, préparer le programme d'action, s'occuper des travailleurs dans le besoin et de leurs familles, etc. Dans la mesure où le syndicat de Datta Samant n'est pas fortement structuré par une bureaucratie organisée, une direction vraiment démocratique de la lutte s'est instaurée. C'est cette direction qui est le fer de lance de la
Get qui stimule une radicalisation croissante parmi de larges couches de tra-
2.- Mise en avant de revendications politiques. Dans les grèves dirigées par Datta Samant, les revendications économiques ont toujours été l'objectif principal. Mais, dans le cas de la grève des ouvriers du textile, les revendications salariales n'ont pas été la question essentielle dès le début. La haine du RMMS a sans aucun doute été l'élément moteur de la lutte et les travailleurs mesureront leur succès à leur capacité de déloger ce syndicat maison. Ils se sont donc dès le début affrontés au pouvoir. Ils ont aussi appris de leurs luttes passées qu'un tel objectif ne peut être atteint sans l'appui le plus large de tous les secteurs de la classe ouvrière. C'est pourquoi leur slogan central est : « L'unité des travailleurs nous apportera la victoire ! »
3.- Solidarité croissante des travailleurs de la partie occidentale de l'Inde. Depuis le début de la grève, les actions de solidarité se sont multipliées sous la forme de meetings, de manifestations, de grèves, de collectes d'aide financière pour les grévistes et leurs familles. La mobilisation des travailleurs de Bombay et d'autres centres industriels a été vraiment considérable si l'on tient compte du fait que le syndicat de Datta Samant est três faible et très peu organisé, et que les autres syndicats qui appuient verbalement la lutte ne font rien pour organiser la solidarité. Depuis le lundi 18 janvier 1982, chaque meeting de soutien à cette grève a rassemblé un minimum de 50 000 travailleurs. Un meeting public à Bombay, dans le parc Shivaji, en
La rassemblé 400 000 travailleurs. En mai, plus de 500 000 ouvriers ont participé à une marche de solidarité. Le samedi 2 octobre, un autre meeting au parc Shivaji a attiré plus de 300 000 participants. En plus, du lundi 11 au mercredi 13 octobre dernier, 1,5 million d'ouvriers d'autres secteurs ont participé à une grève de solidarité avec ceux du textile, bien que les staliniens et les centristes n'aient pas appelé à ce mouvement. Mais la pression était si forte que le syndicat dirigé par le Parti communiste indien (marxiste) (PCI-M) a été contraint de rejoindre la grève de solidarité le mercredi 13 octobre (3).
4.- Le renforcement de l'alliance entre les ouvriers et les paysans pauvres. Nombreux sont les ouvriers du textile qui viennent de la campagne et y conservent de fortes attaches familiales. Comme la grève se prolongeait, environ 70 % d'entre eux sont allés dans leurs familles, ce qui est une pratique courante en Inde. Mais cette fois-ci elle a pris une forme très différente. De retour dans leurs villages, les ouvriers se sont transformés en propagandistes, ont formé des comités de soutien et ont récolté de l'aide pour plus de 70 000 ouvriers et leurs familles qui étaient restés à Bombay. En outre, ils ont participé aux luttes du prolétariat rural et les ont stimulées, pour des hausses de sa-
2. 1 roupie indienne (Rs), soit 100 paise, vaut environ 0,62 francs français (FF).
3. Cf. Charles Lister, « Le mouvement stalinien indien: de "'insurrection armée" à la "voie pacifique" », Inprecor numéro 122, du 5 avril 1982.
laire et contre le prétendu « Plan de garantie de l'emploi » du gouvernement de l'Etat du Maharashtra. C'est la première fois dans l'histoire récente du mouvement ouvrier de l'Etat du Maharashtra qu'un tel lien concret s'est établi entre des ouvriers grévistes d'un centre urbain et le prolétariat rural et les paysans pauvres.
5.- Affaiblissement de l'appareil de répression. Bien que l'industrie textile soit considérée comme un des « services essentiels », le gouvernement n'a pas réussi à imposer sa Loi sur le maintien des services essentiels (ESMA). La répression n'a eu jusqu'ici aucun effet sur le mouvement. 22 cadres dirigeants de la lutte ont été arrêtés en août, mais ils ont été aussitôt remplacés par d'autres militants issus
RÉPOND PAR LA REPRESSION Le mercredi 18 août, début du huitième mois de la grève du textile, une forte agitation s'est emparée des policiers de Bombay. Une de leurs revendications principales était le droit de former des syndicats. On a assisté à de violents affrontements et à des scènes de pillage dans les rues de Bombay et de nombreux policiers dirigeant l'agitation ont été arrétés. Le gouvernement a réprimé sans pitié ce mouvement en utilisant la police fédérale ainsi que des unités militaires et paramilitaires. Le gouvernement a saisi l'occasion pour aceuser de pillage les grévistes du textile qui avaient manifesté leur soutien aux policiers. De nombreux militants ont été arrêtés et tabassés ainsi que leurs familles, et leurs maisons ont été sacca-
C'est au cours du mois d'octobre qu'a eu lieu le plus vaste mouvement de soutien aux grévistes du textile, avec la grève de solidarité de trois jours. Plus de 10 000 ouvriers ont cherché volontairement à se faire arrêter — selon une pratique appelée « Jail Bahro » - pour dénoncer la répression qui frappait les militants les plus actifs dans la grève. Le gouvernement a répondu par une répression encore plus violente. N'ayant pas assez de véhicules pour arrêter tous ces « volontaires à l'emprisonnement », la police a entrepris de les tabasser violemment. Dans le quartier de Lalbaug, où habitent la majorité des ouvriers du textile, les travailleurs n'ont pas seulement été tabassés, mais la police a saccagé leurs maisons et tabassé également leurs femmes et leurs enfants. A Saki Naka, autre zone industrielle importante, les travailleurs arrêtés ont été rassemblés dans un parc entouré de cactus serrés, mis en rang deux par deux et fouettés avec de grosses sangles de caoutchouc. De nombreux travailleurs se sont retrouvés à l'hôpital avec plusieurs fractures. A plusieurs reprises les policiers ont tiré sur les ouvriers qui réclamaient de l'eau et de la nourriture.
Malgré cette répression brutale, la grève a été suivie trois jours durant. Le succès de ce mouvement de solidarité a contraint le gouvernement à faire un geste, mais ses propositions ont été rejetées immédiatement par les grévistes. INSUFFISANCE DE LA SOLIDARITÉ
Les staliniens et les centristes pris peur devant cette puissante manifestation de force des travailleurs. Ils n'avaient jamais pensé que la grève durerait si longtemps et, tout en accordant leur soutien (passif) aux travailleurs du textile, ils attendent que la grève s'épuise, espérant, par la même occasion, la chute de Datta Samant. Seul le Parti Lal Mishan et le syndicat qu'il anime, le Sarva Shramik Sangh (SSS), ont soutenu activement les
Au niveau national, le Comité national formé le mercredi 4 juin 1982 par plusieurs grandes centrales syndicales a adop té une attitude totalement passive et n'a pas du tout compris les implications politiques de la lutte. Jusqu'ici, ces centrales n'ont même pas encore commencé à élaborer un plan d'actions de solidarité. Au Bengale occidental (Calcutta), front de gauche dirigé par le PCI (M) est au pouvoir, presque rien n'a été entrepris pour mobiliser les travailleurs aux côtés des ouvriers du textile de Bombay.
A l'occasion d'élections alors que Datta Samant se présentait sur une plate-forme d'unité ouvrière pour le soutien des grévistes, le PCI et le PCI (M) ont préféré voter pour un parti bourgeois, la fédération des organisations de droite créée en janvier 1977 sous le nom de Janata Party (Parti du peuple).
En conséquence, solidarité qui s'est développé dans l'Etat de Maharashtra n'a pas eu d'équivalent dans le reste de l'Inde. Même de la part de l'extrême gauche qui s'est très peu moblisée en dehors de la région concernée.
Les forces d'extrême gauche de l'Etat de Maharashtra se sont, pour leur part, sérieusement engagées aux côtés des grévistes. Après avoir travaillé séparément durant la première phase de la lutte, plusieurs d'entre elles ont formé un front uni sur cette question début septembre 1982. Ce front uni regroupe le Navjavan Bharat Sabha, une organisation de tendance maoïste, et son aile étudiante, le Vidyarthi Pragati Sanghatna; le Lok Adhikar Chalval, un groupe marxiste indépendant ; PUTUC, la fédération locale du syndicat
SOLIDARITE Les messages de solidarité avec les grévistes du textile peuvent être adressés à la Confédération internationale des syndicats libres (CISL),
37-41 rue de la Montagne-aux-Herbes-
Potagères, Bruxelles, Belgique, en lui demandant de faire suivre au MGKU, le syndicat des grévistes de Bombay.
Copies de ces messages doivent être aussi adressées à la revue de la Ligue communiste, Proletarian Politics, K-8
Nensy Colony, Express Highway,
Borivli (East), Bombay 400066.
dominé par le Revolutionary Party (RSP) ; le Goupe bolchevique-léniniste (de tendance trotskyste) et la Ligue communiste (section indienne de la IVe Internationale). Ces organisations ont lancé une campagne pour l'abolition de la Loi nationale de sécurité (NSA). Elles ont distribué massivement des tracts et tenu des meetings de rue à Bombay. Le mercredi 22 septembre, elles ont organisé un grand meeting à Bombay qui a été une autre manifestation évidente de la sympathie dont jouissent les grévistes parmi les travailleurs de la ville. L'UTUC a d'ailleurs décidé de se retirer du front à la suite de ce meeting.
En dehors de l'extrême gauche, les organisations de femmes de Bombay se sont également mobilisées aux côtés des travailleurs du textile. Les femmes - qu'eltextile ou compagnes d'ouvriers - ont été la cible de la répression policière. La fille d'un gréviste a été violée dans un commissariat de police, ce qui a déclenché une vague de mobilisations pour protester contre de telles pratiques.
A Bombay, plusieurs groupes fémiégalement apporté leur soutien à la lutte en collectant des fonds et de la nourriture pour les grévistes et en participant aux manifestations.
Malheureusement, en dehors de Bombay, les forces d'extrême gauche n'ont pas compris la signification politique de cette grève. Pour sa part, la Ligue communiste, la section indienne de la IVe Internationale, a lancé toutes ses forces, au niveau national, dans le soutien aux grévistes du textile. En dehors du travail quotidien mené à Bombay, elle a développé un travail d'information dans les Goudjerat (Gandhinagar), du Bihar (Patna) et du Bengale occidental (Calcutta). Dans ces régions, elle collecte aussi des fonds pour les grévistes.
La grève des travailleurs du textile de Bombay est loin d'être terminée. Quand cet article sera publié, elle entrera dans son quinzième mois pour 250 000 ouvriers (et dans son dix-neuvième mois pour 25 000 d'entre eux). Elle représente sans aucun doute une lutte historique de la classe ouvrière indienne et même de la classe ouvrière du monde entier. Mais, plus les enjeux politiques de la grève apparaissent évidents, plus il est clair que pourront pas gagner sans un vaste soutien en Inde et ailleurs. C'est pourquoi, pour tous les travailleurs indiens, la tâche de l'heure est-elle de se mobiliser aux côtés des ouvriers du textile de Bombay. C'est aussi une tâche pour les travailleurs des autres pays - en premier lieu des industries textiles - qui peuvent manifester leur solidarité en envoyant des motions de solidarité et de l'aide financière aux grévistes qui entament leur deuxième année de lutte.
Kunal CHATTOPADHYAY Bombay, novembre 1982.
NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE des dirigeants sociaux-démocrates locaux.
ments: La rédaction d'Inprecor se trou-